dimanche 9 avril 2017

Premier soir




Les oiseaux fêtent le printemps.

samedi 8 avril 2017

Champagne

J'étais un peu en avance, j'ai poussé la porte vitrée, et articulé sans le son, avec un grand sourire "Bon anniversaire". Elle séchait les cheveux d'une cliente, m'a fait un grand sourire et dit - J'arrive, asseyez vous.
Cette fois ci je n'avais rien oublié, mes lunettes, mon livre, je me suis installée tranquillement, j'avais devant moi dix bonnes minutes.
A midi j'étais revêtue de la tenue blanche, logo dans le dos, bavette en plastique protégeant mes habits.
Elle a préparé la mixture qui efface d'un coup mes cheveux gris argent, a déposé un café sur une petite planche en ardoise puis je lui ai offert son cadeau. On a commencé à papoter, qu'allait on faire pour fêter nos anniversaire, j'avais déjà une tronche abominable, les cheveux hirsutes, la moitié du crâne déjà bien entamé lorsque tout à coup j'ai aperçu dans le miroir Marie !!! Ma collègue chérie, brandissant une poule en peluche caquetante d'une main et de l'autre une bouteille de champagne.

Bon anniversaire Ma poule a t-elle dit en riant de me voir si stupéfaite. Et de son sac elle a sorti trois coupes, fait pété le bouchon et dit Trinquons à vos nouveaux chiffres ! Alors nous avons levé nos coupes où pétillait un délicieux champagne rosé et avons trinqué joyeusement.

Ces soixante ans commencent bien !

vendredi 7 avril 2017

fi-ni

Yalla ! Je suis en vacances.

Ouiii, voilà ma semaine chérie, celle où je change de chiffre, où je quitte enfin cet affreux 59 que je n'ai jamais aimé. Aucune idée du pourquoi, mais cela fait longtemps que je dis "j'ai bientôt 60 ans" et je pourrai enfin dire J'AI SOIXANTE ANS. Bon pas tout de suite, ne me dites pas bon anniversaire trop tôt, cela porte malheur...

Le bureau est im-pe-cca-ble. Plus un mail, tous mes préavis traités, mes commandes envoyées, mes factures validées, mes bannettes bien classées, instructions données. Là, maintenant, je suis en vacances, et je déguste un jus de légumes délicieux.

Dans quelques heures ma fille prendra son vol, retour en France, adieu la Colombie où elle a passé dix jours magiques.

Il fait beau, mes voisins discutent sur leurs balcons et au loin la fête foraine bat son plein.

Je vais me régaler !

jeudi 6 avril 2017

mes p'tits bonheurs

Deux entrées, deux garages, aux antipodes l'un de l'autre.

Déjà, les baux de garages sont super faciles à faire, et la signature est rapide, le règlement relativement léger passe facilement. Ensuite il y a l'état des lieux.

Pour le premier, vent dans le dos, j'arrive avant le locataire, et puis je teste la télécommande, la porte basculante commune s'ouvre ouf, je trouve presque tout de suite le garage ouf ouf, la clef tourne sans problème, la porte elle aussi s'ouvre sans grincer, sans grogner, glisse dans ses rails ouf ouf ouf, le garage est impeccable, vide, propre. Il y a toutes les clefs yahla !!! On signe, au revoir, et vent de face pour revenir à l'agence.

Le second arrive en avance, rebelote, je résume les articles essentiels du bail, parapher, signer, payer. - Bon je suis en vélo, j'arriverai peut être un peu après vous. Ah ça l'emmerde, pas d'attendre, mais de faire l'état des lieux.
Je l'ai vu le garage, il est bien.
- Oui mais, je dois venir avec vous, vérifier que tout va bien.
Vous l'avez déjà fait l'état des lieux non ?
Pas moi mais un collègue oui, il y a quelques mois. Je lui montre la matrice, il survole, me dit que c'est pareil, signe et me salue, tellement soulagé de couper à ce truc.

Et moi don'

mercredi 5 avril 2017

lessivée

Ils sont revenus, ceux qui, au prétexte que brusquement cet appartement qu'ils voulaient envers et contre tous, ne leur convient plus. Ils sont revenus, avec une violence épuisante, deux si jeunes gens, si violents.
ils ont alpagué tous ceux qui entraient dans l'agence, installés sur les fauteuils à l'accueil, hurlant que nous n'étions que des voleurs, qu'ils ne repartiraient pas sans leur argent. Moi j'avais envie de sourire, pensant aux tweets qui fleurissent depuis quelques semaines "Rends l'argent" destiné à notre brave fion.

Et puis un responsable les a reçus, tentant malgré leurs hurlements de leur faire entendre raison, mais celle-ci n'a sans doute jamais croisé leur route. Ces deux là un jour, me suis-je dit,  s'entretueront, tant la haine les habite.

Deux heures durant, deux heures qui comptaient un siècle.

Il y a eu eux, et heureusement il y a eu aussi un jeune couple venu signer l'avenant après qu'ils se soient mariés, si calme, si prévenant, au sourire bienveillant. Une adorable propriétaire, des standardistes si gentilles, le vent qui m'a fait changer de braquet pour avancer dans cette fin de journée.

Et puis le verre de rosé d'Anjou, délicat, léger, annonçant une soirée tranquille avec un chat ronronnant.


mardi 4 avril 2017

le fond de l'air

Certains jours sont plus difficiles que d'autres.
J'avais pourtant bien démarré la journée, le repassage fait, une machine suspendue avant de partir, le soleil, pas trop de monde sur la route, un planning presque vide.

Et puis, les grincheux se sont succédés, à l'accueil, au téléphone avec en apothéose un rendez-vous d'une heure et demie avec un couple propriétaire très agressif.
Jamais venu à l'agence avant, refusant systématiquement tous travaux, faisant le mort des mois durant pour tout à coup se réveiller et débarquer sans prévenir.
Une heure et demie à décortiquer tout ce qui avait été fait, mal fait forcément, depuis deux mille quatre, cinq ans avant que j'entre dans l'agence.
Ils sont clients, je suis à leur service, rester zen, répondre sans élever la voix, garder mon calme alors que madame me fusille du regard en pointant son doigt vengeur.
Je suis ressortie lessivée pour immédiatement me faire appeler à l'accueil par deux locataires à peine entrés dans un appartement et qu'ils réalisent trop sombre, trop froid, trop...

A six heures et des poussières, je fermé la porte de l'agence, j'ai pris un longue bouffée d'air chargée de parfums printaniers, décadenassé mon vélo, et je suis partie, laissant au gré de mes coups de pédales s'envoler mon épuisement.

Il y avait quoi dans l'air aujourd'hui ?

lundi 3 avril 2017

un petit morceau de chance



Je suis arrivée un quart d'heure en avance. Mon vélo cadenassé juste devant la bibliothèque, collé à une grosse moto. Le parc à côté était pour l'instant délaissé par les promeneurs, passaient devant moi des conducteurs très affairés, fumant leur cigarettes, la musique boum-boum à fond, cela sentait déjà très bon le printemps.
J'ai sonné chez la locataire cinq minutes avant l'heure du rendez-vous, elle m'attendait, d'humeur joyeuse. Nous nous étions vues quinze jours avant, je savais que l'appartement serait impeccable. Il semblait tellement plus grand une fois tous les meubles enlevés. L'horrible et siphonnée voisine d'à côté avait laissé un dernier mot collé à la porte d'entrée, délirant, insultant, se réjouissant du départ de ma locataire, un de plus à verser à son dossier.
Puisque l'appartement n'était pas reloué, j'ai simplement noté que la peinture avait défraichi, une ou deux fissures de plus et puis le propriétaire est venu faire un tour, est reparti un peu avant que je finisse, elle a signé, nous nous sommes dit revoir, cela ne faisait même pas une heure que j'avais commencé.
En sortant le soleil était un peu plus haut, les bruits avaient changé, mon vélo m'attendait sagement. J'ai sorti mon trousseau de clefs, me suis penchée pour attraper le cadenas. Mon cadenas, coupé en deux, d'un coup de pince, proprement. Je suis restée interdite quelques secondes.
Acte gratuit ? Suis-je arrivée juste à temps ?

J'ai enfourché mon vélo, suis repartie tranquillement continuer ma journée.