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mercredi 12 août 2026

Huit mois



Assise dans mon siège Lafuma, buvant mon café au lait, pas de bruit, juste quelques oiseaux qui piapiatent, je rêvasse, cela fait huit mois exactement aujourd'hui que nous avons emménagé. Huit mois de bonheur. Pas une seconde j'ai regretté d'avoir quitté la Haute Savoie, les montagnes, l'est de la France. Je savoure chaque jour le bonheur simple d'un jardin, du silence, de la sérénité retrouvée.

Hier, discutant avec une amie de là-bas, elle me demandait si nous avions l'intention de revenir faire un tour à Annemasse. "Ben non... pourquoi ? " C'est déjà si loin, oublié... Je n'ai pas d'attache, la page est tournée, ce livre fermé sans regrets, sans nostalgie. Nous avons été heureux dans cette ancienne vie, mais ici nous sommes arrivés, chez nous.

Il m'a fallu ces huit mois pour me remettre de l'épuisement de l'année 2025, la mort de papa, le Dress syndrome de JP, le mois d'août très compliqué avec maman, la préparation du déménagement quasi seule (merci encore à Matoo pour m'avoir permis de trouver un déménageur compétent), l'installation en plein hiver avec les travaux, et OUF j'ai commencé à souffler. 

Mais c'est vraiment là, au retour de notre mois en Alsace, que je peux dire que "ça y'est, je suis dans la place !

samedi 10 janvier 2026

chez nous

Nous sommes arrivés officiellement le 12 décembre, du moins le camion de déménagement y est arrivé à 8h30 le 12. Nous étions nous depuis le 11 à Saintes pour ne plus en bouger jusqu'à maintenant. Si ce n'est deux petits tours à Oléron, d'abord pour récupérer nos petits agrumes et bonsaï qui avaient contre toute attente supporté leur séjour en extérieur, puis avec les enfants, venus passer Noël dans la nouvelle maison. Le jour de la grande neige, nous avions rendez-vous à Royan avec notre banquier totalement déboussolé par cette situation climatique pas vue depuis 1991 semble-t'il. Trajet féérique grâce à nos pneus neige de hauts savoyards, sur une route totalement vide où les oiseaux s'ébattaient tranquillement et entourée d'arbres ployant sous les amoncellements de neige.

Mais voilà, nous y sommes, et je peux l'avouer maintenant, je n'y croyais pas vraiment. D'abord trouver un logement, dans notre budget, qui plus est accepté par une banque, et faire le déménagement de cet appartement, c'était pour moi inimaginable, même si je l'espérais vraiment. Mais nous y sommes arrivés, sans se bouffer la santé, sans divorcer, et malgré deux pannes de chaudière et un petit dégât des eaux, nous avons rapidement mis en place ce nouveau lieu qui nous plait beaucoup.



Le jardin est plein d'oiseaux, des mésanges diverses, des pinsons, des étourneaux voraces, quelques pigeons, et nous nourrissons le tout avec force graines et vers de farine séchés qui me dégouttent... mais que ne ferais-je par amour !


Pour l'instant nous ne connaissons que le voisin proche, très sympathique, érudit, et très accueillant. Tous les autres résidents de notre petite copropriété restent calfeutrés chez eux. Notre voisin nous a tout de suite prévenus, le charentais est assez difficile d'abord, mais je ne désespère pas, lorsque les beaux jours viendront, de petit à petit les rencontrer. Et puis nous allons aussi nous inscrire à des associations, compter aussi sur le hasard. De toutes façons, à Annemasse, nous n'avions plus beaucoup de copains, tous étant soit partis, soit morts.

Nous avons déjà trouvé un bistrot qui nous plait beaucoup, La Musardière rue Alsace-Lorraine, où l'ambiance est vraiment tout ce qu'on aime. Hier nous avons trouvé notre pharmacie. Aujourd'hui nous nous inscrirons à la superbe médiathèque François Mitterrand. 

Mais là, tout de suite, nous écrivons nos voeux, maintenant que nous avons enfin trouvé des enveloppes pour les envoyer.

vendredi 21 novembre 2025

cartons, film à bulles, scotch...

la vie est belle que pour les capitaliste/esclavagiste


 37 ans de vie, amassés dans 90 mètres carrés, sans compter les balcons. 

Chez Leclerc le scotch est à 6,88 euros, chez Action (que je découvre) 85 centimes. Les cartons (à livres) en moyenne un peu partout juste au dessus d'un euro, le film à bulles lui,  nous restait d'un déménagement ancien de C.. Et puis nous avons également eu une grosse livraison de cartons, scotch, bulles de l'entreprise de déménagement. J'avais déjà bien emballé une bonne partie de ce que nous gardions lorsqu'elle est arrivée. Trois énormes cartons remplis de dizaines d'autres cartons. Qu'en faire me suis-je dit, je n'ai presque plus rien à emballer.

 Erreur ! 

Chaque jour je trouve des objets à mettre en carton, à emballer dans des films plastique, à déposer chez Emmaus ou à la déchetterie. Ça n'en finit pas.

Heureusement il y a d'autres activités qui changent de cette routine. La nouvelle adresse à renseigner sur tous les sites administratifs, le RIB et le numéro de carte bancaire à mettre à jour puisque nous avons dû changer de banque pour le prêt. Hier je suis allée faire la réexpédition du courrier. Faire un tour chez ceux que nous allons quitter, boire un dernier ou avant-dernier verre. Gérer de loin les travaux de la maison dans laquelle nous allons atterrir.

Je profite de ce grand remue ménage pour nettoyer les tapis, cirer les armoires, trier les papiers, réparer ce qui aurait dû être fait depuis longtemps, mais toujours remis à plus tard. 

JP rebouche, remet en état les murs abîmés, démonte et transporte, revend ou donne sur le bon coin. 

Ce matin il neige, doucement, les toits sont blancs, les voitures cachées sous un manteau glacé. Un petit pincement au coeur à l'idée que cela sera sans doute très rare si ce n'est impossible là-bas, de me réveiller dans cette luminosité éclatante et pourtant feutrée. 

Mais me dis-je, si j'ai trop de nostalgie, j'irais dans ma maison en Alsace retrouver la neige.

dimanche 13 avril 2025

grenouille et grisaille

petite grenouille verte oléronaise


A peine avais-je eu mon nouveau vélo bleu-canard, que nous sommes repartis en Haute Savoie. Deux jours de grand beau temps qui nous a tout de même permis de déjeuner aux Ecluses sur la terrasse et de faire une balade jusqu'à St Denis sur des pistes quasiment vides. Dimanche à dix heures nous avons pris la route, très ensoleillée, très calme et rapide. Moins de neuf heures plus tard nous nous posions dans nos pénates, un dernier verre de pineau des Charentes avant de faire un petit tour d'arrosage aux dernières plantes qui devraient déménager avec nous.

Mardi nous avons fêté mes soixante huit ans aux Trésoms à Annecy, grâce à un bon cadeau de mes anciennes collègues reçu lors de mon pot de départ à la retraite. Délicieux repas, où nous n'avions que les boissons à notre charge (un bon budget malgré tout), et une petite bougie avec les deux cafés offerts par la maison. D'habitude cela ne me fait ni chaud ni froid, mais cette fois-ci cela m'a un peu chagrinée. Est-ce parce que je suis à la retraite ? Est-ce parce que je suis maintenant à moitié orpheline ? 
Je me souviens que lorsque nous avons enterré ma grand-mère paternelle, morte à un âge respectable, papa avait pleuré, évidemment sans effusion, mais c'était suffisamment rare pour que cela m'ait frappée. Plus tard il m'avait dit qu'il était maintenant totalement orphelin,  dernière ligne avant sa mort. 

Il y a aussi que j'en ai un peu marre d'être le cul entre deux chaises. Ni là, ni ailleurs. J'ai tellement hâte de déménager, d'être à nouveau vraiment chez moi. Nous avons discuté avec une notaire, pensant que cela nous éclaircirait notre avenir, mais elle semblait peu à même de nous informer sur nos possibilités et nous a conseillé d'aller voir notre banquier. Rendez-vous est pris pour la fin du mois. 

Il pleut, JP est malade au fond du lit, le ciel est gris. 

Allez ! Il est temps de se bouger les fesses !

vendredi 4 avril 2025

sur l'île


Ici, dans cette île si calme hors saison, je tente de mesurer l'absence qui semble encore irréelle. C'est la première fois que nous y sommes aux tout débuts du printemps, et même si le ciel n'est pas toujours engageant, tout y est plus paisible.

Nous avons flâné sur la plage pour voir les grandes marées, et j'ai cassé mon beau vélo bleu ciel un jour en changeant de vitesse. Trop vieux et surtout jamais révisé, cela m'aurait coûté plus cher de le faire réparer. J'ai donc maintenant un vélo bleu-canard, d'occasion, avec des freins et des vitesses qui passent sans solliciter de dérailleur (responsable de la mort de mon destrier plus si fier). Et je découvre que maintenant il est exigé que les vélos soient identifiés avec un code-barre. Je m'attends dans pas longtemps à devoir payer une nouvelle taxe, même si la raison officielle serait d'après le vendeur, de permettre lors de vol, de retrouver plus facilement le propriétaire (mon oeil).

Court séjour mais nous reviendrons rapidement. Nous avons un logement à trouver et il est plus que temps de nous y mettre.

mercredi 6 novembre 2024

quelques roses dans le gris

le bouquet offert par une ancienne collègue

En me couchant hier, les voyants étaient plutôt au vert. Kamala Harris devait gagner, Trump retourner aux oubliettes. En ouvrant les yeux ce matin, Le Monde et Libération m'ont immédiatement fait déchanter. Les États Unis ont vraisemblablement choisi de remettre à la tête de leur nation, cet homme si plaisant, apaisant, distingué et plein d'amour pour ses prochains. A l'instant, une pastille s'ouvre en haut à droite de mon écran, "Trump revendique la victoire et remercie le peuple américain". Voilà voilà... On a pas le cul sorti des ronces.

Mon indécrottable optimisme me souffle que rien n'est définitif, que quelque chose va faire basculer du bon côté cette mauvaise blague. Non pas que Harris puisse nous faire la remontada du siècle, mais que les américains vont se rebeller lorsqu'ils constateront dans quel pétrin ils se sont fourrés. Et puis je me raisonne, ici nous avons bien un gouvernement qui n'en a plus rien à foutre de ce que l'on vote, qui continue allègrement de nous enfoncer, et personne ne bouge, le rouleau compresseur tranquillement avance, et nous les yeux rivés sur nos écrans, nous nous poussons pour qu'il puisse continuer sa course un peu plus vite. 

Le plafond gris des nuages stagne encore et encore juste au dessus de notre si charmante bourgade. Je trie, je déchire, mais le soir nous invitons des amis, nous picolons en nous racontant nos vies, nous préparons l'avenir. 

Demain est un autre jour, je vais aller me faire un café.

dimanche 3 novembre 2024

ce n'est que le début


 

Et parce qu'il faut bien rentrer de temps en temps, nous sommes revenus lundi.  Quatre mois en vadrouille, avec deux trois petits sauts en Haute Savoie, mais des semaines au soleil en Alsace, à Oléron, à Tunis, le retour dans le brouillard annemassien ne donne vraiment pas envie de rester ici. C'est décidé, c'est à Saintes que nous recommencerons notre vie. Un petit tour à Rochefort, sympathique, mais trop plat, trop carré, bien que le Monoprix soit vraiment bien, pour moi qui suis une adepte depuis que Prisunic a disparu (Il faudra que je fasse du forcing auprès de l'enseigne pour qu'ils se décident à en ouvrir un dans ma future ville.), nous a fait pencher la balance.  

Maintenant, avant même d'avoir trouvé notre maison, il faut préparer le déménagement, en triant et jetant. Comme un petit dégât des eaux découvert à notre arrivée, a dégradé des boites renfermant des lettres amassées depuis quarante ans, j'ai commencé par ces cartons. Plonger dans le passé, relire des mots écrits par des amis disparus que j'ai tant aimés, mon frère, mes grands mères, des amis perdus de vue. Il me fallait remonter dans le présent pour ne pas sombrer complètement. Et devoir abandonner ces mots, qui dormaient de toute façon depuis quarante ans sans que j'y ai jeté un regard, m'a tordu le ventre. Mais que seront ces mots pour ceux qui me survivrons, si ce n'est un passé à jeter avec culpabilité. J'ai gardé quelques lettres que nous échangions JP et moi, parce qu'elles sont artistiques, avec dessins photos et souvent très drôles. 

Je regrette ce temps où nous nous écrivions si régulièrement. J'ai retrouvé une correspondance soutenue que j'ai eu avec mes frères et soeurs, mes amours, mes amis, parfois deux trois lettres par semaine. Aucune comparaison avec ces mails vite écrits, ces petits mots jetés sur Instagram sans intimité. Je pourrais bien sûr reprendre la plume, mais jamais je n'aurai le retour espéré trouvé dans ma boite aux lettres. Un petit mot sur WhatsApp pour dire "merci, c'est sympa", un mail rapide, mais plus ces enveloppes découpées, ces découpages, ces dessins, cette impudeur jetée sans filtre. 

Je le sais, déménager redonne un coup de jeunesse, mais la nostalgie évidemment sera ma compagne un temps.