mercredi 16 janvier 2019

lentement

La mezzanine est maintenant trop haute pour elle. Trois soirs durant, je l'ai posée dans le lit, elle aime dormir contre moi. Mais si elle arrive encore à descendre les marches, remonter est trop dur. Alors elle passe le reste de sa nuit seule, sur un fauteuil, et lorsque je vais au petit coin, elle miaule tristement pour que je vienne lui faire un petit câlin.
Cette nuit, puisque je la sentais si abandonnée, j'ai posé mon matelas par terre, me disant qu'elle pourrait, si elle le voulait, dormir un moment avec moi.

A peine la literie mise, elle s'est installée sur la couette, attendant que je me mette au lit. Et toute la nuit elle l'a passée, collée contre moi, ronronnant calmement, réadaptant sa posture, lorsque je me retournais.

JP est hospitalisé cinq jours pour son traitement hivernal. Depuis quelques temps, Chamade est perdue s'il s'absente, tellement habituée à ce qu'il soit là, toute la journée, rassurant, vaquant à ses occupations sans bruit, elle confortablement couchée sur le plaid tout doux qu'elle a adopté.


Elle n'en mange plus, même les crevettes et le jambon ne la tente pas. Cela était déjà arrivé lorsqu'il était allé à Paris.

Est-ce son absence... ou la fin prochaine de cette merveilleuse petite chatte.

mercredi 9 janvier 2019

vingt six ans

Mais alors, ton fils à deux anniversaires ? La chance qu'il a !

Feïza venait de me dire que le 9 janvier le sien aurait 7 ans, je lui avais répondu en souriant que mon fils aussi fêtait ce jour là un anniversaire, et que chaque année je lui faisais un petit cadeau.

La chance oui ! Celle d'avoir tenu le choc jusqu'à la greffe, d'avoir supporté la douleur, l'absence de sa soeur et son père qu'il aimait tant. Confiné dans des chambres minuscules, bardé de capteurs, de drains, de perfusions, arrivant à sourire malgré tout cela, et se battant jour après jour, sans comprendre le pourquoi de cette bataille.

Sans doute d'ailleurs était-ce plus une chance pour nous que pour lui qui n'avait rien demandé, trop petit pour décider si oui ou non il voulait vivre.

Une chance pour nous, alors que là bas cette chance s'était fracassée ce terrible jour où ils avaient perdu leur enfant.

Vingt six ans de bonheur,  et pour eux de chagrin.

Puisse le ciel leur apporter aujourd'hui, un baiser tendre d'ici, de Rennes et de Paris, pour les remercier de nous avoir permis de sauver ce petit G. devenu grand.

lundi 7 janvier 2019

dangereux mépris

Cette violence dominicale, depuis huit semaines, attisée il me semble par cette fermeté affichée, ce mépris aussi, de notre génie de la communication, me donne envie de fuir, loin.
Je tente de comprendre ce qui anime ces gens affublés de ce fameux machin jaune qui ouvre la porte au pire de l'être humain.
Ce truc est semble t-il parti d'un ras le bol d'augmentations, puis a dégénéré sur tout et parfois n'importe quoi.
Je suis en rage contre ce gouvernement d'incapables mais aussi contre les journalistes bien placés, courant derrière la vox populi sans chercher à faire comprendre le pourquoi et surtout l'intérêt de certains prélèvements obligatoires. La rage surtout sur l'entreprise systématique de ce c** de président, si fier de lui, qui détruit consciencieusement toutes les protections pour les plus démunis en nous montant avec morgue, les uns contre les autres.
Cela fait déjà plusieurs mois que je dis à JP que cela ne peut plus continuer comme cela, qu'un jour cela pétera, et je crois que nous y sommes, ou nous nous en approchons grandement.
Ce petit macron, si sûr de lui, si fier de lui, si méprisant envers les crétins comme moi qui avons voté pour lui de crainte d'une marine dont il s'inspire de plus en plus, ne cache même plus son obsession de protéger les riches sous des prétextes fallacieux, pour pomper tout ce qu'il peut sur ceux qui doivent fermer leur gueule parce qu'employés, artisans ou déjà pauvres.
Comment feront nos enfants lorsqu'il n'y aura plus de sécurité sociale, lorsque l'assurance chômage n'existera plus ?

samedi 5 janvier 2019

cadeau matinal


J'ai reçu ce matin, un très joli bouquet, parfumé, délicat, cadeau délicieux de la compagne de G.

Alors j'ai rangé, nettoyé mon bureau, enlevant les papiers et objets qui lentement, au fil des jours de la semaine, s'amassent en vrac.

Et le regarde avec plaisir, cette année commence bien !

mercredi 2 janvier 2019

résolutions

Deuxième jour de la nouvelle année, et retour au bureau dès huit heures trente. Je me souhaite d'être de moins en moins angoissée, de plus en plus détachée tout en restant juste avec les uns et les autres.

J'ai pris deux vraies résolutions, des résolutions qui devraient me rendre un tout petit peu meilleure, un tout petit peu, mais ce serait déjà bien. Je me les suis notées sur mon nouveau smartphone, reçu à Noël, que je loue à la Fnac pour deux ans. Il n'est pas tout à fait à moi et c'est tant mieux.

Juste avant de partir en Alsace retrouver toute la famille, j'avais chuchoté à Chamade dans le creux de l'oreille "tâche de ne pas mourir avant que les enfants t'aient revue, tiens le coup ma cocotte chérie", et sagement, comme toujours, elle m'a écouté. Elle est même allée dormir avec G. et un peu avec C., ce qui n'était jamais arrivé.
Pour l'instant sa vie est encore suffisamment agréable pour que nous n'envisagions pas immédiatement de la lui abréger. Mais, pour celles qui se questionnent lorsque je n'écris rien, dites vous que de toute façon le jour où nous devrons nous résoudre à cette terrible décision, je viendrai le dire ici.

En attendant, la vie continue...

mardi 1 janvier 2019

Hop là !


Et nous débutons l'année avec Chamade qui contre tous pronostics est toujours là, ronronnante...

Bonne année à vous tous qui continuez à venir ici, même si en ce moment je déserte la place.

Qui sait, peut-être serai-je plus assidue en 2019.

lundi 10 décembre 2018

Ma dernière cargaison

Je termine chaque semaine par un livre, ou presque. Certains me marquent longuement, d'autres non au point qu'il m'est arrivé de les racheter et de râler lorsque je réalise les avoir déjà lus. C'est pour cela essentiellement que je tiens cette rubrique. Il y a certains livres que j'abandonne en cours de route, dont je ne parle pas. Si je n'aime pas je le dis franchement. Si j'aime, j'en dis le moins possible de peur de vous enlever le plaisir de la découverte. Parce qu'évidemment, lorsque j'aime un livre, je voudrais l'offrir à tous le monde. Voilà sans doute la dernière cargaison avant l'année prochaine.

Elzbieta La nostalgie aborigène
Elzbieta est une amie de mes parents, était puisqu'elle vient de mourir. Elle raconte dans ce livre, son enfance, sa mère qui ne l'aimait pas, son déracinement, son amour pour sa marraine qui l'a élevée à Mulhouse et à laquelle elle a été arrachée. Trimbalée du Couvent des oiseaux en Angleterre après un bref passage chez sa mère et sa soeur qui la haïssaient pour tomber sous le joux d'un oncle à Paris, la faisant trimer comme une esclave. De cela elle s'est sauvée, est devenue une artiste renommée, profondément respectueuse de l'enfance. C'est extrêmement bien écrit, douloureux, je regrette de ne l'avoir lu qu'après sa mort, j'aurais voulu la serrer dans mes bras.


Robert Badinter Idiss
J'avais lu quelques critiques qui m'avaient données envie de lire ce livre, puis par hasard suis tombée sur la grande librairie où je suis restée subjuguée par Monsieur Badinter. J'ai donc immédiatement acheté son nouveau livre pour le lire lors de mes petites vacances en Alsace. Oui une fois de plus, c'est un livre à lire, qui raconte l'enfance de Robert Badinter, aimé par cette grand'mère déracinée qui vivra en fin de vie l'horreur du nazisme.

Douglas Kennedy Cinq jours
Premier livre lu de cet auteur archi connu. Je suis partagée, d'une part cela se lit très facilement, d'autre part il manque une certaine dimension, c'est typiquement le livre que l'on lit sans trop s'investir émotionnellement. Une histoire d'amour qui se termine mieux qu'elle n'avait commencé.

Madeleine Chapsal Ce que m'a appris Françoise Dolto
Déjà lu il y a quelques années, je pense avoir lu tous les livres de cet auteur comme ceux de Françoise Sagan d'ailleurs. Elle raconte son amitié avec Françoise Dolto, parle de ce qu'elle lui a apporté. C'est intéressant mais il y a certaines réflexions sur la place de la mère, de la femme, qui date terriblement. C'est du Chapsal pur jus, je crois qu'il est préférable de lire Dolto tout simplement.

Stephane Allix L'Après
En 2016 j'avais lu Le Test du même auteur, il s'agit de raconter les expériences que vivraient les personnes après la mort d'un proche. Certains témoignages sont franchement étonnants, d'autres me semblent peu convaincants. Mais je l'ai dit, j'aime cet espoir apporté par ce genre de témoignages, bien que je reste malgré tout très septique dans l'ensemble. J'ai vécu deux fois quelque chose de très approchant, c'est cela qui m'interroge sur cette possible vie qui continue, différemment.

Anthony Doerr Toute la lumière que nous ne pouvons voir
JP avait chargé ce livre afin que nous l'écoutions sur le trajet aller-retour menant en Alsace. Première fois que nous faisions cela, un test pour d'éventuelles autres fois. Je n'ai pas aimé au début, la façon de lire du récitant, j'avais du mal à "voir" l'histoire, mais au fur et à mesure des huit heures que nous avons écouté le livre, nous avons été embarqués et très frustés en arrivant à Annemasse de voir qu'il nous restait encore quelques heures. Alors j'ai acheté le livre et dévoré du début (pour avoir mes images avec ma voix) en six heures. Et j'ai adoré, absolument adoré ce roman. Un des meilleurs pour moi de mes lectures de 2018. C'est une histoire de deux jeunes enfants qui grandissent durant la guerre 39-45. Une jeune fille vivant à Paris et un orphelin habitant en Allemagne. Je n'ai aucune mais aucune envie d'en dire plus, c'est un livre qui embarque pour de longues heures d'angoisse et de découvertes. Je vous le conseille absolument.

Anthony Doerr A propos de Grace
Les critiques lues sur internet n'étaient pas follichones mais j'avais tellement aimé le premier livre que j'ai malgré tout acheté celui-ci et bien m'en a pris. Je le mettrai au même niveau de sensation que celui de Donna Tartt - le Chardonnet - Il m'a fallu un peu m'accrocher au début, je l'ai commencé et peiné à continuer, mais une fois que j'avais décidé que je le lirai coûte que couûe, je m'y suis vraiment plongée et là je n'ai plus pu le lâcher. Un homme voit certaines choses qui vont arriver dans ses rêves. Il tente de faire un sorte qu'elles n'arrivent pas et cela bouleverse totalement sa vie. La seule chose que je peux dire, c'est qu'il faut vraiment passer le petit cap du début (une trentaine de pages pour moi) pour être emporté. Ah il m'a bien agassé parfois, j'avais envie de le secouer, mais c'est tout comme l'autre, un livre que je conseille fortement.

Olivia de Lamberterie Avec toutes mes sympathies
J'aurais aimé écrire un livre sur mon frère que j'ai perdu comme elle, et qui malgré les années d'absence, reste très présent dans mes pensées. Son frère est suicidaire depuis des années, elle est en apnée bien souvent pour lui tenir la tête hors de l'eau, mais un jour la douleur de vivre est trop forte. Avant de mourir, il lui avait dit d'un ton sans appel, "écris ton livre", et c'est donc pour honorer sa mémoire, qu'elle raconte ce frère adoré et dont l'absence lui est si douloureuse. C'est un très beau livre, triste mais plein de vie.

Sandrine Colette Juste après la vague
J'étais venue à la Fnac pour acheter mon agenda calendrier rituel qui me fait découvrir chaque semaine une nouvelle photo, et que je m'offre pour agrémenter mon bureau professionnel. Evidemment je suis allée faire un tour dans les rayons livres et j'ai bavardé avec une cliente qui cherchait un nouvel auteur de polar. Je lui ai conseillé Mankel et elle m'a dit avoir été happée par ce livre que j'ai donc acheté. Hé bien c'est pas mal du tout. Je l'ai ouvert et ne l'ai refermé qu'une fois fini. L'histoire d'un volcan qui s'effondre dans la mer et provoque un raz de marée engloutissant la totalité d'une région, ne laissant qu'une colline émergée avec dessus une famille de 9 anfants. L'eau continue à monter, la nourriture est de plus en plus rare, ils doivent partir mais n'ont qu'une barque avec 8 places, les parents doivent laisser 3 enfants seuls, le temps qu'ils trouvent un endroit pour recommencer leur vie. La sensation d'isolement, de mer indomptable, incontrolable est assez bien ressentie. Très facile à lire, très vite lu d'ailleurs, c'est un très bon passe temps.