lundi 8 octobre 2018

des livres

Que raconter sur ce blog, alors que la vie devient un peu compliquée avec notre Chamade chérie, qu'au bureau je perds de plus en plus l'envie de m'investir. Je lis, je garde ce plaisir infini de me plonger dans une histoire, de m'absenter un long moment pour recharger mes batteries. Sans doute vais-je aussi m'adapter à mes nouveaux horaires, qui me donnent plus de temps le soir, mais avalent une demie-heure chaque matin que je consacrais souvent à l'écriture.

Voici donc ce que j'ai lu depuis le 22 juin de cette année.

Catherine Ceylac A la vie à la mort Toutes ces personnalités ont été un jour ou l'autre confrontées à la mort, parfois très violemment comme Jean Louis Trintignant. Certains se confient sans barrière, tous sont intéressants sauf Carla Bruni qui donne l'impression d'être une coque vide. Je ne conseillerais pas d'acheter ce livre, mais de le prendre à la bibliothèque, je ne regrette pas de l'avoir lu, mais je trouve que ces petits entretiens auraient pu être plus approfondis (sauf la fameuse Carla qui aurait mieux fait de se taire...)

Emmanuel Lepage Un printemps à Tchernobyl et Voyage aux iles de la désolation J'avais mis dans mon panier Amazon ces deux BD, et puis je les avais oubliées. Je commande si rarement que je ne sais plus du tout de quand datait cette petite réserve. Et puis ne trouvant pas le fameux Ceylac dans les rayons librairie d'Annemasse, je me suis de nouveau aventurée sur Amazon où évidemment je l'ai trouvé. Au moment de la commande sont apparues les deux BD et bon, j'ai validé le tout. Eh bien, moi qui ne suis pas une grande lectrice de BD, j'ai adoré ! Les dessins sont excellents, et aussi bien le voyage à Tchernobyl que celui sur ce bateau desservant les iles du bout du monde, sont passionnants. Bref pour qui aime la bande dessinée, il n'y a pas à hésiter.

Svetlana Alexievitch La guerre n'a pas un visage de femme J'ai mis plus d'un an à revenir vers le livre de Svetlana Alexievitch et pourtant quel livre magnifique, indispensable. Ces témoignages de femmes dans la guerre sont stupéfiants. Elles racontent leur amour de la patrie, prêtes à tout pour sauver la Russie, se sacrifiant tout en gardant leur humanité. Ces femmes qui avaient parfois à peine quinze ans, qui s'élancaient dans cette guerre avec fougue et qui souvent se faisaient traiter avec mépris. Ces témoignages sont bouleversants.

Svetlana Alexievitch Derniers témoins Ce sont des souvenirs d'enfance racontés par des adultes qui replongent dans les déchirures de la guerre. Je crois que des trois livres de Svetlana Alexievitch c'est celui qui m'a le plus remué bien ques les deux autres soient déjà très violents. Mais entendre ces adultes raconter la souffrance de voir un père chéri partir et ne plus jamais revenir, l'attente contre le corps d'une mère qui semble dormir alors qu'elle est morte, la séparation violente qui isole loin de tout sans savoir ce que l'on va devenir, est terrible. L'oeuvre de cette écrivain est indispensable.

Christina Baker Kline Le train des orphelins L'histoire débute en 2011, une jeune fille, rebelle, placée dans une famille, commet un vol qui la mène devant un juge. Celui-ci ordonne un travail d'intérêt général, en l'occurrence, aider une très vieille dame à ranger son grenier. Une vieille dame très aisée, que tout semble éloigner de la jeune rebelle et pourtant... L'histoire de ce train des orphelins dont je n'avais je crois jamais entendu parlé, est là aussi terrifiante. Avant la crise de 29, aux Etats Unis, des enfants d'émigrés étaient abandonnés à eux mêmes dans les rues et le gouvernement souhaitant régler ce problème avait mis en place ces fameux trains des orphelins. L'histoire est prenante et agréable à lire, bien que triste.

Annie Lemoine Que le jour recommence Une femme déménage et va dans une petite ville au bord de mer, pour effacer ou tenter d'effacer son passé. Son ancien amour la retrouve et ressurgit avec lui des souvenirs, des désirs. Très vite lu, pas mal écrit, sans plus.

Jean-Marc Roberts Affaires étrangères Un homme qui traine sa vie en vendant les timbres de la collection de son père, trouve, grâce à son beau-père, un emploi dans un grand magasin, au service publicité qui vivote tranquillement. Une planque qui va être réveillée par son nouveau patron qui veut faire du Magasin une enseigne réputée. Petit à petit il se fait phagociter par lui et consacre sa vie à lui, jusqu'à se perdre. C'est un livre un peu anxiogène et l'écriture est un peu datée.

 Michel Bussi Maman à tort La commandante s'appelle Augresse, le psychologue Dragonmann, je ne sais pas pourquoi mais cela m'a dérangé tout au long de ma lecture. Une impression de pas sérieux, et puis l'histoire est simplette. Bref je l'ai lu jusqu'au bout mais c'est sans intérêt.

Geneviève Brisac Le chagrin d'aimer Geneviève Brisac raconte dans ce livre le manque d'amour de sa mère. Mais j'ai trouvé ce livre assez creux hélas. Je n'ai pas du tout accroché, sans savoir vraiment pourquoi et cela m'a vraiment décue puisque j'avais aimé Vie de ma voisine.

R.J. Ellory Seul le silence Découvert cet auteur grâce à un tout petit tweet d'Hervé Resse. L'histoire débute par une série de meurtre de petites filles, extrêmement violents et qui traumatise un jeune garçon, Joseph, vivant dans la région où cela se passe. Quelques années plus tard, alors qu'il a déménagé à New York, une nouvelle série de meurtre démarre. Joseph dont la vie a été brisée par ces meurtres, part à la recherche du meurtrier. Franchement haletant jusqu'à la dernière page. Un vrai polar noir.

R.J. Ellory Les assassins Du coup je suis allée acheter un autre livre de cet auteur. Là il s'agit de meurtres commis apparemment à des dates anniversaires d'autres meurtres et reproduit à l'identique. Et comme le précédent, l'énigme d'une noirceur absolue, est tenue jusqu'au bout. Parfait pour ceux qui aiment le suspence intenable.

S.J. Watson Avant d'aller dormir Trouvé dans la bibliothèque de partage du cinéma de St Pierre d'Oléron, un polar très prenant et angoissant. Une femme se réveille un matin, et ne sait plus rien de sa vie. En réalité cela fait des mois que chaque matin, elle se réveille et doit tout réaprendre de son histoire, suite à un traumatisme qui lui a détruit sa mémoire. Lente reconstruction de son histoire avec son mari qui lui raconte des bribes de sa vie. Elle doute de la véracité de ce qu'on lui dit, et là aussi impossible de savoir où est cette vérité jusqu'à la fin. Vraiment bien, mais angoissant.

R.J. Ellory Papillon de nuit Le meilleur pour l'instant des trois livres lus de Ellory. C'est plus un roman qu'un polar bien qu'il y ait un meurtre pour lequel le personnage principale du livre est en prison dans le couloir de la mort. J'ai vraiment aimé ce livre, ris et eu quelques larmes rentrées à la fin. C'est celui que je conseillerais absolument pour découvrir cet auteur.

R.J. Ellory Les Anonymes Il s'agit de meurtres de femmes, massacrées avant d'être tuées. En fond la CIA. C'est le livre que j'ai le moins aimé. Est-ce parce que j'en avais déjà lu trois et qu'à force les ficelles de la narration m'ennuient ?

Kate Morton L'enfant du lac Une nuit, lors des fêtes du solstice, un jeune enfant disparaît que l'on ne retrouvera jamais, malgré les moyens importants mis en oeuvre. Soixante dix ans plus tard, Sadie inspectrice mise sur le banc de touche et envoyée en "vacances", par désoeuvrement, reprend à son compte l'enquête. Au début cela semble un roman à l'eau de rose, mais l'énigme est bien menée et c'est seulement en fin du livre que tout se dénoue. La fin est d'ailleurs un peu rapide, comme s'il fallait vite finir le livre. C'est tout de même très agréable à lire.

Christine Ango Un tournant de la vie Deuxième livre lu de cette auteure. Je ne me souvenais plus d'en avoir lu un déjà et je pense que j'oublierai aussi vite avoir lu celui-ci. Une femme qui a aimé un homme, qui l'a quitté pour un autre, qui le revoit et retombe dans ses bras. C'est pour moi mal écrit, lu très vite sans intérêt.

Tanguy Viel Article 353 du code pénal Toute a famille l'avait lu cet été, et maman me l'avait chaudement conseillé. Je croyais lire un livre de droit, il s'agit d'un roman. Je me suis interdit de lire la dernière de couverture, j'aime découvrir une histoire vierge de toute information. C'est toujours ce qui fait que j'en dit le minimum sur ce blog, pour ne rien déflorer si j'ai aimé le livre. C'est donc l'histoire d'un homme qui regarde un autre homme se noyer, puis il est arrêté au petit matin. Lentement, avec ses mots, il racontera au juge. Voilà, à vous d'en découvrir le reste, cela se lit le matin au petit déjeuner, un dimanche, tranquille.

Laura Alcoba La danse de l'araignée Autre livre conseillé par maman. Cette jeune adolescente qui vit à Bagnolet avec sa mère. Son quartier qu'elle découvre en rentrant avec des copines de classe, les deux tours Mercuriales, le parc du château et de l'étang, le collège travail. Là aussi cela se lit en quelques petites heures, et cela donne envie de lire les autres livres où elle raconte son exil.

Marcelline Loridan-Ivens Et tu n'es pas revenu Malgré tous les témoignages déjà lus sur l'holocauste, je suis à chaque fois bouleversée, émue aux larmes. L'histoire de Marceline arrivée dans le camps de Birkenau, celle de la perte de son père adoré. Ces témoignages sont indispensables

Alain Genestar Pour mémoire Un jour Simone Veil a emmené ses petits enfants à Auschwitz, Alain Genestar directeur de Paris Match avait organisé le voyage pour un numéro spécial commémorant les 60 ans de libération des camps. Si vous tombez sur ce tout petit livre, vous pouvez bien entendu le lire.


mardi 11 septembre 2018

Cette date là

Une corneille perchée sur le toit en face, dans le jour bleuté qui se lève, croasse seule. Au loin la circulation sourde et ténue, il y a dix sept ans, à cette heure là, nous ne savions pas encore que nous basculerions dans un autre monde.
G. avait dix ans, C. seize et moi à peine quarante quatre ans, Chamade n'était pas née et JP était déjà malade depuis trois ans.
Onze septembre deux mille un.
Plus tard nous avons vu les images, celles qui montraient celui qui tombe, tête en bas, une jambe pliée, tellement de classe dans cet instant effroyable. Des visages blancs, couverts de plâtre, hagards, des hommes sacrifiant leur vie pour tenter d'en sauver d'autres. l'immense tour qui lentement, si lentement, inexorablement, se fracasse, entrainant ceux piégés qui se broyaient.
Le ciel change de teinte, passe au bleu clair, il va faire encore très beau, chaud.
Je garde de cet instant où mon amie me racontait au téléphone le chaos lointain, l'image d'une pelouse si verte, brillante au soleil, le chant léger des oiseaux et au loin la paisible rumeur de la vie qui s'écoule.
Je pensais alors qu'une guerre venait de débuter...

dimanche 9 septembre 2018

retour au quotidien

on est jamais trop vieille pour jouer avec un emballage de bouteille

Je me réveille de plus en plus tôt, dès quatre heures j'ouvre les yeux, reposée, Chamade collée contre moi, sage, attendant mes caresses. Et durant une heure nous sommes toutes les deux, dans le jour qui lentement se lève éclairant le rideau de gris s'éclaircissant jusqu'à devenir blanc, paisibles.

Nous avons passé de bonnes vacances, grâce aux enfants qui se sont relayés, interdisant à JP de se complaire dans la maladie. Et cette année, puisque notre petite chatte vieillit, nous avons décidé de tenter la liberté pour elle, dans la cour de la maison. Il y a bien eu deux tentatives d'évasion, mais rattrapées de justesse. Adieu donc la longue ficelle qui suivait ses déplacements très acrobatiques et s'emmêlait dans les buissons, entre les barreaux de la table, autour des transats. Cette année, dans doute sa dernière à Oléron, elle s'est régalée de ces quelques mètres carrés de vie sauvage.

Au bureau les horaires ont changé, je termine plus tôt le soir, cela demande une adaptation pour  calquer les états des lieux et finir à temps mais c'est bien, l'heure gagnée le soir est un vrai plaisir.

J'ai repris le yoga quotidien et après plusieurs semaines de négociations âpres avec ma responsable, j'ai été entendue ce qui m'a apporté un apaisement immédiat, même si bien sûr en contrepartie je prends une charge de travail en plus, mais un travail qui me convient contrairement à ce que l'on voulait me faire faire.

Tout à l'heure je vais revoir mes parents qui passent le week end à Anthy, après-midi au soleil au bord du lac.

samedi 28 juillet 2018

trois semaines

Lorsque j'ai enfourché mon vélo, saisi par la chaleur lourde du soir, après avoir passé une journée sous le climatiseur, lorsque j'ai donné le premier coup de pédale, savourant cet instant, je n'ai pas réussi à me sentir en vacances, alors qu'elles venaient à l'instant de débuter.

Trois semaines devant moi, trois semaines d'évasion.

Samedi dernier JP a redémarré une allergie médicamenteuse, comme il y a deux ans, même symptômes, même période. Je crois que j'en aurai pleuré si je me l'étais autorisé. D'un côté JP si fragile, de l'autre mes vacances qui s'envolaient alors que je les espérais passionnément.

Cette fois-ci nous avons réagi instantanément, nous savions dans quoi nous plongions, et cela a permis de stopper relativement vite l'escalade et de ne pas aller jusqu'au Dress Syndrome, bien qu'il ait été frôlé dangereusement. Evidemment je croise les doigts pour que la situation qui semble stabilisée ne dégénère pas. Je reste obstinément optimiste, je n'ai que cela comme ligne de vie.

L'année dernière c'était un staphylocoque dorée dans l'os, une infection pulmonaire en complément. Chaque année, chaque année, chaque année... Depuis mille neuf cent quatre vingt dix huit l'Eté est accompagné par la maladie. Et chaque année je ne sais pas si nous partirons, ou resterons cloués l'un à l'hôpital, l'autre à faire des allers retours.

Mais toujours j'y crois. Même si j'ai le ventre qui se tord, que je rage et implore les dieux, je prépare les bagages, imagine la mer qui va et vient sur le sable, le vent qui frissonne dans les pins, et je rêve de l'odeur de curry des plantes sur la plage, qui au soir couchant accompagne mon retour.

Je suis hors du temps...

lundi 9 juillet 2018

de l'intérêt du foot

Puisque mes grands chefs aiment le foot, l'agence a fermé en début d'après midi pour permettre aux amateurs de vite rentrer chez eux et se délecter du match France-Uruguay. Et moi, comme trop souvent ces derniers temps, j'ai pris mon matériel de femme de ménage, et je suis allée nettoyer des vitres, des tiroirs oubliés, des sanitaires abandonnés. Je suis incorrigible et j'ai horreur, tellement horreur des conflits.
Parce qu'à chaque fois que je fais une sortie, à chaque fois, la phrase que me disent en premier les locataires est : " Ah ben vous verrez, c'est bien plus propre qu'à mon entrée !" et dès que je passe le seuil de la porte d'entrée, je vois les vitres couvertes de traces de mauvais nettoyage, je trouve des portes noircies autour des poignées, des interrupteurs pas nets, et intérieurement je soupire. La plupart du temps, soit l'appartement n'a tellement jamais été nettoyé que je dois faire venir une entreprise, soit grâce à mes chiffons que je traîne dans mon sac à dos, je mets entre ses mains de quoi faire un petit rattrapage en lui expliquant que cela lui évitera une retenue sur son dépôt de garantie.
Mais il arrive aussi que je sois trop en empathie, que je n'ai pas envie de me battre. Alors, je reviens seule dans l'appartement, et je m'attaque aux vitres, aux plinthes poussiéreuses, aux fonds de tiroirs un peu cracra. Il me suffit parfois que d'une demie-heure pour rendre un appartement présentable, et en sortant je me sens ensuite si légère.

Cela n'empêche pas les locataires de se plaindre, et certains, laissant un appartement répugnant, pour qui là je ne peux rien si ce n'est faire intervenir une entreprise, aboient que de toute façon nous les agences, nous ne rendons jamais les dépôts de garantie, que nous nous foutons tout dans les poches. S'ils savaient que pendant qu'ils hurlent devant leur téléviseur à la vue d'un ballon entrant dans la cage, je frotte et brique leurs oublis pour leur éviter de perdre leur précieux sous, et cela sans aucun bénéfice pour moi...

... si ce n'est justement l'absence d'injure au téléphone lorsqu'on leur rend leur dépôt de garantie.

Et cela n'a pas de prix !

jeudi 5 juillet 2018

Paresse estivale

Le soir, alors qu'il fait encore grand soleil, je quitte avec bonheur l'agence.
Dix ans maintenant que je suis entrée pour six mois maximum, dans cette agence que j'ai vu évoluer rapidement. Je me souviens du plaisir que j'avais à aller travailler, rester souvent jusqu'à 19/20 heures sans voir le temps passer et me réjouir du lendemain. Mes deux big chief sont partis à la retraite, remplacés par de nouveaux dirigeants, bien plus jeunes, c'est simple je suis la plus vieille maintenant de tous. 
D'assistante syndic je suis passée à gestionnaire gérance, avec un portefeuille conséquent. J'ai largement abandonné la voiture au profit du vélo et parcours la ville dans tous les sens. Je déteste toujours autant faire les états des lieux, et fatigue face à l'agressivité de plus en plus expressive des locataires et parfois même des propriétaires. J'ai appris à me maitriser totalement lorsqu'un ou une locataire m'attaque verbalement. J'arrive presque à baisser mon rideau de protection mentale, sauf si vraiment la charge est trop lourde.
J'ai eu des collègues éphémères, dont deux m'ont vraiment pourris l'existence et demandé beaucoup d'énergie pour ne pas sombrer. D'autres qui font partie de ma vie, avec qui j'aime bavarder, boire un verre, parfois même me confier. Plusieurs se sont mariés, ont eu des enfants, sont partis... hélas.
Je commence sérieusement à me poser la question pour prendre cette foutue retraite, poussée il est vrai par un copain de mon âge et très heureux de la sienne. J'aime tant travailler, si seulement il n'y avait pas cette confrontation constante avec des personnes dont les menaces sont les seules expressions qu'ils sachent utiliser. 
Je rentre le soir épuisée mentalement, et me tombe d'un coup cette paresse qui me laisse molle et inactive.

Je rêve de vacances, loin de l'agence, cette agence que j'aimais tant.

mardi 26 juin 2018

si loin si proche

Souvent j'imagine mon grand père strasbourgeois revenir sur terre et découvrir la vie telle qu'elle est maintenant.
Que comprendrait-il de ces hommes et ces femmes accrochés en permanence à leur smartphone, regardant des films en marchant, parlant seuls, une simple oreillette plantée dans l'oreille. Qu'imaginerait-il en voyant les jeunes filles aux pantalons déchirés, parlant fort, s'invectivant comme des paysans dans les champs de son enfance ?
Lui qui, lorsqu'il croisait une connaissance féminine, décollait d'un geste délicat, son chapeau de sa tête pour la saluer, que représenteraient ces mains que l'on frappe, retourne, refrappe, se cognant parfois l'épaule, des jeunes mecs pantalons à mi cuisse sautillant sur place.
En quarante ans le monde a tellement changé, tellement.
Comprendrait-il un instant que si l'on avance vite, certaines horreurs reviennent percuter le présent. Les camps qui enferment, les hommes que l'on rejette dans la mer, ceux que l'on recense pour mieux les éloigner.
L'indifférence que l'on pensait envolée.

C'est peut être pas si mal du coup, que l'on ne soit pas éternel.