dimanche 24 mai 2020

télétravail


Capucines du balcon
J'ai rapporté, le premier soir du confinement, l'ordinateur du bureau qu'il était hors de question que j'installe dans ma chambre. Bien séparer le travail de ma vie privée. J'ai donc investi la chambre des enfants-amis, dégageant tout ce qui encombrait le bureau pour y faire un vrai endroit de travail. Vue sur le ciel et le balcon qui à ce moment là était encore endormi. JP a immédiatement commandé un routeur pour facilité la connexion, et une fois le VPN opérationnel, j'ai pu démarrer ce fameux télétravail tant vanté sur les réseaux.
Le premier mois a été d'un calme impressionnant. Plus de problèmes de plomberie, d'électricité  ou autre, et mis à part un immeuble où il a fallu calmer les rages de certains résidents ne supportant pas les cavalcades d'enfants confinés, j'ai vraiment eu l'impression que la vie était devenue parfaite pour ceux qui à longueur de temps me sollicitent pour le moindre bobo.
Alors, même si la culpabilité que je combats à longueur d'année me titillait, j'ai pris mes quartiers d'été sur le balcon. Le matin je faisais sagement une demie-heure de yoga, je pédalais sur mon stepper, je respectais à la lettre les règles diététiques hormis l'apéro du soir.

Le deuxième mois a vu l'arrivée d'un portable professionnel qui a permis de me joindre plus directement. Personne n'en a abusé, et j'ai là aussi institué une règle absolue, couper le son hors des heures de boulot.
Je garde la règle stricte du : huit heures trente je m'installe, douchée, habillée, concentrée. Midi je me déconnecte et reprise à treize heures jusqu'à dix sept heures où je ferme tout et quitte la chambre. Le week-end je pousse mon matériel pro et je passe en mode libérée-délivrée avec machine à coudre prête pour la création.

Eh bien ce n'est pas si mal. J'ai un temps exécré cette façon de travailler, mais depuis que j'ai une journée à plein temps à l'agence où je peux faire tout ce qui est compliqué à la maison, d'autant plus que nous avons à nouveau la liberté de sortir sans attestation, je reconnais que je commence à me dire qu'une ou deux journées en télétravail serait une bonne façon de finir ma vie professionnelle.

vendredi 22 mai 2020

Semi-liberté

pivoines de haute Savoie
Nous avons enfourché nos vélo et sommes partis le long de l'Arve, deux heures durant, sous les arbres qui filtraient le soleil délicatement. Les promeneurs, souvent accompagnés de leur chien, masque sous le menton, ou pas de masque du tout ce qui était sans doute la meilleure des choses à faire, nous saluaient d'un joyeux bonjour. Nous aurions presque pu nous croire en vacances, sans virus rodant.

Je ne vais officiellement qu'une fois à l'agence la semaine, le reste du temps je suis en télétravail, où sur le terrain pour des états des lieux, masquée, gélifiée, distanciée, si loin de ma nature. Le sourire ne passe plus que par les yeux, les mèches de cheveux indomptées ne peuvent plus être repoussées le temps de se désinfecter les mains et enfin se libérer le visage.

Quels souvenirs garderai-je de ce confinement qui nous est tombé sur la tête un mardi, le 17 mars exactement.

Tout d'abord un certain amusement, mêlé d'angoisse diffuse. Laver, laver, laver tout ce qui aurait pu être souillé par le dehors, tout à 95°, depuis j'ai baissé la température à 60 et ai calmé cette phobie qui menaçait mon âme.

Apéro TOUS les soirs, peut-être un ou deux soirs ai-je tenté de reprendre la main, mais dès 18 heures nous étions prêts. Là aussi je viens d'y mettre le hola et mes nuits sont bien plus calmes. Peut-être y perdrai-je ces deux kilos réglementaires combattus sans succès.

Les livres, essentiellement polars, comme il est de règle en vacances, puisqu'au début il s'agissait un peu de cela. Grand soleil dès le réveil, malgré tout réglé à 6 heures chaque matin, peu de travail le premier mois, les locataires et propriétaires étant figés dans cet espace temps improbable.
Allongée sur mon transat, regardant pousser ce qui voulait bien sortir de mes jardinières, plantes mortes ressuscitant, je lisais au soleil, bronzant comme un mois d'août sur la plage... sans plage, sans mer, mais enchantée par les chants d'oiseaux enfin libérés.

J'ai bien testé les courses en drive, mais les deux fois où cherchant ma commande faite cinq jours avant, foule oblige, et constatant qu'il y manquait un grand nombre de choses, j'ai repris la mort dans l'âme le chemin du magasin. Une fois maximum par semaine, tremblante les premières fois, de me faire sanctionner, de rapporter cette saloperie à JP qui lui ne bougeait pas de son fauteuil.
Une seule fois je me suis faite contrôler, bonjour, au-revoir, ravie d'avoir passé brillamment l'examen.

Et puis lentement j'ai repris vie. Je suis allée à l'agence, parce que le télétravail c'est bien, mais c'est lent, et puis il faut consulter certains dossiers papier, il faut imprimer, scanner, envoyer des documents. J'avais alors le plaisir de retrouver des collègues, peu il est vrai, puisque nous n'étions en général pas plus de quatre ou cinq ensemble et respectant la distance obligatoire.

Il est arrivé un moment où mon moral a plongé, profond, lorsqu'il a été question que nous ne puissions plus quitter nos départements. Je venais d'apprendre que maman avait un cancer découvert au tout début du confinement, et me dire que je ne pourrai aller l'embrasser m'a foutu une tristesse incommensurable.

Et puis ces réunions par zoom où l'on se voit si vieille, j'avoue que là aussi cela fout le cafard...

vendredi 1 mai 2020

un certain ras le bol se dessine...

Les jours passent, se ressemblent de plus en plus. Réveillée vers cinq heures trente tous les matins, mais le soir, au lit de plus en plus tard. Il pleut depuis hier, les locataires et propriétaires sont entrain de sortir de leur torpeur. Je suis allée depuis lundi, tous les jours près de deux heures à l'agence, masque maison sur le visage, distance respectée avec mes collègues, le reste du temps je suis en télétravail, et je n'ai aucun plaisir avec ce genre d'activité. Ramener chez soi le bureau ne me convient pas vraiment.
Cet enfermement me pèse, l'idée de ne pouvoir sortir d'un demi-cercle de cent kilomètres de diamètre (frontière suisse fermée, restreignant d'autant la surface) à partir du 11 mai si encore les crétins qui décident ne changent pas encore d'avis... avec la menace constante d'être sanctionnée. Sans compter tous les petits chefs hargneux qui sévissent sur les réseaux sociaux, les médias tournant en boucle sur un seul sujet.

Alors...

Je lis, des trucs qui ne font surtout pas réfléchir, qui me donnent un temps la permission de penser à autre chose.


Fermé pour l'hiver de Jorn Lier Horst - Un homme est retrouvé mort dans un chalet en Norvège. Dans un de ces petits chalets qui sont des résidences secondaires apparemment très fréquentes en Norvège, et que l'on rencontre souvent dans les polars. La particularité de ce chalet est qu'il appartient à une star de la télévision et que celui-ci, qui n'est pas le mort retrouvé, ne donne aucune nouvelle, ne répond pas aux appels téléphoniques des policiers. C'est un bon polar, qui tient en haleine jusqu'au bout.

Danse avec l'ange de Ake Edwardson  - Polar très très noir, bien ficelé et qui jusqu'au bout ne dévoile rien de qui pourrait être le meurtrier abominable qui tue des jeunes gens dans des conditions affreuses. L'enquête minutieuse est détaillée aussi bien dans l'action que dans la psychologie des enquêteurs. Entre Londres et Göteborg. Très prenant.

Histoire d'@ de Laure Manel  - Le pitch : ils se sont perdus de vue. Ils se retrouvent en ligne. Le tout, une daube absolue dont bien sûr je n'ai réussi à lire que le début, ai sauté de paragraphe en paragraphe pour voir si cela s'améliorait et qui est désespérant de nullité. Comment ce genre de daube arrive à se faire publier ? Je l'ai trouvé dans la petite bibliothèque de l'immeuble qui s'est mise en place au début du confinement. Perte de temps.

L'archipel des larmes de Camilla Greb - Une femme est retrouvée morte, crucifiée au sol, dans son appartement, ses enfants autour d'elle. Son mari est accusé, histoire close. Quelques années après, d'autres femmes sont retrouvées crucifiées, chez elles, au sol, un enfant témoin. Mais dans ce livre, il y a l'histoire, il y a surtout les enquêtes faites à différentes époques, la police qui évolue, les femmes qui lentement sont acceptées au sein des équipes d'enquêteurs. J'avais trouvé ce livre dans la bibliothèque du parc, je ne connaissais pas du tout cette auteure, que je vous recommande chaudement.

Le journal de ma disparition de Camilla Greb - Un soir, un petit groupe de potes va picoler dans une clairière où dit-on un enfant fantôme pleure la nuit. C'est cette nuit que l'on trouve des ossements d'une enfant, déjà là depuis des années. Une enquête est bien sûr menée, mais aucune piste sérieuse n'émerge. Quelques années plus tard, l'enquête est relancée, avec les moyens qui ont évolués. J'y ai retrouvé des acteurs du livre précédent, et j'ai réalisé qu'il avait été écrit avant. Il faut donc bien sûr lire d'abord celui-ci aussi bien construit que l'archipel des larmes. Décidément, j'aime cette auteure, je vais lire, comme à mon habitude lorsque j'en découvre un, tous les livres qu'elle a écrit.

Sharko de Franck Thilliez - Sharko est policier au 36 quai des Orfèvres, Lucie sa compagne également. Un soir, après que sa tante lui demande, en mémoire de son oncle mort en pleine enquête sur la disparition d'une jeune femme, de reprendre cette enquête, elle tue un homme. Son compagnon est malgré lui entraîné, par amour, dans un mensonge qu'ils vont devoir porter ensemble alors que démarre l'enquête sur ce meurtre et à laquelle ils participent. C'est bien foutu, mais beaucoup, beaucoup de sang. Je n'avais jamais lu un livre de cet auteur. Le livre fait partie de la bibliothèque de l'immeuble spécial covid-19. C'est un bon polar.

L'ombre de la baleine de Camilla Greb - J'ai déjà beaucoup de mal avec ce confinement qui m'enlève ma liberté. Je sais c'est pour le bien de tous, mais lors de mon viol, c'est cet enfermement, presque plus que le viol lui même qui m'avait en partie détruite. Ce livre dont je ne veux pas déflorer l'histoire, raconte un enfermement insupportable. Et oui c'est encore un bon polar.

La fille dans les bois de Patricia Mc Donald - Je n'avais plus lu de Patricia Mac Donald depuis longtemps (2016) et apparemment je n'en ai lu que deux avant. Mais confinement oblige, le choix est plus restreint et c'est en faisant mes courses au supermarché que je l'ai trouvé. Je préfère, depuis quelques années, les auteurs des mers du nord, ils sont moins convenus. Mais tout de même, l'histoire est bien ficelée, et cela permet de dévier les pensées le temps de la lecture.

Je ne lis que des polars, comme lorsque je suis en vacances, très peu de romans, alors que j'en ai quelques-uns en attente...

mardi 28 avril 2020

résilience

Ils avaient quitté Strasbourg, s'étaient installés chez oncle Louis et tante Jeanne, à Colmar rue de la Semm. Maman, sa petite soeur, son petit frère, et ma grand'mère Marie Thérèse. Ernest, leur père, lentement se remettait de la turbeculose, là haut dans le sanatorium.

La guerre bientôt serait déclarée, Strasbourg devenait dangereux, les nouvelles étaient de plus en plus tristes. Mais la maison d'oncle Louis était grande, avec un très beau jardin.
Plus tard, lorsqu'Ernest sera remis, ils quitteront Colmar et s'installeront le temps que cette foutue guerre s'arrête, si tant est qu'elle s'arrêtera un jour, à Pfaffenheim.

Les enfants avaient emporté lors de cette retraite, une grande quantité de jouets, poupées, landaus, berceaux, dinette, tout ce qui fait l'enfance.
Alors ils jouaient, tous les trois, Maman tout juste huit ans,  avec leur cousin Gérard, l'aîné de cette troupe.
Un de leurs jeux favoris consistait à sortir toutes leurs poupées, les berceaux, les landaux, la dinette, et de très consciencieusement installer tout cela dans le jardin. Les poupées assises, à côté des berceaux, en pique nique, prêts à prendre le thé, manger leurs gâteaux imaginaires. Cela prenait du temps, il fallait que tout soit parfait. Il faisait déjà très beau en ce début d'été 1939, et jouer dans le jardin aux fruitiers nombreux, pelouse entretenue, si grand que l'on pouvait croire qu'il n'avait pas de limites, était un vrai régal.
Une fois que tout était parfaitement organisé, Gérard sortait de la maison, descendait les marches en pierre, et hurlait EVACUATION, EVACUATION. Immédiatement, il fallait tout rassembler dans l'urgence, en vrac, jeter tout dans les berceaux, empoigner les landaus, et fuir fuir jusqu'au fond du jardin, dans une excitation jubilatoire.
Et tout recommençait, installer une à une les poupées, remettre en ordre les draps, border les couvertures, disposer la dinette, tout en bavardant en vraies petites mamans s'occupant de leur marmaille. Comme si la guerre n'existait pas. Jusqu'à ce que brusquement se remette à hurler leur cousin chéri, EVACUATION, EVACUATION et à nouveau l'effervescence pour tout rassembler et filer dans des hurlements de rire, poupées, dinettes dans les berceaux en vrac, jusqu'à l'autre bout du jardin.
Il fallait bien à un moment s'arrêter pour aller gouter les bonnes tartines recouvertes de confitures d'abricot que faisait tante Jeanne.
Le lendemain, les évacuations feraient de nouveau partie de ce monde imaginaire...


De la guerre Maman garde de très jolis souvenirs qu'elle me raconte lors de nos longues conversations téléphoniques. Très calmement confinés, mais profitant aussi de ce Paris sans voiture, aux arbres fleuris, ils font des petites balades d'une heure, leurs attestations bien remplies, les masques sur le visage, attendant que passe cette si curieuse période, hors du temps, qui réveille leur enfance bousculée.
Papa dit qu'il fêtera sans doute le 19 juin, ses 91 ans confiné, et Maman se dit que ses 90 ans à elle, le 14 juillet,  seront sans doute particuliers aussi.

vendredi 10 avril 2020

ainsi passent les jours

Mais alors je m'en fou d'une force de ce discours donc on ne rebat les oreilles, qui doit être fait lundi soir, mais d'une force pas croyable ! Un lundi de Pâques qui plus est, jour férié où je n'allumerai évidemment pas mon ordinateur du boulot, où je profiterai du soleil sur mon balcon, livre en main, vautrée dans mon transat, regardant passer les corneilles qui s'égosillent, et mes choux kale qui fleurissent tranquillement parce que non décidément, leurs feuilles tellement dures ne me tente plus.

La première semaine, j'avais fait un peu de tri dans mes livres, déjà bien triés régulièrement. Trois ou quatre livres que j'ai laissé près des boites aux lettres au cas où un voisin serait tenté. Et deux jours plus tard, j'ai découvert que notre voisin menuisier avait fabriqué une boite très jolie, gravée d'un livre faisant bonjour, et quelques livres avaient été rajoutés. Il faut avouer qu'il y a peu de brassage, mais tout de même, des livres partent, d'autres arrivent. Peut être que la lecture ne tente pas grand monde, où que la trouille de se faire infecter est responsable de ce manque d'enthousiasme.
Il faut dire que notre immeuble est très très sage. Peu de passages, le soir quelques parents sortent dans la cour leur tout jeunes qui font un peu de vélo, un peu de ballon, mais rapidement remontent dans leurs appartements.

A vingt heures, brusquement, cela se réveille, hurle au balcon, fait du tamtam, applaudit presqu'hystériquement, trois minutes montre en main, et pouf, retourne chez soi, fini terminé. Très peu d'interaction, on hurle, on s'en va. Du coup cela ne me tente plus, cette sorte d'obligation qui n'a aucune chaleur.

Je ne sors que très rarement, un état des lieux de sortie que le partant voulait faire à tous prix, du travail à l'agence impossible à faire chez moi, des courses rares et cela une fois pas semaine grand maximum. Pas de balade, la peur de rapporter à JP le virus est trop forte. Quelques collègues sont touchés, dont un qui a un mal fou à s'en sortir, vingt sept ans à peine.

Mais il y a de belles surprises qui m'enchantent. Hier, lunettes sur le nez, j'ai découvert sur un petit lilas des indes mort depuis l'automne, des petites pousses vertes, et cela a illuminé ma journée. Depuis hier une jardinerie est parait-il ouverte, mais je laisse mon potager, mes jardinières, en friche tout l'hiver, reprendre lentement vie. Et j'ai des surprises, des trucs qui poussent et qui ne semblent pas de la mauvaise herbe. Je les bichonne.

Un huissier nous a envoyé hier un mail, nous informant que nous serons vraisemblablement confiné jusqu'à fin juin. Jusqu'à fin juin !!!


jeudi 2 avril 2020

tristesse féline

Elles étaient trois noiraudes, adorées, choyées, princesses en leurs royaumes.

Nini est partie la première, puis Chamade qui l'a rejointe un vingt neuf janvier marqué d'une pierre noire...

Calinette vient de les rejoindre, là bas, au paradis des chats...

Je suis si triste pour Dr CaSo, si triste...

mardi 31 mars 2020

il restera toujours les livres

Linda Huber Une mer si froide
Je l'avoue, je l'ai lu un peu en diagonal, je voulais connaître la fin, mais ni le style, ni le suspens bien bien délayé m'ont tenue en haleine. Le prologue nous montre une petite fille qui se noit, puis commence l'histoire d'une famille qui un jour sur la plage, perd sa petite dernière. Les recherches effectuées par la police et les parents ne donnent rien, la mère plonge dans la dépression. En parallèle une femme qui a perdu sa fille remonte de la sienne, son mari est absent au chevet de sa grand'mère. Les ficelles sont grosses. Au moins durant cette lecture, je n'ai pas pensé au virus qui court qui court...


Karine Tuil Les choses humaines
Un Goncourt des lycéens, cela ne se loupe pas. J'ai rarement été décue, et là encore une fois, j'ai adoré. Résumé rapide pour ne rien défloré : Les Farel forment un couple de pouvoir, lui célèbre journaliste, elle a fait un stage à la Maison Blanche du temps de Monica Lewinsky, connue pour ses engagements féministes. Ils ont un fils, brillant, étudiant dans une prestigieuse université américaine. Un matin, tout vole en éclat, le monde s'écroule pour eux. A lire sans hésitation

Camille Di Maio Le parfum de nos souvenirs
Je l'ai trouvé dans la bibliothèque de rue, le dernier jour de travail à l'agence. D'habitude je ne l'aurai même pas regardé, mais il n'y avait plus grand chose et je savais que le lendemain je serai enfermée. Et puis sur la quatrième de couv il y avait un petit commentaire qui disait que cette délicieuse histoire rappellerait peut être à certains Les oiseaux se cachent pour mourir (grand film vu en cachette sur notre petit téléviseur, lorsque j'étais ado et que toute émission était strictement analysée avant que nous ayons le droit de regarder... ce qui pour ce film n'était évidemment pas le cas et dont je garde un souvenir ému). Donc, je l'ai pris et je l'ai lu, jusqu'au bout, parce que je suis en confinement, c'est dire. C'est un gros Harlequin pour qui se souvient de ce que cela veut dire, voilà, voilà.

Häkan Nesser Le mur du silence
Celui-ci trainait, entamé, sur mon bureau, lui aussi trouvé du temps de la liberté, dans la petite bibliothèque de rue. Je l'avais commencé, mais n'avais pas accroché, il était resté là plusieurs semaines, et bien sûr, n'ayant plus rien de facile à lire, je l'ai repris au début et bien qu'il ait été un peu décevant, je l'ai lu avec plaisir. Une femme appelle le commissariat pour signaler la disparition d'une jeune fille qui vit dans une secte de la région. Au début le remplacant du commissaire n'y prête pas vraiment attention, mais la femme rappelle. L'inspecteur Van Veeteren est désigné pour mené l'enquête et sur ces entrefaits, on trouve le cadavre d'une jeune fille dans la forêt. Un peu déçue par le fil de l'enquête.

Aline Schulman Paloma
En triant des livres pour descendre ceux qui pourraient intéresser mes voisins, j'ai retrouvé un petit livre lu il y a 19 ans, racontant la découverte du cancer et la mort de la fille de l'auteure. J'ai un rayon très chargé de livres écrits par des écrivains qui ont perdu leur enfant, je ne sais pourquoi j'ai tant besoin de lire ces beaux témoignages. Un temps cela me permettait, je pensais, de me préparer au pire, bien que l'on ne puisse jamais s'y préparer. Pour qui, comme moi, aime ce genre de lecture, ce livre est très bien écrit, très humain, franc.

Georges Bernanos Un crime
J'ai refermé ce livre sans avoir l'impression d'avoir tout compris, et effectivement, grâce à une analyse trouvée sur le site Cairn.info, j'ai pu vraiment dénouer les fils de l'enquête. L'écriture est si éloignée de ce que je lis habituellement, que malgré les seulement 152 pages, il m'a semblé que le livre en faisait le double ou triple. Alors en fin de compte, je ne peux vous dire que j'en sors enthousiasmée, mais comme toujours, je trouve très intéressant de sortir de mes sentiers battus.