vendredi 15 novembre 2024
Une fresque
mardi 31 janvier 2023
janvier tire sa révérence
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| vache en galet au Grand Bornand |
Depuis quelques jours j'ai un virus fatiguant, pas au point de rester au lit, mais écourtant mes nuits de façon assez drastique. Toute l'agence le traîne, visages brouillés, mouchoirs à porté de main, nuits chamboulées, nous tenons, la plupart, il n'y a pas lieu de prendre des arrêts mais les mines sont un peu chafouines.
J'ai enfin pu lancer les travaux de réfection de mon immeuble brûlé, d'abord la dalle qui doit être renforcée, puis l'électricité et peinture. Les portes fenêtres sont commandées et il manque encore la porte du local dans lequel le feu a pris, à changer. Je fais les comptes, les assurances ont taillé sévèrement dans certains devis et je dois voir ce qui peut ou non être fait sans que le budget explose. Une des entreprises ayant perdu un jeu de clef, j'ai eu la surprise de découvrir qu'un squatteur s'était tranquillement installé dans la chaufferie, avec télévision, matelas, sacs à dos remplis de babioles vraisemblablement volés. Evidemment il a fallut immédiatement changer le cylindre pour éviter qu'il fasse une connerie, mais il a encore le trousseau et s'est installé dans les caves, en faisant la nuit des fêtes avec je ne sais qui. Je dois faire changer le cylindre d'accès aux caves pour éviter maintenant qu'il fasse des dégâts, mette le feu, utilise les caves comme toilettes. J'ai hâte que tout soit remis en ordre, que la porte d'immeuble ferme enfin, et je vais faire poser des caméras pour ne pas avoir à revivre ce truc.
Janvier c'est aussi l'anniversaire d'Hervé qui aurait eu soixante neuf ans le 24, celui de ma nuit de cauchemar il y a quarante ans et le violent rejet de la greffe de G même jour mais dix ans plus tard.
Et aujourd'hui je croise les doigts pour que la mobilisation contre la réforme des retraites soit encore plus importante que celle du 19.
mardi 25 mai 2021
faire le tour d'une main
vendredi 6 mars 2020
Avoir de la chance
Nous nous retrouvions tous, le matin, dans la grande salle du réfectoire, où nous prenions notre petit déjeuner. Il y avait là ceux qui venaient d'autres régions, atterris là en raison de la pénurie de logement dont nous faisions partie, et puis les autochtones, petits salaires, qui y vivaient depuis des mois, attendant des jours meilleurs.
Lorsque je suis revenue de ma folle nuit, après avoir raconté cette histoire qui s'était répandue comme une trainée de poudre, tous, absolument tous m'avaient soutenue, effarés, effondrés, cherchant les mots, prêts à en découdre.
Très vite nous avions pu mettre un nom sur mon agresseur, et lorsque cela avait été su, ils s'étaient exclamés "QUOI ?!? Grille d'égout ?? "ce si petit minable qui semblait raser les murs depuis toujours.
Leur rage ne pouvait plus l'atteindre, il était pour des années protégé par les murs des différentes prisons qui l'accueilleraient.
Du procès je ne garde que peu de souvenirs, ma chemise blanche bien repassée, mon avocat distant et froid mais qui m'a défendue bec et ongles, très lointainement les excuses de celui qui n'imaginait pas qu'il pourrait un jour être stoppé dans sa folle équipée qui avait détruit nombre de jeunes femmes.
Les années ont passé, et je n'ai plus peur du noir, je ne tremble plus lorsque quelqu'un court derrière moi, je ne me sens jamais coupable, jamais. Mais moi, j'ai pu dire ce que j'avais vécu, on m'a écoutée, on a condamné lourdement celui qui avait tenté de détruire ce que j'étais.
J'ai eu cette chance, être violée par un inconnu, ni glorieux, ni adulé, personne ne l'a soutenu contre moi, personne ne m'a accusée de vouloir détruire un génie, personne n'a séparé l'homme en deux, le bon surpassant le mauvais.
Je vomis tous ces bien-pensants qui crachent sur Adèle Haenel !
mardi 24 septembre 2019
Sororité
Lorsque nous nous branchons sur Netflix, les nouveautés sont proposées en vrac avec un bref résumé. Je navigue avec la télécommande, m'arrête sur Unbelievable, évidemment.
Nous avalerons les 8 épisodes en deux jours, parce qu'il faut bien dormir aussi.
Certaines phrases résonnent, JP ne dit rien, il ne dit jamais grand'chose lorsqu'il s'agit d'une histoire de viol. Les affirmations telles que "on ne se remet jamais d'un viol", "on est détruit à jamais", laisse planer un grand silence entre nous.
Moi, je suis chez moi avec celles qui vivent et racontent. Nous nous comprenons, sans pathos, c'est comme ça. Un jour (une nuit) il y a eu ce séisme qui sur le moment a ravagé ce que nous étions, et puis il a fallu reconstruire, réparer, colmater. Même si pour chacune de nous, tout était alors différent, les circonstances, le temps, le violeur, nous retrouvons dans nos mots le ravage qui a tout emporté en quelques heures.
Mais nous nous sommes relevées, nous sommes différentes de ce que nous aurions été sans doute, mais nous sommes.
Les derniers épisodes nous les avons regardés chacun de notre côté. Lui à Lyon, hospitalisé pour des examens habituels, moi dans mon fauteuil confortable, sans chat à mes côtés, toute entière et sans barrière.
Les larmes me sont venues quand Claire a dit à sa psy "J'ai eu si peur cette nuit là !"
jeudi 12 octobre 2017
La colère
Il y a ces actrices, Catherine Deneuve en première ligne, qui pleurnichent qu'il faut maintenant arrêter d'embêter ce pauvre Polanski, ce pauvre Woody Allen.
Jeunes nous brandissions notre féminisme chèrement gagné par nos mères. Elevées par des femmes qui revendiquaient leurs droits, qui fêtaient la moindre avancées, la pilule, le chéquier personnel, le droit de faire des enfants ou non, l'avancée vers ce que nous imaginions n'être plus que l'affaire d'une dizaine d'années avant que nous soyons les égales des hommes. Mêmes salaires, mêmes droits.
Qu'est ce qui fait que les hommes se sentent si supérieurs ? Sincèrement, je me pose souvent cette question.
J'aime les hommes, vraiment. Pas tous évidemment, mais qui aime tous les hommes, toutes les femmes ? J'aime les hommes, mais je ne me sens jamais inférieure, jamais.
Jamais je me dis qu'un homme est supérieur parce qu'il est un homme.
Et pourtant combien de fois me suis-je sentie en danger face à eux ! Je ne compte plus les soirs où j'accélère le pas, entendant derrière moi les pas d'un autre. Deux fois j'ai été violée, une fois à la manière d'un Weinstein, une autre fois sous la menace d'une arme. J'ai eu pour ces deux hommes un mépris absolu, irrémédiable. L'un est reparti continuer sa prédation, l'autre est allé directement en prison. Entre les deux j'avais grandi, pris de l'assurance, décidé que ce serait la dernière fois que l'on me traiterait comme du bétail.
Mais combien de temps encore, certains hommes se sentiront le droit de détruire les femmes, pour leur bon plaisir, leur jouissance malsaine, sans que ne se soulève enfin le vent de la colère.
samedi 26 novembre 2016
chez le coiffeur
Elle a posé la couleur, j'ai saisi un Elle et dans un demi-brouillard, mes lunettes restées à la maison, j'ai lu difficilement un article parlant de Flavie Flament.
Et puis je suis passée au bac, elle m'a divinement massé le crâne, m'a noué joliment la serviette emballant mes cheveux et nous sommes parties toutes les deux vers le fauteuil du brushing.
Le sèche cheveux dans la main droite, juste avant de s'attaquer à la chose elle a demandé "C'était intéressant ce que vous avez lu ?"
- J'ai lu l'article sur Flavie Flament, il était question du viol qu'elle a subit petite fille.
Ah j'en ai un peu entendu parlé oui
- Le photographe qui l'a violé s'est suicidé cette nuit.
Ah ? Peut être qu'il n'a pas supporté la rumeur, c'était sans doute trop dur pour lui. Si elle mentait...
Elle lisse mèche à mèche, les cheveux sont brillants, souples, il n'y a qu'en sortant de chez le coiffeur qu'ils ressemblent à quelque chose.
- Je suis sûre, sûre qu'elle dit la vérité.
Elle me regarde, stop le sèche cheveux, elle se trouble.
Je lui raconte que lorsqu'il a commencé à avoir du succès, j'avais douze, treize ans, toute mes copines avaient un poster de lui, photos flous, jolies gamines vêtues de quelques dentelles, mon père avait dit de façon très catégorique que ces photos étaient malsaines. Je n'avais pas tout saisi, mais j'avais compris qu'il y avait quelques choses de l'ordre de l'interdit.
Ah ? Elle hésite. Mais peut être qu'elle a imaginé non ?
- Non, je suis tellement sûre tellement sûre qu'elle dit la vérité. Et puis il y a ces deux autres femmes qui ont parlé, une l'avait fait bien avant que Flavie l'écrive.
Je lui dis que son frère, lorsque le livre est sortie, a dit que sa soeur était folle, qu'elle mentait. Sa mère aussi a parlé d'affabulation. Que pour une enfant, cette solitude est si terrible, comment pourrait-elle dire si ceux qui devraient la porter, l'enferme dans le non dit.
Elle stoppe à nouveau le sèche cheveux. Elle me regarde dans le miroir. Dit que oui cela doit être difficile de raconter, de dénoncer.
- Oui, ce n'est pas facile, mais moi je l'ai fait. Parce que justement mes parents m'ont donné le pouvoir de dire. Et lorsque je l'ai dénoncé, d'autres femmes ont eu le courage de dire que cet homme les avait aussi violées.
Elle vrille son regard dans le mien Mes parents m'ont aussi dit que j'étais une menteuse et j'ai cru si longtemps que j'avais rêvé !
jeudi 28 janvier 2016
nom de famille
Au bout de quelques heures j'avais établi une sorte de dialogue, les armes diverses avaient été posées sur la commode du couloir, j'avais déjà subi quelques viols et violences, j'étais enfermée, séquestrée, il comptait disait-il, les heures avant d'abattre celle qu'il avait pêchée dans la rue sous la neige si douce. J'avais feuilleté la bible qu'il avait posée sur mes genoux.
J'étais mademoiselle Ouest (ou West ?), très fier il m'avait dévoilée comme un trésor, un secret entre nous, son prénom, le plus beau disait-il, Omar. Le nom de famille je l'apprendrai lors de son arrestation, brutalement revenu dans l'actualité lors des attentats de Paris. Un nom de famille qui ébranle encore mes souvenirs enfouis depuis trente trois ans.
Ce nom apparemment rare qui surgit dans le chaos.
Etait ce un lointain cousin, un neveu, un petit fils ? Il aurait près de soixante sept ans, est il encore sur cette terre ?
jeudi 29 janvier 2015
de cette nuit
Les flocons brillant sur sa veste en mouton doré, déposés par la bise folle et glacée
Un lampadaire sous lequel ma vie brutalement venait de se fracasser
L'arrêt de mon coeur, la décharge d'adrénaline qui mettrait ensuite plusieurs jours à s'éliminer
Ce cliquetis de clefs longtemps source d'angoisse lorsque quelqu'un courra derrière moi
L'écharpe qu'il serrait pour m'étrangler, sous les fenêtres de gens tranquillement au chaud par cette nuit d'hiver
La longue longue marche dans des champs de terre, mottes instables, pistolet au creux des reins
Et puis l'enfermement, l'horreur d'être séquestrée, des heures
La lourde bible dont je tournais page après page, le papier léger et flou, ne pas le contrarier
Le 45 T qu'il fracasse de rage après que l'on ait écouté "je l'aime à mourir"
Se déshabiller dans cette salle de bain crasseuse, lui attendant à côté, enfiler avec un haut le coeur la chemise de nuit couverte de taches
Et puis les viols, moi absente, ailleurs, loin, mourant dans ma tête
durant des semaines, des mois...
mardi 12 mars 2013
petites brèves
Marcela, mon énigme.
Le viol n'est donc pour elle, pas forcément traumatique. Je me pose sincèrement la question. Me demande comment elle ressortirait de ma nuit cauchemar. D'ailleurs, est ce le viol en lui même qui m'a plongée si profond dans l'horreur, ou bien ce que je perçois après des années d'interrogation, d'avoir été enfermée, humiliée, dans une solitude incommensurable. Cette nuit là mon corps était devenu de bois, armure figée et insensible, seul mon cerveau était vivant, et c'est lui seul qui a souffert et sans doute gardé une enveloppe indestructible. Mais se pourrait-il que certaines femmes ressortent d'une telle épreuve sans en garder à vie les stigmates ?
Dimanche las du temps gris et immobile, je me suis offert une orchidée rouge. Orchidée bambou qui lentement s'ouvre à la vie. Une beauté robuste et qui, parait-il, est odorante. Mais j'ai le nez si congestionné que nulle odeur, nul parfum, ne parvient à traverser. Seuls mes yeux larmoyants s'émerveillent de tant de grâce.
La tempête semble bel et bien être passée au bureau. Hier nous sommes allés, toute une troupe, déjeuner dans une pizzeria avec Samuel, mon ancien partenaire. Le petit nouveau qui le remplace est tout à fait intégré et très agréable. Il ne me suffit plus qu'à lui trouver un prénom de blog...
mardi 29 janvier 2013
le 28 janvier
Parfois je me demande comment je réagirais si une fois de plus je me faisais agresser. Serais-je encore pétrifiée au point que mon cœur s'arrêterait à nouveau ce si bref instant, pour repartir dans la décharge d'adrénaline épuisante ?
Autour de moi chacun sait qu'il donnerait un grand coup de genoux entre les jambes, qu'il hurlerait pour se faire entendre, qu'il courrait sans se retourner qu'il...
Je sais moi la faiblesse qui plombe en même temps que la terreur explose dans la tête, mais toujours toujours je me demanderai si je n'ai pas manqué ce soir là d'un peu plus de courage.
mercredi 27 juin 2012
les tunnels
Des années après, alors que je lisais un passage de la Bible, forcée par l'homme qui me séquestrait et promettait de me tuer, il y avait eu ce souffle doux, enveloppant, chuchotant à mon esprit "Nous sommes là, ne crains rien, n'ais pas peur".
Dernièrement nous regardions un truc, ce genre d'émission que l'on regarde un peu avachi, culpabilisant de perdre son temps, émission hachée de pub sur un canal de la TNT, avec retour en arrière constant et vaguement scénarisé, sur les fameuses NDE.
JP s'endormait lentement, parfois levait une paupière et je le sentais ricaner gentiment. Mais lui aussi avait eu un soir un être moins doux et courtois que ceux qui m'avaient accompagnée lors de ma nuit infernale, une mort noire aux ailes resserrées, assise derrière lui, attendant sagement la fin, sa fin. Et puis aussi, cet ami aimé enterré depuis peu, qui l'avait interpellé un soir à peine endormi, l'enjoignant de "faire attention, très attention" quand seule encore je m'inquiétais de notre enfant tout neuf.
Agnostique je suis, même si j'aime parfois entrer dans les églises, parcourir lentement la nef jusqu'au Choeur, entendre mes pas résonner. Mais cette histoire de tunnel, que mon père explique, en bon neurologue, comme étant un affolement du cerveau alors que tout part en vrille, me plait bien. Du moins cela me plaisait bien jusqu'à la fin de l'émission. Jusqu'à la presque fin, parce que là, un des intervenants a raconté qu'il y avait bien un tunnel qui montait rempli de lumière et d'amour, mais qu'il y avait aussi celui qui descendait rouge et bruyant, plein de terreur.
Et maintenant j'ai peur que mon tunnel soit celui qui descend...
mercredi 15 février 2012
Bouboubou je suis taguée !
- Poster les règles sur votre blogue
- Révéler 11 choses à propos de vous-même.
- Répondre aux 11 questions posées par les personnes qui vous ont tagué.
- Créer 11 nouvelles questions pour les personnes que vous taguerez. Là s'arrête mon respect des règles
- Taguer 11 blogueurs et mettre le lien de leur blogue sur votre post. je ne retague jamais personne
- Prévenir les personnes taguées. je n'ai donc pas à prévenir quiconque
- Ne faire aucun tag sans les prévenir ! voilà voilà !
Les onze choses à propos de moi (et pardon si vous l'avez déjà lu ici, j'ai déjà participé au 1MPTS 1MoisPourToutSavoir plusieurs fois)
- Quand j'avais 7 ans, lors d'une fête de fin d'année, j'ai dansé avec mes contemporaines, le Casse Noisette. Et depuis, lorsque j'entends ce morceau, me reviennent des souvenirs heureux de tutus froufroutants.
- Toujours je sors de chez moi les clefs à la main, et je les garde tout le long de mon trajet. Souvent alors, je les pose sur le comptoir d'un magasin, je sors mon porte monnaie, règle mes achats et repars en laissant mes clefs. Je me fais comme cela des frayeurs à moindre coût.
- J'ai des limes à ongle au bureau à l'agence, dans ma voiture, mon sac à main, sur mon bureau perso. J'ai horreur d'avoir les ongles sales et ébréchés.
- Je commence tous les matins un régime et le stop dès dix heures en me promettant que demain...
- Je déteste absolument la chanteuse Zaz mais j'aime bien Coeur de Pirate.
- Quand j'aime une chanson, je l'écoute en boucle jusqu'à saturation. Plus tard, si je l'entends par hasard, les souvenirs associés à cette époque, déboulent avec une précision parfaite.
- Je ne suis pas rancunière, je ne sais pas ce qu'est la rancune. J'oublie, j'efface, j'ignore. Parfois lorsque je rencontre une personne qui m'a fait du mal, je ne la reconnais plus, je serais tout à fait capable de reprendre notre relation là où nous l'avions laissée, sans souvenir maléfique.
- J'aime les premières fleurs printanières, il me semble alors que l'enfance refait un instant surface. Les forsythias me ravissent lorsqu'éclosent les premiers boutons jaune d'or.
- Mon premier viol était en fait le second. Je dis second puisque je suis optimiste. longtemps avant le premier, un camionneur m'avait prise en stop pour aller à Paris. Il faisait nuit noir, j'ai fermé les yeux, me suis mordu les lèvres.
- Parfois je me balade sur google street. Je vais revoir les endroits où j'ai vécu, je rêve...
- Je n'aime rien moins que de partir en voyage avant l'aurore. Trouver sur le bord de la route, loin de chez nous, un bistro où nous prenons un petit déjeuner alors que le soleil rase l'horizon. Là je me sens vraiment vraiment en vacances et j'oublie tout.
Anne de Blogallet
Les 11 questions que je pose à mes blogueuses taguées:
- Un tour sur le blog des copines tous les jours, tous les deux jours, toutes les semaines ? A chaque nouveau billet
- Quelle est ta principale qualité ? Pfouu je n'en sais rien mais rien du tout.
- Quel est ton principal défaut ? Je m'en fiche un peu, j'ai tellement cherché qualité et défaut pour mes entretiens d'embauche que du coup je ne veux plus y réfléchir
- Tu gagnes au loto: tu changes de vie ? Oui sans aucun doute. Je profite de la vie et je vais voir le monde.
- Tu gagnes au loto: à qui donnes tu la moitié de tes gains ? Il me semble que je distribuerai une bonne partie à la famille.
- Qu'est ce que tu voudrais voir changer dans ta vie ? Je voudrais pouvoir travailler un jour de moins par semaine mais avec le même salaire ;o) (j'ai des envies modestes là tout de suite)
- Qu'est ce que tu voudrais voir changer dans la société ? J'aimerais que l'on soit moins égoïstes, moins xénophobes. J'aimerais qu'amasser de l'argent ne soit plus le but ultime de la vie.
- A quelle époque aurais tu aimé vivre ? Je l'aime bien tout de même cette époque, j'ai eu la chance aussi de connaître les années 60-70 où nous étions pleins d'espoir pour le futur.
- Collants, bas et portes jarretelles ou bas "qui tiennent tout seuls" ? Jean avec ou sans socquette.
- Comment, par où es tu passée pour arriver sur blogallet ? Sans doute de lien en lien comme la plupart des blogs que je suis.
- Pourquoi reviens tu sur blogallet ? Parce qu'il me plaît. J'aime lire cette vie de famille nombreuse. Sans doute parce que cela réveille chez moi des souvenirs, nous étions cinq enfants aussi.
Mes 11 questions pour les autres, où je m’inspire parfois de certaines questions pertinentes lues chez les autres :
- Quand l’adulte d’aujourd’hui regarde l’enfant d’hier, que voit-il ? Une petite fille heureuse dès le premier instant de sa vie.
- Quand l’enfant d’hier regarde l’adulte d’aujourd’hui, que pense-t-il ? Sans doute le regret que cet adulte là est tant voulu plaire à sa mère en usant ses forces à essayer de ressembler à l'image parfaite qu'elle aurait voulu qu'elle soit : une femme mince, ultra mince et chic.
- Quel métier rêvais-tu de faire et lequel exerces-tu aujourd’hui ? J'aurais voulu je crois, être médecin généraliste. En ce moment je travaille dans une agence immobilière et je m'y plais bien.
- La culpabilité, est-ce un compagnon de route ou un illustre inconnu ? Oh elle est là tapie quelque part, mais je la combat jour et nuit pour ne pas me laisser bouffer et surtout ne pas la transmettre en héritage.
- Un rêve ou un projet qui te tient particulièrement à cœur ? Apprendre l'anglais.
- La musique qui t’émeut à chaque écoute ? Toutes sortes de musique. Je suis éclectique. J'ai été bercée toute mon enfance dans la musique classique, puis me suis émancipée en écoutant du rock et de la pop.
- Qu’est-ce qui est le plus important dans la vie selon toi ? Ne pas faire de mal aux autres.
- Quelle est l’histoire la plus étrange qui te soit arrivée ? Peut être cette nuit en Alsace où mon frère et moi avons rencontré des extra terrestres Je me souviens juste de cette espèce de transe qui nous a pétrifiée sur place. Etait ce notre rêve tant espéré qui nous a fait croire à cette rencontre ?
- Es-tu personnellement engagée et, si oui, en faveur de quelles causes ? Je ne milite plus, je tente d'être la plus près de mes convictions et lutte chaque jour contre mes démons.
- Un exemple de chose fantaisiste que tu fais sans te soucier du regard des autres ? Sincèrement je crois que je passe souvent pour une cinglée mais je m'en fiche complètement.
- Quel message souhaiterais-tu mettre dans une fusée spatiale ? Coucou !
Et voilà, l'exercice s'arrête là. Je ne refourgue jamais le bébé à quelqu'un d'autre.
Je me souviens des chaînes que je recevais par courrier lorsque j'étais petite. Il y avait une sorte de terreur à l'idée de stopper la chose. Mes frères et mes parents m'y encourageaient fortement. Le jour où j'ai réussi à ne pas renvoyer les 15 enveloppes contenant la lettre réécrite consciencieusement non sans avoir à chaque fois grevé mon budget par l'achat des 15 timbres, je me suis promis de ne plus jamais jamais renvoyer les missives. Au risque que le ciel me tombe sur la tête.
Pour l'instant il tient bien !
mardi 26 juillet 2011
Mordre, mais juste la vie !
Vautrée sur le canapé, à regarder SLC Salut les Copains, en mangeant un avocat et en buvant un Ti punch sans rhum... Je rentre du bureau et je me maudis de laisser ce blog en rade, de contempler sans bouger la panière de linge se remplir, de faire comme les vaches, regarder le train de la vie qui passe.
- David Servan Schreiber est mort, preuve que son régime anti cancer était de la merde disent les grincheux qui oublient qu'il a vécu 20 ans peut-être grâce à ça.
- La plaignante parle et les journaux se jettent comme des perdus sur son "témoignage", et j'en ai sincèrement ras le bol que le journalisme ne se résume plus qu'à des faits divers, des petites phrases, des scoops montés en épingle et jetés le lendemain.
- J'enfile au saut du lit mon long gilet d'hiver que j'avais prématurément rangé, croyant l'Eté arrivé... mais non !
- Dans le Causette de juillet/août un article où les dents sont enfin mises hors de cause...
"Vous n'avez pas de dents vous ? " (Liliane ROUDIERE)
A propos de l'affaire DSK, quelqu'un m'a dit, mystérieux : "Obliger à un viol, je comprends, mais une fellation... - Vous voulez dire ? - Vous n'avez pas de dents vous, vous ne savez pas vous en servir ?" a-t-il répliqué goguenard.
Il faut savoir que lorsqu'une personne subit une agression sexuelle, un viol [...] la victime ne pense qu'une seule chose : il va me tuer. Et la peur de mourir provoque une réaction exceptionnelle : une forme de dissociation du corps et du psychisme. Une "décorporation". Je suis là, mais à un mètre de moi. [|...] Or, le corps médical a prouvé que, sans cette dissociation, qui permet de couper momentanément la communication corps-cerveau, on mourrait de crise cardiaque. Overdose d'adrénaline assurée. Pendant le viol la vigilance est démultipliée par une capacité d'alerte inouïe, démultipliée... tout en se sentant ailleurs. On précède les coups, on tente d'y échapper en négociant, en essayant de gagner du temps, en parlant. Certaines ont même fumé une clope avec leur agresseur. On essaie d'obtenir des trêves, de retarder au maximum l'heure du décès[...] Alors, quant il vous impose une fellation, mordre ne vient même pas à l'esprit[...] Peut-on forcer quelqu'un à sucer ? La réponse est cinglante, sans appel, et c'est "oui" définitivement.
Bon, j'ai échappé à la fellation, encore merci merci merci mondieu, je crois que je ne m'en serais jamais remise, jamais, mais que tous les cons sur terre qui savent que eux ils auraient tranché le sexe d'un coup de dents parce que quand même faut être con pour se laisser faire, je leur pisse à la raie ! Et je dis merci à Liliane Roudière qui dit si justement ce qu'est le viol.
Bon c'est pas ça qui va me faire mon repassage, allez zou !
Edit : l'expression qui ponctue mon coup de gueule est parfaitement affreuse, je le sais, je ne l'utilise jamais, et pourtant je ne sais pourquoi je n'ai pas trouvé plus juste pour exprimer ma rage d'entendre depuis des jours si ce n'est des années, les bien-pensants qui s'offusquent qu'une femme "accepte" la fellation lors d'un viol sans user de ses dents. Je prie mes lecteurs de bien vouloir m'en excuser.
jeudi 23 juin 2011
Award
Qu'est ce qu'un A-OU-ARDE ?
Un truc qui te délie la langue, qui te fait dire des choses que tu n'as jamais dites. (Sept choses dit-elle.)
Qu'elle en soit remerciée jusqu'à la fin des nuits (voilà voilà voilà)
Et pour prouver que je ne dis pas de mensonges, le prix décerné :
Je rappelle tout de même à mes lecteurs que deux années de suite j'ai raconté, au mois de mars lors du 1MPTS, 62 choses que vous ne saviez point encore, alors 7, un peu fastoche non ? Quoique...
Allons'y
1/ Certains matins, juste avant l'aurore, j'aimerais monter dans ma voiture, une valise dans le coffre, partir seule pour filer vers la mer, voir le soleil se lever rasant les vagues. Un starbuck chaud serré dans mes paumes et ne penser à rien, à rien, à rien. Siroter mon café, écouter le ressac, sentir le vent venu des terres chargé du parfum délicat des fleurs marines, être là seule.
2/ J'ai des lunettes partout dans l'appartement, mais absolument partout. Lorsque je suis devenue presbyte, que lire devenait impossible en raison de mes bras trop courts, j'ai couru les magasins pour trouver des lunettes jolies que j'ai semées dans toutes les pièces. Mais je les garde en serre-tête, les repose n'importe où et il arrive alors que quatre ou cinq paires s'enchevêtrent au même endroit. J'ai alors plein de lunettes, mais pas là où j'en ai besoin.
3/ J'ai horreur de porter du rouge à lèvres. Pourtant je trouve cela plutôt seyant. Mais tous les essais que j'ai faits m'ont laissé l'impression d'avoir du pâté gras et collant sur les lèvres. Ce qui me donne l'envie irrésistible de racler très vite le tout avec un mouchoir serpillère.
4/ Je vis avec ma mort, toujours. Elle est là, compagne de chaque instant. Rien de morbide, elle fait partie de ma vie. Je l'ai rencontrée il y a vingt huit ans, elle m'a fait un clin d’œil et nous sommes restées amies.
5/ J'ai trois parfums, L'instant de Guerlain (je sais c'est mal), L'interdit de Givenchy et Aqua Allegoria Pivoine Magnifica de Guerlain aussi (c'est mal, mal mal, je me fouette au sang tous les matins).
6/ Je ne regarde plus du tout le Grand Journal de Canal plus. Je ne supporte plus Denisot, massenet, le rire crétin d 'Ali Baddou lorsque Charlotte vient pour la énième fois dire prout vomi picicaca.
7/ Sur Ioutube une de mes vidéos a été déjà regardée plus de 7000 fois. Un truc invraisemblable !
Sept, le compte est bon. Mais pour respecter vraiment les consignes, je dois choisir encore, parmi les blogueurs que je lis, ceux qui vont devoir s'y coller et qui n'ont pas encore été distingués par cet Aouarde.
A vous donc :
Erin qui écrit peu mais qui écrit bien.
PascalR qui a le plus beau chat du monde
Olivier qui doit avoir horreur des chaînes quelles qu'elles soient
Hermione qui est Pipa, ben oui, elle tient une traîne sur son dernier billet
Dieu des chats qui est très occupée en ce moment avec ses abeilles.
Jipes dont le disque vient tout juste de sortir (il est super d'ailleurs !)
Et Lancelot bientôt en vacances qui pourra continuer (ou non) la chaîne.
mercredi 25 mai 2011
du viol et autres âneries.
Cette affaire DSK aura ouvert les vannes de la connerie. Et bien entendu, tout ce qui se dit des femmes, surtout celles qui un jour sont passées dans la moulinette du viol et qui, à entendre bon nombre de personnes sont foutues, finies, limites à jeter.
Et puis tiens, pourquoi une femme si grande ne s'est-elle pas débattue, pourquoi ne lui a-t-elle pas mordu le kiki, pourquoi n'a t-elle pas crié, pourquoi... ??
Je n'ai rien signé durant cette semaine qui a été très éprouvante, hors du temps, totalement phagocytée par cette affaire. J'ai lu, des kilomètres de tweets, billets, articles, ne sachant pas exactement où je me situais.
Certains billets m'ont réconfortée, rassurant mon errance. D'autres m'ont désolée, énervée, dégoûtée. J'aurais voulu avoir la volonté de refermer toutes ces sources d'informations, mais j'y revenais sans cesse.
J'ai détesté, vraiment détesté ce qui s'est dit des hommes, tous les hommes, tous ces violeurs potentiels dès l'instant où ils regardaient un cul, des seins, tenaient une porte, complimentaient, tous des cochons et nous des vierges magnifiques.
J'ai détesté que l'on se couche dans le lit d'Anne Sinclair, que l'on courre après la mère et la grand'mère de celle qui accuse, que l'on condamne sans même savoir encore ce qui s'est réellement passé. J'ai détesté tous ces faux culs qui jouent les vierges effarouchées, j'ai exécré le petit jeu de celle qui un jour aurait été agressée par DSK mais qui oui mais qui non mais qui oui...
Je n'ai toujours aucune conviction, et je me demande maintenant si un jour la vérité sera faite. Il y a tant d'enjeux, tant d'argent. Je crains que si cette femme a vraiment été violée elle ne s'en remette pas. Tous ces bien pensants qui étalent avec concupiscence les moindres détails de ce qui se serait passé, salissent un peu plus cette femme. C'est la planète entière qui racle le sperme sur son col.
Je me souviens encore avec horreur de l'instant où l'avocat avait dit haut et fort, devant les jurés, devant la cour, devant le public et les journalistes, que j'avais, cette nuit là, sucé mon pouce.
Je mourais une seconde fois par la bouche de celui qui en voulant sauver son client dévoilait sans pudeur ce qui était pour moi une honte absolue.
Et de l'écrire me met les larmes aux yeux.
mercredi 18 mai 2011
Puissant et misérable
Je me souviens du pincement au cœur alors que nous passions au ralenti, guidés par quelques gendarmes et pompiers, devant les vestiges de ceux qui devaient maintenant nous précéder dans des ambulances toutes sirènes hurlantes. L'intimité de leur vie, exposée sans pudeur, à notre voyeurisme forcé.
...
J'avais passé de longues heures à décrire, minutieusement, le plus justement possible pour que l'on me croit, la nuit que je venais de vivre. Le policier qui tapait lettre par lettre mon témoignage, levait parfois les yeux avec douceur.
Un moment, il y avait eu une sorte d'agitation sourde dans le couloir menant aux escaliers, mon violeur venait d'arriver. Alors, sans doute parce que l'on craignait que je ne le reconnaisse pas au tapissage, on m'avait demandé, accompagnée de deux policiers, de descendre les escaliers tandis que lui montait en salle d'interrogatoire. Nous nous étions croisés, lui misérable, moi mal à l'aise, sentant la compassion naître pour cet homme qui venait de détruire sa vie et fracasser la mienne.
...
Je ne sais si Dominique Strauss Kahn est côté victime ou côté agresseur, la vérité sera faite, je n'ai pas vraiment de doute. Mais lorsque je l'ai vu, hébété par les longues heures d'interrogatoire sortir débraillé, le manteau pendant sur l'épaule, je n'ai eu qu'un sentiment de pitié pour cet homme si puissant la veille, misérable et fracassé.
Certes s'il est coupable il devra être jugé, comme n'importe quel homme. Qu'il soit un des puissants de notre monde n'y change rien. Mais c'est à la justice de le faire, et non pas aux médias qui semble tant se repaîtrent de la bête abattue.
Je n'ai jamais aimé la curée pour qui que ce soit. Je déteste que l'on me force au voyeurisme.
Et merde ! Que l'on cesse aussi de dire que la gauche est morte !
vendredi 22 octobre 2010
un certain lampadaire
Tout à l'heure, en prenant la photo, je regardais ce lampadaire avec détachement.
Pourtant, un certain 28 janvier 83 vers 23 heures, c'est là que ma vie a virée de bord.
mercredi 12 mai 2010
Entre terre et eau
10h20, il déboule l'air de l'homme qui n'a pas que cela à faire.
Bonjour j'ai rendez-vous pour visiter un appartement.
Le téléphone en main, il est penché au dessus du comptoir, tendu, déjà prêt à repartir pour un autre rendez-vous, il est pressé c'est tout, pas le temps.
Je préviens Chloé - Ton rendez-vous est là.
Tu rigoles, il a vingt minutes de retard je ne peux pas le prendre, donne lui en un nouveau.
Bien, je raccroche, explique, l'heure, le retard, le nouveau rendez-vous, il lève les yeux au ciel, pousse une sorte de soupir exaspéré, consulte son téléphone.
J'ai un commerce, j'ai laissé les enfants, c'est difficile d'être à l'heure, bon vous pouvez pour quand ?
Le planning est chargé, nous faisons le pont, je trouve un créneau pour le jeudi suivant.
Jeudi à 11 heures ? Ça vous va ?
Ok pour jeudi - Je note la date - Soyez bien à l'heure, c'est important, ma collègue enchaîne les rendez-vous sans attendre, nous avons beaucoup de monde.
Il opine déjà ailleurs, et file sans au revoir.
Je complète la fiche, bien préciser le propriétaire de l'appartement, l'heure exacte, reporter les coordonnées du monsieur pressé, le téléphone, le nom... 6 lettres, six lettres qui me donnent des jambes coton, six lettres, je ne sais plus, un prénom ? Le nom ? Six lettres qui du fond de ma mémoire transforment un instant mon univers en brume mouvante et molle, suçant d'un coup toute substance de vie, être entre terre et eau, flotter dans la terreur, ailleurs, ne plus être simplement. Six lettres...
Je pose la main sur l'épaule de Garance - "Je vais prendre un café, je reviens. " Sourire, la vie est là, mes jambes se raffermissent, ce n'est rien. Déjà loin, si pressé, le frère de mon violeur ne sait pas qu'elle dévastation il a réveillée.
mercredi 28 octobre 2009
pas de mot...
"Séquestrée oui, mais..." dit une personne interrogée l'ayant plusieurs fois rencontrée, elle aurait pu alerter de nombreuses fois ceux qu'elle croisait "Pourquoi n'en a-t-elle rien fait ?"
Je ne sais si je l'ai déjà raconté... après ma longue nuit...
le jour commençait juste à se lever, il faisait froid, nous avions marché, marché, l'un à côté de l'autre, muets, moi légèrement en retrait, un ou deux pas tout au plus. Les herbes recouvrant les talus, blanches de givre, craquaient sous nos pas lorsque nos pieds s'écartaient du trottoir.
Nous avions descendu l'avenue déserte, nous étions rapprochés de la vie. Je voyais au loin les lumières d'un café vers lequel nous nous dirigions.
Il avait voulu acheter des croissants à la boulangerie adossée au bistrot. Côte à côte, je restai muette l'écoutant commander ses viennoiseries.
On nous avait salué d'un tonitruant "Bonjour m'sieur dame" dès la porte du café poussée. Je l'avais suivi, m'étais assise en face de lui, il avait commandé deux grands crème.
J'étais muette, la vie tout autour me parvenait derrière une vitre épaisse, intraversable, je buvais un café sans goût, croquais dans un croissant iréel. Je n'étais plus, tout simplement.
Morte à l'intérieur, le monde n'existait plus.
Ils étaient là, buvant, riant, froissant des journaux racontant la vie, les faits divers.
Ils étaient si loin, si loin de ma tombe d'où je n'imaginais pas un seul instant, qu'un jour j'en sortirai !




