samedi 15 août 2026

15 août


Il a fallu plus d'une journée, quasiment deux jours de contractions régulières et assez épuisantes, pour que cette petite fille arrive à naitre. L'attente ne l'avait semble t-il pas épuisée, puisque dès sa naissance, les yeux grands ouverts, très calme, elle avait inspecté l'alentour, se fichant éperdument de sa mère et de son père.

Et moi, mon coeur avait explosé d'amour. Hors du temps, seule comptait cette merveilleuse petite fille.

Aujourd'hui elle fête ses 41 ans, dans les Ecrins, crapahutant sous le soleil, ne sachant pas le soir si elle aura la force et le courage de repartir le lendemain. Mais chaque matin elle repart et je l'admire encore et encore.

Bon anniversaire ma fille si exceptionnelle.

jeudi 13 août 2026

Nous sommes allés à Oléron pour voir l'éclipse, arrivés vers 14 heures dans la maison, nous sommes partis tranquillement vers 17 heures, maillots de bain, foutas et petit siège pour JP, sans rien d'autre. Une place sur le parking de la plage la plus à l'ouest de l'île, hop hop hop on a filé se baigner parmi une quantité relativement importante de vacanciers très bon enfant. Rien de laissait voir que tout ce monde était venu pour la même chose. 

Vers 18 heures, JP s'est inquiété que nous n'ayons rien à boire. Son oeil affuté ayant repéré au loin ce qui semblait être une buvette juste derrière le poste de secours, s'armant de courage, il est parti à l'aventure. Une demie-heure plus tard, il avait non seulement une bouteille de Péchapié, mais deux verres et un paquet de chips. Nous étions fin prêts pour l'éclipse.

La plage a commencé à sérieusement se remplir, un couple avait apporté une table de camping, un plateau d'huitres et de quoi trinquer au rendez-vous céleste. Les gens ont sorti leurs lunettes décorées, leurs saucissons, leurs gâteaux, et on a suivi le parcours lent de la lune couvrant le soleil.


La luminosité a baissé, les ombres se sont allongées, le vent s'est levé, pourtant cela n'avait rien à voir avec celle de 1999 dont je garde un souvenir très émouvant.

l'auréole de soleil derrière l'enfant

Et puis la lune a lentement quitté le soleil, la foule a plié bagage, des files denses remontant les dunes. Au retour il y avait du monde sur la route, mais pas de réel embouteillages.

Nous avions décidé de dormir dans notre petite maison, imaginant que le pont serait embouteillé par ceux venus comme nous seulement voir cet instant fugace.

Août étant particulièrement infernal à Oléron, nous sommes rentrés dans l'après midi, non sans avoir un peu fait de jardinage dans le jardin ravagé par la canicule et le manque d'eau.


 

mercredi 12 août 2026

Huit mois



Assise dans mon siège Lafuma, buvant mon café au lait, pas de bruit, juste quelques oiseaux qui piapiatent, je rêvasse, cela fait huit mois exactement aujourd'hui que nous avons emménagé. Huit mois de bonheur. Pas une seconde j'ai regretté d'avoir quitté la Haute Savoie, les montagnes, l'est de la France. Je savoure chaque jour le bonheur simple d'un jardin, du silence, de la sérénité retrouvée.

Hier, discutant avec une amie de là-bas, elle me demandait si nous avions l'intention de revenir faire un tour à Annemasse. "Ben non... pourquoi ? " C'est déjà si loin, oublié... Je n'ai pas d'attache, la page est tournée, ce livre fermé sans regrets, sans nostalgie. Nous avons été heureux dans cette ancienne vie, mais ici nous sommes arrivés, chez nous.

Il m'a fallu ces huit mois pour me remettre de l'épuisement de l'année 2025, la mort de papa, le Dress syndrome de JP, le mois d'août très compliqué avec maman, la préparation du déménagement quasi seule (merci encore à Matoo pour m'avoir permis de trouver un déménageur compétent), l'installation en plein hiver avec les travaux, et OUF j'ai commencé à souffler. 

Mais c'est vraiment là, au retour de notre mois en Alsace, que je peux dire que "ça y'est, je suis dans la place !

mardi 11 août 2026

If contestable


Notre jardin est encore à l'état de projet. Un palmier que petit à petit j'apprivoise, deux oliviers, un boule de neige et mon potager chéri. JP veut des arbres, plein d'arbres, et entre autre un If. Je ne raffole pas de cet arbre, hormis ceux qui poussent dans le sud, loin de chez moi. 
Notre voisin en a un, que l'on voit de chez nous certes, mais c'est chez lui et il fait bien ce qu'il veut. Il sait mon amour pour cet arbre, il aime me taquiner sous l'oeil amusé de JP, en m'encourageant à en planter non pas un, mais trois au fond du jardin "cela serait absolument parfait vous ne trouvez pas Valérie ?"

Je traverse l'hôpital pour rejoindre mon terrain de marche et là justement il y a un if, magnifique, majestueux dirai-je même.

Alors ce matin, juste après que mon dentiste m'ait refait deux dents, la moitié du visage encore tout endormi, partant faire mes tours à belle allure, je l'ai pris en photo pour preuve qu'un if n'a pas forcément l'allure élancé et glorieux dont rêve JP.

De quoi réfléchir...



lundi 10 août 2026

Marcher

J'essaye différentes chaussures. Aujourd'hui j'ai des baskets avec socquettes, moins de gravillons qui  me font secouer le pied pour déplacer ces petits trucs agaçants. Il y a un mieux, et partir un peu plus tôt me fait rencontrer d'autres retraités et promeneurs de chiens.

Ici les races de chiens sont très diversifiées. A Annemasse l'essentiel était des chiens courts sur pattes, trapus, l'air un peu crétin patibulaire. Il semble en effet que dans mon ancienne ville il n'existe pas d'autre race que ce staff si laid. Au contraire ici, des huskys, des labradors, des bouledogues, des border-collies et toutes sortes d'autres chiens qui jouent, se courent après, se sentent le derrière avec application. Tout cela sous l'oeil bienveillant des propriétaires canins. 


On se salue discrètement, je marche en écoutant l'histoire de Samuel Mandelbaum racontée par Antoine Tricot. Et pour le moment je me cantonne à trois tours d'un pas soutenu. Un peu plus de trois kilomètres et hop je rentre me mettre sous la douche froide.


Demain tôt le matin je serai sous la roulette du dentiste, deuxième carie passée sous les radars à Annemasse. Il fera chaud à mon retour et je ne sais pas si j'aurai le courage de faire mes tours du parc.


dimanche 9 août 2026

reprise en douceur

éventuel mobile en préparation ?

J'ai fêté cette année ma dernière année en soixante, année érotique susurrait Jane Birkin... 

J'aurais plutôt tendance à penser que l'âge aidant, il m'est plus difficile de bouger avec vivacité. Aussi ai-je décidé qu'il était urgent que je fasse un effort. 

Le mois de juin a vu mon fils chéri se marier avec sa belle amoureuse, et puisque ma mère avait fait le voyage jusqu'à Angers pour cela, je lui avais suggéré de venir ensuite voir notre maison que nous aimons tant. Elle y est restée dix jours et mon petit frère en a profité pour l'accompagner une petite semaine. Nous avons visité la région, j'avais pour cela loué un fauteuil roulant qui permettait de se balader sans l'épuiser.

Puis est venu, ce qui semble devenir un petit rituel, le séjour dans notre maison d'Alsace. Mes deux frères sont venus y passer 15 jours et maman elle, est restée les trois semaines prévues. Bien lui en a pris, la canicule ayant à nouveau frappé Paris. Là haut, entre les murs de pierre épais et dehors sous les arbres et la glycine, un petit vent frais presque constant, nous étions vraiment au paradis. Nous avons fêté joyeusement ses 96, le 14 juillet.  Un peu plus tard c'est JP qui a fêté ses 67 ans. Nous revoilà avec deux ans d'écart. Comme à chaque fois que nous nous retrouvons en famille, nous faisons moult apéros et bon repas. Et même si la maison est entourée de verdures luxuriantes, je n'ai pas beaucoup bougé mes fesses.

En rentrant mes enfants sont venus passer quelques jours vraiment très agréables. 

Et puis la vie a repris son cours, mammographie de contrôle (première depuis 25 ans...), dentiste et remise en ordre de mon potager.

Sauf que, ces parenthèses ont laissé deux kilos en plus de ceux déjà amassés depuis notre déménagement et mes articulations crient misère dès que je bouge un peu. Alors, pour alléger leur souffrance, il me faut un peu stopper l'escalade des agapes. Et surtout, il faut que je bouge. Premièrement enclencher la restriction d'accès aux applications bouffeuses de temps et de moral (Instagram et BlueSky), et puis programmer avant que le soleil ne tape trop fort, une marche d'un bon pas, dans le parc à côté de chez moi, un podcast dans les oreilles. Et le plus difficile pour moi qui suis une gourmande invétérée, restreindre les quantités dans mon assiette et dans mon verre (là je ne parle que d'alcool il va sans dire). 

L'écrire fera peut être que je m'y tiendrai plus que deux trois jours. L'avenir me le dira.

dimanche 17 mai 2026

Traces

 


J'aime, lorsque je traverse le site Saint-Louis, m'arrêter devant la chapelle qui surplombe la ville. Il y a sur ses murs, des graffitis gravés dont les noms sont depuis longtemps évaporés des mémoires. Certains très élaborés comme cet Arnaud qui avait des talents de sculpteur, d'autres laissant simplement leur nom avec une date lointaine. Cela me fait naître chaque fois un élan de tendresse pour ces hommes qui ont voulu que reste une trace de leur passage sur terre. 


Le site est en plein travaux, là où s'établissait l'ancien hôpital situé dans le site, des habitations dont un quart de logements sociaux, et autour seront créés des espaces culturels, le grand parc aussi sera réaménagé (potager, vignes etc.)



J'ai cherché sur internet s'il y avait eu un relevé des différents graffitis de la chapelle, mais je n'ai rien trouvé. Il semble que la chapelle sera préservée, et j'espère que resteront ces gravures passage du temps.