samedi 20 novembre 2021

LE grand jour !

Puisque je faisais le pont, nous sommes partis tranquillement à Rennes vers dix heures vendredi 12 novembre. Nous avons démarré dans une purée de pois qui petit à petit a laissé la place au soleil avec en fin de parcours, juste avant d'arriver, une bruine bretonne légère. 

Le coffre rempli de champagne et vins divers, une couverture chaude et une alèse chauffante pour que mon père n'ait pas froid la nuit, une jolie tenue pour JP et moi, nouvelles chaussures, robe fluide, jean neuf et chemise blanche, ce n'est pas tous les jours que l'on assiste à la thèse de son fils.

Pour l'occasion des retrouvailles familiales, C. nous avait trouvé une magnifique longère à Maxent, mais puisque nous allions passer trois jours de vacances en solo, nous avions réservé une chambre au Mercure parlement de Rennes.

En arrivant à Rennes, nous avons retrouvé G. qui venait de déclencher un zona impressionnant, cerise sur le gâteau de 4 années de travail intense. Nous sommes allés boire une bière au Fox&Friends, et le soir, L. sa compagne,  nous ayant rejoint, avons diné chez Angello, très bonne pizzéria. Le lendemain nous les avons aidé à déménager vers un petit patelin dans la Sarthe. L. en sixième année de médecine faisant son stage de MG aux alentours du Mans.

Dimanche, puisque G. allait être plongé dans sa thèse, que L. devait ranger la petite maison qu'ils venaient d'emménager, nous les avons laissé pour ne pas être dans leurs pattes, et sommes partis à Saint Malo, ses remparts, ses goélands, l'odeur délicieuse de l'océan brassant l'écume et les laminaires. Nous avons longuement marché, déjeuné de moules et pour moi d'huitres de Cancale, nous sentant revivre si près de la mer. Et puis, nous avons fait un crochet par le Mont Saint Michel, où les touristes se faisaient rares. La mer était basse et le soleil se couchant nous sommes retournés à Rennes.


Lundi nous avons découvert la longère, après avoir fait un rapide tour de la maison, spacieuse, pouvant accueillir sans difficulté 14 personnes et un ou deux bébés, four immense, longue et belle table en bois pour déjeuner, coin chaleureux autour du poêle à bois, chauffage mis en route...

Nous sommes allés faire les courses au Super U du coin et puis nous avons filé à la gare de Rennes récupérer mes parents. 
Et le soir, veille du grand jour, nous étions déjà 7 autour de la table, très heureux de nous retrouver en famille comme cela ne nous était plus arrivé depuis le démarrage de ce foutu covid.

Le lendemain G. et moi avons pris un café dans la grande maison silencieuse. Il est parti à l'Agrocampus de Rennes pour préparer la présentation, et petit à petit la maison s'est réveillée. J'avais prévu un brunch, parce que la thèse était à 13h et qu'il y aurait ensuite un pot offert par maman. Nous n'aurions donc pas le temps de déjeuner.

Nous avons retrouvé juste avant d'entrer dans l'amphi, ma soeur, mon petit frère venant de Paris, le cousin chéri de G. arrivant tout juste de Toulouse et les parents de L.

L'amphi n'était pas gigantesque et il est resté plein à craquer jusqu'à la consécration. G. semblait tellement détendu, connaissant sur le bout des doigts son sujet. La présentation contrairement à ce qu'il avait supposé, nous a beaucoup intéressée. Et lorsque le jury a posé ses questions, j'étais tendue, mais G. a été parfait. Chaque membre du jury l'a tout d'abord félicité pour son travail, son esprit d'équipe, son humeur agréable et constante, sa ténacité. Je savais pour l'avoir vu le matin, l'étendue de son zona, et pour l'avoir vécu il y a deux ans, l'épuisement que cela provoque. J'en étais admirative. 
Nous sommes tous sortis au moment de la délibération, et lorsqu'enfin il a été nommé docteur, la directrice de l'IGEPP, lui a dit que bien qu'il n'y ait plus de félicitations officielles, à l'unanimité les membres du jury les lui donnaient oralement. J'étais si heureuse pour lui, sachant l'année difficile que L. et lui venaient de passer et le travail gigantesque qu'il avait fait durant ces 4 dernières années. 

Nous avons ensuite pris un verre et grignoté en bavardant, et G. a reçu de la part de ses collègues et la famille, des cadeaux qui lui ont fait très plaisir. 

Et le soir, à la longère, nous nous sommes tous retrouvés, pour fêter dignement ce beau doctorat.

Le lendemain nous quittions la Bretagne, emportant avec nous une rhino-pharyngite magistrale. Et depuis nous vidons des boites et des boites de mouchoirs jetables, mais qu'importe, la fête était belle !

jeudi 23 septembre 2021

petit coup de folie

 Je rentrais d'un rendez-vous, j'avais pris la voiture pour la faire un peu rouler, pour que la batterie ne se vide pas comme cela a déjà été le cas deux fois cette année, j'avais mis la radio et je tombais en plein interview qui je ne sais pourquoi parlait de Tixier. Juste Tixier. Mais il me semble bien qu'il parlait de Tixier Vignancour. Tiens ? Il est mort pensé-je, et puis non, il devait l'être depuis longtemps. 

J'avais quoi, 8 ans sans doute. Ce jour là, le soleil inondait notre chambre, ma soeur et moi sautions sur un lit, excitées comme les enfants peuvent l'être sans raison. Il faisait beau, le printemps nous réjouissait, les fenêtres ouvertes laissaient entrer cette saison nouvelle, pleine de piaillements d'oiseaux, les trottoirs qui résonnent plus sec sous les pas des passantes aux escarpins printaniers. Nous avions dû commencer à sautiller, puis les rebonds des ressorts nous avaient entrainées de plus en plus haut, riant, et soudain, l'une de nous avait chanté une ritournelle de trois mots "Et Tixier Vignancour, et Tixier Vignancour, et T..." Nous chantions de plus en plus fort, riant comme des folles, hurlant ces trois mots sur trois notes, 1es répétant, de plus en plus excitées, lorsque la porte s'est ouverte violemment, nous stoppant net dans notre folie, sur mon père blême. D'un mot il nous fit taire.

Qu'est ce qui nous avait pris ? Pourquoi hurlions nous ce nom ? Aucune idée. 

En écoutant la fin de l'interview, j'ai compris que cet affreux bonhomme dont le nom nous faisait tellement rire, se présentait alors aux élections présidentielles. Mon père de gauche, vomissant cet homme, ne pouvait entendre sous son toit, ce nom scandé par deux petites filles, toutes fenêtres ouvertes. 



mercredi 4 août 2021

Des livre mais surtout un !

Il pleut, il fait 12° le matin, le ciel est gris, faire du vélo n'a rien de plaisant, heureusement qu'il y a la lecture qui m'évite de trop traîner sur twitter qui est de plus en plus désolant de bêtise, les arguments des anti vaccins me désespèrent. Autour de moi j'ai l'impression d'être cernée par des "scientifiques" qui attendent de se faire vacciner, accusent les vaccinés de répandre le virus, parlent de dictature, j'en ai tellement tellement marre. Vivement le bord de mer, dans notre petite maison de pêcheur.

Alors voilà ce que j'ai lu ce mois-ci, parfois même au soleil. Mis à part le livre de Sylvie que j'ai lu avec grand plaisir, la moisson de ce mois n'est pas enthousiasmante.


Jorn Lier Horst
Le code de Katharina
Cela fait vingt-quatre ans que Katharina Haugen a disparu. Depuis, Wisting explore obstinément les archives de ce dossier non élucidé. Et personne n’a jamais pu déchiffrer ce qu’on appelle le code de Katharina : des chiffres, des lignes et une croix que la jeune femme avait griffonnés sur une feuille trouvée dans sa cuisine.L’ouverture d’une enquête sur son mari, Martin, suspecté d’avoir jadis été impliqué dans l’enlèvement de la fille d’un industriel milliardaire, laisse envisager un lien entre les deux affaires. Mais tout cela remonte à si longtemps… Wisting sera t-il capable d’arracher des aveux à un homme avec qui, sans être tout à fait son ami, il pratique parfois la pêche au lancer et à la foëne ?  Bon polar, agréable à lire.

Tatiana de Rosnay
Célestine du bac
"Lui, dix-huit ans, fils de bonne famille, solitaire et rêveur. Elle, sans âge, sans domicile, abîmée par la vie et l’alcool. Tout les sépare. Pourtant, un jour, rue du Bac, à Paris, leurs chemins se croisent. Contre toute attente, une extraordinaire amitié se noue. De celles qui changent une vie. De celles qui forgent à jamais une personnalité. Saisir sa chance, affronter le mystère familial qui le hante, c’est ce que Célestine va transmettre à Martin. Et plus encore… Bon c'est bien à cause du titre que j'ai acheté ce livre. Euh, franchement, était-il nécessaire de le sortir du tiroir dans lequel il était resté ?"

Ariane Chemin Marie France Etchegoin
Raoult une folie française
Alors s'il y a bien un intervenant durant cette loooongue période de covid qui m'a exaspérée, c'est bien Raoult. Ses cheveux crasseux, sa barbe mal soignée, son masque sur le menton, son air méprisant, sa façon de parler monocorde, rien mais rien chez lui n'est séduisant. Et curieusement, c'est peut être ce livre qui me l'a rendu plus supportable, bien qu'il n'y soit pas vraiment épargné. C'est un livre intéressant, très agréable à lire. J'y ai découvert plusieurs personnalités qui ont contribué, en soutenant les thèses complotistes de Raoult, à foutre un beau chaos. Parce que oui, j'ai tout fait pour éviter de lire les théories complotistes et du coup, je ne savais pas que par exemple, Bruno Gaccio, adhérait à ces conneries.
édit du jour : Raoult suggère de se tartiner les narines avec du vickvaporub. Il ne nous aura rien épargné !

Karine Giebel
Satan était un ange
Livre écrit en 2014 mais la monnaie en France est en francs, ça fait bizarre. L'un vient d'apprendre qu'il n'en a plus pour très longtemps à vivre, et l'autre est un jeune homme qui est pris en stop par celui qui va mourir. Les deux quittent une histoire et s'embarquent pour une fuite dans le sud. Des invraisemblances, une histoire un peu poussive, je ne peux pas dire que cela m'ait enthousiasmée, mais ce n'est pas non plus désagréable à lire.

Janine Boissart
Loup, y es-tu ?
Dans la petite bibliothèque de l'immeuble, tiens me dis-je, un livre de cette auteure que je n'ai jamais encore lu, pourquoi ne pas démarrer par celui-ci. Je sais qu'elle écrit des livres en général sur la période médiévale, mais là il semble que ce soit une histoire contemporaine et puiqu'elle est reconnue, pourquoi pas. Je démarre ce livre, pas mal écrit, mais mais, cela fait tout de même roman à l'eau de rose. Je le lis, je m'étonne, mais bon. Et puis, le livre fini, je lis sa biographie et là nulle trace de livres médiévaux, mais des succès télévisés. Ah ben j'ai confondu Jeanne Bourrin et Janine Boissart.

Sylvie Lassalle
Les ombres et les lumières
Deuxième livre de Sylvie Lassalle, c'est toujours un peu angoissant d'ouvrir un livre écrit par une amie, en se disant "et si cette fois j'étais déçue ?". Du coup je n'ai pas dit que je l'avais acheté, si jamais je ne l'aimais pas ou moins que le premier, je ne dirais rien. D'ailleurs je me l'étais gardé pour mes vacances, un mois plus tard. Et puis dimanche, mon ordinateur étant resté dans la chambre, et ne voulant pas réveiller JP, je me suis fait couler un bain, et j'ai ouvert le livre... que je n'ai refermé qu'une fois fini, midi passé. Oui il est aussi bien que le premier ! Jules et Anna vivent ensemble, tous les deux ont un travail, mais puisqu'on leur propose la direction d'un cinéma en plein essort, ils déménagent et découvrent une petite ville où tous les monde n'est pas franchement heureux de les voir arriver. Comme toujours je n'en dirai pas plus, pour ne pas déflorer l'histoire. Mais sincèrement, sans l'ombre d'un doute, je vous le conseille.

Fred Vargaz
Un peu plus loin sur la droite
Je n'arrive pas à savoir si j'aime ou non les polars de Vargas. Il y a dans ses livres, des personnages tous plus déglingués les uns que les autres, et l'intrigue est invraisemblable. Louis Kehweiler qui, on ne sait pourquoi, passe son temps, à surveiller des gens, trouve un matin un bout d'os qu'il identifie immédiatement comme celui d'un humain. Il n'aura de cesse de retrouver à quel corps appartenait ce bout d'os et pour cela part en Bretagne.

mardi 20 juillet 2021

les Sparks

 Il fallait que je travaille pour payer mon loyer, j'étais partie de chez mes parents un soir, une chemise de nuit et sans doute mon journal dans un sac. 
Quelques temps après j'avais trouvé un tout petit appartement sous les toits, une chambre et une sorte de petite cuisine avec un évier, et traversant le couloir une autre chambre qui me servait surtout de chambre d'amis. 
J'habitais juste en face d'une caserne et un peu plus loin, sur le même trottoir un bistrot de quartier. 
Alors puisqu'ils cherchaient une serveuse je m'étais présentée. 

J'avais juste dix huit ans, les cheveux teints au henné, des robes longues noires, un châle fait par une ancienne copine de classe immense, noir, arachnéen, une merveille de finesse, un trésor. Oui bien sûr avais-je dit, j'ai déjà travaillé dans un bistrot, bien sûr que je sais tirer une bière, bien sûr, et j'avais été embauchée.
La première bière avait quasiment explosé, plus de mousse que de bière, mais ils m'avaient gardée, m'expliquant les rudiments de ce métier et plateau en main, je passais d'une table à une autre, dansant presque, la vie était un grand théâtre, j'étais là sans y être tout à fait. 
Je croisais des taulards en liberté surveillée, les flics du commissariat de la rue, les troufions, il y avait un juke-box et parfois j'oubliais de me réveiller et arrivais en retard. 

Il y avait un juke-box, et dans ce juke-box beaucoup de tubes des années 75, beaucoup beaucoup de chanteurs français, quasiment que des chanteurs français, la plupart tout à fait inconnus pour moi, ou alors honnis tels Claude François ou Delpech, des vieux trucs aussi, qui faisaient du bien à mes vieux écroulés sur la table, finissant un ballon de rouge avant de rentrer en titubant vers leur chez eux triste et vide.
Et puis il y avait un 45T des Sparks. 
Qu'est-ce-qu'il était venu faire dans cette sélection ? Il devait être quasi neuf lorsque j'ai débarqué, et usé jusqu'à la corde lorsque j'ai quitté un jour sans prévenir.

Mes petits vieux se levaient péniblement de leur table, fouillant leur poche cherchant quelques pièces, se penchant au dessus de la vitre, choisissaient un titre un peu au hasard. Et souvent, avec un sourire, pour me voir danser en oubliant le monde, choisissaient Never turn back on mother Earth. Dès la toute première note mon coeur s'envolait, tout s'effaçait, je dansais et le temps se suspendait à ces quelques notes et cette voix si particulière des Sparks. Nul autre endroit ne pouvait mieux convenir à cette chanson, je crois que si je suis restée dans ce bistrot c'est uniquement pour pouvoir l'écouter. 

Et puis dimanche soir, regardant cette si drôle remise des palmes d'or, lorsque j'ai vu monter sur scène ce grand escogriffe de Ron Mael, tout est revenu. Les vieilles tables en bois, les chaises qui raclaient le carrelage quand un de mes petits vieux se levait, les oeufs sur le présentoir, l'odeur de choux du repas de midi, le soleil qui peinait à traverser les vitres jaunis, le nuage de fumée des gitanes qui flottait au dessus de nous, et le juke-box en bois sombre, avec le bras qui lentement tombait sur le disque choisi et la voix de Russel qui effaçait en une seconde le brouillard.

jeudi 1 juillet 2021

Le mois de juin en livre

Un livre est vraiment sorti du lot, c'est celui de Marcel Theroux, et le polar de Pierre Lemaître m'a vraiment réjouie.

Clara Dupont-Monod 
Le roi disait que j'étais diable
Aliénor d'Aquitaine qui a épousé en première noce le futur roi Louis VII avait semble t-il un sacré caractère. Je ne suis pas une férue d'histoire, je ne lis quasiment jamais de roman tel que celui lu parce que trouvé dans ma petite bibliothèque d'immeuble. Je ne vais pas dire que je l'ai dévoré, mais j'ai bien aimé le lire. Au moins je connaitrai un petit bout romancé, de la vie de cette enfant marié à 13 ans et qui a ensuite vécu mille vies.

Marcel Theroux
Au nord du monde
Roman d'aventures ou dystopie, voici LE western du Grand Nord dit la quatrième de couverture, et je ne saurais mieux dire. Et surtout je ne voudrais rien en dire de plus, pour que comme moi vous soyez après quelques pages quasiment abasourdis ET JE N'EN DIS PLUS RIEN si ce n'est que j'ai plongé dans ce livre, que je ne l'ai plus quitté. Allez y sans plus vous poser de question, non seulement il est facile à lire (contrairement à celui que je lis depuis deux semaines et que j'entrecoupe d'autres livres tant j'ai du mal à le finir) mais en plus il est totalement dépaysant et vous entraine dans les steppes et la taïga de Sibérie. 

Claire Léost 
Le monde à nos pieds
Des années 1994 à 2017, de Miterrand à Macron, on suit Louise et ses compagnons de Sciences Po, de leur enthousiasme à leurs désillusions, leurs amours, leurs doutes, leurs peines. Voilà un livre qui m'a plu, malgré parfois l'impression d'une certaine facilité de l'auteur à user de quelques clichés un peu faciles. Mais ne boudons pas notre plaisir de retrouver l'enthousiasme de notre jeunesse (non non je ne suis pas de cette génération, mais j'y ai retrouvé un peu de la mienne, lorsque nous nous enflammions encore pour un candidat, un avenir promis). Un livre agréable donc.

Stefan Zweig
Lettre d'une inconnue
Un homme reçoit un épais courrier dans lequel plusieurs feuilles manuscrites lui sont destinées. Une femme qui l'a aimé sans qu'il le sache, et qui lui dit tout son amour. C'est très beau et forcément triste comme tout amour romantique.

Pierre Lemaître
Le serpent majuscule
Un réjouissant jeu de massacre dit la quatrième de couverture, et c'est vrai que j'ai eu le sourire en lisant ce polar enlevé et subversif. Franchement, si vous avez l'occasion de le lire, n'hésitez pas, jusqu'au bout le rythme est enlevé et ce côté assez délirant fait du bien.

Et je vais donc tenter de finir le roman qui traîne sur mon bureau avant de replonger dans d'autres aventures.

vendredi 18 juin 2021

Histoire masquée

Or donc, depuis hier nous n'avons plus besoin de mettre un masque dehors. Et qu'est ce que cela change pour moi ? 

Ben pas grand chose.

Je n'ai jamais vraiment mis de masque dehors, je suis tout le temps en vélo, et en vélo pas besoin de masque. Je vais rarement me balader en ville depuis la pandémie, mais si je m'y balade et ne suis pas entourée de monde, je ne mets pas le masque. Je ne sais pas si, à part en plein centre ville, le masque était obligatoire à Annemasse. S'il l'était, ben sincèrement ce n'était pas flagrant.

Je le mets toujours quand je rentre quelque part, toujours, même si je suis seule en entrant dans un immeuble. Je prends des ascenseurs, je risque de croiser du monde, et évidemment si je suis avec des clients, je demande que eux aussi portent le masque, nez compris. 
Et puisque pour l'instant le masque à l'intérieur reste obligatoire, bah franchement, cette nouvelle "liberté" ne change rien pour moi.

Le truc qui me soulagera le plus lorsque le masque ne sera plus obligatoire à l'intérieur, sera de ne plus m'énerver dans ma tête lorsque je croiserai mes collègues et autres nez au vent. 

Rien ne donne un air plus crétin, que ces nez qui pointent au dessus d'un masque.

mercredi 16 juin 2021

Mauvaise journée

Hier matin, alors qu'une locataire, nouvellement entrée, m'appelais pour des précisions sur le logement, j'ai constaté avec effroi (et le mot n'est pas démesuré) que j'avais fait une énorme erreur. J'avais laissé dans son bail, un  garage qui théoriquement avait été enlevé du bien pour baisser significativement le loyer. Nous devions le louer à part. Bien évidemment, ravie de cette erreur, malgré mes explications, celle-ci n'a pas accepté l'arrangement que nous lui proposions. L'agence prendra donc en charge le loyer de ce garage afin que le propriétaire ne soit pas lésé. J'ai passé une journée noyée dans l'angoisse, alors même que ma responsable ne m'a pas une seule fois reproché mon erreur. 

C'est ma première et j'espère ma dernière erreur non rattrapable que j'ai faite depuis que je suis dans cette agence. Des petites boulettes oui, j'en fais parfois, mais sans conséquence. J'oublie de noter une clef manquante lors d'une sortie, alors je la fais refaire à mes frais, d'autres fois je ne vois pas qu'une aération a été mal nettoyée, mais dès le locataire parti je grimpe comme je peux sur un meuble, une cuvette de toilettes, et je nettoie. Des petits trucs vraiment sans gravité. Là, par contre, j'engage l'agence financièrement.

Lorsque j'ai éteint l'ordinateur pro, j'étais épuisée. 

J'ai écouté un podcast pour me changer les idées, j'ai repris le plaid commencé le 15 novembre l'année dernière. Plus tard, après avoir bu un petit rosé et grignoté des restes, je me suis assise devant le poste (fallait-il avoir besoin de me vider la tête pour que je reste tout un match à entendre sans écouter, les commentateurs dérouler sans respiration, un match que je n'ai pas regardé) et j'ai fini de coudre mes cent trente deux petits carrés de coton.

Au moins aurai-je fait une chose positive.