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mardi 10 novembre 2020

Les gens qu'on aime #6

 quelqu'un qu'on aimait pas au début, mais ça a changé


Il y avait cette fratrie de chatons rayés, déchainés, un peu dodus, qui me faisait tant penser à Nadir disparue un jour, mystérieusement. Nous étions venus G. et moi, dans le seul but de rêver au jour futur où nous aurions un chat à nous, chez nous. Ils étaient si drôles, et ce petit machin tremblant au dessus de la caisse à caca, territoire des voyous tigrés, n'avait évidemment pas attiré mon regard. 
Traitreusement, la vendeuse avait demandé à G. si ça lui plairait qu'elle lui mette une minute un chaton dans les bras. Il avait dit oui bien sûr, et moi je n'imaginais pas une seconde qu'elle choisirait justement le machin tremblant, quasi inexistant tant les autres captaient notre attention.

Elle s'était blottie contre lui qui, caressant tendrement la tremblante, me fixait d'un regard suppliant. 
Nous étions repartis avec cage, sable à chat, croquettes, et le machin qui miaulait telle une scie découpant une barre de fer. L'horreur !

Le première nuit, ni G. ni elle n'avaient dormi. Le lendemain elle avait commencé une grève de la faim, se cachant sous les meubles, piaillant son désespoir, refusant tous contacts. Elle miaulait, de ce miaulement insupportable des siamois, vrillant nos tympans. Elle n'avait rien du chat rêvé, paisible image ronronnante.

Je ne l'aimais pas un point c'est tout. Et puis...

Tous le monde sait l'amour que je lui ai vouée jusqu'à sa mort.

jeudi 2 avril 2020

tristesse féline

Elles étaient trois noiraudes, adorées, choyées, princesses en leurs royaumes.

Nini est partie la première, puis Chamade qui l'a rejointe un vingt neuf janvier marqué d'une pierre noire...

Calinette vient de les rejoindre, là bas, au paradis des chats...

Je suis si triste pour Dr CaSo, si triste...

dimanche 2 février 2020

mélancolie

Il me semble que depuis la mort de Chamade, je n'ai plus fait de yoga. Cette petite série matinale que je faisais chaque matin, accompagnée de sa présence discrète mais attentive. Je déployais le tapis et elle arrivait en courant, s'installait un peu en hauteur, et surveillait chaque geste, descendant de son promontoire lorsque je terminais, pour venir délicatement en passant, se frotter contre ma jambe.

Le trente janvier, un an après sa mort, j'ai déroulé le tapis, un pincement au coeur lorsque l'ai réalisé qu'inconsciemment je m'attendais à sa venue. Dans le noir, j'ai refait mon enchainement, les gestes venant naturellement, et depuis je me lève et sans l'attendre, je reprends cette habitude solitaire.

Autour de moi on s'étonne qu'une amoureuse des chats n'ait pas encore craqué. Aucun chat chez nous, même si celui que la voisine garde parfois, s'est invité une ou deux fois, visitant l'espace, cherchant les caresses, et repartant vers d'autres aventures.
Parfois je m'occupe du chat d'une amie, un chat que je ne vois pas, qui se cache avant même que je rentre dans l'appartement, et qui ne sort qu'une fois que je suis repartie.
Je regarde les chats qui se baladent dans le quartier, je mets des coeurs à ceux des copains d'Instagram et de Twitter, mais aucun chat pour l'instant, ne supplante ma Chamade.

Je ne rêve jamais d'elle, très rarement une ombre passe dans l'appartement, elle est partie définitivement, je pense à elle avec tendresse. 

mercredi 29 janvier 2020

Un an

Chamade 28-06-2004 - 29-01-2019

dimanche 17 novembre 2019

photo n°17

14-11-19
Je suis au bureau, en attente au téléphone avec petite musique en fond, je passe le temps en consultant le WhatsApp familial... Et... mais !!! C'est quoi ce chat dans ma chambre ???
Il a déboulé par le balcon explique JP aux enfants, tout fou, tout câlin, visitant chaque endroit de l'appartement, se roulant sur les tapis, jouant à cache-cache, sautant sur les meubles, chez lui, à l'aise. Eh merde, et moi qui suis coincée au bureau !
Et puis immédiatement dans ma tête, Zut zut zut, on m'avait prévenue, un jour un chat s'installera sans demander l'autorisation.
Non, il est venu par le balcon, d'un côté ou d'un autre, il ne peut pas venir de la rue, il est sans doute à de nouveaux voisins, ou bien c'est un chat qui vient d'emménager chez d'autres voisins, ou bien... j'y pense toute la matinée, je rentre le coeur en joie.
Mais il est reparti, par le balcon, ce n'est plus qu'un souvenir déjà, une espérance envolée, qui m'aurait tout de même compliqué la vie.

Hier matin il est revenu, pendant que je faisais les courses, et il est reparti, mais cette fois JP a entendu notre voisine s'exclamer "Oh mais t'étais où toi ?".

Il reviendra nous voir, comme ça, en passant, et nous l'inviterons quelques minutes. Il fera un tour, viendra se faire caresser, repartira, quelques instants nous aurons l'impression d'avoir à nouveau un chat...

vendredi 1 novembre 2019

photo n°1



01-02-2013
Ce jour là, la regardant si prête aux caresses, comment aurais-pu un instant, imaginer ma vie sans elle.
Du vingt huit janvier de cette année, me restera éternellement ce moment atroce, elle couchée sur son coussin, peinant à respirer, son regard plongée dans le mien, confiante, alors que je la condamnais.
De toute les décisions que j'ai dû prendre, c'est sans aucun doute une des pires de ma vie.

Après avoir pleuré trois jours durant, espéré que ce n'était qu'un cauchemar, qu'elle reviendrait me voir la nuit, imaginé son ombre passant furtivement, j'ai repris ma vie, semblant même avoir fait le deuil de celle qui avait si longtemps partagé la nôtre.

Mais il suffit d'une photo, pour que soudain son absence me semble insupportable.

jeudi 25 avril 2019

Dans le sous-bois

Nous avions eu le temps de réfléchir, peut être sous le rhododendron rose vif tout en haut vers la lisière, où près d'Hervé sous le houx ?
Et puis, faisant un tour du terrain avec mon petit frère, alors qu'il me montrait où était enterré Crumble, sous le bois, juste au dessus (de la Viorne odorante *) du skimmia à l'odeur délicieuse d'oranger, je lui ai demandé s'il serait d'accord que Chamade soit à ses côtés.


Imaginons, me dit-il, que dans l'au delà ils deviendront copains.

Le lendemain, lundi de Pâques, je suis montée avec ma pelle et ma pioche, et avec JP nous avons creusé, à quelques pas de Crumble, un trou pour y poser les cendres de celle que nous avons tant aimée.


Quelques bulbes rapportés d'Annemasse, un petit cairn pour retrouver plus tard ce qui risque bien d'être envahi par l'ail de l'ours et le lierre et entre ces deux chats qui ne s'aimaient guère du temps où ils étaient courant et baguenaudant dans cette forêt, un plus gros cairn, où JP venait de graver deux C.


Et c'est là maintenant, que j'irai lui dire bonjour, quand j'arriverai en Alsace, là où elle aimait tant se cacher pour observer le monde qui bouge.


*Edit : suite au coup de fil passé à mon papa, il ne s'agit pas d'une Viorne, mais d'un skimmia qui aussi banal soit-il d'aspect, a l'odeur la plus délicieuse (après le lilas et le muguet) qu'il soit...

mercredi 27 mars 2019

Jardinage

J'ai lavé à grandes eaux les canisses du balcon, les ai reposées bien proprement sur le garde-corps après avoir nettoyé le sol carrelé pour préparer le printemps. Le potager était déjà prêt à recevoir les nouvelles plantations, qui cette année ne seront pas déterrées consciencieusement par Chamade, résolue à faire ses cacas et pipis dans la terre fraiche.
Deux plants de tomates rondes, deux plants de poivrons doux, de la verveine, des herbes aromatiques et pour essayer, deux pots de choux kale.  Voilà pour le potager en attendant de m'attaquer au balcon fleuri. Celui-ci- également propre et débarrassé de toutes les plantes mortes, attendra le week-end prochain pour commencer à s'égailler. Il reste les deux gros grattoirs de notre poilue, qui s'en iront au prochain voyage à la déchetterie.
Les pots mis au chaud pour l'hiver, sont ressortis à l'air libre. L'ananas, qui était couvert de cochenilles farineuses, a été lavé puis vaporisé de savon noir. Je verrai si cela suffit à éradiquer ces sales bestioles. Ma pivoine, restée dehors par grand froid, a deux belles pousses avec en leurs centres, un bourgeon qui ressemble bien à une promesse de fleur. J'ai brassé la terre et retrouvé sept larves de hanneton que bien entendu j'ai jetées loin de mon jardin. Il reste, dans les balconnières posées en hauteur, trois petits plants de minuscules pensées, un semblant de verveine décorative et un démarrage de je ne sais quoi que je n'ai pas eu le coeur de jeter.
Les deux oliviers ont passés vaillamment l'hiver, tout comme les oeillets mignardises.

Dès que le soleil sera suffisamment haut l'après-midi, nous pourrons prendre l'apéro dehors et les dimanches matins, j'irai boire en lisant, mon café du petit-déjeuner.



Il y manquera juste un chat, un chat noir bavard, quémandant ses crevettes en se frottant à nos jambes...

mardi 12 mars 2019

Blues

A t-elle jamais vécu avec nous ?

Et puis soudain, sans que rien ne le présage, l'absence m'envahit brutalement et mes yeux s'inondent sans déborder, la vision devient floue, la voix parfois se brise, la vie semble si vide de sens.

Ce n'est rien, tu le sais bien le temps passe, ce n'est rien...


Ce plus jamais qui lentement accompagne ma vie de présences absentes. Plus jamais Hervé, plus jamais Chamade, plus jamais Nadia, Pascale...


mardi 19 février 2019

la vie lentement

Je me réveille un peu après quatre heures, en plein rêve-cauchemar, sans raison, comme hier, comme avant-hier, si tôt, trop tôt. Somnolant jusqu'à cinq heures trente, je me lève, m'étire, fais ma petite séance de yoga. La lune totalement ronde et blanche inonde le parking alors qu'une voiture lentement sort de sa place. En face les fenêtres de l'immeuble sont encore noires, pas de bruit.
Je chauffe le lait dans le gros mug Paris, puis fait couler deux doses de café avant de m'installer devant mon écran.
Il m'arrive encore d'entendre ses pas discrets. Ce soir à dix sept heures quinze cela fera déjà trois semaines qu'elle a quitté ce monde. Où se balade t-elle maintenant ?
Il me reste une tristesse lancinante, qui par moment s'envole pour revenir se poser légèrement sur mon épaule et s'envole à nouveau.



J'ai nettoyé la chambre qui accueillera G. et son amoureuse vendredi. Les plantes qui hibernent sur le bureau, près de la fenêtre sont arrosées, dépoussiérées. Les paniers sur lesquels Chamade aimait se dorer au soleil, aspirés, les sacs remplis de vêtements enfin apportés au secours populaire. Il reste encore celui bourré de livres qu'il me faut vider dans les différentes petites bibliothèques de rue.
On se réjouit tant de rencontrer cette petite L. qui a séduit G., on espère qu'elle se sentira bien ici, chez elle, libre et détendue.

le 11 février, je fêtais les douze ans de mon blog...

samedi 16 février 2019

Légère

L'appel est arrivé alors que je finissais un état des lieux, elle a laissé un message que je n'ai vu qu'en fin de matinée.
Je pouvais aller chercher les cendres de Chamade.

A dix sept heures, lentement, j'ai mis mon casque, mes gants, enfourché mon vélo, et sous le soleil, pédalant tranquillement, je suis partie pour la dernière fois et seule, chez la vétérinaire.
Le ciel si bleu, les Alpes si blanches, je me suis fait doubler par tout ce qui était à deux roues.

J'ai posé mon vélo à l'arrière de la clinique, j'ai sonné, je suis entrée et ai attendu dans la salle d'attente vide.

La dernière fois elle était encore vivante, la dernière fois j'espérais encore que ce ne serait pas la dernière fois.

L'assistante est arrivée, celle qui ne me connait pas. Elle m'a fait un grand sourire, m'a demandé mon nom.

Je lui ai dit, je venais chercher les cendres de Chamade.

Son visage s'est légèrement fermé, elle a pris un air désolé puis est partie avec un petit sac en papier, me chercher l'urne emballée dans un carton noir faisant la hauteur de mon sac à dos.

Un si grand carton pour une si petite chatte.

Je suis repartie sur mon vélo, Chamade dans mon dos, sous le soleil, nous sommes rentrées à la maison.


mercredi 13 février 2019

Twitter

Je traîne, le soir, buvant un verre de rouge, sur Twitter, m'attardant sur les chats qui en font le sel depuis toujours ou presque.
Embruns, le fameux blogueur anti-chats, poste une photo d'un de ses chats, splendide et frondeur, que je m'empresse d'aimer en cliquant sur le coeur encore vierge. Et chacun alors, de la vieille époque, se régale de voir et se rappeler le temps où la seule ligue qui nous agaçait ou faisait mine d'agacer pour qui connaissait Laurent en vrai et supputait qu'un jour il succomberait, était le CCCI (le comité contre les chats sur Internet - merci Tarquine).


Et voir tous ces chats m'amuse, me fait oublier quelques instants cet appartement si vide de présence féline. Hier cela faisait deux semaines qu'elle est morte, et aucun chat aperçu se baladant ou figé sur une photo, n'a ravivé ma peine. Cela me la rend plus douce même.
En août 2017, une de mes blogueuses et twitteuses préférées perdait elle aussi sa chère noiraude, jumelle de Chamade. Je m'en souviens parfaitement, j'ai eu ce jour là de la peine et j'ai tellement pensé à elle, sans imaginer heureusement que je vivrais dix sept mois plus tard la même douleur.
Le soir, alors que le soleil était encore suffisamment haut et chaud, nous avions pris un apéro sur le balcon, au milieu de notre potager, accompagnés de notre amatrice de crevettes. J'avais posté alors une photo de la gourmande, ne pensant pas à mal.


Mais la photo à peine postée, j'avais reçu un message m'enjoignant de la retirer manu militari, pour ne pas faire de peine à celle qui venait de perdre sa compagne poilue. J'avais immédiatement obtempéré, fermé twitter, coupable.

Elle n'en a jamais rien su, et sans doute la connaissant, ne m'en pas tenue rigueur. J'ai pris ensuite quelques semaines avant de reposter une photo de Chamade.

Mais, franchement, Twitter sans chat, cela serait tellement triste et vide...

mardi 12 février 2019

allons allons

Réveillée avec un torticolis hier, sous la neige qui hélas ne tenait pas, j'ai lâchement abandonné mon vélo pour prendre la voiture. Le contre-coup de la mort de Chamade accompagné d'une tristesse lancinante et de fatigue, une dent qui m'ennuie, le bug du logiciel au bureau, le ciel gris, tout cela évidemment ne favorise pas l'enthousiasme.
Alors, j'ai repris le yoga du matin. Mais cette fois-ci je le fais au saut du lit. Un verre d'eau citronné, et je file sur mon tapis. Oh cela ne me prend guère de temps, un petit quart d'heure, mais mon corps totalement rouillé, qui a protesté dimanche matin, refusant de se plier à mes désirs, lentement, très lentement, se délie.
J'avais mis entre parenthèse tant de petites choses qui font mon quotidien, pour me consacrer dès que je le pouvais, à cette petite chatte qui n'en pouvait mais de cette horreur qui lui poussait sur le dos.
Rester figée dans son absence ne la fera pas revenir, même si parfois je me surprends à espérer cette invraisemblance.
Ce soir je vais chez le coiffeur, demain il y aura ma séance de shiatsu et la semaine prochaine arrive G. et sa compagne que nous nous réjouissons de rencontrer.
La vie est là, si courte qu'il faut la saisir à chaque instant.


dimanche 10 février 2019

les matins

Le matin, souvent lorsque je me réveillais, elle n'était pas couchée à côté de moi, elle se baladait dans l'appartement silencieux et noir. Je sentais immédiatement qu'elle n'était pas là, mais je savais que dans les secondes qui accompagnaient mon réveil, j'entendrais le petit tap tap de ses pattes grimpant à tout allure l'échelle de la mezzanine. Elle déboulait traversant le matelas, me marchant allègrement dessus, sentait mon visage, poussait un petit miaulement de bienvenue et se laissait lourdement tomber sur le côté, contre moi, enclenchant son ronron bienfaisant. Je l'entourais de mon bras, gratouillais son corps d'une main, de l'autre allumais ma tablette et déroulais les tweets de la nuit. Nous restions un petit quart d'heure, ensemble, elle ronronnant, moi lisant. Puis je posais ma tablette, elle se levait d'un bond, courait vers l'échelle, se retournait pour vérifier que oui, j'allais bien me lever, et hop hop descendait et fonçait dans son grattoir, attaquant avec force le carton alvéolé.
Elle me suivait jusqu'à mon départ pour le bureau. Se plantant devant la porte pour quémander encore quelques caresses avant d'aller retrouver JP encore au lit.

Je me réveille, aucun bruit, le silence de l'absence, je chuchote, juste pour moi "Chamade ?".

mercredi 6 février 2019

des abonnements

J'ai reçu plusieurs avertissements par différents biais, émanant de Google+. Cela va être supprimé le 2 avril me dit-on, et je dois prendre mes dispositions. Tout d'abord je n'y ai pas porté attention, mais hier soir, après avoir fait un tour du côté des statistiques du blog pour voir s'il y avait des commentaires auxquels répondre, j'ai trouvé un gros pavé jaune rempli d'anglais incompréhensible pour la tanche que je suis. J'ai donc fait un copié-collé pour le faire traduire et une fois lu, je me suis dit qu'il faudrait peut être que je me pose des questions au sujet de la sauvegarde de mon blog si jamais il disparaissait englouti par la fin de Google+.  J'ai donc cherché ce que représentait ce fameux G+, n'étant pas à ma connaissance abonnée. Et puis si ! J'ai un compte, incroyable, un compte qui a trois pauvres vidéos datant de mathusalem, neuf abonnés qui ne doivent même pas savoir qu'ils le sont.
Je vais tout de même demander à JP de sauvegarder mon blog, je vais laisser mourir cet abonnement de G+ et basta.

Durant les jours noirs qui ont suivi la mort de Chamade, je me suis penchée sur un autre vieux compte totalement abandonné depuis des années. Mais je navigue difficilement, je dois comprendre comment faire pour trouver des comptes à regarder, accepter des amis, voir leurs publications. Je m'y attelle, je m'abonne, je lis et par hasard, tout à coup, je découvre qu'il y a fort longtemps, j'ai publié des photos que je ne pensais pas donner à voir à d'autre que la famille très proche. J'ai le vague souvenir de m'être amusée à donner quelques effets aux photos. Il me semble qu'à l'époque seul Instagram avait cette faculté.


Pourquoi l'ai-je abandonnée ? Aucune idée, mais il est probable qu'à moins d'une vie tout à coup trépidante, je n'utilise guère cette application.

Hier cela faisait une semaine que notre panthère nous a quittés.

mardi 5 février 2019

retour paisible

J'ai, sur mon ordinateur du bureau, en fond d'écran, une photo de Chamade tranquillement installée sur son fauteuil, savourant le confort d'un coussin moelleux.


Hier matin, lorsque je suis arrivée, très tôt au bureau, seules trois collègues à l'étage démarraient leur journée, j'ai allumé mon ordinateur, et j'ai mis mes identifiants pour ouvrir ma cession. Mais refus instantané, il y avait déjà quelqu'un apparemment qui les utilisait. Il fallait qu'il se déconnecte pour que je puisse accéder à mon domaine. Problème, tous ceux qui étaient là avaient ouvert leurs cessions, et les autres ordinateurs étaient éteints.
Il a fallu une bonne heure pour que le problème soit résolu, et durant tout ce temps, Chamade se prélassait, princesse royale, énigmatique.

Malgré ce que j'avais décidé, je me suis maquillée, "comme cela me suis-je dit, je lutterai plus facilement contre les larmes".
Et toute la journée j'ai été entourée de beaucoup de sollicitude, certaines de mes collègues me croyaient simplement en vacances et ont été absolument désolées, peinées, de la mort de Chamade que plusieurs d'entre elles connaissaient pour être venues passer des soirées chez moi. Apparemment il y en a eu très très peu qui ont râlé, et va savoir, n'étaient ce que des bruits de couloir ne me concernant même pas.

La tête dans le guidon, seigneur trois jours d'absence ! Et malgré qu'il y ait eu pas mal de choses traitées par d'autres, je n'ai pas chômé et cela m'a permis de bien reprendre contact avec cette vie.

Pour JP qui vivait sa première journée seul, sans cette chatoune si présente et quémandant sans cesse des câlins et son attention, cela a été rude. Ce que j'ai vécu deux jours suivant la mort de Chamade, il le vit là...

lundi 4 février 2019

activités dominicales

Il est temps que je m'affronte à nouveau à la vie du dehors, je retourne à l'agence tout à l'heure et déjà le temps file à son allure folle. A peine les yeux ouverts et le café fait qu'un quart d'heure est déjà passé. Je dois encore me laver les cheveux, je laisse tomber le maquillage pour éviter les yeux charbon si jamais les larmes viennent, et je prendrai des paquets de mouchoirs.
J'ai fini hier le livre que ma fille m'a offert à Noël, l'autre cadeau commun fait avec son frère étant un week end en amoureux dans une maison d'hôtes, cela me donnera l'occasion sans doute d'un petit billet plus tard.

Le livre est d'Elisabeth Brundage - Dans les angles morts - Un homme débarque chez ses voisins avec sa petite fille, un soir de neige glaciale. Il raconte que sa femme a été tuée alors qu'il était à son travail, il est prof à l'université du coin. Sa petite fille est semble t-il restée toute la journée avec sa mère morte. C'est l'histoire d'une maison, dans laquelle a vécu précédemment une famille qui l'a quittée suite à un drame. L'atmosphère est lourde, on découvre au fur et à mesure que l'on avance, les histoires des habitants de cette petite ville, et qui sont mêlés à ce nouveau drame.
C'est un très très bon roman. Très bien écrit, noir très noir, à lire sans aucun doute pour ceux qui aiment les très bons polars.

J'ai fini aussi le petit tricot, petit carré de coton coloré en jacquard, qui me sert de poignée pour attraper les casseroles. Je me demande si je ne vais pas m'attaquer à un truc plus gros, un pull, toujours en coton, et toujours très coloré.
J'ai, dimanche dernier, nettoyé le balcon côté cour, jetant les pieds desséchés des tomates, les fraisiers tout marron sur lesquels Chamade avant tant fait ses besoins cet été et qui n'avaient guère appréciés. Aux premiers prémices du printemps, je replanterai. Cette année il n'y aura plus de ruses à avoir pour les protéger des élans jardinier de la pépette.


Il me reste l'autre balcon, le sien, celui sur lequel elle se délassait au soleil, son griffoir posé à côté des herbes à chat qui crevottent sous la neige. J'aurai dû le faire lorsqu'elle vivait encore, en même temps que l'autre  balcon. Là, pour l'instant, cela me semble trop douloureux...

dimanche 3 février 2019

le dimanche d'après

Cinq jours entre parenthèse, à apprendre à commencer à vivre sans Chamade. J'ai de longues conversations avec des orphelins de chat qui racontent combien longtemps l'on garde des réflexes de notre vie d'avant.
Je ne pleure plus tous les temps, parfois même un instant j'oublie ma douleur, je suis même, hier, sortie faire les courses. Plus besoin de me torturer pour trouver ce qui aurait pu lui faire plaisir, lui donner envie peut être de grignoter quelques mets inconnus.
L'appartement est vide de ces petits bruits discrets qui renseignaient de sa présence.

J'ai réactivé mon compte Instagram qui dormait depuis 2012, ressorti un petit tricot commencé en novembre et abandonné, comme avaient été abandonnées tant de choses qui me semblaient alors superflues.
Ma faim insatiable s'est tarie, témoin de l'angoisse sourde qui m'étreignait depuis quelques mois et je dors d'une traite, c'était donc bien elle qui me réveillait par ses allers et venues nocturnes.

J'ai regardé sans beaucoup d'intérêt Bohémian rhapsody, la télévision est bien la chose qui abruti le plus lorsque l'on est malheureux. Je me souviens, à Bicètre, être restée certains soirs, affalée dans un fauteuil, regardant des émissions dont je n'aurais pu dire le lendemain, de quoi elles parlaient.

Dehors la neige fond, les toits sont mouillés, la bouillasse des bas côtés noircie lentement. Je m'attarde sur twitter, mettant des coeurs à tous les chats qui s'y promènent et j'ai de nouveau envie de lire, me plonger dans une histoire dans laquelle je m'évade, oubliant ma tristesse.

Demain je reprends le chemin du bureau, je sais par des collègues que mon absence en a énervé certaines, trois jours pour un chat...

Ma Chamade...


samedi 2 février 2019

et puis...

Je sais qu'elle est morte, je le sais absolument, sans aucun doute, je l'ai vue, je l'ai caressée, je l'ai laissée sur cette table, ses yeux ouverts sur le néant. J'ai pleuré, sangloté, le visage ravagé.

Ce matin, alors que lentement le ciel tentait de pâlir dans la brume, j'ai clairement entendu le raclement de ses pattes dans sa caisse à caca. Caisse nettoyée et rangée dès le soir de sa mort. Hier alors que je tricotais pour cesser d'être en loque, j'ai vu son ombre subrepticement passer. C'est fou comme le cerveau tente pas tous les moyens de consoler l'absence.

Nous avons regardé des photos d'elle, du tout premier jour, des vidéos où elle se déchaine et joue comme un chien, d'elle dans la neige, dans les bois, dormant, grimpant, câline, mordante. Cela nous a fait un bien fou. Et puis j'ai mon blog, qui raconte sa vie, et dont il me suffit de lire un billet pour me ramener le sourire.



J'avais 47 ans quand elle est arrivée, G en avait à peine 13. Elle nous a accompagnés partout, puisqu'elle ne supportait pas de rester seule un week end. Elle a miaulé des heures dans la voiture, nous a fait trembler certains soirs lorsqu'elle restait dans la forêt et ne répondait plus à nos appels. Elle a été l'attention de tous les instants de notre vie, nous l'avons aimée comme la petite dernière de la fratrie. Mais nous savions bien qu'elle était mortelle, nous savions aussi qu'elle était chat, et avons tant que faire ce peut, respecté sa nature.

Nous n'aurons plus de chat, ou alors dans quelques années, lorsque nous aurons quitté la haute Savoie et que nous aurons assouvi nos envies d'escapades. Nos voyages nous semblerons silencieux sans notre chérie, et sans doute entendrons nous parfois un miaulement imaginaire.

Je vais lentement apprendre à vivre sans elle...


vendredi 1 février 2019

Sa vie lentement

Cela faisait des semaines que Chamade déclinait, nous avions même, un soir un peu avant Noël, pensé que c'était ses derniers instants.

Nous regardions la télévision, la nuit était tombée, Chamade se promenait dans l'appartement, allant et venant sans bruit. Tout à coup elle avait miaulé, d'un miaulement rauque, comme angoissée. Je l'avais appelée, Chamade, ma Chamade, nous sommes là, vient ma chérie. Elle était arrivée, l'air effarée, la tête penchée comme cassée sur son épaule, titubant, vacillante. Je m'étais levée d'un bond, l'avais prise dans mes bras et une fois posée, toute raide, sur mes genoux, j'avais doucement pris sa tête pour la remettre dans l'axe tout en lui parlant, l'embrassant, plongeant mes yeux dans les siens qui petit à petit s'étaient apaisés.

Au bout d'un moment elle s'était mise à ronronner, et son corps s'était détendu, elle avait voulu redescendre de mes genoux, pour repartir baguenauder dans l'appartement, attendant sagement que je veuille bien me coucher.

Nous nous étions alors demandé si cela ne signait pas le début de la fin. J'avais cherché sur internet la raison possible de cette tête arquée, problème d'oreille interne sans doute.

Noël était passé sans encombre. Nous avions aménagé son espace pour qu'elle puisse sans trop de stress et de douleur, aller faire ses besoins dans sa caisse proche, manger et boire tout près du lit où elle passait la majorité de ses journées. Mais elle avait tout de même fait quelques petits, tout petits tours dehors, et cela m'avait réjouie de penser qu'elle goûtait encore le vent frais dans son pelage, la caresse des rares herbes sur son museau.

Elle avait profité des derniers soirs où toute la famille était repartie, pour dormir collée à son G. chéri.

Nous étions revenus d'Alsace, heureux qu'elle ait pu voir encore les enfants, et nous avions repris notre vie faite de questions et d'angoisse à son sujet. Elle menait sa vie restreinte, grignotant les délices que je m'évertuais à trouver pour qu'elle soit tentée. Un peu de rillettes de poulet grillé, de la tarama, des crevettes fraiches, absolument fraiches sinon elle les ignorait. J'avais testé toutes les boites et sachets spécial chat difficile, dans lesquels elle picorait et lapait le peu qui la tentait. J'avais découvert que le jaune d'oeuf cru, battu, lui plaisait bien, c'était ce qu'elle arrivait le mieux à manger, mais nous étions arrivés à la valeur d'une cuillerée à café par jour de nourriture, elle était devenu d'une maigreur absolue.

J'avais alors pris rendez-vous avec sa vétérinaire, mardi 22 janvier, pour qu'elle me dise ce qu'elle pensait de son état. N'étions nous pas entrain de la faire souffrir de peur du cataclysme que provoquerait sa mort ?

Dans la salle d'attente, attendant notre tour, nous nous regardions les yeux dans les yeux, nous entendions derrière la porte du cabinet, qu'un drame se passait. Une femme sanglotait fort, la voix d'un homme tentant de l'apaiser, et le regard désolé de la secrétaire, en disait suffisamment long pour ne pas poser de question. En entrant dans la salle de consultation, je l'avais sortie de sa caisse, et son regard ne m'avait pas quitté un instant durant tout le temps que je parlais.
C'est ce regard si présent, si fort, qui avait convaincu la vétérinaire que sa vie avait encore un sens.

Nous étions rentrées tellement soulagées. Elle s'était jetée sur son bol de croquettes, avait dévoré tous ce qui étaient posés dans ses petites coupelles et la soirée avait été sereine et heureuse.

Nous nous étions mises au lit, endormies assez vite. Je me suis réveillée tout à coup, pas de bruit, mais le sentiment étrange d'un dérèglement de l'espace. Evidemment, comme à chaque fois que j'ouvrais l'oeil, quelque soit l'heure, je l'ai cherchée et trouvée tout au bout du lit. Elle dormait, je me suis rallongée et relevée brutalement. Il y avait quelques chose d'étrange, dans sa posture, sa tête pendait hors du lit. Je l'ai prise, ses yeux grand ouvert me fixaient désespérés. Elle était raide, et ses pattes avaient des soubresauts, les griffes fendant l'air, cherchant je ne sais quel support pour retrouver son équilibre. Je l'avais serrée fort dans mes bras, pour la rassurer, l'embrasser. Petit à petit elle s'était détendue. Lorsqu'elle avait repris son souffle, je l'avais posée contre moi, caressant doucement son poil si doux, et nous nous étions rendormies ensemble.

Sa tumeur prenait des proportions folles, je ne lui faisais son pansement que tous les trois quatre jours, pour ne pas trop la faire souffrir. Elle avalait avec de plus en plus de réticence son antibiotique, serrant les dents pour que je ne puisse lui ouvrir la gueule, recrachant si elle le pouvait le minuscule comprimé.

Mais elle se réjouissait quand un ami débarquait, elle allait avoir son apéro. Et puis consciencieusement, au réveil, elle allait faire ses griffes dans son précieux carton, où elle aimait se poser, carrefour entre le séjour et la cuisine. Le soir elle avait pris l'habitude de sauter, avec de plus en plus de mal, sur mes genoux pour s'allonger et s'endormir devant la télévision. A la fin elle s'asseyait, attendant que je le prenne, n'arrivant plus à sauter.

Elle allait très souvent dans sa caisse que je nettoyais deux à trois fois par jour. Elle restait de longues minutes assise devant son bol d'eau sur lequel flottaient quelques feuilles de cataire. Buvait trempant son cou que je séchais ensuite, délicatement, avec un mouchoir blanc.
Mais les deux derniers jours, trop faible sans doute, nous la retrouvions couchée dans son pipi. J'avais acheté des alèses pour bébé que je glissais dans des taies d'oreiller pour pouvoir les changer autant de fois qu'il fallait. Je la lavais avec un gant de toilette humide pour qu'elle sente toujours bon, elle si coquette.

Et puis elle a semblé avoir du mal à respirer, ses côtes se creusaient, elle ne pouvait presque plus marcher.

Quand je suis rentrée à midi le 29 janvier, elle m'a regardé sans réagir. Je l'ai prise dans mes bras, embrassée comme à chaque fois et me suis assise, lui caressant tendrement son corps, sa tête posée dans mon cou.



Ce moment que je redoutais tant depuis des semaines était arrivé...