mercredi 20 janvier 2021

état des lieux

la maison en Alsace (photo de T.)

L'année a commencé comme elle a fini, trois jours de télétravail, deux jours à l'agence, un peu de neige en plaine, vite fondue, certains matins à vélo un peu plus glissants, et dimanche nous avons rangé soigneusement les décorations de Noël dans les cartons. Il reste encore les guirlandes solaires sur les balcons, il fait froid, et cela égaille un peu les nuits noires. 

Les locataires en général sont assez agréables, mais avant-hier j'ai eu droit aux premières insultes et menaces de l'année. "Tu me retires un centimes de ma caution et je t'éclate la tête sale voleuse, la vie de ma mère tu t'en relèveras pas etc etc". Je reste calme au téléphone, mais cela me chahute violemment, je déteste cela, je reste marquée un moment, et je n'ai qu'une envie alors, prendre ma retraite, ne plus avoir à faire à ces pauvres mecs qui ne connaissent que la haine des autres. Heureusement que ce n'est pas la généralité, et que beaucoup acceptent le résultat de l'état des lieux. Je ne compte d'ailleurs plus le nombre de vitres que je nettoie une fois les locataires repartis, les lavabos, les murs également. Sans doute suis-je celle qui rend le plus la caution, mais parfois je ne peux pas faire autrement que de compter un ou deux trucs, tel qu'une plaque de cuisson explosée comme cela était le cas avec mon charmant locataire. 

Hier soir je suis allée chez le coiffeur me faire couper une bonne dizaine de centimètres de cheveux blonds, je suis sortie à 17h50, et je suis arrivée à 18h00 pile chez moi. Il me reste encore quelques centimètres avant d'être totalement grise. Je me pensais presque blanche, je suis encore très sombre, mais c'est un joli gris sombre et cet été cela va s'éclaircir sans doute. Je ne sais pas si cela me plait, non que je regrette ma fausse blondeur, mais il me semble que cela me vieillit, ou bien est-ce le confinement, couvre-feu, stress qui agit sur mon tonus ? 

Je continue la cohérence cardiaque, trois fois par jour, ma tension est à 12/7, mon coeur bat à 60 pulsations, je dors mieux, pas encore comme un bébé, mais mieux. J'ai testé avant hier soir le cannabidiol, mais contre toute attente, cela m'a fait l'effet d'une pleine cafetière avalée d'un coup. Impossible de fermer l'oeil jusqu'à une heure du matin, réveillée à cinq heures épuisée. Et hier jusqu'à tard dans l'après midi, j'étais vaseuse, au bord de faire une sieste la tête sur le bureau. Je n'ai rien trouvé sur internet qui puisse expliquer cette réaction inverse de ce que je supposais vivre. Avant de retester, je vais me renseigner longuement. 

Maintenant j'attends impatiemment que mes parents, JP et G. soient vaccinés, pour pouvoir un peu me détendre...

dimanche 10 janvier 2021

l'anniversaire

 Je crois bien que je me fichais totalement de l'élection de Bill Clinton avec Albert Gore comme colistier, cela faisait trois jours qu'ils avaient été proclamés officiellement élus, on était le 9 janvier et j'avais bien d'autres choses à faire. Nous rentrions de nos vacances de Noël en Alsace, cela s'était plutôt bien passé. Evidemment il y avait eu quelques tensions, mais rien de grave. On avait eu nos repas pantagruéliques, nos cadeaux découverts sous le sapin, sans doute de la neige et notre ancienne chaudière avait tenu le coup, bien qu'il fallait être courageux le matin pour se lever avant le soleil et la remplir de bois pour démarrer le feu. 

C. que j'avais conduite, sautillante, à l'école, se réjouissait du week-end à venir, moi j'avais un réfrigérateur vide à remplir, il faisait un froid à pierre fendre. Le brouillard ne se levait pas, G. pétait la forme, JP le gardait pendant que j'allais faire les courses.

J'avais arpenté les rayons de l'Intermarché de Gaillard un a un, rempli le coffre de la voiture, et miracle, j'avais trouvé une place dans la rue, en face de l'immeuble. Premier aller-retour, les bras chargés de sacs, j'avais monté l'escalier, sonné pour que JP m'ouvre, et l'aventure avait commencé.

Très vite, une fois le voyage mis en place, j'avait appelé ma famille, mon patron et une amie qui m'avait demandé de la prévenir. Elle avait décroché, bouleversée parce qu'ils venaient d'apprendre qu'une famille amie avait péri dans un incendie. J'étais certes désolée pour elle, mais je naviguais à vue, devais chercher C. à l'école, on ne pouvait la laisser en dehors de ce que nous allions vivre, préparer les bagages, mettre en place autant que faire se peut la semaine à venir. 

L'ambulance était enfin arrivée, JP et C. nous avaient regardé partir, plus tard ils prendraient le train et arriveraient à temps pour voir G., très excité par le remue-ménage, avant l'opération. 

Hier cela faisait vingt huit ans, G. fêtera en juillet ses trente ans. Il est beau comme un dieu, adorable, si drôle, travaille sur sa thèse, aime une jeune femme merveilleuse.

Hier en Espagne la neige a recouvert Madrid, je ne sais où habitait l'enfant qui a fait don de son foie pour G., j'ai pensé à ses parents, j'ai espéré qu'ils allaient bien. 


samedi 2 janvier 2021

en avant toute


 En deux mille vingt nous avons survécu à ce foutu covid. Je n'ai maintenant qu'une hâte c'est que mes parents puissent se faire vacciner, mais il va falloir encore attendre. Malgré leurs âges plus que vénérables, n'étant pas en Ehpad, ils ne sont pas dans la liste des premiers servis. Hélas, pour ce qui est de mon JP et mon G., rien n'est moins sûr en raison d'une part de l'allergie médicamenteuse gravissime faite par JP et de l'immunosupression de G. Je vais encore croiser les doigts pendant plusieurs mois.

Avec le confinement, et les couvre-feux divers, j'ai lu, beaucoup. Quatre vingt un livre plus un démarré depuis des mois et que je lis lentement, très lentement. Le dernier d'Axel Kahn, m'a emmenée sur les chemins, tranquillement, me donnant l'envie de partir, sac au dos, crapahuter dans les montagnes alentours. 

Je continue jour après jour, mes petits carrés de coton, le plaid de G. devrait donc voir le jour cette année. 

J'avais bien commencé l'année avec près de dix kilos perdus, et puis... le confinement, les apéros, le stress, le manque fou de sommeil, tout cela m'a fait reprendre petit à petit six kilos. J'espère que cette cohérence cardiaque démarrée hier va remettre un peu d'ordre et que je vais retomber sur mes pattes.

Ma collègue née comme moi en 57 est partie le 31 décembre à la retraite. JP me tanne pour que je fasse de même, mais là, présentement, je n'en ai pas envie, du tout. Alors lundi, je repartirai vers mes locataires, mes propriétaires qui m'ont gâtée encore pour Noël de chocolats dont certains faits maison. Je m'énerverai, je rirai, me moquerai gentiment, jusqu'à ce que j'en ai marre. 

Demain est un autre jour...

vendredi 1 janvier 2021

Allez Hop Vive 2021


Cette année exceptionnellement,  j'ai une vraie résolution autre que perdre du poids (le truc que je me jure depuis que j'ai douze ans), cette fois-ci j'ai vraiment décidé que j'allais me mettre à la cohérence cardiaque.
A moi le sommeil retrouvé, dormir, avoir plus de cinq heures maximum de sommeil hachuré et ne plus me lever avec la tronche en biais. 

Mais en attendant, je vous souhaite à tous de surfer sur cette année qui va encore certainement nous épater 😁 et de trouver plein de raisons pour qu'elle soit malgré tout heureuse.

mardi 15 décembre 2020

la fin de ma série et un Goncourt

Adler Olsen

Cet auteur de polar que j'ai découvert au hasard de la bibliothèque sauvage, crée par moi tout de même, et qui continue à vivre, me plaît bien, même si ce n'est pas celui que je préfère. Il me manque un je ne sais quoi qui le mettrait au niveau de Mankell, Indridason and Co. Mais je me suis fait tout de même toute la série.

Délivrance
Si je n'avais pas dû dormir et manger à un moment, je n'aurais pas lâché le livre une seconde. Un homme enlève des enfants et les séquestre durant des jours. Tout au début du roman, un de ces enfants, réussi à envoyer une bouteille à la mer, qui atterri par hasard dans un commissariat. Des années plus tard, Mock s'empare du dossier avec son équipe particulière. C'est atrocement angoissant.

L'effet Papillon
Je ne sais pas pourquoi là aussi, j'ai trouvé ce livre particulièrement angoissant. Un enfant traqué par une meute d'anciens "amis" faisant partie d'un groupe de voleurs, meurtriers par opportunité. J'avais hâte de le terminer, si possible bien, mais là… il s'agit d'un thriller tout de même, loin d'une romance sucrée. Tout démarre par un sms envoyé du Cameroun à William Stark. Il essaye de le déchiffrer et en réfère à son supérieur, hélas pour lui. Et puis, Carl Morck débarque.

Promesse
Un policier qui contacte Carl Mock pour une histoire ancienne d'accident de voiture qui pourrait être criminel. Pour la première fois j'ai su très très rapidement qui était l'assassin, mais il faut lire presque la totalité du livre pour comprendre pourquoi. Il y a une secte qui m'a fait terriblement pense à celle dans laquelle mon frère est mort, et du coup j'ai eu un peu de mal, mais sinon le polar est bien.

Selfies
Celui là m'est presque tombé des mains. Rose dans son délire, une femme aigrie, des jeunes filles un peu flemme. Je n'ai pas accroché, alors peut être qu'au bout d'un certain temps, il faut changer de genre. Je ne me souviens plus si j'ai eu cette saturation avec Mankell, que j'avais aussi lu de bout en bout un été. Il est vrai que là nous sommes confinés, que ce n'est pas l'Eté, qu'il fait souvent gris. Rajouter du sordide à cette ambiance détestable n'est peut être pas le bon choix.

Victime 2117
Dernier livre pour l'instant de cette série. Plus centré sur l'histoire de Hafez El Assad, le second de Carl Mock. Celà débute par un journaliste en peine de reportage, alors que son moral est au plus bas, qui se prend de passion pour l'histoire d'une femme trouvée morte, refoulée par la mer, sur une plage où viennent s'échouer les barques des réfugiés fuyant leurs pays. Il pense que s'il intéresse les médias, il retrouvera un peu de gloire et du travail. Mais sur cette plage, il n'y a pas que cette femme morte, il y a aussi un groupe de réfugiés dont certains sont étroiterment liés à l'histoire de Hafez El Assad. Il y a donc deux enquêtes qui vont se mêler. J'ai bien plus aimé ce livre que le précédent.

Et puis, durant le confinement, pour soutenir ma libraire que j'aime bien, je suis allée acheter ce livre que ma fille lisait et qu'elle m'avait conseillée, comme parfait pour se changer les idées, et qui quelques temps plus tard à eu le Goncourt.

Hervé Le Tellier
L'Anomalie
Alors là, s'il y a un conseil à vous donner, c'est de NE SURTOUT PAS LIRE DE CRITIQUES qui malheureusement déflorent sans vergogne le secret de ce roman. Très agréable à lire, je vous le conseille, cela vous fait oublier le confinement, le couvre-feu, vous embarque dans une invraisemblable histoire.

Voilà, je suis plongée depuis deux jours dans un petit livre qui n'a rien, mais rien à voir avec tout ce que j'ai lu dernièrement...

jeudi 10 décembre 2020

Les jours s'en vont, je demeure...


Les jours passent, confinés, déconfinés, reconfinés, couvrefeutés. Passent les jours, mornes jours.

J'enfourche mon vélo, quasi quotidiennement, mon attestation professionnelle dans mon sac à dos, je vais à l'agence, je fais des entrées, des sorties, rien de particulier, si ce n'est qu'une fois ma journée de travail finie, je suis lasse, il fait froid, les montagnes alentours sont enneigées. Alors je reste chez moi, sortir ne me tente même plus, je ne vois plus le bout de cette période délétère. 
Un artisan me raconte qu'il a eu le covid, rien de bien méchant pour lui, mais son épouse est bien plus atteinte, début de cirrhose au foie, épuisée, pas encore tirée d'affaire. Une collègue qui l'a également, au fond du lit, incapable de se lever, jambes mortes, une autre qui depuis février n'a plus ni goût ni odorat. 
Dehors place de la Mairie, qui est joliment animée, avec musique et deux manèges pour enfants, sapins qui clignotent et façades sur lesquelles sont projetés des paysages enneigés, foule qui s'attarde, masques sous le menton, dégustant aux stands des gaufres et churos, marmaille excitée courant autour. 

Le 15 décembre, nous devons, (devions ?) être libérés. J'ai en tête un week-end en Alsace, revoir ma maison, monter dire bonjour à Hervé, sous son houx qui doit être couvert de fruits. Las, il semble que pour la troisième fois je vais devoir annuler ces vacances. 

Le 20 G. a prévu de venir nous voir, suivi de près par C., nous passerions nos fêtes ensemble, tranquilles, sans folie, juste nous 4, sagement. 

En attendant, je tricote, chaque soir un carré de coton, Pénélope à son ouvrage...

samedi 28 novembre 2020

Les gens qu'on aime #19

 quelqu'un qu'on admire


Fin août début septembre 1971 nous sommes partis en vacances en Espagne, en famille. J'avais 14 ans, et je garde en souvenir la silhouette du taureau, noir, surplombant les collines, la Sagrada Familia où tous le monde pouvait entrer, sans tickets, sans faire la queue mais avec un casque, les jardins autour au figuiers croulant sous les fruits, le soleil assez doux, les rats courants le long des quais, les tapas que l'on nous apportait, le soir en terrasse, si tard, alors que nous serions depuis longtemps au lit chez nous. Je crois bien que c'était la deuxième fois, et la dernière pour moi, que j'y suis allée. 

Espagne pays de cocagne, de vacances, de douceurs.

En 1993, un vingt huit janvier, la journée à peine commencée, l'hôpital nous avait appelés.

De l'autre côté des Pyrénées, des parents, malgré la douleur qu'ils vivaient, avaient donné leur accord pour que leur enfant devienne l'espoir de vie d'autres enfants au bord du précipice.

Peux t-on imaginer la force, le courage, l'abnégation qu'il faut, alors que l'indicible vient de se produire, pour penser aux autres, et donner cet accord invraisemblable, que les organes de leur enfant chéri, soient prélevés pour faire vivre d'autres enfants que l'on ne croisera jamais, dont on ne saura presque ou sinon rien ? Peux t-on imaginer cela ?

Je les ai aimés, les accompagnant en pensé dans leur douleur qui pour nous devenait espoir. Et ce pays dont ils venaient, cet Espagne si généreux, accompagné de mes souvenirs d'enfance, prenait une dimension presque mystique. 

Je ne sais rien d'eux, rien de plus que ce don, je ne sais rien d'eux, ils sont simplement admirables.