lundi 31 août 2020

Lectures estivales

C'est toujours un mélange assez hétéroclite, quelques grosses daubes, des très bons et des forts divertissants. 

  Anne Pauly Avant que j'oublie
Pour un premier roman c'est une sacré réussite. Un très beau livre même ! Il était alcoolique, violent dans ses paroles, avec leur mère, c'était son père. Elle la fille, qui raconte ce père qu'elle redécouvre en s'occupant de l'enterrement, en rangeant ses affaires, en se remémorant la vie qu'ils ont vécu, elle, son frère, sa mère et ce père "colosse unijambiste". Le frère et la soeur ne vivent pas ce deuil ensemble, lui souffre de ce qu'a été ce père, elle cherche à comprendre pourquoi elle l'a tant aimé, et une lettre lui ouvre le monde que leur père cachait dans sa violence. C'est un très beau livre.

Mo Malo Qaanaaq
Clairement j'ai été bernée, parce qu'en réalité, sous ce nom d'auteur se cache Frédéric Mars, écrivain français. Cela m'intéressait de découvrir un nouvel auteur originaire il me semblait d'un pays du nord. Alors, lorsque j'ai découvert qu'il s'agissait d'un français pur souche, cela m'a un peu refroidit. J'ai tout fait pour oublier cette information, pour pouvoir me plonger dans l'intrigue, mais du coup, je ne suis pas persuadée d'avoir réussi. L'histoire est celle d'un petit garçon adopté après qu'il ait été trouvé seul sur la banquise. Il devient flic au Danemark, et est renvoyé sur sa terre d'origine pour tenter de résoudre plusieurs meurtres. Je l'ai trouvé long...

Katherine Pancol Les yeux jaunes des crocodiles
C'est l'histoire de gens très riches dont certains pensent qu'ils sont presque pauvres. Il y a des caricatures d'hommes forts et des caricatures de femmes qui rêvent d'hommes forts et voilà. J'ai lu à sa sortie le premier livre connu de Katherine, Moi d'abord. Je me souviens l'avoir adoré. Et puis en ai-je lu d'autres d'elle ? Je ne m'en souviens plus. Plus tard, bien plus tard, j'ai lu deci delà, quelques critiques qui ne m'ont pas donnée envie de lire ses livres. L'autre jour j'ai trouvé dans ma bibliothèque du parc celui-ci et comme je suis en mode un peu surchargée émotionnellement, je me suis dit pourquoi pas. Eh bien, hier en repassant devant ma bibliothèque il y avait un autre livre d'elle et je me suis dit Ben non !

Patricia Mc Donald Un coupable trop parfait
Ah un bon petit polar facile et bien ficelé sans prétention. Keely alors que son fils à neuf ans, retrouve son mari suicidé d'une balle dans la tête. Elle se reconstruit, son fils lui a plus de mal d'autant plus qu'elle s'est remariée et a eu un petite fille adorée. Mais un jour, alors qu'elle revient à la maison, elle découvre que son mari est mort noyé. Son fils en rogne contre son beau-père est soupçonné. Parfait pour l'été.

Kathy Reichs Voyage fatal
Là aussi le plaisir de retrouver Temperance Brennan anthropologue judiciaire qui est envoyée sur le site d'un crash pour identification des victimes. Le début est fracassant. L'intrigue réelle est un peu décevante, mais pour patienter avant les vacances c'était pas mal.

John le Carré Retour de service
résumé Babelio : À quarante-sept ans, Nat, vétéran des services de renseignement britanniques, est de retour à Londres auprès de Prue, son épouse et alliée inconditionnelle. Il pressent que ses jours comme agent de terrain sont comptés. Mais avec la menace grandissante venue de Moscou, le Service lui offre une dernière mission : diriger le Refuge, une sous-station du département Russie où végète une clique d’espions décatis. À l’exception de Florence, jeune et brillante recrue, qui surveille de près les agissements suspects d’un oligarque ukrainien.Nat n’est pas seulement un agent secret. C'est aussi un joueur de badminton passionné. Tous les lundis soir dans son club il affronte un certain Ed, grand gaillard déconcertant et impétueux, qui a la moitié de son âge. Ed déteste le Brexit, déteste Trump et déteste son travail obscur. Et c’est Ed, le plus inattendu de tous, qui mû par la colère et l’urgence va déclencher un mécanisme irréversible et entraîner avec lui Prue, Florence et Nat dans un piège infernal. Avec Retour de service, John le Carré, en éminent chroniqueur de notre époque, livre un portrait du monde que nous habitons, glaçant, délicatement satirique et porté de bout en bout par une tension constante.

Caroline Laurent Rivage de la colère
Qui connaît l'archipel des Chagos ? Qui sait que tout un peuple a été déporté, démuni, envoyé sur l'île Maurice sans argent, ayant tout laissé sur l'île qu'ils ont dû quitter en quelques heures, sans comprendre ce qui leur arrivait ? Ce roman qui raconte ce déchirement est terrible, l'exil qui lentement fait naître une colère grandissant ce peuple abandonné. J'ai été très émue, chamboulée, révoltée par ce beau livre où reste malgré tout l'espoir.

Louis Oreiller avec Irène Borgna Là où l'horizon est plat, je ne tiens pas
Louis Oreiller est né et vit encore dans un village, Rhême-Notre-Dame, aux confins sauvages du parc du Grand Paradis, dans le Val d'Aoste. Il raconte à Irène sa vie, ses mille vies, d'enfant pauvre vivant du braconnage, puis contrebandier, garde-chasse et garde du parc national. Il sait la montagne, lui parle et l'écoute, les bouquetins qui lui apprennent à comprendre les signes des avalanches, les bêtes qui pardonnent lorsqu'elles perdent un combat, sa famille, ses amis. Un livre qui fait aimer les Alpes.

Colum McCann Le chant du coyotte
Une pépite trouvée dans la boite à livres juste avant de partir en vacances. Un fils revient dans la maison où son père lentement décline dans la crasse et la solitude qu'il cultive grâce à son caractère peu aimable. Lentement on découvre la vie de cet homme dont la femme un jour est partie et dont le fils a longtemps cherché à la retrouver. C'est un livre lent, mélancolique, déroulant une vie incroyable. Un très beau livre.

Ross MacDonald Un regard d'adieu
résumé Babelio : Le détective privé Lew Archer tente de se frayer un chemin dans le labyrinthe des secrets bien gardés d'une riche famille snob de Californie. Archer ne rencontre pour l'aider qu'une jeune fille éplorée qui tremble pour celui qu'elle aime ; d'autant que la mort semble rôder autour de lui. L'invraisemblable vérité va peu à peu prendre forme aux yeux de Lew Archer, une vérité où chaque apparence se révélera trompeuse. Il faut toute l'humanité, toute la tendresse de ce détective hors du commun pour arriver au bout de cette affaire. Bon polar

Danielle Steel Magique
Il était dans la nouvelle petite bibliothèque de l'immeuble, je ne connaissais pas cette auteure. Je pensais que Pancol était le summum du cliché, je découvre que l'on peut faire encore mieux. Bon j'ai lu un Danièle Steel, voilà.

Michael Connelly En attendant le jour
Comme d'habitude, très prenant et bien écrit. Une inspectrice de nuit, Renée Ballard, enquête sur deux affaires qu'elle devrait normalement passer à l'équipe de jour une fois son service terminé. Une prostitué que l'on retrouve sur un parking, mourante d'avoir été torturée, et plus tard, dans un bar, une tuerie dans laquelle meurt une serveuse. Elle enquête seule tout en menant de front ses quarts de nuit. Cela fait du bien de retrouver cet auteur là.

Philippe Besson Dîner à Montréal
L'auteur est convié à plusieurs séances de dédicaces et interview à Montréal, ville où vit maintenant Paul son amour, qui lui a fait vivre sa plus belle année, cet amour qui changera sa vie tant il a souffert. Et ils se retrouvent, Paul lui tend un livre à dédicacer, Ils échangent quelques phrases, le soir ils dineront ensemble, Paul et son épouse, Philippe et son jeune et très beau compagnon. Lentement remonte à la surface cet été qui les a fait s'aimer. Quoique je pense de Philippe Besson, j'aime le lire.

dimanche 30 août 2020

Verts


C'est un petit jeu, avec @DocArnica sur Twitter, qui chaque année poste une photo de ses pieds sur le tableau de bord et qui invariablement se fait tancer pour les risques qu'elle prend. Alors, ses fidèles followers font de même, le temps d'une photo, poser les pieds et vite vite les enlever. J'étais d'humeur joyeuse, nous partions en vacances.


Nous avions décidé cette année, de faire le trajet en deux jours, partant le samedi en fin de matinée, et nous arrêtant lorsque nous n'aurions plus envie de rouler. C'est vers Confolens que la fatigue nous a pris. Alors, cherchant un hôtel nous sommes tombés sur le château de Nieuil, où une chambre était libre. Nous y avons passé une très bonne nuit, démarrant réellement ces vacances avec un pineau des Charentes, posé sur une table verte.


La parc se comptant en hectares, nous avons fait un long tour, le temps que le ciel s'obscurcisse. Un étang paisible, une forêt silencieuse, la lune qui se lève...


Et au retour, le château.


Et puis nous sommes arrivés dans notre île, de longues balades en vélo sous les pins...


Des apéros dans le jardin,


Minuscule et si grand,


Où les grenouilles profitaient de l'humidité sous le tuyau d'arrosage, pour échapper à la canicule.

vendredi 28 août 2020

Bleus

Du bleu, pour ne pas oublier les vacances si loin déjà, pour apprivoiser aussi le nouveau Blogger que je découvre ce matin avec beaucoup de circonspection.


L'Agapanthe du phare de Chassiron


L'arrivée de C. qui nous photographie, JP et moi, en robe bleue


La mer qu'on voit danser, île de Ré au loin.


Et allongée sur le sable, le ciel qui moutonne.


 Et puis l'arbre plume, du cimetière de St Georges d'Oléron.

jeudi 16 juillet 2020

des commentaires...

Je ne sais pourquoi certains blogs me sont fermés aux commentaires.
J'ai tout tenté, d'anonyme en signant, à compte google. Impossible par exemple de laisser un commentaire à Anne et sa nombreuse famille, tout comme pour Manou dans sa forêt. J'y arrive de temps en temps chez Cara, sans difficulté heureusement chez Calyste. Et bien qu'il me faille à chaque fois remplir tous les champs y compris le mot de passe que du coup j'ai enregistré sur un dossier pour ne plus avoir à le chercher, chez ma Dr CaSo chérie, et d'autres dont je respecte leur souhait de discrétion.

Chez moi, je viens de constater que je pouvais me passer (apparemment) de cocher le truc anti-spam qui me demande de choisir des photos pour pouvoir répondre à mes lecteurs.

Mais c'est frustrant, frustrant au possible.

Il fut un temps, au début de mes lectures bloguesques, où je laissais systématiquement un commentaire, pour dire parfois simplement, je suis passée, je t'ai lu. J'ai bien été tancée une ou deux fois parce que je m'étalais trop, et c'est pour cela que j'ai ouvert ce blog et réfréné mes commentaires, mais toujours je pouvais laisser une petite trace, et pourtant à l'époque je lisais des dizaines de blog chaque jour.

Je trouve cela d'autant plus rageant, que mon fil RSS est de moins en moins fourni en nouveaux billets. Alors sachez, que vous lis, très régulièrement, et vous réponds... en pensée 😏

samedi 11 juillet 2020

des anniversaires

porte de cave à Lucinges

Il a dû pleuvoir à verse cette nuit, je n'ai rien entendu, malgré la fenêtre grande ouverte. Je dors peu, mais profondément, et le fond de l'air est délicieusement frais. Quelques pigeons roucoulent, les moineaux pépient tout autour, mes voisins sont encore silencieux. Au loin, très loin, parfois une voiture passe en chuintant.
Samedi, je suis seule, JP est encore dans les Vosges chez sa mère. La mienne fêtera mardi ses quatre vingt dix ans.

Elle souhaitait pour son anniversaire, que l'on fasse relier un de ses exemplaires numérotés du Petit Prince, mais d'une part le confinement n'a pas permis que l'on puisse s'en occuper, et d'autre part, nous avons eu tant de frayeur pour elle depuis mars, que notre énergie était plus portée vers elle que vers cette demande que bien sûr nous honorerons.
Alors, puisque nous n'aurions rien à lui offrir ce jour là, nous avons, comme l'année dernière, choisi de les inviter dans un, je l'espère, bon restaurant. A Paris, puisqu'il leur est impossible pour l'instant de quitter la ville, et sur les conseils d'une amie de C., nous tentons Les Climats.

Juillet et Août sont des années à naissance dans la famille. Le premier geburtstagskind est mon G. qui fêtera dimanche sa dernière année de vingtaine. Puis maman, suivi d'un de mes neveux, mon JP et tout de suite après ma nièce. Viennent ensuite ma belle-soeur, ma fille chérie, puis démarrent ceux de la famille de JP.

Je suis assez contente d'avoir réussi, malgré une semaine assez dingue côté travail, puisque tous le monde veut quitter son logement et que d'autres veulent y entrer, à trouver un restaurant avec de la place pour la fête nationale, et un cadeau livré hier dans la boîte de mon fiston.


J'ai même réussi à envoyer une vrai carte postale à maman, qui je l'espère arrivera avant le 14. 

vendredi 3 juillet 2020

quelques livres du mois de juin

A propos de Juin, j'ai lu hier que la majeure partie des français ne prononçaient pas Juin comme joint, et je me suis demandée alors, comment pouvaient-ils prononcer juin. Peut être Ju-in ? Il semble que cela soit côté Est que l'on ne fasse pas la différence, où très infimement. (je mets des majuscules où je veux moi...)
Ce mois de joint donc, a passé aussi vite que mai, depuis le 11 plus précisément. Et même si je reste une partie de la semaine en télétravail, je suis tout de même un peu plus active. Mais le confinement a laissé des traces, et j'ai encore du mal à me sentir vraiment libre.

Nous avons tout de même fait un tour en Suisse, en vélo, sous le soleil, et avons retrouvé avec plaisir l'école horticole de Jussy, traversé les vignes aux raisins verts encore freluquets, bu un perrier à une terrasse, calme. Mais nous n'avons pas encore eu le courage d'aller en Alsace, les cinq heures de route juste pour un week-end me freinent. Il faudrait aussi que j'aille à Paris, embrasser mes parents...

école d'horticulture

Et pour ma mémoire défaillante concernant ce que j'ai lu, voici mes livres de juin :

Antoine Renand
Fermer les yeux
Une petite fille joue à cache-cache avec ses amis dans un village perché d'Ardèche. Elle disparaît et tout le village se met à sa recherche. Des années plus tard, un flic à la retraite regarde les informations et soudain revient le hanter une erreur qu'il estime avoir commise. Il va se mettre à enquêter, accompagné d'un écrivain spécialiste des tueurs en série et d'une avocate qui tente de réhabiliter un homme qu'elle juge innocent. Franchement ce deuxième livre d'Antoine Renand est très prenant, c'est un vrai polar, bien noir, et jusqu'au bout le suspens est total.

Julian Barnes
La seule histoire
"Préférez-vous aimer davantage, et souffrir davantage ; ou aimer moins, et moins souffrir ? C'est, je pense, finalement, la seule vraie question." Dans les années 60, en Angleterre, Paul, dix-neuf ans, rencontre au club de tennis, Susan mariée, de trente ans son aînée, ils disputent des parties en double, une passion se noue, totale, absolue. Ils la vivent fièrement, conscients de défier les conventions sociales. Mais les années passent, sans bruit, tandis que l'amour et la jeunesse de Paul se heurtent aux démons de Susan. La quatrième de couverture est un parfait résumé du livre. Il y a d'abord cet inconscience de la jeunesse, persuadée que jamais elle ne s'envolera, et puis lentement, la réalité brutale que l'on ne peut changer l'autre, malgré tout l'amour que l'on a pour lui. C'est une belle et terrible histoire d'amour.

David Lelait-Helo
D'entre les pierres
Je l'avais commencé à la suite des deux autres lus en février et je n'avais pas du tout accroché après quelques pages. Je l'avais mis de côté et tout le confinement je le regardais en me disant qu'il faudrait que je le reprenne. Et puis le déconfinement a eu lieu, et puis j'ai lu plein d'autres livres et la semaine dernière je me suis dit qu'il fallait réessayer, au moins une fois. Eh bien ! Il est absolument super, au point que j'ai envie de l'offrir à maman et que je vais l'envoyer à C. sur son île. J'y ai retrouvé, alors qu'il s'agit d'un auteur français, le réalisme magique découvert chez Gabriel Garcia Marquez. Une maison raconte son histoire, plus particulièrement celle de Soledad Salvador. Je n'en dis pas plus, le livre fait 250 pages, à lire absolument.

Leah Hager Cohen
Des gens comme nous
Walter et Bennie Blumenthal se préparent à célébrer le mariage de leur fille Clem, dans leur maison à Rundle Junction dans l'état de New York en été 2014. Ils sont mariés depuis très longtemps, ont plusieurs enfants, une famille originale, un peu bohème. Parallèlement à ce mariage, l'annonce de l'installation d'une communauté ultra-orthodoxe provoque des angoisses parmis les habitants, en raison des risques supposés de changemement en profondeur qu'ils amèneraient. Cela me semblait très tentant et pourtant je m'y suis ennuyée. Mais peut être ne suis-je en ce moment pas réceptive à ce genre d'histoire.

Marie Cardinal
Les grands désordres
Mon dieu, Marie Cardinale, que j'ai lu adolescente, il y a bien bien longtemps. C'est l'histoire d'une mère, qui plonge dans le néant pour essayer de sauver sa fille qui se drogue à en mourir. C'est un livre qui ne remonte pas le moral.

Arnaldur Indriadason
Hiver articque
Oh un Indriadason que je n'ai pas lu, trouvé dans la bibliothèque du parc. Je le commence samedi matin, et pouf à la trente septième page, je constate qu'il manque une vingtaine de page, envolées… Je suis donc allée vite vite chez mon libraire qui ne l'avait pas en stock, j'ai foncé à la Fnac qui elle en avait un exemplaire, et je me suis replongée avec délice dans ce polar haletant. Un enfant est trouvé au pied d'un immeuble, poignardé, mort, collé par le froid au bitume. Et-ce un crime raciste ? L'enfant est d'origine thaïlandaise. L'enquête est menée par le commissaire Erlendur. Très bon polar.

mercredi 10 juin 2020

Comment se pourrir un week-end

bouquet de fête des mères

J'avais reçu le mail vendredi, 5 juin, en milieu de journée, une simple question :
"Pouvez-vous m'envoyer la dernière attestation d'entretien de la chaudière rapidement."

Son troisième mail de la journée.

Le premier j'y ai répondu immédiatement, renvoyer la copie du bail que "Vous ne m'avez jamais envoyée malgré ma demande, et cela depuis 2018". Une demande qu'il me semblait bien avoir traitée dans les temps. Petite recherche, oui le 19 mars 2018 je lui ai envoyé le bail, pas de nouvelle ensuite à ce sujet.
Je renvoie le bail, et lui précise la date à laquelle je le lui avais déjà envoyé, j'aurais pu lui dire l'heure exacte, mais je ne veux pas me rabaisser à son niveau, depuis que j'ai hérité de ce propriétaire, j'essuie les griefs dus à l'ancienne gestion foireuse.

Deuxième mail,
"Où en est le remboursement de la dette du locataire ?", parti avec une grosse ardoise.
Mhmmm je laisse cela à ma collègue du service contentieux. Je continue mon travail, arrive cette troisième demande.

Je consulte rapidement le détail du remboursement de dépôt de garantie. On ne lui a pas compté un entretien chaudière, c'est donc que nous avions l'attestation. Je descends dans l'historique des mails, je trouve ma demande où je somme le locataire de m'envoyer urgemment cette attestation, sinon on lui facturera un entretien... mais pas de réponse, pas d'attestation scannée sur son profil, et pas d'entretien compté lors du détail de ce qu'il doit à sa sortie.

Grand blanc dans ma tête, le vide qui se gorge d'angoisse, il est presque dix-sept heures, je ne répondrai pas au mail, je le laisse pour la semaine prochaine, me marque sur mon pense-bête bureau, de passer à l'agence chercher cette attestation dans le dossier... mais je me connais, si elle n'est pas scannée, c'est que nous ne l'avons pas reçue. Si nous ne l'avons pas reçue c'est que j'aurai dû lui compter cet entretien, j'ai merdé, le week-end commence, l'angoisse en bagage.

Lundi, à l'agence, après y avoir pensé samedi et dimanche, m'être préparée à expliquer à ma responsable, imaginé le regard sans mot, lourd, erreur malvenue. Dans le dossier du locataire, rien... dans celui du propriétaire, rien... pas d'attestation, pas de traces dans la comptabilité évoquant un éventuel contrat collectif d'entretien chaudière, et hélas, en vérifiant l'année où celle-ci a été changée, la confirmation qu'il fallait bien faire ce foutu entretien en 2019.

Ma responsable n'est pas là lundi... je retourne à l'agence mardi, je lui dirai là, de vive-voix, je déteste mal travailler...

Mardi, pas de responsable "Elle sera là mercredi et jeudi." Je dois répondre à ce mail, ce retard est de plus en plus suspect, je le sais. Il faut que j'appelle ma direction, là, ne plus attendre. Mais... et si jamais...

En fouillant dans les papiers, je retrouve la facture de l'entreprise qui a changé la chaudière. Ils ont dû, comme toujours, coller leurs coordonnés sur celle-ci et si jamais, si jamais, le locataire avait simplement pris le contrat avec eux, s'il n'avait pas pris un autre chauffagiste ? Dernier espoir  avant de passer à la casserole, j'appelle la société.
Je m'entends bien avec les secrétaires, et celle qui décroche me reconnait immédiatement, je lui explique ma demande. Donne le nom du locataire, du propriétaire "Ah oui, parfaitement, nous avons fait l'entretien, mais, attendez, pas d'entretien en 2020, le dernier entretien à eu lieu en mars 2019. Je peux vous tout de même vous envoyer l'attestation immédiatement."
Oui oui mille fois oui, le locataire a quitté le logement début février cette année, l'entretien a été fait dans les temps, C'EST BON !!!
Je suis tellement, tellement, tellement soulagée, je remercie encore et encore celle qui vient de m'enlever un poids que je n'imaginai pas si lourd avant qu'il ne me quitte. Je suis légère, ma journée bien que noyée sous la pluie me semble illuminée.

Je réponds au propriétaire, d'un simple "Voici l'attestation demandée." Et sans doute, la prochaine fois que je croiserai ma responsable, lui raconterai-je, légère, cette connerie que je n'ai pas faite.