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vendredi 2 octobre 2026

Un polar

Tag sur le site Saint Louis

Cela fait une éternité que je n'ai pas parlé livre sur ce blog et pourtant je lis, je ne fais quasiment que ça depuis le début de l'année.

Mais là, totalement bluffée par un polar que je viens de finir, j'ai envie de partager mon enthousiasme pour une autrice dont je n'avais jamais entendu parler, que sans doute les amateurs  doivent connaître. J'ai tellement, tellement aimé ce livre que je me dis que les rares qui ne l'ont pas encore découvert, devraient le faire sans attendre.

Le livre en question, qui m'a envoyée dans un espace temps duquel il m'a été difficile de sortir, est écrit par Gillian McAllister et s'appelle "Après minuit". Il débute par un meurtre, commis par le fils de la narratrice, meurtre qui semble totalement gratuit, sans explication, et sans que quoique ce soit ait pu le prévoir. Voilà, banal, on connaît. Mais, MAIS, très vite on chute dans une dimension indescriptible.

Je n'en dis pas plus, je vous conjure d'en lire le moins possible avant de commencer cette histoire. 

vendredi 28 février 2025

apprendre l'absence

Il n'y a vraiment que la lecture d'un bon livre qui me permette de ne pas me noyer dans la tristesse, et Les semeuses magnifique livre que j'ai reçu en cadeau de C. à Noël m'a enfin sortie de la torpeur dans laquelle j'étais engluée depuis fin janvier. Bien sûr l'absence est là, d'autant plus vive que chaque jour je rejoins maman là haut à côté du Panthéon. L'appartement où trône la belle photo de mon père, sur le bord de la cheminée, et où restent encore tant de marques de sa vie.

Aujourd'hui, pour la première fois depuis deux mois, elle passera une journée seule, du moins sans ma présence. C'est une journée test, puisque normalement je quitte Paris en début de semaine prochaine. Cela permettra de voir si elle peut effectivement se débrouiller, ce que je suppose pour l'avoir vue remonter la pente, garder son amour de la vie, et ne pas se laisser aller. Mais puisqu'elle a énormément de difficulté, suite à son accident, pour marcher, il faut voir ce qui peut la laisser autonome et libre, tout en lui permettant de vivre décemment. 

J'ai donc pour la première fois une journée libre à Paris et je ne sais que faire de toute cette liberté...


 

lundi 2 décembre 2024

lecture


Bien sûr que je m'étais fait un programme de début de retraite et dans celui là, la lecture serait majoritaire. Tous les jours, vautrée dans un fauteuil, ou dans un bain, au soleil ou sous une lumière douce, je lirais, minimum deux à trois livres par semaine. Je viderais ma pile à lire, je m'évaderais des heures dans des histoires variées.

Au début, dans une dynamique de vacances plus que de retraite, j'ai, comme chaque année à cette période, lu chaque jour sans aucune culpabilité. Une petite vingtaine de livres divers et variés, plus ou moins aimés, mais j'ai lu. Et puis, lentement, est arrivé cette impression qu'il fallait un peu s'activer, que c'était bien beau les vacances, mais qu'on était pas là pour flemmarder. Lire au milieu de la journée, alors que mon rituel depuis des années était : lecture le dimanche sans lever la tête, mais la semaine on travaille ! me rendait impossible de me poser dans l'après-midi, ouvrir un livre et oublier le monde autour. 

Je lis le matin en prenant mon café, des quotidiens, des hebdomadaires, des mensuels, mais dans la journée, impossible de me plonger dans un livre. Celui commencé à Oléron en octobre et pourtant vraiment chouette, est resté sur mon bureau, attendant qu'arrive la permission du week-end. Mais le week-end arrivé, une sourde culpabilité me paralyse "tu n'as rien foutu de la semaine, tu ne vas pas maintenant glandouiller en te plongeant dans ton livre" me dit une petite voix insistante.

Hier j'ai fait taire un temps cette petite voix fielleuse, j'ai fait couler un bain et j'ai lu jusqu'au bout cette Vendetta de Ellory (si vous aimez les polars, américains, univers Mafia, allez-y ! Un peu long au début, mais il faut persister, ensuite on ne le lâche plus (sauf si on est une retraitée honteuse...)).

Maintenant que j'ai refermé ce livre, je vais pouvoir enfin attaquer le dernier Mona Chollet qui m'aidera peut être à surmonter ce petit problème de retraitée.

samedi 4 novembre 2023

mes petits riens


J'ai regardé le journal télévisé au lendemain de la tempête bretonne, je voulais voir les vagues déchainées sans doute. Pour quelles autres raisons sinon ? Je n'aurai pas dû, les photos sont bien plus faciles à trier, ne pas voir d'arbres couchés, déracinés, symbole de la tristesse qui envahit le monde. Il y avait en bandeau les étoiles de David, les immeubles fracassés, les enfants ensanglantés. J'ai éteint le téléviseur mais ma nuit a été peuplée de cauchemars.

Que puis-je faire pour stopper cette folie ? Si peu. 

Alors je lis. Cette semaine Triste Tigre qui est loin d'un livre qui donne le moral, terrible, noir, mais qui comme à chaque fois que je lis un tel témoignage, me remue, m'interroge. Comment peut-on passer à côté d'une telle souffrance, ne pas sentir ce que vit son enfant ? Loin de jeter la pierre à cette mère, je m'interroge sur moi, suis-je restée un jour à côté sans comprendre ? 

La semaine a passé encore plus vite depuis que je sais que je quitte la vie professionnelle fin juin. Il y a ça, il y a aussi que les locataires ne quittent guère leurs appartements, le serpent qui se mord la queue. Pas de logements libres, trop de risque de donner son préavis et se retrouver à la rue donc pas de préavis ou si peu. Et puis, avec l'indice de révision des loyers qui explose le plafond, les loyers ici deviennent totalement indécents. Ce qui se louait lorsque j'ai démarré dans l'immobilier en 2008 aux environs de trois cent euros, se loue tranquille à 600, 700 euros, sans compter les charges qui explosent. Evidemment nous sommes juste à côté de Genève où les salaires n'ont rien à voir avec les salaires français. L'offre, la demande...
Heureusement il reste le démarrage du chauffage qui occupe une bonne partie de la journée, ça chauffe pas, ça chauffe pas assez, parfois trop. Quelques fois c'est juste qu'ils ont oublié d'ouvrir les vannes des radiateurs.

Et il pleut, il pleut tous les jours, parfois énormément. Mettre son pantalon plastique, son ciré tout neuf, ses bottes en cuir pour ne pas avoir les pieds trempés. Pédaler en essayant d'éviter les petits lacs qui se forment sur la route, se faire rincer par les voitures qui frôlent avec un malin plaisir, avoir les pistes vélos quasi vides, les trottinettes et vélos électriques restant sagement à la maison. Mais aussi croiser quelques cyclistes en short et t-shirt tête-nue, bravant le temps, alors que depuis hier les Voirons ont leurs crêtes blanchies par les premières neiges. 

vendredi 28 avril 2023

mes petits riens

 J'ai entamé un livre en début de semaine et chaque matin, avant de partir travailler, j'ai lu tout ce qu'il m'était possible dans le temps imparti. Un polar vraiment accrocheur, qui m'a fait voyager en terre hostile tout près de là où habitait Dr CaSo il y a encore un an. Parce que oui je continue à lire, même si je ne tiens plus mes rubriques lectures depuis plusieurs mois. Et c'est C. parcourant la librairie du Pertuis à St Pierre d'Oléron, qui m'a envoyé une photo de ce livre avec la petite fiche manuscrite conseillant sa lecture. Une saison pour les ombres de E.J. Ellory, que l'on ne quitte pas avant de l'avoir refermé, terminé.

Je garde tranquillement mon rythme de lectures bien que nous nous soyons plongés depuis peu dans la série Succession et que chaque jeudi, une fois l'émission téléchargée pour éviter les tunnels de pub, nous regardons sans vraiment accrocher, Top Chef un peu décevant cette année. Je ne sais à quoi tient le fait que rien n'accroche vraiment. D'ailleurs les plats présentés, bien que nécessitant une grande maitrise culinaire, tentent bien moins nos papilles que ceux des années précédentes.

Je suis depuis quelques jours vraisemblablement dans ma dernière année de boulot. Je fais certaines choses qui se réaliseront lorsque je ne serai plus là. Au moins l'incendie sera totalement oublié, ne restent plus que les portes fenêtres des paliers à changer, le local poubelles portes comprises à terminer, j'ai fait installer des caméras pile poils devant le local, et balayant l'entrée, et depuis, je croise les doigts, mais les trafics semblent avoir cessé. Celui qui a trouvé judicieux de mettre le feu ne pensait sans doute pas que cela créerait tant de problèmes. Un amusement qui me permet d'apprendre encore et encore de ce métier si vaste.

Mes abeilles maçonnes, contrairement à ce que je pensais l'autre jour, ont continué à remplir la pouponnière. Maintenant tous les tubes sont complets, ne restent que deux tout petits tubes, trop étroits pour abriter une larve qui ne pourrait plus sortir une fois développée. C'est un succès total qui me fait tellement plaisir. Bientôt les tubes seront cachés par les amaryllis qui pointent leurs fleurs, puis l'arbuste se couvrira de feuilles et de fleurs mauve. Tranquillement nos petites abeilles se prépareront pour éclorent le printemps prochain.



Juste en face, la construction des trois immeubles avance, dans peu de temps nous ne verrons plus la chaîne des Alpes. Il sera temps de quitter la Haute Savoie.

lundi 6 février 2023

Suiza

 


" Elle avait de grands yeux vides de chien un peu con, mais ce qui les sauvait c'est qu'ils étaient bleu azur, les jours d'été. Des lèvres légèrement entrouvertes sous l'effort, humides et d'un rose délicat, comme une nacre. A cause de sa petite taille ou de son excessive blancheur, elle avait l'air fragile. Il y avait en elle quelque chose d'exagérément féminin, de trop doux, de trop pâle, qui me donnait une furieuse envie de l'empoigner, de la secouer, de lui coller des baffes, et finalement, de la posséder. La posséder. De la baiser, quoi. Mais de taper dessus avant ". 
La tranquillité d'un village de Galice est perturbée par l'arrivée d'une jeune femme à la sensualité renversante, d'autant plus attirante qu'elle est l'innocence même. Comme tous les hommes qui la croisent, Tomás est immédiatement fou d'elle. Ce qui n'est au départ qu'un simple désir charnel va se transformer peu à peu en véritable amour.

Lorsque je referme un livre, j'aime bien aller lire les avis d'autres lecteurs, simple curiosité de voir si mes émotions, mon ressenti, sont partagés. Pour ce livre, je crois que la quasi totalité des lecteurs, encensant le livre, a été plus que remuée par la fin. C'est mon cas, évidemment il n'est pas question de déflorer cela. Je peux reprendre mot pour mot une des critiques qui dit "j'ai détesté la fin". Je n'en dirai pas plus, si ce n'est qu'une fois de plus, je vous encourage fortement à lire ce roman, très sensuel, remuant, terrible. 

C'est le premier livre écrit par Bénédicte Belpois, sage-femme de métier, récompensé par trois prix littéraire, et qui m'a été offert par L. à Noël. 


lundi 23 janvier 2023

semaine trois, livre trois


Cadeau de Noël de C. qui connait bien mes goûts en lecture. En lisant la 4ème de couverture, j'ai eu un doute. Mais la plongée dans cet univers amazonien est formidable. Colin Niel enchante par ses mots une forêt aux premiers abords dangereuse et peuplée d'animaux sauvages. Darwyne, ce garçon en adoration devant sa mère, brinquebalant sur ses pieds tordus, dégage un malaise autour de lui qui fait que l'on a du mal à éprouver de la compassion. Et puis, lentement, Mathurine le dévoile. Il règne une tension tout au long de l'histoire qui fait que j'ai presque eu hâte d'arriver au bout, mais que j'aurais aimé continuer le chemin une fois le livre terminé.
Je ne connaissais pas cet écrivain, et j'ai envie de lire d'autres livres qu'il a écrit.
Sans hésitation, je vous conseille ce très beau livre.

4ème de couverture :
Darwyne Massily, un garçon de dix ans, légèrement handicapé, vit à Bois Sec, un bidonville gagné sur la jungle infinie. Et le centre de sa vie, c'est sa mère Yolanda, une femme qui ne ressemble à nulle autre, bien plus belle, bien plus forte, bien plus courageuse. Mais c'est compter sans les beaux-pères qui viennent régulièrement s'installer dans le petit carbet en lisière de forêt. Justement un nouvel homme entre dans la vie de sa mère : Jhonson, un vrai géant celui-là. Et au même moment surgit Mathurine, une employée de la protection de l'enfance. On lui a confié un signalement concernant le garçon. Une première évaluation sociale a été conduite quelques mois auparavant par une collègue qui a alors quitté précipitamment la région. Dans ce roman où se déploie magistralement sa plume expressive, Colin Niel nous emporte vers l'Amazonie, territoire d'une puissance fantasmagorique qui n'a livré qu'une part infime de ses mystères. Darwyne, l'enfant contrefait prêt à tout pour que sa mère l'aime, s'y est trouvé un refuge contre le peuple des hommes. Ceux qui le voudraient à leur image.

dimanche 8 janvier 2023

premiers livres


En 2022 j'ai lu exactement cinquante livres. Je ne sais combien de livres j'ai commencés et qui me sont tombés des mains, souvent pris au hasard dans des bibliothèques de rue. Petite année de lecture donc, mais quelques pépites dont je parlerai peut être.

A Noël j'ai reçu plusieurs livres dont un que j'avais déjà lu "Fille" de Camille Laurens, que j'avais beaucoup aimé. L'amoureuse de G. qui m'a offert ce livre, avait reçu un livre de Valérie Perrin "Changer l'eau des fleurs" qu'elle avait, elle aussi, déjà lu. Alors nous avons échangé nos livres, puisque j'avais vraiment aimé "Fille" et qu'il aurait été dommage qu'elle ne puisse en profiter. 

Une fois toute la famille repartie dans ses pénates, je me suis plongée, entre l'année dernière et l'année nouvelle dans ce livre.  Je partais avec un à priori un peu négatif, je ne sais pourquoi, peut être le titre, penser qu'il était de la même veine que du Musso et autre Levy, mais j'ai beaucoup aimé ce roman qui finit bien, parfait pour palier le vide naturel lorsque l'on a été beaucoup et que brusquement la maison est silencieuse. 

Ce matin j'ai terminé le livre de Julia Kerninon : Liv Maria

Liv Maria est la fille d’une insulaire bretonne taiseuse, et d’un norvégien aimant lui raconter les histoires de ses romanciers préférés. Entourée de l’amour de ses parents et de ses oncles elle a vécu sur l’ile natale de sa mère dans un milieu protégé avec une douce quiétude et une certaine liberté jusqu’à « l’événement » qui lui fera quitter le cocon familial. Arrivée à Berlin comme jeune fille au pair, elle va vivre une histoire d’amour forte qui se terminera contre sa volonté. Simultanément un deuil familial l’amènera à voyager, à grandir et à rencontrer un deuxième amour sincère. Mais aura-t-elle le droit ou se donnera-t-elle le droit de le vivre vraiment ?

L'histoire de cette jeune femme, découvrant le monde et l'amour, aimant les langues et les livres, gardant ses secrets mais vivant pleinement, m'a enchanté. 

Une année de lecture bien démarrée.

mercredi 4 août 2021

Des livre mais surtout un !

Il pleut, il fait 12° le matin, le ciel est gris, faire du vélo n'a rien de plaisant, heureusement qu'il y a la lecture qui m'évite de trop traîner sur twitter qui est de plus en plus désolant de bêtise, les arguments des anti vaccins me désespèrent. Autour de moi j'ai l'impression d'être cernée par des "scientifiques" qui attendent de se faire vacciner, accusent les vaccinés de répandre le virus, parlent de dictature, j'en ai tellement tellement marre. Vivement le bord de mer, dans notre petite maison de pêcheur.

Alors voilà ce que j'ai lu ce mois-ci, parfois même au soleil. Mis à part le livre de Sylvie que j'ai lu avec grand plaisir, la moisson de ce mois n'est pas enthousiasmante.


Jorn Lier Horst
Le code de Katharina
Cela fait vingt-quatre ans que Katharina Haugen a disparu. Depuis, Wisting explore obstinément les archives de ce dossier non élucidé. Et personne n’a jamais pu déchiffrer ce qu’on appelle le code de Katharina : des chiffres, des lignes et une croix que la jeune femme avait griffonnés sur une feuille trouvée dans sa cuisine.L’ouverture d’une enquête sur son mari, Martin, suspecté d’avoir jadis été impliqué dans l’enlèvement de la fille d’un industriel milliardaire, laisse envisager un lien entre les deux affaires. Mais tout cela remonte à si longtemps… Wisting sera t-il capable d’arracher des aveux à un homme avec qui, sans être tout à fait son ami, il pratique parfois la pêche au lancer et à la foëne ?  Bon polar, agréable à lire.

Tatiana de Rosnay
Célestine du bac
"Lui, dix-huit ans, fils de bonne famille, solitaire et rêveur. Elle, sans âge, sans domicile, abîmée par la vie et l’alcool. Tout les sépare. Pourtant, un jour, rue du Bac, à Paris, leurs chemins se croisent. Contre toute attente, une extraordinaire amitié se noue. De celles qui changent une vie. De celles qui forgent à jamais une personnalité. Saisir sa chance, affronter le mystère familial qui le hante, c’est ce que Célestine va transmettre à Martin. Et plus encore… Bon c'est bien à cause du titre que j'ai acheté ce livre. Euh, franchement, était-il nécessaire de le sortir du tiroir dans lequel il était resté ?"

Ariane Chemin Marie France Etchegoin
Raoult une folie française
Alors s'il y a bien un intervenant durant cette loooongue période de covid qui m'a exaspérée, c'est bien Raoult. Ses cheveux crasseux, sa barbe mal soignée, son masque sur le menton, son air méprisant, sa façon de parler monocorde, rien mais rien chez lui n'est séduisant. Et curieusement, c'est peut être ce livre qui me l'a rendu plus supportable, bien qu'il n'y soit pas vraiment épargné. C'est un livre intéressant, très agréable à lire. J'y ai découvert plusieurs personnalités qui ont contribué, en soutenant les thèses complotistes de Raoult, à foutre un beau chaos. Parce que oui, j'ai tout fait pour éviter de lire les théories complotistes et du coup, je ne savais pas que par exemple, Bruno Gaccio, adhérait à ces conneries.
édit du jour : Raoult suggère de se tartiner les narines avec du vickvaporub. Il ne nous aura rien épargné !

Karine Giebel
Satan était un ange
Livre écrit en 2014 mais la monnaie en France est en francs, ça fait bizarre. L'un vient d'apprendre qu'il n'en a plus pour très longtemps à vivre, et l'autre est un jeune homme qui est pris en stop par celui qui va mourir. Les deux quittent une histoire et s'embarquent pour une fuite dans le sud. Des invraisemblances, une histoire un peu poussive, je ne peux pas dire que cela m'ait enthousiasmée, mais ce n'est pas non plus désagréable à lire.

Janine Boissart
Loup, y es-tu ?
Dans la petite bibliothèque de l'immeuble, tiens me dis-je, un livre de cette auteure que je n'ai jamais encore lu, pourquoi ne pas démarrer par celui-ci. Je sais qu'elle écrit des livres en général sur la période médiévale, mais là il semble que ce soit une histoire contemporaine et puiqu'elle est reconnue, pourquoi pas. Je démarre ce livre, pas mal écrit, mais mais, cela fait tout de même roman à l'eau de rose. Je le lis, je m'étonne, mais bon. Et puis, le livre fini, je lis sa biographie et là nulle trace de livres médiévaux, mais des succès télévisés. Ah ben j'ai confondu Jeanne Bourrin et Janine Boissart.

Sylvie Lassalle
Les ombres et les lumières
Deuxième livre de Sylvie Lassalle, c'est toujours un peu angoissant d'ouvrir un livre écrit par une amie, en se disant "et si cette fois j'étais déçue ?". Du coup je n'ai pas dit que je l'avais acheté, si jamais je ne l'aimais pas ou moins que le premier, je ne dirais rien. D'ailleurs je me l'étais gardé pour mes vacances, un mois plus tard. Et puis dimanche, mon ordinateur étant resté dans la chambre, et ne voulant pas réveiller JP, je me suis fait couler un bain, et j'ai ouvert le livre... que je n'ai refermé qu'une fois fini, midi passé. Oui il est aussi bien que le premier ! Jules et Anna vivent ensemble, tous les deux ont un travail, mais puisqu'on leur propose la direction d'un cinéma en plein essort, ils déménagent et découvrent une petite ville où tous les monde n'est pas franchement heureux de les voir arriver. Comme toujours je n'en dirai pas plus, pour ne pas déflorer l'histoire. Mais sincèrement, sans l'ombre d'un doute, je vous le conseille.

Fred Vargaz
Un peu plus loin sur la droite
Je n'arrive pas à savoir si j'aime ou non les polars de Vargas. Il y a dans ses livres, des personnages tous plus déglingués les uns que les autres, et l'intrigue est invraisemblable. Louis Kehweiler qui, on ne sait pourquoi, passe son temps, à surveiller des gens, trouve un matin un bout d'os qu'il identifie immédiatement comme celui d'un humain. Il n'aura de cesse de retrouver à quel corps appartenait ce bout d'os et pour cela part en Bretagne.

jeudi 1 juillet 2021

Le mois de juin en livre

Un livre est vraiment sorti du lot, c'est celui de Marcel Theroux, et le polar de Pierre Lemaître m'a vraiment réjouie.

Clara Dupont-Monod 
Le roi disait que j'étais diable
Aliénor d'Aquitaine qui a épousé en première noce le futur roi Louis VII avait semble t-il un sacré caractère. Je ne suis pas une férue d'histoire, je ne lis quasiment jamais de roman tel que celui lu parce que trouvé dans ma petite bibliothèque d'immeuble. Je ne vais pas dire que je l'ai dévoré, mais j'ai bien aimé le lire. Au moins je connaitrai un petit bout romancé, de la vie de cette enfant marié à 13 ans et qui a ensuite vécu mille vies.

Marcel Theroux
Au nord du monde
Roman d'aventures ou dystopie, voici LE western du Grand Nord dit la quatrième de couverture, et je ne saurais mieux dire. Et surtout je ne voudrais rien en dire de plus, pour que comme moi vous soyez après quelques pages quasiment abasourdis ET JE N'EN DIS PLUS RIEN si ce n'est que j'ai plongé dans ce livre, que je ne l'ai plus quitté. Allez y sans plus vous poser de question, non seulement il est facile à lire (contrairement à celui que je lis depuis deux semaines et que j'entrecoupe d'autres livres tant j'ai du mal à le finir) mais en plus il est totalement dépaysant et vous entraine dans les steppes et la taïga de Sibérie. 

Claire Léost 
Le monde à nos pieds
Des années 1994 à 2017, de Miterrand à Macron, on suit Louise et ses compagnons de Sciences Po, de leur enthousiasme à leurs désillusions, leurs amours, leurs doutes, leurs peines. Voilà un livre qui m'a plu, malgré parfois l'impression d'une certaine facilité de l'auteur à user de quelques clichés un peu faciles. Mais ne boudons pas notre plaisir de retrouver l'enthousiasme de notre jeunesse (non non je ne suis pas de cette génération, mais j'y ai retrouvé un peu de la mienne, lorsque nous nous enflammions encore pour un candidat, un avenir promis). Un livre agréable donc.

Stefan Zweig
Lettre d'une inconnue
Un homme reçoit un épais courrier dans lequel plusieurs feuilles manuscrites lui sont destinées. Une femme qui l'a aimé sans qu'il le sache, et qui lui dit tout son amour. C'est très beau et forcément triste comme tout amour romantique.

Pierre Lemaître
Le serpent majuscule
Un réjouissant jeu de massacre dit la quatrième de couverture, et c'est vrai que j'ai eu le sourire en lisant ce polar enlevé et subversif. Franchement, si vous avez l'occasion de le lire, n'hésitez pas, jusqu'au bout le rythme est enlevé et ce côté assez délirant fait du bien.

Et je vais donc tenter de finir le roman qui traîne sur mon bureau avant de replonger dans d'autres aventures.

lundi 31 mai 2021

lectures du mois de mai

Un livre par semaine, aucun ne m'a déçue. Les deux derniers pourtant sont ceux que j'ai vraiment préférés.  

Olivier Bourdeaut
Florida
Après les youtubeuses montreuses d'enfants, voici les mères de mini miss. Je découvre des univers que je ne soupçonnais pas, les youtubeuses mode m'ayant déjà bien vaccinée sans doute. Le roman lui est très bien. Une mère pour les sept ans de sa fille, lui offre une robe de princesse et surtout, surtout, un billet pour le début d'un long cauchemar. Elle l'a inscrite à un concours de mini-miss. Et durant des années, dimanche après dimanche, elle trainera sa fille sur les podiums de salles polyvalentes. Mais l'enfant se rebellera, à sa façon. Elle se vengera...

Maxime Chattam
L'âme du mal
Un livre trouvé dans la boite de l'immeuble et qui m'a tenue en haleine jusqu'au bout. Certes, comme je le disais l'année dernière où je découvrais pile à la même date cet auteur, le tout est assez violent, mais l'enquête est bien faite. Ah il y a une histoire d'amour très peu plausible, mais c'est le propre des histoires d'amour, donc il ne faut pas se formaliser. Le résumé très bref : une femme est enlevée alors qu'elle sort de chez une amie, et démarre alors un déchainement de violence qui ne s'arrête pas.

Peter Fromm
La vie en chantier
Marnie et Taz s'aiment, ils attendent un enfant et retapent une maison dans le Montana. Mais en mettant au monde sa fille, Marnie meurt et Taz se retrouve seul avec l'enfant. Enfin pas tout à fait, il a autour de lui nombre d'amis qui font tout pour le sortir du gouffre dans lequel il est tombé. Taz lentement découvre sa fille, la vie malgré tout. Très bon livre comme la majorité des livres chez Gallmeister il me semble.

Joe Wilkins
Ces montagnes à jamais
Wendell habite dans un mobil-home seul lorsqu'une assistante social lui amène un neveu dont la mère ne peut plus s'occuper ayant été mise en prison. On comprend assez vite que Wendell est jeune, que sa famille a perdu toutes les terres qu'elles cultivaient, que sa mère et son père sont absents, morts ? Cela se passe dans le Montana, la vie y est rude et les séparatistes assez actifs. Il y a dans ce livre trois acteurs, Wendell, Verl dont on ne sait rien, qui vit dans la montagne et semble se cacher, et Gillian dont on apprend assez vite qu'elle est veuve élevant sa fille et travaillant dans une école. Il y a ces trois vies qui lentement, évidemment, vont avoir un lien. On ne raconte pas un roman, enfin comme toujours je n'aime pas raconter plus que ce qui pourrait donner envie de s'y plonger. Décidemment Gallmeister ne me décoit pas dans le choix de ses auteurs.

vendredi 30 avril 2021

avril,

J'ai depuis début février, quelque chose de pas encore tout à fait défini, qui fait que j'ai le corps totalement douloureux, jours et nuits. Cela a débuté brutalement, le premier février, cinq jours pile après une prise de sang en laboratoire, où j'ai cru naturellement avoir chopé le fameux covid. Et durant quinze jours j'ai eu très très mal puis lentement cela c'est calmé. Certains examens sanguins ont montré un problème vraisemblablement liés à une parathyroïde. J'ai donc appris que nous avions des PARAthyroïdes, c'est déjà ça. Mais pour être sûr que c'est bien cela qui détraque mon corps, il faut que je fasse une scintigraphie, et le seul rendez-vous possible est fin juin, donc j'attends. J'attends, mais je perds pas mal de tonus, et heureusement qu'il y a la lecture, qui me fait un temps oublier la douleur et l'angoisse que ce soit autre chose. 
Oui je suis une éternelle malade imaginaire.

Voici mes livres du mois, peu de déception.

Delphine De Vigan
Les enfants sont rois
Je me souviens de cette première téléréalité lorsqu'elle avait débarqué sur les écrans. Nous suivions d'assez près, je ne sais plus vraiment à quelle fréquence, peut être une fois par jour ? Nous n'en étions pas au point, comme mes beaux-parents de prendre un abonnement permettant d'en voir plus que ce que montrait le récapitulatif du soir, mais tout de même, je crois bien que nous étions assez fascinés. Et puis sont arrivés les autres téléréalité du même genre que nous n'avons plus jamais suivies, une fois c'était déjà amplement suffisant et moralement éprouvant. 
Dans ce roman, deux jeunes femmes contemporaines des débuts de la téléréalité, ayant grandi toutes les deux, devenus femmes, ont pris des chemins assez différents. L'une a deux enfants, l'autre est policière célibataire. La mère traine ses enfants dans sa propre téléréalité qu'elle a créée sur le net. Chaque instant est filmé, les enfants n'ont plus de vie privée, un jour un des enfants disparait. C'est bien écrit et j'ai été emportée par l'histoire.

Valerio Varesi
Le fleuve des brumes
La pluie tombe sans discontinuer, le Pô enfle lentement, et une péniche semble dériver sans personne aux commandes. Un homme se suicide en se jetant d'une fenêtre de l'hôpital, le batelier qui a abandonné sa péniche est introuvable, ils sont frères, très vieux, anciens faschistes. C'est plus l'ambiance décrite dans ce polar, cette pluie , cet hiver, la campagne italienne profonde, que l'histoire en elle même, qui fait que j'ai aimé ce livre. Une ambiance hors du temps, lente, lourde.

Djaïli Amadou Amal
Les impatientes
Trois femmes mariées de force, il n'y pas d'autres mots pour décrire la façon dont la famille (le père et les oncles) décident à qui ils vont marier leur fille et nièce. C'est pour moi insupportable mais ce livre écrit par une jeune femme qui a elle même subit cela, est d'une grande beauté et de force. Elle dit comment sont brisées des vies, comment la femme n'est rien pour l'homme. Peut être, je l'espère, cela fera t-il prendre conscience à certains hommes, de ce que vivent ces femmes.

Bernard Minier
Glacé
Des ouvriers en charge de l'entretien d'une centrale hydorélectrique dans les Pyrénées, découvrent alors qu'ils arrivent en télécabine en haut de la montagne, un cadavre accroché tel un papillon sur un échafaudage. C'est le premier meurtre d'une série incompréhensible que va devoir comprendre le commandant Servaz. C'est vraiment par hasard que j'ai découvert cet auteur de polar noir, très très noir, le livre m'ayant été prêté par ma voisine. C'est très bien écrit, prenant, je ne l'ai pas lâché jusqu'au bout et je n'ai pas été déçue.

Donato Carrisi
L'égarée
Trouvé dans la boite à livre de l'immeuble, une jeune femme est séquestrée durant des années dans un labyrinthe par un psychopathe. Terrible tout du long et si décevant sur les dernières pages. En refermant le livre, je ne sais si c'est l'histoire ou la déception finale qui restera dans ma mémoire.


Philipp K. Dick
Le Maître du haut château
C'est sans doute la première fois que je conseillerais de lire la postface de ce livre avant de démarrer le roman. Je l'ai reçu en cadeau à Noël, dans la collection J'ai lu, une version traduite par Michelle Charrier dont la postface est écrite par Laurent Queyssi. Evidemment cela dévoile certains passage du livre, mais cela permet également d'en apprécier plus pleinement l'histoire. Histoire assez terrible, puisqu'il s'agit d'un monde où Hitler aurait gagné la guerre et aurait, avec les japonais envahi le monde. Il me semble que j'ai lu, adolescente, alors que j'étais fan de science fiction, plusieurs livres de cet auteur. Celui-ci, je suis certaine de ne pas l'avoir lu, et bien qu'il soit assez sombre, j'ai été totalement plongée dedans et le recommande.

Denise Charbonnier
Lettre à mon fils Charb
J'aimais Charb, beaucoup, Maurice et Patapon me faisaient vraiment rire, j'aimais ses dessins, je lisais essentiellement Charlie pour lui, plus que pour Cabu, plus que pour Wollinski. Samedi, en passant devant ma librairie, je m'y suis arrêtée, ai acheté deux livres, dont celui écrit par la mère de Charb. Je l'ai lu. Je ne sais si je suis plus gênée qu'affligée par ce livre. La postface de Richard Malka sauve un peu les meubles...

mercredi 31 mars 2021

un mois parfait

Ce mois-ci j'ai lu trois livres, pas un ne m'a déçue. Mais sans aucun doute, c'est celui que je viens de finir (hélas !) qui m'a le plus transportée.

Marie Hélène Lafon
Histoire du fils
Cela commence par un drame, terrible. Est-ce cela qui fait l'histoire de ce fils ? André, fils de Gabrielle, fils d'un père inconnu, élevé par son oncle et sa tante, entouré d'amour. Cent ans séparent la première de la dernière page, cent ans et tout une histoire familiale, faite de joie et de tristesse, des vies qui se découvrent lentement. C'est vraiment un très beau livre.

Annie Ernaux
Les Années
Une photo d'elle à plusieurs âges, et des souvenirs s'y rattachant. Annie Ernaux raconte l'époque depuis ces instantanés. Les souvenirs qui s'y rattachent faisant partie d'un tout, de l'après guerre à l'année où elle termine ce livre que l'on voudrait encore et encore continuer. L'extrait, mis en exergue, d'André Tchekhov est parfait : Oui on oubliera. C'est la vie, rien faire. Ce qui aujourd'hui nous paraît important, grave lourd de conséquence, eh bien, il viendra un moment où cela sera oublié, où cela n'aura plus d'importance. Et, c'est curieux nous ne pouvons savoir aujourd'hui ce qui sera un jour considéré comme grand et important ou médiocre et ridicule (...). C'est un livre magnifique.

Trevanian
Shibumi
Ce livre écrit en 1979 qui n'a pas pris une ride, est fabuleux ! Nicholaï Hel, né près de Shangai, fils d'une aristocrate russe et élevé par un maître de go japonais, aspire à atteindre "une forme rare d'excellence personnelle : le shibumi". 
Stop ! Je ne vous en dis pas plus, ce livre est incroyablement beau, haletant, dépaysant. 

En 2020, vingt français sur cent n'ont pas lu un seul livre... pas un seul... cela me semble inimaginable, un peu triste. Cela fait tellement de bien de pouvoir s'évader dans un livre lorsque tout autour le monde s'écroule.

dimanche 28 février 2021

fin du mois

Dan Simmons
L'abominable

Je suis sûre d'une chose, c'est que je ne regretterai jamais de ne pas avoir grimpé l'Everest ! Mais ce livre nous plonge durant 956 pages dans les année 1924, alors qu'un groupe d'alpiniste tente de gravir jusqu'en haut, cette montagne inaccessible. C'est passionnant, je me suis plongée, un peu dubitative dans ce roman noir, n'ayant pas une attirance pour l'alpinisme. Eh bien, j'ai vraiment vécu, bien au chaud, cette montée éprouvante, avec en plus, un suspens angoissant. 
Certes c'est un gros bouquin, mais allez y sans hésiter.

Debbie Harry
Face It

Lorsque j'ai eu mon premier appartement vraiment à moi à Strasbourg, du moins, lorsque j'ai été vraiment seule dans un appartement à Strasbourg, locataire évidemment et sans doute vers mes vingt, vingt et un ans, j'ai commencé à découvrir mon quartier de la rue de la haute montée, derrière la place Kleber. 
Il y avait un disquaire, indépendant, plus vieux que moi mais sans doute encore très jeune, qui voyant ma persplexité devant les bacs de trente trois tours, a décidé de faire mon éducation musicale hors sentiers classiques qui me baignaient depuis ma toute petite enfance. Je repartais toujours de chez lui avec un disque qu'il m'avait conseillé, mais dont je n'avais jamais entendu parlé. C'est comme cela que j'ai commencé une collection de très bons disques qui garde pour moi l'esprit de liberté de ces années strasbourgeoises. 
Un jour il m'a fait découvrir Blondie et son disque a tourné tant de fois que je connais encore par choeur chaque tempo et le merveilleux yaourt que je chantais avec bonheur. 
 J'ai eu tant de plaisir à lire ce livre reçu à Noël, où elle raconte sa vie incroyablement vivante, tonique. Le New York de ces années où le punk faisait son entrée dans l'univers rock underground. Quelle force !

Mazarine Pingeot
Et la peur continue

Je ne sais ce qui pousse Mazarine à raconter des histoires de viol, je réalise que le dernier livre lu d'elle avait déjà ce sujet. Et sinon ? Ben excusez-moi d'être crue, mais j'ai trouvé ce livre chiant, voilà.

mardi 2 février 2021

janvier déjà...

Je tricote mes petits carrés de coton, 95 empilés dans un grand sac, chaque soir un nouveau, et si je continue à ce rythme, il me resterait encore un mois à cliqueter des aiguilles en regardant l'écran, le livre du moment, le temps qui passe doucement. Ensuite il faudra coudre joliment tout ça, et voir si les couleurs choisies sont belles entre elles. Trois fois par jour aussi, je m'arrête, m'assieds, pose mon smartphone en équilibre, choisis une vidéo, casque sur les oreilles, et je respire, lentement, cinq minutes, cela me fait du bien. 
Mes parents ont eu samedi matin leur première injection de vaccin contre le covid, ils devront attendre un mois pour la deuxième injection, alors qu'il est préconisé de la faire vingt jours après la première. J'espère que malgré cela ils seront moins vulnérables. 
Et puis je télétravail, trois jours par semaine, je fais des états des lieux de sortie, beaucoup de licenciements en Suisse, je somatise, je n'aime pas cette situation d'enfermement, j'attends le printemps et le 4 février, j'aurai tenu un mois sans alcool. 

Alors Champagne !

Je lis tout de même un peu et voici les livres de janvier :

André Schwarz-Bart
Le dernier des Justes (prix Goncourt 1959)
J'ai commencé ce livre en début d'année dernière. C'était un cadeau de C. pour Noël. Il n'y a pas de mots pour raconter ce livre, je l'ai refermé avec ce désespoir que me procure à chaque fois l'ignominie de l'Holocauste. Et pourtant, bien que très lourd, il dégage une poésie si triste, si fataliste. Commencer l'année en finissant cette histoire, contrairement à ce que j'ai ressenti tout au long de ce livre, m'a donné une sorte d'apaisement. La beauté du geste d'Erni, le dernier des justes, entourant les enfants mourants dans la chambre à gaz et leur promettant un paradis où toute l'horreur vécue serait effacée et où l'amour baignerait leur vie, console de tant de monstruosité.

Laurent Petimangin
Ce qu'il faut de nuit (meilleur premier roman de la rentrée littéraire 2020)
J'ai eu le cœur brisé par ce roman. Si un de mes enfants avaient pris un chemin politique radicalement différent du mien, s'il avait choisi de suivre des faschistes, malgré mon immense tristesse, je n'aurai jamais pu couper les ponts comme le fait le père de Fus. Je ne pourrai jamais ne plus aimer un de mes enfants, quelque soit ce qu'il aurait fait. Ce roman est sombre, lourd, il reste si présent une fois le livre refermé.

Peter May
L'île au Rébus
L'histoire se passe sur l'île de Groix, étant coincée en haute Savoie, cela me fait rêver. J'ai parcouru, via Google earth, les chemins pris par Enzo McLeod, l'enquêteur appelé par la belle-fille d'un homme tué il y a vingt ans et dont cette mort reste encore une énigme. Elle avait reçu, juste avant le meurtre, un appel de son beau-père, la prévenant qu'il laisserait des indices pour que son fils trouve le meurtrier, mais celui-ci hélas étant mort très peu de temps après son père, personne n'avait réussi à les résoudre. C'est McLeod spécialiste du genre, qui s'y attaque. Bon polar, qui ne révèle qu'en toutes dernières pages cette énigme.

Vanessa Springora
Le consentement
Conseillé par ma libraire, ce livre fait froid dans le dos, et fait chuter de leur piédestal plusieurs célébrités dont Françoise Dolto (hélas). Vanessa, très jeune fille, rencontre à la faveur d'un diner mondain, Gabriel Mazneff qui la prend dans ses filets et dont il lui faudra des années pour s'en échapper. C'est terrible, même si je n'ai pas été subjuguée par l'écriture. GM comme il est appelé dans le livre est un personnage abject.

Camille Kouchner
La familia grande
En refermant ce livre, je me suis dit que tous ces adultes qui ont élevé Camille et ses frères et sœur, était maltraitants. Il reste peut être Marie France Pisier que l'on peut sortir du lot, mais Evelyne la mère est terriblement malsaine, la grand'mère également, Bernard Kouchner affreux, et bien évidemment, le plus abject, ce beau-père, profitant de la situation et violant Victor, peut être d'autres ? Le doute est légitime. Que cela ait réveillé les consciences, que le Metooincest éclose, pas étonnant, ce livre est une bombe qui ne peut que faire réfléchir. Est ce que moi aussi je suis passée à côté de ces violences faites aux enfants. Ne pas savoir si ses propres enfants ont eu à subir cela, lors de gardes, à l'hôpital, quand je n'étais pas là pour protéger. Je ressors de ce livre réellement bouleversée.

samedi 2 janvier 2021

en avant toute


 En deux mille vingt nous avons survécu à ce foutu covid. Je n'ai maintenant qu'une hâte c'est que mes parents puissent se faire vacciner, mais il va falloir encore attendre. Malgré leurs âges plus que vénérables, n'étant pas en Ehpad, ils ne sont pas dans la liste des premiers servis. Hélas, pour ce qui est de mon JP et mon G., rien n'est moins sûr en raison d'une part de l'allergie médicamenteuse gravissime faite par JP et de l'immunosupression de G. Je vais encore croiser les doigts pendant plusieurs mois.

Avec le confinement, et les couvre-feux divers, j'ai lu, beaucoup. Quatre vingt un livre plus un démarré depuis des mois et que je lis lentement, très lentement. Le dernier d'Axel Kahn, m'a emmenée sur les chemins, tranquillement, me donnant l'envie de partir, sac au dos, crapahuter dans les montagnes alentours. 

Je continue jour après jour, mes petits carrés de coton, le plaid de G. devrait donc voir le jour cette année. 

J'avais bien commencé l'année avec près de dix kilos perdus, et puis... le confinement, les apéros, le stress, le manque fou de sommeil, tout cela m'a fait reprendre petit à petit six kilos. J'espère que cette cohérence cardiaque démarrée hier va remettre un peu d'ordre et que je vais retomber sur mes pattes.

Ma collègue née comme moi en 57 est partie le 31 décembre à la retraite. JP me tanne pour que je fasse de même, mais là, présentement, je n'en ai pas envie, du tout. Alors lundi, je repartirai vers mes locataires, mes propriétaires qui m'ont gâtée encore pour Noël de chocolats dont certains faits maison. Je m'énerverai, je rirai, me moquerai gentiment, jusqu'à ce que j'en ai marre. 

Demain est un autre jour...

mardi 15 décembre 2020

la fin de ma série et un Goncourt

Adler Olsen

Cet auteur de polar que j'ai découvert au hasard de la bibliothèque sauvage, crée par moi tout de même, et qui continue à vivre, me plaît bien, même si ce n'est pas celui que je préfère. Il me manque un je ne sais quoi qui le mettrait au niveau de Mankell, Indridason and Co. Mais je me suis fait tout de même toute la série.

Délivrance
Si je n'avais pas dû dormir et manger à un moment, je n'aurais pas lâché le livre une seconde. Un homme enlève des enfants et les séquestre durant des jours. Tout au début du roman, un de ces enfants, réussi à envoyer une bouteille à la mer, qui atterri par hasard dans un commissariat. Des années plus tard, Mock s'empare du dossier avec son équipe particulière. C'est atrocement angoissant.

L'effet Papillon
Je ne sais pas pourquoi là aussi, j'ai trouvé ce livre particulièrement angoissant. Un enfant traqué par une meute d'anciens "amis" faisant partie d'un groupe de voleurs, meurtriers par opportunité. J'avais hâte de le terminer, si possible bien, mais là… il s'agit d'un thriller tout de même, loin d'une romance sucrée. Tout démarre par un sms envoyé du Cameroun à William Stark. Il essaye de le déchiffrer et en réfère à son supérieur, hélas pour lui. Et puis, Carl Morck débarque.

Promesse
Un policier qui contacte Carl Mock pour une histoire ancienne d'accident de voiture qui pourrait être criminel. Pour la première fois j'ai su très très rapidement qui était l'assassin, mais il faut lire presque la totalité du livre pour comprendre pourquoi. Il y a une secte qui m'a fait terriblement pense à celle dans laquelle mon frère est mort, et du coup j'ai eu un peu de mal, mais sinon le polar est bien.

Selfies
Celui là m'est presque tombé des mains. Rose dans son délire, une femme aigrie, des jeunes filles un peu flemme. Je n'ai pas accroché, alors peut être qu'au bout d'un certain temps, il faut changer de genre. Je ne me souviens plus si j'ai eu cette saturation avec Mankell, que j'avais aussi lu de bout en bout un été. Il est vrai que là nous sommes confinés, que ce n'est pas l'Eté, qu'il fait souvent gris. Rajouter du sordide à cette ambiance détestable n'est peut être pas le bon choix.

Victime 2117
Dernier livre pour l'instant de cette série. Plus centré sur l'histoire de Hafez El Assad, le second de Carl Mock. Celà débute par un journaliste en peine de reportage, alors que son moral est au plus bas, qui se prend de passion pour l'histoire d'une femme trouvée morte, refoulée par la mer, sur une plage où viennent s'échouer les barques des réfugiés fuyant leurs pays. Il pense que s'il intéresse les médias, il retrouvera un peu de gloire et du travail. Mais sur cette plage, il n'y a pas que cette femme morte, il y a aussi un groupe de réfugiés dont certains sont étroiterment liés à l'histoire de Hafez El Assad. Il y a donc deux enquêtes qui vont se mêler. J'ai bien plus aimé ce livre que le précédent.

Et puis, durant le confinement, pour soutenir ma libraire que j'aime bien, je suis allée acheter ce livre que ma fille lisait et qu'elle m'avait conseillée, comme parfait pour se changer les idées, et qui quelques temps plus tard à eu le Goncourt.

Hervé Le Tellier
L'Anomalie
Alors là, s'il y a un conseil à vous donner, c'est de NE SURTOUT PAS LIRE DE CRITIQUES qui malheureusement déflorent sans vergogne le secret de ce roman. Très agréable à lire, je vous le conseille, cela vous fait oublier le confinement, le couvre-feu, vous embarque dans une invraisemblable histoire.

Voilà, je suis plongée depuis deux jours dans un petit livre qui n'a rien, mais rien à voir avec tout ce que j'ai lu dernièrement...

dimanche 1 novembre 2020

Première bonne nouvelle du mois

La bonne nouvelle, c'est que ma librairie sera partiellement ouverte. Il suffira de les appeler au téléphone, pour qu'ils préparent les livres que je pourrai aller chercher lors de ma balade d'une heure. Elle est en effet dans le périmètre autorisé, et cela me fait vraiment plaisir.
Le mois d'octobre m'a fait découvrir un nouvel auteur de polars qui, au fur et à mesure de ma découverte, se glisse dans mon Panthéon des auteurs chéris. Et puisque nous sommes à nouveau confinés, dans une des régions les plus touchées par ce foutu covid, je vais pouvoir lire toute la série tranquillement.

Adler Olsen - Miséricorde
En parallèle se déroulent deux histoires à plusieurs années d'écart. Une jeune femme séquestrée dans une cave, un policier gravement traumatisé par une intervention qui s'est mal passée et dont un de ses coéquipier ne s'en est pas sorti, et qui est relégué dans un service nouvellement créé. Je n'avais, je crois, jamais croisé cet auteur dans une librairie, et c'est pas le biais de notre petite bibliothèque de l'immeuble, qui tient malgré le déconfinement, vaille que vaille, que je l'ai découvert. Il s'agit du premier livre d'une série policière qui devrait en comporter en tout dix. Je vais lire le deuxième rapidement, voir si les défauts du premier sont estomptés, quoique je me demande si cela n'est pas surtout dû à une traduction un peu hasardeuse.
 
Adler Olsen - Profanation
Deuxième livre de la série Carl Morck, trouvé dans ma bibliothèque de l'immeuble, apparemment grâce à un voisin je vais pouvoir me faire toute la série. J'ai trouvé qu'il y avait un très net progrès sans la narration, que les défauts assez lourds du premier s'étaient vraiment estompés. L'inspecteur Morck, dans son sous-sol aménagé en département V, fouille dans un dossier normalement cloturé par la condamnation d'un homme pour meurtre, après avoir trouvé sur son bureau plusieurs documents tendant à démontrer que cet homme qui s'est dénoncé n'était pas seul à participer aux meurtres de deux jeunes gens. Mais les soupçons pèsent sur trois hautes personnalités et Morck va avoir beaucoup de difficuté à mener son enquête. Son assistant, Assad, prend lentement du galon, et une nouvelle recrue vient s'ajouter à ce département. Si je trouve le troisième tome en bas, je n'hésiterai pas à le lire.

Adler Olsen - Dossier 64
Eh non, la bibliothèque s'est tarie, et perdant patience, je suis allée acheter le troisième tome. Sauf que... Zut et zut je me suis trompée croyant suivre la chronologie, mais une fois lu je réalise qu'il me manque le tome 3. Adler Olsen s'attaque cette fois-ci à un dossier noir de l'histoire du Danemark. La stérilisation forcée pour des femmes jugées non aptes à faire de beaux et intelligents enfants en raison de leur origine sociale. J'apprécie de plus en plus cet auteur au fur et à mesure que je le découvre.

Paul Vacca - La petite cloche grêle
A force de lire des avis positifs (retweetés pas l'auteur il est vrai) j'ai acheté ce petit roman, premier roman de Paul Vacca. Il y parle de la relation tendre et complice qu'il avait avec sa mère, adoratrice de Proust, morte alors que Paul était encore très jeune. C'est un livre avec les défauts d'un premier roman, mais très nostalgique, triste et agréable à lire.

Mazarine Pingeot - Se taire
Chaque histoire de viol réveille chez moi, non pas des angoisses, mais des souvenirs de l'après, lorsque je suis sortie de là fracassée. Je sais si celle qui écrit l'a vraiment vécu, il me semble que Mazarine ne fait que rapporter ce qu'on a pu lui raconté. Mathilde doit pour le journal qui l'emploi, photographier une sommité du monde politique récemment couronnée du prix Nobel, et dont la fille s'est suicidée. Il la viole, une fois le viol consommé, malgré cela, elle fait sa séance photo. Ce sera sans doute cela qui fait qu'elle pliera et acceptera de ne pas porter plainte, sa famille lui déconseillant de la faire. Oui, on peut après un viol, continuer à faire semblant de vivre, juste après. Je suis bien allée boire un café avec celui qui venait de me détruire...

Cristina Alger - Park Avenue Très très bonne surprise. 
Je l'ai trouvé dans notre bibliothèque de confinement-1 et je ne m'attendais pas à grand chose, au vu de la couverture. Eh bien je me suis régalée. Un homme se suicide, et provoque un séisme dans le monde de la finance. Une famille est particulière touchée, et on assiste à un sauve qui peut assez jouissif. Pour qui ne connait pas ce monde là, c'est très agréable à lire. 

Arnaldur Indriadason - Les roses de la nuit
Une jeune femme, nue, morte, vraisemblablement assassinée, déposée sur la tombe du héros national de l'indépendance islandaise, un soir, alors qu'un couple s'envoyait en l'air dans le cimetière. C'est le début de l'enquête menée par Erlendur, un peu tirée par les cheveux. Mais ce n'est pas un mauvais policier, il se lit avec plaisir.

dimanche 4 octobre 2020

3 livres et d'autres

Je n'aime décidément plus la présentation de Blogger, mais ce n'est pas cela qui fait que je n'écris plus, l'envie ne manque pas, j'ai plein de billets en attente dans ma tête, mais pour l'instant je n'arrive pas à sauter le pas. (A l'instant, par nécessité, je viens enfin de trouver la fonction qui me permet d'aller sur l'affichage HTML, du coup cela me paraît moins barbare...)

Je me contente de faire ma liste mensuelle de ce que j'ai lu, pour en garder la trace et parce que certains livres méritent vraiment d'être lus.

Michael Connelly 
Nuit sombre et sacrée 
J'ai du mal à croire que ce livre a été écrit par cet auteur que j'apprécie tant. Des petits bouts d'enquêtes de nuit, très très vite résolues, sans quasi suspens, sans vraiment d'épaisseur. Je suis déçue, extrêmement déçue par ce livre.


Morgan Audic
De bonnes raisons de mourir
Un meurtre en pleine zone interdite de Tchernobyl, le corps est supplicié et suspendu à une façade. Ce sont des touristes de l'extrême, venus frissonner dans cet endroit où la vie est quasi devenue absente, les radiations encore très fortes après l'explosion de la centrale. L'enquête est double, celle officielle par deux policiers envoyés là en représaille par la hiérarchie, et officieuse, par un autre recruté par le père de la victime. J'ai surtout aimé ce livre en raison des descriptions de la vie de ceux qui malgré tout vivent autour et dans la zone d'exclusion.


Franck Bouisse
Buveurs de vent
Ahhh que j'aime cet auteur ! L'écriture est poétique, fascinante, sombre et pourtant tellement pleine de vie. Un village niché près du viaduc de la vallée du Gour noir et dominé par la centrale électrique où une grande partie des habitants travaille sous la coupe de Joyce, tyran secondé par des hommes violents sans foi ni loi. Quatre enfants d'une même famille ont pourtant des désirs d'avenir, qui ne demandent qu'à éclore. C'est un livre magnifique à lire évidemment, et à ne pas déflorer par des critiques trop précises.


Tiffany McDaniel
Betty
Il m'est trop difficile de faire le résumé de ce livre dense et magnifique, aussi je laisse celui trouvé sur internet. 
“Ce livre est à la fois une danse, un chant et un éclat de lune, mais par-dessus tout, l'histoire qu'il raconte est, et restera à jamais, celle de la Petite Indienne.” La Petite Indienne, c'est Betty Carpenter, née dans une baignoire, sixième de huit enfants. Sa famille vit en marge de la société car, si sa mère est blanche, son père est cherokee. Lorsque les Carpenter s'installent dans la petite ville de Breathed, après des années d'errance, le paysage luxuriant de l'Ohio semble leur apporter la paix. Avec ses frères et soeurs, Betty grandit bercée par la magie immémoriale des histoires de son père. Mais les plus noirs secrets de la famille se dévoilent peu à peu. Pour affronter le monde des adultes, Betty puise son courage dans l'écriture : elle confie sa douleur à des pages qu'elle enfouit sous terre au fil des années. Pour qu'un jour, toutes ces histoires n'en forment plus qu'une, qu'elle pourra enfin révéler. Betty raconte les mystères de l'enfance et la perte de l'innocence. À travers la voix de sa jeune narratrice, Tiffany McDaniel chante le pouvoir réparateur des mots et donne naissance à une héroïne universelle.


Nicci French
Mémoire piégée
Deux familles qui n'en font qu'une tant elles ont vécu ensemble leurs histoires. Jane a épousé Claude, chacun membre d'une de ces deux familles. Un jour, alors que Jane architecte, entrain de quitter Claude, en dernier cadeau supervise la construction d'un pavillon sur le domaine familial, sont exhumés au moment où sont creusées les fondations, des ossements appartenant à la fille de ses beaux parents qui étaient aussi sa meilleure amie. Bouleversée elle entame une thérapie qui devrait lui permettre de se rappeler ces jours où tout à basculé. Elle seule en détient la clef de l'énigme. Bon petit polar, sans plus.


Ivan Jablonka
Laëtitia
La mini série Laëtitia sur France2 nous avait totalement époustouflés par la qualité non seulement des acteurs, mais la finesse de la mise en scène. Histoire vraie d'une jeune fille assassinée une nuit, près de Nantes puis découpée et jetée dans deux plans d'eau distincts. Fredonnant la drôle de vie de Sanson, j'ai gardé en tête cette vie brisée, cette tristesse sourde d'avoir découvert son histoire. Et j'ai eu envie de lire le livre qui a été le départ de la série. Ivan Jablonka est historien et écrivain français, professeur d'histoire contemporaine à l'université Paris-XIII. Par ce livre il rend à Laëtitia et à sa soeur jumelle, leur histoire, leur dignité et leur liberté. Depuis leurs naissances jusqu'à la mort de Laëtitia, elles ont été balottées, violentées, violées, et malgré cela elles ont réussi à se à construire une vie. Ce livre est magnifique de force et de tendresse.

lundi 31 août 2020

Lectures estivales

C'est toujours un mélange assez hétéroclite, quelques grosses daubes, des très bons et des forts divertissants. 

  Anne Pauly Avant que j'oublie
Pour un premier roman c'est une sacré réussite. Un très beau livre même ! Il était alcoolique, violent dans ses paroles, avec leur mère, c'était son père. Elle la fille, qui raconte ce père qu'elle redécouvre en s'occupant de l'enterrement, en rangeant ses affaires, en se remémorant la vie qu'ils ont vécu, elle, son frère, sa mère et ce père "colosse unijambiste". Le frère et la soeur ne vivent pas ce deuil ensemble, lui souffre de ce qu'a été ce père, elle cherche à comprendre pourquoi elle l'a tant aimé, et une lettre lui ouvre le monde que leur père cachait dans sa violence. C'est un très beau livre.

Mo Malo Qaanaaq
Clairement j'ai été bernée, parce qu'en réalité, sous ce nom d'auteur se cache Frédéric Mars, écrivain français. Cela m'intéressait de découvrir un nouvel auteur originaire il me semblait d'un pays du nord. Alors, lorsque j'ai découvert qu'il s'agissait d'un français pur souche, cela m'a un peu refroidit. J'ai tout fait pour oublier cette information, pour pouvoir me plonger dans l'intrigue, mais du coup, je ne suis pas persuadée d'avoir réussi. L'histoire est celle d'un petit garçon adopté après qu'il ait été trouvé seul sur la banquise. Il devient flic au Danemark, et est renvoyé sur sa terre d'origine pour tenter de résoudre plusieurs meurtres. Je l'ai trouvé long...

Katherine Pancol Les yeux jaunes des crocodiles
C'est l'histoire de gens très riches dont certains pensent qu'ils sont presque pauvres. Il y a des caricatures d'hommes forts et des caricatures de femmes qui rêvent d'hommes forts et voilà. J'ai lu à sa sortie le premier livre connu de Katherine, Moi d'abord. Je me souviens l'avoir adoré. Et puis en ai-je lu d'autres d'elle ? Je ne m'en souviens plus. Plus tard, bien plus tard, j'ai lu deci delà, quelques critiques qui ne m'ont pas donnée envie de lire ses livres. L'autre jour j'ai trouvé dans ma bibliothèque du parc celui-ci et comme je suis en mode un peu surchargée émotionnellement, je me suis dit pourquoi pas. Eh bien, hier en repassant devant ma bibliothèque il y avait un autre livre d'elle et je me suis dit Ben non !

Patricia Mc Donald Un coupable trop parfait
Ah un bon petit polar facile et bien ficelé sans prétention. Keely alors que son fils à neuf ans, retrouve son mari suicidé d'une balle dans la tête. Elle se reconstruit, son fils lui a plus de mal d'autant plus qu'elle s'est remariée et a eu un petite fille adorée. Mais un jour, alors qu'elle revient à la maison, elle découvre que son mari est mort noyé. Son fils en rogne contre son beau-père est soupçonné. Parfait pour l'été.

Kathy Reichs Voyage fatal
Là aussi le plaisir de retrouver Temperance Brennan anthropologue judiciaire qui est envoyée sur le site d'un crash pour identification des victimes. Le début est fracassant. L'intrigue réelle est un peu décevante, mais pour patienter avant les vacances c'était pas mal.

John le Carré Retour de service
résumé Babelio : À quarante-sept ans, Nat, vétéran des services de renseignement britanniques, est de retour à Londres auprès de Prue, son épouse et alliée inconditionnelle. Il pressent que ses jours comme agent de terrain sont comptés. Mais avec la menace grandissante venue de Moscou, le Service lui offre une dernière mission : diriger le Refuge, une sous-station du département Russie où végète une clique d’espions décatis. À l’exception de Florence, jeune et brillante recrue, qui surveille de près les agissements suspects d’un oligarque ukrainien.Nat n’est pas seulement un agent secret. C'est aussi un joueur de badminton passionné. Tous les lundis soir dans son club il affronte un certain Ed, grand gaillard déconcertant et impétueux, qui a la moitié de son âge. Ed déteste le Brexit, déteste Trump et déteste son travail obscur. Et c’est Ed, le plus inattendu de tous, qui mû par la colère et l’urgence va déclencher un mécanisme irréversible et entraîner avec lui Prue, Florence et Nat dans un piège infernal. Avec Retour de service, John le Carré, en éminent chroniqueur de notre époque, livre un portrait du monde que nous habitons, glaçant, délicatement satirique et porté de bout en bout par une tension constante.

Caroline Laurent Rivage de la colère
Qui connaît l'archipel des Chagos ? Qui sait que tout un peuple a été déporté, démuni, envoyé sur l'île Maurice sans argent, ayant tout laissé sur l'île qu'ils ont dû quitter en quelques heures, sans comprendre ce qui leur arrivait ? Ce roman qui raconte ce déchirement est terrible, l'exil qui lentement fait naître une colère grandissant ce peuple abandonné. J'ai été très émue, chamboulée, révoltée par ce beau livre où reste malgré tout l'espoir.

Louis Oreiller avec Irène Borgna Là où l'horizon est plat, je ne tiens pas
Louis Oreiller est né et vit encore dans un village, Rhême-Notre-Dame, aux confins sauvages du parc du Grand Paradis, dans le Val d'Aoste. Il raconte à Irène sa vie, ses mille vies, d'enfant pauvre vivant du braconnage, puis contrebandier, garde-chasse et garde du parc national. Il sait la montagne, lui parle et l'écoute, les bouquetins qui lui apprennent à comprendre les signes des avalanches, les bêtes qui pardonnent lorsqu'elles perdent un combat, sa famille, ses amis. Un livre qui fait aimer les Alpes.

Colum McCann Le chant du coyotte
Une pépite trouvée dans la boite à livres juste avant de partir en vacances. Un fils revient dans la maison où son père lentement décline dans la crasse et la solitude qu'il cultive grâce à son caractère peu aimable. Lentement on découvre la vie de cet homme dont la femme un jour est partie et dont le fils a longtemps cherché à la retrouver. C'est un livre lent, mélancolique, déroulant une vie incroyable. Un très beau livre.

Ross MacDonald Un regard d'adieu
résumé Babelio : Le détective privé Lew Archer tente de se frayer un chemin dans le labyrinthe des secrets bien gardés d'une riche famille snob de Californie. Archer ne rencontre pour l'aider qu'une jeune fille éplorée qui tremble pour celui qu'elle aime ; d'autant que la mort semble rôder autour de lui. L'invraisemblable vérité va peu à peu prendre forme aux yeux de Lew Archer, une vérité où chaque apparence se révélera trompeuse. Il faut toute l'humanité, toute la tendresse de ce détective hors du commun pour arriver au bout de cette affaire. Bon polar

Danielle Steel Magique
Il était dans la nouvelle petite bibliothèque de l'immeuble, je ne connaissais pas cette auteure. Je pensais que Pancol était le summum du cliché, je découvre que l'on peut faire encore mieux. Bon j'ai lu un Danièle Steel, voilà.

Michael Connelly En attendant le jour
Comme d'habitude, très prenant et bien écrit. Une inspectrice de nuit, Renée Ballard, enquête sur deux affaires qu'elle devrait normalement passer à l'équipe de jour une fois son service terminé. Une prostitué que l'on retrouve sur un parking, mourante d'avoir été torturée, et plus tard, dans un bar, une tuerie dans laquelle meurt une serveuse. Elle enquête seule tout en menant de front ses quarts de nuit. Cela fait du bien de retrouver cet auteur là.

Philippe Besson Dîner à Montréal
L'auteur est convié à plusieurs séances de dédicaces et interview à Montréal, ville où vit maintenant Paul son amour, qui lui a fait vivre sa plus belle année, cet amour qui changera sa vie tant il a souffert. Et ils se retrouvent, Paul lui tend un livre à dédicacer, Ils échangent quelques phrases, le soir ils dineront ensemble, Paul et son épouse, Philippe et son jeune et très beau compagnon. Lentement remonte à la surface cet été qui les a fait s'aimer. Quoique je pense de Philippe Besson, j'aime le lire.