mardi 14 avril 2026

Juste avant mon anniversaire...

une mosquée à la Marsa

Pour Noël et mon anniversaire (eh oui je viens d'avoir 69 ans, la fameuse année érotique), C. nous avait offert le voyage en Tunisie. 

Nous sommes partis de Nantes (avec évidemment une pensée toute spéciale pour Matoo et Colin) le 28 mars en fin d'après midi. C. nous attendait à l'aéroport Tunis-Carthage et zou, les vacances démarraient. La dernière fois que nous y étions, nous avions fait un tour dans le sud, et cette fois-ci, C. nous a fait découvrir le nord, verdoyant et lumineux. Nous avons eu un peu de pluie, une température parfois un peu fraiche, mais nous avons eu aussi des journées très ensoleillées.

Grâce à la pluie, nous avons vu les splendides mosaïques de Bulla Regia, lavées et lumineuses, aux couleurs incroyables. Une partie est conservée au musée du Bardo que nous avions visité la dernière fois, mais sur place, entrer dans ces maisons souterraines et voir ces sols encore incroyablement conservés, n'est pas comparable. 

Juste avant, nous avions visité, toujours en compagnie d'une guide, le site de Dougga. Au début il pleuvait encore pas mal, mais très vite le ciel s'est dégagé et nous avons crapahuté tranquillement, admirant l'art de vivre qui régnait alors. Une source d'eau à 20° serpente jusqu'au bassin qui permettait aux artistes de se détendre avant leur spectacle, et franchement, s'il avait fait un peu plus chaud, je m'y serais plongée avec délice. 


Le soir nous avons dormi au Verger des montagnes. Nous y avons surtout diner et petit déjeuner, une merveille de repas nous faisant découvrir des spécialités berbères. 

Le lendemain nous allions durant plus de deux heures, en compagnie, là aussi, d'un guide érudit, découvrir Le Kef, grande ville surmontée de la Casbah qui est une ancienne citadelle militaire surplombant toute la région. Je découvre donc que la mot casbah ne veut pas dire maison. Il y avait dans la Médina un concert de rock ce jour là, et la ville était très animée. Sans guide nous serions passés à côté de cette ville et si je peux vous conseiller une chose, c'est de faire toutes ces visites avec guide.

Le soir nous avons dormi dans une maison d'hôtes vraiment très belle. Nous avons diné devant la cheminée heureusement allumée tant il faisait froid. Et comme à chaque repas en Tunisie, avant le plat principal, nous avons eu une soupe, une salade, du pain délicieux et en dessert une salade fruit frais.

Après un petit déjeuner parfait, nous avons terminé notre périple en grimpant sur la table de Jugurtha, juste à côté de l'Algérie. Surplombant à 1271mètres la plaine, ce plateau gigantesque aurait abrité Jugurtha et ses troupes lorsqu'il avait tenu tête à Rome. Mais il semblerait que la légende soit fausse. Il y a une petite mosquée abandonnée que nous n'avons pas visitée, des ânes qui se baladent tranquillement, et partout des grottes creusées dans lesquelles étaient conservées les céréales. Les soldats avaient creusé des citernes d'eau dans ce plateau de granit, qui maintenant ressemblent à des piscines dans lesquelles nagent des algues vertes ondoyantes. 


Et puis nous avons repris la route. C. au volant, moi à côté et JP derrière, une fois n'est pas coutume... Nous avons croisé beaucoup de moutons, qui tranquillement déambulaient sur les routes et les champs.


De retour à La Marsa chez C., nous avons le lendemain fait un tour à la Médina, dégusté des fricassées (alors ça c'est une vraie tuerie) et profité encore un peu des deux chats ravis de notre retour. Juste avant que nous partions, une petite chatte pleine s'est installée dans le jardin, et le lendemain de notre retour elle avait mis bas juste sous la table de jardin. Voilà pour C. un crève coeur à régler, trouver des adoptants pour que ces petites choses ne soient pas jetées à la rue. A Tunis il y a un nombre de chats, souvent vraiment beaux et maigres, qui arpentent les rues à la recherche d'un repas offert. Les tunisiens laissent souvent des restes ou un carton pour que ces chats ne meurent pas, mais il y en a tellement que c'est impossible à gérer. Rien que chez C., à part ses deux chats rescapés de la rue et confortablement installés dans la maison il y a déjà plusieurs années, trainent dans son jardin en permanence quatre à six chats.


Et voilà, nous sommes repartis tôt le mardi, pile à l'heure et même en arrivant avec 20 minutes d'avance à Nantes.


C'était vraiment un très beau cadeau 💝


lundi 16 mars 2026

là haut

coucher de soleil aux Huttes

En sortant de l'hôpital où il venait de voir le résultat de son PET Scan, il s'était tourné vers ma soeur qui l'accompagnait et lui avait dit "Je pensais que je serai là pour ta mère jusqu'à la fin, que je pourrai m'occuper d'elle..." comme il l'avait toujours fait depuis qu'ils s'étaient rencontrés, toujours...

J'appelle maman deux fois par semaine, elle me raconte sa vie assez tranquille mais toujours intéressante. Elle ne sort pas beaucoup, marchant si difficilement que c'est à chaque fois un petit exploit, mais elle a du courage et ne se laisse pas couler. Elle aime bien aller boire une bière à la Contrescarpe, leur bistrot où ils aimaient s'arrêter et regarder les touristes, la vie de cette petite place. Parfois elle va juste s'asseoir sur un banc place de d'Estrapade, lire et regarder les jeunes japonaises qui déguisées en Emily in Paris, se font photographier devant le n°1. Si elle a beaucoup de courage elle va jusqu'au jardin du Luxembourg ou place du Panthéon. 

Et à chaque fois, absolument à chaque fois, un passant ou une passante s'arrête, lui propose de l'accompagner, lui donne le bras, et lentement marche à côté d'elle en bavardant. Ce sont toujours des personnes charmantes, intéressantes, prévenantes. Souvent de très jeunes qui lui racontent leurs études, ou leurs vies. Un célèbre hautboïste, une avocate du barreaux de Paris, un chercheur en biologie et d'autres vies passionnantes. Ils l'accompagnent jusqu'à sa destination à son rythme et puis lui disent au revoir et s'en vont.

Elle me raconte ses rencontres, à chaque fois reconnaissante d'avoir tant de chance. 

"C'est papa qui de là haut te protège comme il t'a toujours protégée lui dis-je. Il fait ce qu'il avait dit qu'il ferait, s'occuper de toi et te rendre la vie douce."

Et j'en suis persuadée puisque j'ai moi aussi un protecteur qui m'accompagne depuis longtemps, que j'avais senti lors de ma séquestration et qui m'avait entouré de tendresse lorsque la violence devenait effrayante. Je ne crois pas vraiment à un dieu tout puissant délivrant ou non des certificats de bonne conduite, mais j'imagine ceux que l'on a aimés nous accompagner du mieux qu'ils peuvent et nous donner de l'amour à leur façon. 

Et qu'importe si cela est réel ou non, l'essentiel étant ce que l'on vit.

mardi 24 février 2026

Les arènes sous l'eau

Les arènes aussi sont inondées, je ne sais pas si cela a un lien avec la Charente qui déborde, ou si ce sont les paquets d'eau que le ciel nous a déversé un mois durant qui restent stagnants telle une piscine à ciel ouvert.


Autour tranquillement, les moutons broutent, tondeuses naturelles et silencieuses.


Tu vois Calyste, les arènes sont bien inondées.

Chaque fois que je "descends" à la ville, je longe ces arènes qui ont d'ailleurs illustrées nos voeux cette année.



dimanche 22 février 2026

Que d'eau, que d'eau

6,60 mètres à la jauge

Nous sommes arrivés le 12 décembre 2025, et depuis nous avons eu 45 cm de neige dans notre jardin, puis la tempête Goretti, suivie de Nils et enfin Pedro. Seuls nos panneaux du fond du jardin ont eu du mal à supporter le vent déchainé qui a secoué tant et plus nos deux oliviers et notre palmier nain. Et puis la pluie, chaque jour, durant 35 jours, avec de très courtes mais délicieuses trouées ensoleillées. Nous avons même eu un week-end où nous avons pu commencer à nous occuper du jardin. Sans parler d'hier et aujourd'hui où nous avons eu un vrai air de printemps. 

Heureusement nous sommes à 40 mètres d'altitude, sachant que la Charente est à 10 mètres, cela nous laisse de la marge avant d'être les pieds dans l'eau. Pas de cave, un terrain bien drainé, un toit solide et hermétique, bref, chaque jour nous nous félicitons d'avoir choisi cette maison et non une de celles proposées à des prix défiants toutes concurrences et qui baignent maintenant dans cette extension charentaise. 

C'est impressionnant, désolant pour tous ces saintais qui devront remettre en état leurs logements, jusqu'à la prochaine crue. Nous avons bavardé avec plusieurs sinistrés, qui semblaient prendre cela comme une fatalité, sans se plaindre.

Ceux qui sont contents, ce sont les chiens, tout fous, pataugeant fougueusement dans ces rues devenues rivières. 

Nous avons assisté à l'évacuation de la prison, des policiers et des agents pénitentières pleins les rues. Et puis hier, apparemment pour des problèmes de sécurité dans les banques qui n'ont plus d'électricité, la police nationale patrouillait armées jusqu'aux dents. Il y a des pompiers se baladant dans les rues sur des canots rouges et jaunes, pleins d'habitants habillés de cuissardes de pêcheur. Des caves sortent les tuyaux de pompes de relevage crachant des litres d'eau. Une odeur d'essence, mais comme un air de fête. 

Aujourd'hui la Charente avait perdu 5 cm, mais il faudra des semaines pour que tout rentre dans l'ordre, du haut de Saintes, on voit des étendues d'eau à perte de vue.

entre la rangée d'arbre et le mur, une rue qui n'en est plus une


vendredi 13 février 2026

19 ans de blog

La Charente déborde

Le 11 février 2007 j'ouvrais ce blog, en tremblant, mais super contente d'y être arrivée. Et longtemps je l'ai alimenté presque quotidiennement. Je me souviens qu'en vacances à Oléron, j'allais dans un magasin d'informatique qui permettait d'avoir accès à des ordinateurs pour y travailler. 

Un jour j'ai même eu droit à un article dans le Dauphiné libéré. Il est arrivé que des personnes que je connaissais l'aient trouvé par hasard. Mais je suis restée anonyme. Je pensais toutefois que lorsque je serai à la retraite je me dévoilerais totalement. Je crois que je n'y suis pas encore prête.

Dernièrement en faisant des recherches sur le professeur Valayer dont je venais d'apprendre la mort, j'ai découvert qu'un de mes billets avait servi de support pour une polémique le concernant. Ainsi, un jour, une personne était passée par ici, avait fait un copier-coller d'un bout de billet, et l'avait intégré à une conversation dont je suis restée des années, ignorante Ce qui était écrit, puisque tronqué, avait été mal interprété par plusieurs, et d'autres avaient tenté de leur expliquer qu'ils se fourvoyaient. Beaucoup ne le connaissaient pas, le jugeaient pour une affaire dont il était étranger, mais qui l'avait apparemment bouleversé. Puisqu'il vient de mourir, à 92 ans, je veux dire ici que je lui garderai éternellement un amour infini.


Et les arbres se baignent

J'aime mon blog et même s'il semble qu'il y ait de moins en moins de blogueurs, je n'ai aucune envie de l'abandonner.

Doucement je reprends son chemin bien que je n'ai guère de choses à raconter pour l'instant. Nous sommes saintais depuis deux mois maintenant, et à part notre voisin, nous ne connaissons encore personne. Mais tout de même, je commence à reconnaitre des têtes, et j'aime de plus en plus me balader en ville, ou au bord de la Charente. Maintenant, ce qui serait vraiment agréable, c'est qu'il arrête de pleuvoir.

mercredi 4 février 2026

goutte gouttelette de pluie...

La vie c'est jour de pluie aussi

Heureusement, à un moment de la journée, la pluie s'arrête. Parfois même un rayon de soleil agrémenté d'un arc en ciel nous fait oublier l'eau qui quasi sans discontinuer, fait grossir la Charente et la Seudre.

Mais ici la pluie je la regarde tomber sur mon jardin où les oiseaux ont l'air de s'en fiche totalement. Ils continuent à picorer les boules de graisse et de graines accrochées à notre viorne boule de neige. 
Tout à l'heure, le nez plongé dans un livre, il m'a semblé qu'un remue ménage affolait mes mésanges et pinsons des arbres, en jetant un oeil distrait, j'ai découvert que l'écureuil roux qui parfois traverse notre jardin gracieusement, avait décidé de se faire un petit casse-croute, et le nez plongé dans les dites boules, se goinfrait vite vite avant de se faire déloger. 
Je regarde les oiseaux, l'écureuil, et les touffes de vraisemblables jonquilles ou narcisses ou peut être même de muscaris qui doucement s'allongent et promettent des belles surprises. 

Ce n'est pas ce temps assez tristounet qui me fera regretter une seconde notre installation à l'ouest. Ici tout est si tranquille, apaisé. 

mardi 27 janvier 2026

un simple baiser

plage des Huttes à Oléron

Je ne savais pas il y a un an qu'il ne restait à papa que trois jours de vie. Officiellement mort le 30 janvier, il est parti si tôt ce jour là, qu'il n'en a rien entendu. Trois petites heures qui ont fait un jour complet pour l'administration. Le dernier souvenir de lui vivant sera éternellement cette image de lui gisant, entouré de tous ses enfants et de maman. Au moment de partir, j'avais mis ma veste, pris mon sac, entouré mon cou de mon grand châle duveteux, je quittais la chambre avec mon grand frère quand brusquement j'ai réalisé que je n'avais pas embrassé papa. Ce papa qui depuis quelques jours respirait si lentement, avec de longues poses de silence, dont seul parfois un sourcil se levait interrogatif. Alors j'étais revenue vers lui, honteuse intérieurement d'avoir une seconde oublié de lui souhaiter une nuit douce.

Nous sommes partis mon frère et moi, regagner nos pénates après nous être embrassés fraternellement.

Mais ce dernier baiser fait à la va-vite à mon père, restera pour moi une douleur insupportable.