mercredi 20 mars 2019

pratique

Non mais franchement, regarde ce truc ! Dis-je à JP entrain de se brosser les dents. C'est quand même n'importe quoi, un truc qui vaut une pété d'thunes, ils ont même pas été fichus de mettre une pompe comme sur celui que j'avais avant. J'en fout partout, j'en ai plein les doigts, c'est dingue qu'ils soient pas fichus de faire plus pratique.
Je lui montre le nouveau flacon de fond de teint, que je viens de m'acheter, après avoir passé un long moment avec une conseillère de chez Séphora.



Elle avait sorti les flacons testeurs qui EUX avaient une pompe, avait testé sur mon cou le beige rosé, le beige jaune le chépluquoi et encore un autre. Nous étions allées toutes les deux, moi bariolée et elle charmante et toute jeune, en vitrine, pour voir à la lumière réelle ce qui était le mieux pour camoufler le plus naturellement possible, ma peau humhum.
Apparemment c'était le BJ01-035W qui semblait me correspondre.
J'avais sorti mon portefeuille, réglé la somme délicieuse de trente huit euros et des brouettes grâce à la réduction de vingt cinq pour cent, embarqué le petit sac papier noir et blanc dans lequel la caissière avait glissé un échantillon de parfum inutile et j'étais rentrée contente d'avoir accompli cet achat annuel.
C'est lundi matin, quand j'ai décidé d'ouvrir mon flacon, que j'ai réalisé qu'il n'avait pas de pompe et que, sans doute un truc de fashionista, il faudrait qu'un an durant, je me coltine cette tige pas pratique du tout. Un an pas sûr, avec la perte de produit à chaque fois que j'ouvre ce flacon...
Tous les matins je peste, je fais des progrès dans l'utilisation de la tige, mais je peste.

Samedi, en début d'après-midi, puisque C. est venue passer le week-end pour profiter de la neige, nous allons toutes les deux faire les magasins. On s'arrête chez Séphora pour m'acheter ma crème de nuit vite fait bien fait. Passe une conseillère  "Puis-je vous aider ?" J'ai ma boite rouge et blanche dans la main, C. regarde le maquillage, et brusquement me revient ce truc du flacon pourri.
Oui j'ai une question lui dis-je au moment où elle se retourne, j'ai acheté ce fond de teint - nous sommes justement devant le stand où il est présenté - et je ne comprends pas comment on doit l'utiliser. Elle ne le connait pas me dit-elle, je lui explique que je me bats tous les matins avec cette tige - je mime - qui bave, une tige creuse.. Ma fille me regarde ahurie "creuse ?!?" mais...
La conseillère me regarde tout en ouvrant une boite neuve, sort le flacon et, devant moi, déclipse le bouchon, et fait apparaître une pompe parfaite !
Je suis stupéfaite ! Oh pas de chance me dis-je, j'ai acheté le seul flacon défectueux du lot, sans pompe.
Mais maman, comment ouvres-tu ton flacon ? Ben je le dévisse... et lentement dans ma tête, je comprends que tous les matins, je dévisse le bouchon, au lieu de le déclipser.
C. rit, une tige creuse maman, c'est forcément pour une pompe !


J'embrasserais presque la conseillère qui vient d'enchanter ce samedi !


jeudi 14 mars 2019

Brève de locataire

J'ouvre l'e.mail de Monsieur Bolivar, et le déchiffre sans difficulté. Il me tance de m'occuper illico presto du plafond de sa salle de bain.
De quoi parle t-il ?
J'ouvre la pièce jointe et tombe des nues, le plafond est effectivement dans un état apocalyptique. Pourtant me dis-je, lorsque nous avons fait son entrée en juillet 2017, l'appartement avait été refait partiellement à neuf, et le plafond de la salle de bain était bien noté peinture neuve ?!?
L'immeuble lui même est récent, c'est même un immeuble de standing. Y a-t-il eu un dégât des eaux ? Un problème de VMC ?
Avant toute chose, après avoir vérifié dans son historique s'il me l'avait déjà signalé, je lui envoie un mail lui demandant deux trois trucs.
Tout d'abord, avez-vous eu une fuite provenant de chez le voisin ? Aérez-vous bien la salle de bain ? La VMC fonctionne t-elle ?
Je lui demande de faire le "test du mouchoir" et lui explique : Prenez un mouchoir en papier, posez le sur la VMC afin de voir s'il est aspiré-collé sur la bouche d'aération.
Il me répond dans la minute qui suit : C'est sûr que c'est pas une fuite, un plombier est venu vérifier les canalisations dernièrement.
Certes Monsieur Bolivar, mais lui répondé-je par écrit, s'il vous plait, faite tout de même le test du mouchoir. Je me doute bien que si votre plafond est dans cet état, ce n'est pas une de vos canalisations qui est fuyardes, mais celle du voisin. Avant tout, faite le test du mouchoir.

Quelques minutes plus tard je reçois sa réponse...

C'est bien ce que je vous disais, j'ai fait le test, et le WC ne fuit pas !


mardi 12 mars 2019

Blues

A t-elle jamais vécu avec nous ?

Et puis soudain, sans que rien ne le présage, l'absence m'envahit brutalement et mes yeux s'inondent sans déborder, la vision devient floue, la voix parfois se brise, la vie semble si vide de sens.

Ce n'est rien, tu le sais bien le temps passe, ce n'est rien...


Ce plus jamais qui lentement accompagne ma vie de présences absentes. Plus jamais Hervé, plus jamais Chamade, plus jamais Nadia, Pascale...


lundi 11 mars 2019

Les lectures du premier trimestre.

A ce soir de Laure Adler
J'avais lu ce livre à sa sortie. Laure était invitée à Quotidien et j'ai eu envie de le relire. Cela m'a plongée dans une tristesse infinie. On ne sort jamais d'un traumatisme tel que celui que nous avons vécu lors de la bataille pour sauver G., on l'enfouit au plus profond. Je n'ai pas tout de suite réalisé que la lecture ravivait ce que nous avions vécu, c'est au moment où, refermant ce livre qui est très parfaitement écrit, que cette immense tristesse m'est tombée dessus. C'est justement parce qu'elle raconte si justement cette terrible souffrance de voir son enfant lentement mourir que ces souvenirs ont été réveillés. Pour qui n'a pas vécu cela, ce livre est indispensable pour comprendre cette douleur. Ce n'est absolument par pleurnicheur, c'est la vie, la douleur, pudique.

Pleurer des rivières d'Alain Jaspard
L'auteur est un ami de mon frère et ma belle-sœur, qui m'ont offert ce livre à Noël. Franck, ferrailleur gitan, pour aider un ami, accepte de participer à un truc pas très légal, pas du tout légal d'ailleurs. Lors de sa garde à vue, il rencontre l'avocat qui va le défendre. Franck est marié à Mériem, a déjà sept enfants, Julien l'avocat est en couple avec Séverine, illustratrice qui souhaite, espère depuis des années, avoir un enfant. Deux monde qui se rencontrent. On s'attache à ces deux couples, on aimerait tant qu'ils s'en sortent sans trop de dommages.

Les indélébiles de Luz.
Il se souvient et raconte comment il a intégré Charlie Hebdo. C'est une très belle et émouvante bande dessinée qui rappelle à ceux qui ont connu cette époque, les unes et les scandales qui ont secoué ce journal.

Dans les angles morts d'Elisabeth Brundage. j'en ai parlé .

Un certain Paul Darrigrand de Philippe Besson
L'année de ses 22 ans, Philippe tombe amoureux. Il raconte la genèse de cet amour, l'évidence et la douleur. L'ile de Ré, les études, l'amour toujours et ce qui marquera à jamais sa vie. L'année la plus belle qu'il a vécu, dit-il. J'ai aimé ce livre

leurs enfants après eux de Nicolas Mathieu
En général je lis le Goncourt de l'année. Je ne le fais pas consciemment, mais lorsque je fais mes courses, il est en premier sur la pile des livres proposés et je le prends presque machinalement. Je l'ai commencé fin décembre, recommencé début janvier, abandonné et à nouveau repris du début, après la mort de Chamade. Il m'a fallu ces trois démarrages pour enfin accrocher à ce roman qui plonge dans les années 90, années où je me battais pour sauver G. Ce sont des années presque vierges de souvenirs autres que ma vie restreinte. Tout ce qui était musiques et bouleversement mondial passaient un peu au dessus de ma tête. Pourtant, en lisant cette tranche de vie d'un village du nord, j'ai retrouvé des souvenirs que je ne pensais pas avoir emmagasinés. Je ne sais si c'est mon état de tristesse pas encore totalement absorbé, mais je l'ai trouvé assez désespérant, désespéré. Il s'agit d'un groupe de jeunes adolescents que l'on suit sur une dizaine d'années. Certains s'en sortiront un peu mieux que les autres, mais dans l'ensemble, après avoir rêvé de grands destins, ils reproduisent la vie de leurs parents. et je ne peux ni conseiller, ni déconseiller la lecture de ce livre.

Personne n'a peur des gens qui sourient de Véronique Ovaldé
J'ai choisi au hasard ce livre d'une autrice dont je n'ai jamais entendue parlé. Sur la quatrième de couverture, j'avais rapidement lu le résumé "Une femme, Gloria, mère de deux filles, part en Alsace dans la maison familiale, pour fuir un danger". L'Alsace, allez, cela me ferait sans doute du bien. Et puis j'ai dévoré le livre, je l'ai adoré. L'écriture est particulière, souvent très drôle, j'ai reconnu des petites choses qui me semblaient familières dans les interrogations de la mère, de la jeune adolescente, j'ai même eu l'impression parfois qu'elles étaient dans ma maison d'Alsace entourée d'épicéas. Il ne faut pas en savoir plus, il y a un mystère qui plane, un fantôme qui apparait, un danger qui se rapproche. Sans hésiter je vous le conseille.

Le sort tomba sur le plus jeune de Sophie Blandinières
Je suis ressortie de ce livre assommée. L'écriture est souvent proche de la poésie pour raconter l'indiscible. Le silence des viols d'enfants, viol de l'enfance. "C'est une histoire d'enfants, dont elle fut, qui ne grandiront jamais comme les autres, prisonniers à perpétuité de ces années où ils ont été les jouets de prédateurs, pédophiles ou parents incestueux. Pour les raconter tous, Sophie Blandinières livre un roman aussi brûlant qu'une déposition collective."

La dame de Reykjavik de Ragnar Jonasson
Je m'étais dit qu'après un tel livre (le sort tomba sur le plus jeune), j'avais besoin d'un truc facile à lire, type polar. J'ai trouvé le nouveau Ragnar Jonasson, oubliant que les deux précédents m'avaient moyennement emballée. A nouveau je suis restée sur ma faim. Un manque d'épaisseur des personnages, l'histoire assez bâclée avec des petits chapitres sautant d'une époque à une autre, sans intérêt très net. Le livre partira très vite dans une boite à livres de la ville et je dois me graver sans la mémoire qu'il est inutile de lire le prochain de cet auteur.

vendredi 8 mars 2019

de bon matin

Il pleut, il pleut fort alors que la météo promettait une journée grise certes, mais sèche.
Hier, lorsque je me suis levée, après une nuit très courte, insomnie oblige, la pluie battait déjà le goudron à défaut de pavé, et j'avais hésité à partir en vélo. Puis le ciel s'était allégé au fur et à mesure que le jour naissait, j'étais partie, mon pantalon de protection dans le sac à dos, sur ma belle bicyclette.
A peine sortie du parking, j'étais tombée dans un embouteillage monstre, qui semblait traverser de part en part la ville. Alors, non seulement je n'avais pas eu une goutte de pluie sur mon visage, mais comble de la félicité, j'avais dépassé tranquillement toutes les files de voitures qui s'allongeaient le long de mon trajet, petit morceau de bonheur pour commencer la journée.

Il me faut, à chaque fois qu'il fait moche, me donner un petit coup de pied au derrière, pour ne pas choisir la voiture, qui, je le sais me fera perdre un temps précieux et surtout, me procurera des tensions inutiles. Mais il me faut ce petit coup au derrière, chaque fois !
C'est curieux, parce qu'une fois partie, je n'y pense plus, ne regrette jamais, pense immédiatement à ce plaisir de rouler, de sentir les odeurs du parc lorsque je le traverse, d'entendre les oiseaux, de voir filer les nuages. Je suis dans ma bulle, bien plus que dans l'habitacle de ma Yaris, sans nouvelles catastrophistes,  sans conducteurs hargneux qui veulent absolument passer devant moi, sans tensions.

Parce que l'on a beau lire sur Twitter combien les automobilistes sont odieux et irrespectueux des cyclistes et des voies vélos, il est très rare que je rencontre des goujats. Si un scooter s'aventure sur la voie réservée à nos beaux destriers, j'ai une montée d'adrénaline rageuse, et puis à quoi bon, c'est exceptionnel, moi-même il m'arrive de prendre un bout de trottoir pour squeezer un long détour. Bien souvent les automobilistes qui pourraient en vouloir à ces vélos qui filent au vent alors qu'eux sont coincés les uns derrière les autres, me laissent passer, s'arrêtant même pour que je traverse la rue sans risque.

J'écris et le ciel s'éclaircit, la pluie s'est arrêtée, je prendrai mon vélo, la brioche aux pralines dans mon sac à dos, chauffant délicatement mes reins, le petit coup au derrière donné malgré tout.


mercredi 6 mars 2019

Glamour toujours

Je cours entre mon bureau et la salle où je fais signer un acte de cautionnement suivi d'un bail. Il faudra encore encaisser le loyer, les frais, le dépôt de garantie, vérifier l'assurance, donner les informations permettant d'accéder à l'espace personnel, je cours dans l'open espace, qui bruit du travail de mes collègues. Pendant que les locataires reproduisent le long texte de l'acte de cautionnement, j'en profite pour aller faire deux trois trucs, lire les nouveaux mails, envoyer des commandes, trier le courrier, je cours d'un poste à l'autre.
Solène se penche vers le sol, là où Chloé a son bureau "Tiens, qu'est ce que cette chaussette fait là ?" s'étonne t-elle. La ramasse, la tend à Chloé qui discrètement la sent, "elle est propre !" et moi, dans ma tête je me dis - curieux, on dirait une des miennes".
Je file à la photocopieuse, j'aime bien donner une copie du bail à l'entrée. L'original est envoyé une fois signé par la direction.
Je jette un oeil vers la salle où s'applique le garant, j'ai le temps de faire encore une réponse par mail, je file vers mon bureau alors que Solène, encore elle, s'exclame "Mais Valérie, qu'est ce qui sort de la jambe de ton pantalon ??"
Je stoppe net et toutes nous dirigeons notre regard en bas, juste au dessus de ma chaussure droite... Stupeur,  la jumelle de l'autre chaussette !!! Que j'attrape en la tirant prestement,  Malheur ! voilà qu'une ravissante petite culotte en dentelle imitation panthère, bleu-marine, suit le même chemin, comme un foulard d'un chapeau de magicien.
S'ensuit un fou rire général, Chloé hoquète en me tendant l'autre chaussette.

Se rappeler de toujours, toujours, secouer un pantalon, avant de l'enfiler !

lundi 4 mars 2019

Glamour un jour

Vendredi, mon planning étant particulièrement chargé et la somme de travail à faire impérativement avant lundi impossible à caser durant le temps imparti, j'ai choisi, une fois n'est pas coutume, de déjeuner au bureau.
Une salade que je mangerai sur le coin d'une table, rapidement, pour ne pas perdre une minute. Hors de question donc de rejoindre mes collègues qui, tous les jours, se retrouvent dans la grande salle du haut, et profitent de cette heure pour bavarder et décompresser.
Je me suis fait cuire deux oeufs durs, ai chopé le reste de riz et de légumes qui trainaient dans le frigo, un peu d'huile d'olive, du vinaigre balsamique blanc, sel, poivre, hop hop, ma salade prête dans un récipient fermé hermétiquement.
A midi, mes collègues me souhaitent un bon appétit et filent rejoindre celles qui en haut, dans la cuisine, font réchauffer leurs repas. J'attends que la pièce soit vide, m'installe dans la petite salle de bas, ferme bien la porte de communication, ouvre le vasistas, craignant que l'odeur des oeufs se propage à tous le rez-de-chaussée, et vite vite j'avale ma salade. Je referme bien le récipient une fois celui-ci vide, sort de la salle que je referme tout en laissant la fenêtre ouverte, et reprends mon travail. Pas de temps perdu, je suis contente de moi.
Mes collègues une fois leur repas avalé, reviennent, détendues. Elles marquent un petit temps d'arrêt, surprises sans doute de me voir là si tôt, finissent leur conversation, me demande si j'ai mangé. Oui leur dis-je, je me suis fait une salade avec des oeufs durs.
Et là elles se regardent entre elles et disent en choeur, Ah c'est donc ça l'odeur !
S'ensuit un éclat de rire général et je comprends alors qu'elles ont pensé que, profitant de ma solitude, j'avais laissé échappé quelques pets odorants.
Moi qui mourrais plutôt que d'abandonner en public un petit gaz personnel.