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dimanche 12 février 2023

Nul n'est parfait en ce monde

Le Kremlin Bicètre, là où durant des semaines j'ai traîné mes guêtres, c'est là qu'ont été emmenés Pierre Palmade et semble-t-il la jeune femme blessée dans l'accident. L'occasion magnifique pour les yakafauxcons en tous genres de déverser leur haine. Tout y passe, même les inévitables anti-vax qui viennent se mêler à la huée, réclamant la peine de mort.
Evidemment c'est d'une connerie abyssale d'avoir pris le volant dans son état, et bien sûr qu'il faudra qu'il réponde de cet acte. Pour le peu que je connaisse de lui, cela m'étonnerait qu'il s'en sorte indemne, écorché vif, l'après sera encore pire que ce qu'il vivait déjà.

Je me souviens de ce retour d'un mariage, dont le repas avait traîné en longueur. Les enfants étaient encore petits, nous étions à Contamines sur Arve, c'était l'hiver encore, il faisait un froid glacial sous une tente réchauffée par des chauffages d'appoint. JP avait picolé, pas follement mais je prendrai le volant,  et alors qu'on attendait désespérément le dessert, qu'un énième sketch pas drôle retardait encore et encore la fin de ce repas, voyant les enfants dormir debout, j'avais mis fin au calvaire et nous étions repartis discrètement vers Annemasse. Vingt minutes de route, glacée, la nuit noire, une envie de dormir irrésistible, les enfants à l'arrière, et JP dodelinant de fatigue. Je me souviens de ce retour épouvantable, la fenêtre ouverte, me donnant des claques pour me tenir éveillée. Lorsque je me suis garée devant la maison, j'ai remercié le ciel et juré que plus jamais je ne roulerai dans cet état.

Quelques années plus tard, nous venions de faire Bastia-La Spezia en Corsica Ferries, par mer houleuse, impossible de fermer l'oeil, sur le pont avec le doudou de G. qui se faisait la malle emporté par le vent, tentant de sommeiller sur le sol dur, battu par les embruns. En sortant du bateau, nous avions immédiatement pris la route. Pas une goutte d'alcool, mais une fatigue incommensurable. Nous nous passions le volant, je suppliais là encore le ciel de nous épargner. 

La dernière fois que nous avons tenté le diable, c'était au retour d'Oléron, il y a déjà quelques années. J'avais briqué la maison, et puisque nous partions tôt le lendemain matin, nous étions allés boire un dernier verre et grignoter deux trois tapas au Stud'io. David s'était mis à la guitare et avec deux trois autres musiciens, avaient ensemble improvisé un petit concert, largement arrosé de Pineau des Charentes, de Péchapier et autres bières. Vers minuit nous avions repris nos vélos, bien gais, rigolant comme des tordus. Juste avant d'arriver à la maison, je m'étais retrouvée, je ne sais comment, allongée sur la route, sous mon vélo et puis je m'étais relevée et nous étions allés nous coucher. Le lit tanguait, la chambre tournait sur elle même, une nuit très courte et très mauvaise. Mais nous avions pris la route, buvant des litres d'eau, nous arrêtant toutes les heures, changeant de conducteur, tentant de reprendre vie, le ciel et ses nombreux soutiens mis à contribution pour nous faire arriver entier et sans dommage.

J'ai eu plusieurs accidents, dont un très grave. Je me souviens des rumeurs qui avaient immédiatement circulé, nous sortions d'un bistrot ce qui était vrai, nous étions tous bourrés, ce qui était totalement faut. Nous avions bu des Perrier, des cafés, des chocolats, pas une goutte d'alcool. 

Du Kremlin Bicètre je connais le chemin et sans doute pourrais encore y aller les yeux fermés. Le grand porche en pierre de taille, l'allée bordée de pelouse et rosiers fleuris en été, un second porche, tourner à gauche, puis droite, tout au bout le secteur pédiatrie. L'ascenseur qui d'un souffle nous transporte  au dernier étage la réanimation, au septième l'hépatologie. J'y ai passé trois ans...

Qui serais-je pour juger, je ne peux que souhaiter qu'ils s'en sortent le moins mal possible, et que le Kremlin Bicètre ne soient plus pour eux qu'un souvenir lointain dans quelques années.

vendredi 3 février 2023

des pilules et gélules


Ce matin je dois prendre une capsule de vitamine D prescrite par mon médecin. Une capsule uvédose à prendre tous les deux mois. Je prends depuis quelques mois de la vitamine D que j'achète en flacon, une gélule par jour. Vous voyez sur la photo à gauche l'uvédose, dosée à 50 000 Ul et à droite la plus grosse dosée à 400 Ul, Eh bien ça m'épate qu'un si petit contenant puisse avoir 125 fois plus de vitamine D que ma grosse gélule. J'ai du mal à croire qu'elle me délivrera suffisamment de vitamine D durant deux mois.

J'avais rendez-vous mercredi soir chez mon médecin, pour envisager un traitement recalcifiant en raison de mon ostéoporose. Le rendez-vous était prévu pour 17 h, mais puisqu'il avait plus d'une heure et demi de retard, j'ai foncé à la maison pour voir encore C. une petite heure avant son départ pour Paris. Lorsque mon tour est venu, il y avait encore dans la salle d'attente 4 personnes, je pensais qu'il me garderait peu de temps, pressé de finir sa journée. Mais il avait envie de bavarder, tranquillement, comme si le monde était à nous. Il semblait tellement détendu, comme si après moi il allait rentrer chez lui, salle d'attente vide, paperasse faite. Nous nous connaissons depuis 1992. Une nuit, JP allant très mal, j'avais appelé le médecin de garde et c'est lui qui était venu, souriant, presque débonnaire, mais attentif. JP avait été hospitalisé, je l'avais accompagné aux urgences et en rentrant j'avais trouvé ma voisine venue gardé les enfants, blanche d'angoisse, G. étant lui aussi très mal. J'avais rappelé le médecin de garde et c'est lui de nouveau qui était venu. Très calme, il avait ausculpter G., lui avait longuement parlé, expliqué pourquoi il avait fait hospitalisé son père, mais qu'il ne pensait pas que c'était gravissime. Il l'avait rassuré et m'avait dit qu'il pensait que G. allait plutôt bien, mais que cette hospitalisation en pleine nuit l'avait tellement angoissé qu'il avait eu ces symptômes de presque détresse pulmonaire. Lorsqu'il était reparti, G. allait bien mieux, et je m'étais dit que ce médecin, qui venait de s'installer à Annemasse semblait un vrai bon médecin. Depuis c'est notre médecin de famille, qui a vu grandir les enfants, JP tenir vaille que vaille malgré le pronostic affolant au début de sa maladie et moi de temps en temps, mais de plus en plus ces derniers temps.

Parce que si mon ostéoporose est de moins en moins sévère, c'est mon foutu cholestérol découvert aux derniers examens sanguins, qui nécessite maintenant un traitement. Mon premier traitement de vieille, un petit comprimé de statine à prendre le soir, pour tenter de décrasser mes artères. 

Facile, rapide, mais accompagné hélas d'un régime éliminant quasiment tout ce qui fait que la vie est une fête... LE GRAS !

En sortant de son cabinet, lui hilare, moi aussi discrète que possible, j'ai senti tous les regards me foudroyer, vite vite j'ai filé dans la nuit noire.




mardi 31 janvier 2023

janvier tire sa révérence

vache en galet au Grand Bornand

Dernier jour de Janvier, et vingt septième billet. Je m'étais dit que si je voulais vraiment reprendre le chemin de mon blog, il faudrait que le mois de janvier soit plus prolifique que toute l'année dernière réunie, soit plus de quinze billets, c'est fait, et je compte bien ne pas repartir sur la pointe des pieds en refermant la porte. Evidemment je ne vais pas tenir avec un billet quasiment quotidien, je n'ai pas une vie assez trépidante pour cela, mais je vais garder une certaine régularité pour raconter quelques instants de deux mille vingt trois.

Depuis quelques jours j'ai un virus fatiguant, pas au point de rester au lit, mais écourtant mes nuits de façon assez drastique. Toute l'agence le traîne, visages brouillés, mouchoirs à porté de main, nuits chamboulées, nous tenons, la plupart, il n'y a pas lieu de prendre des arrêts mais les mines sont un peu chafouines.

J'ai enfin pu lancer les travaux de réfection de mon immeuble brûlé, d'abord la dalle qui doit être renforcée, puis l'électricité et peinture. Les portes fenêtres sont commandées et il manque encore la porte du local dans lequel le feu a pris, à changer. Je fais les comptes, les assurances ont taillé sévèrement dans certains devis et je dois voir ce qui peut ou non être fait sans que le budget explose. Une des entreprises ayant perdu un jeu de clef, j'ai eu la surprise de découvrir qu'un squatteur s'était tranquillement installé dans la chaufferie, avec télévision, matelas, sacs à dos remplis de babioles vraisemblablement volés. Evidemment il a fallut immédiatement changer le cylindre pour éviter qu'il fasse une connerie, mais il a encore le trousseau et s'est installé dans les caves, en faisant la nuit des fêtes avec je ne sais qui. Je dois faire changer le cylindre d'accès aux caves pour éviter maintenant qu'il fasse des dégâts, mette le feu, utilise les caves comme toilettes. J'ai hâte que tout soit remis en ordre, que la porte d'immeuble ferme enfin, et je vais faire poser des caméras pour ne pas avoir à revivre ce truc.

Janvier c'est aussi l'anniversaire d'Hervé qui aurait eu soixante neuf ans le 24, celui de ma nuit de cauchemar il y a quarante ans et le violent rejet de la greffe de G même jour mais dix ans plus tard.

Et aujourd'hui je croise les doigts pour que la mobilisation contre la réforme des retraites soit encore plus importante que celle du 19.


lundi 9 janvier 2023

trente ans


G. dans sa nouvelle ville, qui, il y a trente ans, vivait un des moments les plus durs de sa vie et dont nous n'osions pas imaginer l'avenir. Le voilà si beau, si drôle, si vivant, si aimant, heureux et amoureux.

A cette heure-ci, le neuf janvier mille neuf cent quatre vingt treize, tout était encore calme, C. rêvait tranquillement, G. blotti dans son petit lit à barreaux lentement devait se réveiller, JP dormait encore profondément. Samedi, il n'y avait guère que C. et moi qui allions sortir dans le grand froid qui sévissait sur Annemasse. 
J'aurai le temps de conduire C. à l'école, de faire les courses à Intermarché, et le ciel nous tomberait sur la tête.

Ce jour est gravé dans notre mémoire familiale, la seconde naissance de G.

Il y a trente ans, qui de nous aurait pu sereinement imaginer que ce tout petit garçon deviendrait ce beau et merveilleux jeune homme en pleine santé.

De l'autre côté des Pyrénées c'est un autre anniversaire, douloureux. Je pense à eux, à leur petit enfant et chaque jour les remercie de nous avoir fait ce don.

samedi 20 novembre 2021

LE grand jour !

Puisque je faisais le pont, nous sommes partis tranquillement à Rennes vers dix heures vendredi 12 novembre. Nous avons démarré dans une purée de pois qui petit à petit a laissé la place au soleil avec en fin de parcours, juste avant d'arriver, une bruine bretonne légère. 

Le coffre rempli de champagne et vins divers, une couverture chaude et une alèse chauffante pour que mon père n'ait pas froid la nuit, une jolie tenue pour JP et moi, nouvelles chaussures, robe fluide, jean neuf et chemise blanche, ce n'est pas tous les jours que l'on assiste à la thèse de son fils.

Pour l'occasion des retrouvailles familiales, C. nous avait trouvé une magnifique longère à Maxent, mais puisque nous allions passer trois jours de vacances en solo, nous avions réservé une chambre au Mercure parlement de Rennes.

En arrivant à Rennes, nous avons retrouvé G. qui venait de déclencher un zona impressionnant, cerise sur le gâteau de 4 années de travail intense. Nous sommes allés boire une bière au Fox&Friends, et le soir, L. sa compagne,  nous ayant rejoint, avons diné chez Angello, très bonne pizzéria. Le lendemain nous les avons aidé à déménager vers un petit patelin dans la Sarthe. L. en sixième année de médecine faisant son stage de MG aux alentours du Mans.

Dimanche, puisque G. allait être plongé dans sa thèse, que L. devait ranger la petite maison qu'ils venaient d'emménager, nous les avons laissé pour ne pas être dans leurs pattes, et sommes partis à Saint Malo, ses remparts, ses goélands, l'odeur délicieuse de l'océan brassant l'écume et les laminaires. Nous avons longuement marché, déjeuné de moules et pour moi d'huitres de Cancale, nous sentant revivre si près de la mer. Et puis, nous avons fait un crochet par le Mont Saint Michel, où les touristes se faisaient rares. La mer était basse et le soleil se couchant nous sommes retournés à Rennes.


Lundi nous avons découvert la longère, après avoir fait un rapide tour de la maison, spacieuse, pouvant accueillir sans difficulté 14 personnes et un ou deux bébés, four immense, longue et belle table en bois pour déjeuner, coin chaleureux autour du poêle à bois, chauffage mis en route...

Nous sommes allés faire les courses au Super U du coin et puis nous avons filé à la gare de Rennes récupérer mes parents. 
Et le soir, veille du grand jour, nous étions déjà 7 autour de la table, très heureux de nous retrouver en famille comme cela ne nous était plus arrivé depuis le démarrage de ce foutu covid.

Le lendemain G. et moi avons pris un café dans la grande maison silencieuse. Il est parti à l'Agrocampus de Rennes pour préparer la présentation, et petit à petit la maison s'est réveillée. J'avais prévu un brunch, parce que la thèse était à 13h et qu'il y aurait ensuite un pot offert par maman. Nous n'aurions donc pas le temps de déjeuner.

Nous avons retrouvé juste avant d'entrer dans l'amphi, ma soeur, mon petit frère venant de Paris, le cousin chéri de G. arrivant tout juste de Toulouse et les parents de L.

L'amphi n'était pas gigantesque et il est resté plein à craquer jusqu'à la consécration. G. semblait tellement détendu, connaissant sur le bout des doigts son sujet. La présentation contrairement à ce qu'il avait supposé, nous a beaucoup intéressée. Et lorsque le jury a posé ses questions, j'étais tendue, mais G. a été parfait. Chaque membre du jury l'a tout d'abord félicité pour son travail, son esprit d'équipe, son humeur agréable et constante, sa ténacité. Je savais pour l'avoir vu le matin, l'étendue de son zona, et pour l'avoir vécu il y a deux ans, l'épuisement que cela provoque. J'en étais admirative. 
Nous sommes tous sortis au moment de la délibération, et lorsqu'enfin il a été nommé docteur, la directrice de l'IGEPP, lui a dit que bien qu'il n'y ait plus de félicitations officielles, à l'unanimité les membres du jury les lui donnaient oralement. J'étais si heureuse pour lui, sachant l'année difficile que L. et lui venaient de passer et le travail gigantesque qu'il avait fait durant ces 4 dernières années. 

Nous avons ensuite pris un verre et grignoté en bavardant, et G. a reçu de la part de ses collègues et la famille, des cadeaux qui lui ont fait très plaisir. 

Et le soir, à la longère, nous nous sommes tous retrouvés, pour fêter dignement ce beau doctorat.

Le lendemain nous quittions la Bretagne, emportant avec nous une rhino-pharyngite magistrale. Et depuis nous vidons des boites et des boites de mouchoirs jetables, mais qu'importe, la fête était belle !

dimanche 10 janvier 2021

l'anniversaire

 Je crois bien que je me fichais totalement de l'élection de Bill Clinton avec Albert Gore comme colistier, cela faisait trois jours qu'ils avaient été proclamés officiellement élus, on était le 9 janvier et j'avais bien d'autres choses à faire. Nous rentrions de nos vacances de Noël en Alsace, cela s'était plutôt bien passé. Evidemment il y avait eu quelques tensions, mais rien de grave. On avait eu nos repas pantagruéliques, nos cadeaux découverts sous le sapin, sans doute de la neige et notre ancienne chaudière avait tenu le coup, bien qu'il fallait être courageux le matin pour se lever avant le soleil et la remplir de bois pour démarrer le feu. 

C. que j'avais conduite, sautillante, à l'école, se réjouissait du week-end à venir, moi j'avais un réfrigérateur vide à remplir, il faisait un froid à pierre fendre. Le brouillard ne se levait pas, G. pétait la forme, JP le gardait pendant que j'allais faire les courses.

J'avais arpenté les rayons de l'Intermarché de Gaillard un a un, rempli le coffre de la voiture, et miracle, j'avais trouvé une place dans la rue, en face de l'immeuble. Premier aller-retour, les bras chargés de sacs, j'avais monté l'escalier, sonné pour que JP m'ouvre, et l'aventure avait commencé.

Très vite, une fois le voyage mis en place, j'avait appelé ma famille, mon patron et une amie qui m'avait demandé de la prévenir. Elle avait décroché, bouleversée parce qu'ils venaient d'apprendre qu'une famille amie avait péri dans un incendie. J'étais certes désolée pour elle, mais je naviguais à vue, devais chercher C. à l'école, on ne pouvait la laisser en dehors de ce que nous allions vivre, préparer les bagages, mettre en place autant que faire se peut la semaine à venir. 

L'ambulance était enfin arrivée, JP et C. nous avaient regardé partir, plus tard ils prendraient le train et arriveraient à temps pour voir G., très excité par le remue-ménage, avant l'opération. 

Hier cela faisait vingt huit ans, G. fêtera en juillet ses trente ans. Il est beau comme un dieu, adorable, si drôle, travaille sur sa thèse, aime une jeune femme merveilleuse.

Hier en Espagne la neige a recouvert Madrid, je ne sais où habitait l'enfant qui a fait don de son foie pour G., j'ai pensé à ses parents, j'ai espéré qu'ils allaient bien. 


samedi 2 janvier 2021

en avant toute


 En deux mille vingt nous avons survécu à ce foutu covid. Je n'ai maintenant qu'une hâte c'est que mes parents puissent se faire vacciner, mais il va falloir encore attendre. Malgré leurs âges plus que vénérables, n'étant pas en Ehpad, ils ne sont pas dans la liste des premiers servis. Hélas, pour ce qui est de mon JP et mon G., rien n'est moins sûr en raison d'une part de l'allergie médicamenteuse gravissime faite par JP et de l'immunosupression de G. Je vais encore croiser les doigts pendant plusieurs mois.

Avec le confinement, et les couvre-feux divers, j'ai lu, beaucoup. Quatre vingt un livre plus un démarré depuis des mois et que je lis lentement, très lentement. Le dernier d'Axel Kahn, m'a emmenée sur les chemins, tranquillement, me donnant l'envie de partir, sac au dos, crapahuter dans les montagnes alentours. 

Je continue jour après jour, mes petits carrés de coton, le plaid de G. devrait donc voir le jour cette année. 

J'avais bien commencé l'année avec près de dix kilos perdus, et puis... le confinement, les apéros, le stress, le manque fou de sommeil, tout cela m'a fait reprendre petit à petit six kilos. J'espère que cette cohérence cardiaque démarrée hier va remettre un peu d'ordre et que je vais retomber sur mes pattes.

Ma collègue née comme moi en 57 est partie le 31 décembre à la retraite. JP me tanne pour que je fasse de même, mais là, présentement, je n'en ai pas envie, du tout. Alors lundi, je repartirai vers mes locataires, mes propriétaires qui m'ont gâtée encore pour Noël de chocolats dont certains faits maison. Je m'énerverai, je rirai, me moquerai gentiment, jusqu'à ce que j'en ai marre. 

Demain est un autre jour...

samedi 28 novembre 2020

Les gens qu'on aime #19

 quelqu'un qu'on admire


Fin août début septembre 1971 nous sommes partis en vacances en Espagne, en famille. J'avais 14 ans, et je garde en souvenir la silhouette du taureau, noir, surplombant les collines, la Sagrada Familia où tous le monde pouvait entrer, sans tickets, sans faire la queue mais avec un casque, les jardins autour au figuiers croulant sous les fruits, le soleil assez doux, les rats courants le long des quais, les tapas que l'on nous apportait, le soir en terrasse, si tard, alors que nous serions depuis longtemps au lit chez nous. Je crois bien que c'était la deuxième fois, et la dernière pour moi, que j'y suis allée. 

Espagne pays de cocagne, de vacances, de douceurs.

En 1993, un vingt huit janvier, la journée à peine commencée, l'hôpital nous avait appelés.

De l'autre côté des Pyrénées, des parents, malgré la douleur qu'ils vivaient, avaient donné leur accord pour que leur enfant devienne l'espoir de vie d'autres enfants au bord du précipice.

Peux t-on imaginer la force, le courage, l'abnégation qu'il faut, alors que l'indicible vient de se produire, pour penser aux autres, et donner cet accord invraisemblable, que les organes de leur enfant chéri, soient prélevés pour faire vivre d'autres enfants que l'on ne croisera jamais, dont on ne saura presque ou sinon rien ? Peux t-on imaginer cela ?

Je les ai aimés, les accompagnant en pensé dans leur douleur qui pour nous devenait espoir. Et ce pays dont ils venaient, cet Espagne si généreux, accompagné de mes souvenirs d'enfance, prenait une dimension presque mystique. 

Je ne sais rien d'eux, rien de plus que ce don, je ne sais rien d'eux, ils sont simplement admirables.


mercredi 26 février 2020

viiiii-rus

Evidemment que j'y pense, avec JP qui est très fragile des poumons, G. qui est immunodéprimé, C. qui vadrouille partout dans le monde.
Pas moi, je suis indestructible, mais mes trois amours oui, et mes parents qui sont tous les deux dans leur quatre vingt dixième année, l'amoureuse de G. qui bosse dans un hôpital, oui.
J'y pense et je croise les doigts.
Ce n'est pas obsessionnel, c'est là, dans ma tête, tapi, sagement, sans angoisse extrême, mais c'est là.

Je vais arrêter de faire la bise, et ça franchement, cela ne va pas me manquer. Ne plus avoir des parfums de mauvaise qualité tartinés sur mes joues, des haleines moyennement fraiches collées sous mes narines, enlever ses lunettes, remettre ses lunettes. Un sourire, une poignée de main, et dans le sac, après les états des lieux, un petit flacon d'antiseptique (qu'il faut que j'utilise, mais j'oublie...).

Mon optimisme incommensurable s'accroche et clos la porte aux mauvaises nouvelles venues de toute part, ne viens-je pas, toute seule, de stopper un panaris ultra douloureux, rien que par la pensée et j'avoue, l'hexomédine. Alors un coronavirus, quelques tisanes et hop !

Moi oui, j'y réchapperai, mais mes amours....

Fasse le ciel qu'ils soient protégés...

jeudi 9 janvier 2020

vingt sept ans


Le ciel ne commence pas encore à s'éclaircir, tout comme ce jour là il y a vingt sept ans, tout est calme ici.
Tout était calme également il y a vingt sept ans, pour nous qui nous préparions lentement à cette journée banale.
Il y aura ensuite l'appel reçu par JP, seul avec G., alors que je faisais des courses, que C. assise derrière son pupitre écoutait la maitresse.

Là-bas, en Espagne, le jour se lève aussi, pour un autre anniversaire, celui de l'absence de leur enfant éternellement.

Je pense à eux, je pense à mon fils, à ma fille terrifiée à l'idée de perdre ce petit frère turbulent, à JP qui traversait une sorte d'enfer dont il était partiellement exclu.

Vingt sept ans qui sont autant d'années de joie de voir mes enfants grandir et vivre.

vendredi 22 novembre 2019

photo n°22

31-05-2014
Mes abonnements Twitter, à un moment, comptaient beaucoup de médecins pour lesquels je garde une admiration presque sans borne. Certes certains rencontrés m'ont un peu échaudée, mais sans jamais occulter ceux qu'ils ont sauvé JP, G., mon grand frère, mon père dernièrement et tant d'autres.

Sans doute aussi représentent-ils pour moi, une figure paternelle, qui malgré dix ans d'analyse, est toujours auréolée de gloire et de puissance (oui oui je sais, j'ai soixante deux ans, mais mon papa c'est mon papa...).
Pourtant, il y a déjà plusieurs mois, si ce n'est d'années, que je quitte des comptes, occulte des mots sur ma twittline, agacée par l'agressivité développée contre la médecine parallèle et les patients qui ont le culot d'aller voir des homéopathes, ostéopathes et autres dangereux psychopathes.

Je ne peux de loin pas affirmer que l'homéopathie a des effets réels sur la santé, mais, pour en avoir donné (en cachette bien entendu) à G. avant et juste après sa greffe, en avoir pris moi-même épuisée par plus d'un mois d'antibiotiques n'ayant rien réglé d'une sinusite, et qu'une seule prise d'un tube de pulsatilla m'ait remise sur pied, je me dis que l'effet placebo c'est pas si mal que ça. Je me tourne naturellement vers l'allopathie jusqu'à ce qu'elle atteigne ses limites, alors en désespoir de cause, je chercher ailleurs, et tant mieux si cela marche.

J'ai sans doute aussi beaucoup de chance d'avoir des gènes costauds.




mercredi 20 novembre 2019

photo n°20

1er trimestre 1993
Hier en ouvrant ma boite aux lettres, il y avait une enveloppe, carrée, à mon nom écrit à l'encre bleue et décorée d'un trèfle à quatre feuilles et d'une coccinelle.
En l'ouvrant j'ai trouvé un faire part et je me suis demandée qui de mes amis avait eu un enfant, et puis... je l'ai ouvert, à l'intérieur la petite fille au coeur tout neuf me souriait et j'ai été émue aux larmes.

Quelle belle idée, quel magnifique geste, que de remercier tous ceux qui de loin ou de près ont tenté d'aider cette si jolie famille qui vivaient ces instants terribles.

Elle est rentrée à la maison, retrouver son frère, son père et sa mère, elle a fêté ses sept ans et puis s'est déguisée pour Halloween en chirurgienne maléfique, a opéré son doudou, vit sa vie de petite fille en riant aux éclats.

Là-bas à Rennes, G. se lève, embrasse son amoureuse, se fait un café avant de partir travailler...

Et moi, je remercie encore et encore ceux qui nous ont donné le bonheur de le voir vivre.


mercredi 3 juillet 2019

Un coeur qui bat

Une petite fille de sept ans, là bas, à Lausanne, vient tout juste d'avoir un coeur pour remplacer le sien qui, si malade, ne fonctionnait plus. C'est la petite fille d'une de mes copines de blog, et depuis samedi dernier, je croise les doigts si fort qu'ils en sont blancs.
J'aimerais que ces longues semaines d'angoisse pour cette famille soient passées, qu'ils ne puissent plus que penser à ce qu'ils vont faire demain, ou dans quinze jours.

Parce qu'il y a l'attente si longue, l'angoisse que cela soit trop tard lorsqu'enfin un donneur sera trouvé, et puis, une fois que le grand jour arrive, il y a l'effroyable peur que son enfant ne passe pas le cap.
Il y a des greffes qui se passent sans grand problème, heureusement ! J'en ai vu quelques-unes, et je souhaite du fond coeur que cette fois-ci aussi, tout se passe merveilleusement bien.

Mon greffé à moi, mon G. chéri, vient d'emménager avec son adorable compagne, là bas, à Rennes. Dire que je ne tremble plus n'est pas tout à fait exact, mais quelle mère ne tremble pas pour ses enfants ? La greffe est loin et pourtant encore si proche, le moindre petit accroc réveille des angoisses terribles que je m'empresse d'effacer pour ne pas peser sur sa vie.

Il vie, tout à fait normalement, il aime, il bosse, il voyage, fait des projets, grâce à des parents qui ont fait ce don impossible à imaginer, il nous enchante à chaque instant.

C'est tout ce que je souhaite à toi A. et à ta fille C.

mardi 19 février 2019

la vie lentement

Je me réveille un peu après quatre heures, en plein rêve-cauchemar, sans raison, comme hier, comme avant-hier, si tôt, trop tôt. Somnolant jusqu'à cinq heures trente, je me lève, m'étire, fais ma petite séance de yoga. La lune totalement ronde et blanche inonde le parking alors qu'une voiture lentement sort de sa place. En face les fenêtres de l'immeuble sont encore noires, pas de bruit.
Je chauffe le lait dans le gros mug Paris, puis fait couler deux doses de café avant de m'installer devant mon écran.
Il m'arrive encore d'entendre ses pas discrets. Ce soir à dix sept heures quinze cela fera déjà trois semaines qu'elle a quitté ce monde. Où se balade t-elle maintenant ?
Il me reste une tristesse lancinante, qui par moment s'envole pour revenir se poser légèrement sur mon épaule et s'envole à nouveau.



J'ai nettoyé la chambre qui accueillera G. et son amoureuse vendredi. Les plantes qui hibernent sur le bureau, près de la fenêtre sont arrosées, dépoussiérées. Les paniers sur lesquels Chamade aimait se dorer au soleil, aspirés, les sacs remplis de vêtements enfin apportés au secours populaire. Il reste encore celui bourré de livres qu'il me faut vider dans les différentes petites bibliothèques de rue.
On se réjouit tant de rencontrer cette petite L. qui a séduit G., on espère qu'elle se sentira bien ici, chez elle, libre et détendue.

le 11 février, je fêtais les douze ans de mon blog...

mercredi 9 janvier 2019

vingt six ans

Mais alors, ton fils à deux anniversaires ? La chance qu'il a !

Feïza venait de me dire que le 9 janvier le sien aurait 7 ans, je lui avais répondu en souriant que mon fils aussi fêtait ce jour là un anniversaire, et que chaque année je lui faisais un petit cadeau.

La chance oui ! Celle d'avoir tenu le choc jusqu'à la greffe, d'avoir supporté la douleur, l'absence de sa soeur et son père qu'il aimait tant. Confiné dans des chambres minuscules, bardé de capteurs, de drains, de perfusions, arrivant à sourire malgré tout cela, et se battant jour après jour, sans comprendre le pourquoi de cette bataille.

Sans doute d'ailleurs était-ce plus une chance pour nous que pour lui qui n'avait rien demandé, trop petit pour décider si oui ou non il voulait vivre.

Une chance pour nous, alors que là bas cette chance s'était fracassée ce terrible jour où ils avaient perdu leur enfant.

Vingt six ans de bonheur,  et pour eux de chagrin.

Puisse le ciel leur apporter aujourd'hui, un baiser tendre d'ici, de Rennes et de Paris, pour les remercier de nous avoir permis de sauver ce petit G. devenu grand.

samedi 5 janvier 2019

cadeau matinal


J'ai reçu ce matin, un très joli bouquet, parfumé, délicat, cadeau délicieux de la compagne de G.

Alors j'ai rangé, nettoyé mon bureau, enlevant les papiers et objets qui lentement, au fil des jours de la semaine, s'amassent en vrac.

Et le regarde avec plaisir, cette année commence bien !

jeudi 8 février 2018

Paris sous la neige

Il fut un temps où G. et moi faisions quasi mensuellement le trajet Genève Paris Genève en avion. Business class, champagne, hommes d'affaire en complet bleu marine et sacoche en cuir. Nous partions tôt le matin, revenions un peu tard le soir, JP nous cherchait à l'aéroport, le luxe.
C'était l'exigence du staff qui suivait G., trajet court pour les visites post transplantation, et business pour pouvoir être remboursé s'il fallait l'hospitaliser dans le cas où les examens seraient mauvais.
G. adorait, en grand seigneur demandait son verre de jus d'orange à l'hôtesse à peine assis, faisait parfois un tour dans le cockpit et collectionnait les avions et autres miniatures offertes par Swissair.
A Paris nous prenions le taxi direction Bicètre, hop hop, visite, échographie, radio, prises de sang et repartions vers Roissy à 17h00. Nous étions en général à la maison vers 20h00. N'aurait été l'angoisse de mauvais résultats, je me serais sentie princesse.

Un matin, alors qu'il neigeait déjà sur les Alpes, une tempête digne de ces jours s'abattit sur Paris. Les pistes recouvertes et glissantes devenues dangereuses, l'atterrissage fut interdit à notre avion qui patientait en l'air. Il fallait attendre que les déneigeuses aient dégagé la neige, mais nous prévint l'hôtesse, il est question que nous allions à Bruxelles et que l'on prenne le bus pour rejoindre Paris.
Il me semble en avoir parlé dans un billet, les hommes d'affaire devenant grossiers, insultants, agressifs au fur et à mesure que les minutes s'égrenaient. Nous avions tourné un peu plus d'une heure, au dessus de Paris. En bas cela s'activait, la piste praticable, nous nous sommes posés sans encombre, mes gracieux compagnons de voyage, soufflant leur exaspération, n'adressèrent même pas un mot à l'hôtesse qui avait gardé son calme et son sourire.

C'est en quittant Roissy que nous découvrîmes Paris sous la neige. G. le nez écrasé sur la vitre du taxi, vibrait d'émotion, les parcs que nous contournions étaient duveteux, les grilles surmontées de leurs petits chapeaux blancs. C'était si beau, si paisible.

Le soir en repartant, tout était devenu gris et sale, mais je garderai toujours l'image de ce Paris enchanté découvert ce matin là.

mardi 9 janvier 2018

Je t'embrasserais si je le pouvais.


Quel âge aurais-tu ? Une petite trentaine d'année sans doute.
Tu aurais fini tes études. Tu aurais un ou une amoureuse, vous regarderiez ensemble certains soirs la mer ou les arbres froufrouter sous la brise tiède, vous parleriez peut être d'avoir un jour un enfant. Un fils dirais-tu, puis une fille ajouterais ta compagne ou ton compagnon. Brune au yeux clairs, blond aux yeux charbonneux. Oui Oh oui ! "Mais l'essentiel est que cet enfant naisse en bonne santé" rajouteriez-vous,  et vous auriez alors un sourire d'évidence.
Parfois tu appellerais ta mère, juste pour entendre sa voix, elle aurait ce petit pincement d'amour tendre et en raccrochant dirait à ton père "Que j'aime cet enfant".
Certains matins tu te réveillerais chagrin, la mine chiffonnée, tu aurais mal dormi, mal rêvé, tout serait source de grincement, la vie fait chier dirais-tu, sans savoir alors combien celle-ci te serait précieuse. En râlant tu mettrais en route la cafetière ou alors attendant que l'eau frissonne, tu préparerais ton mug pour un thé noir dans lequel tu verserais une ou deux cuillères de sucre roux. Debout à la fenêtre tu boirais à petite gorgée ton breuvage, regardant le soleil se lever sur l'horizon aride où les oliviers lentement quitteraient leur couleur grise pour se revêtir de ce vert si particulier brillant aux premiers rayons. Posant le bol vide sur le bord de la table tu étirerais tes bras immenses vers le ciel, effaçant d'un coup ce spleen matinal.
En grandes enjambées tu descendrais les quelques marches, faisant voleter la poussière rouge de la terre asséchée. Il ferait déjà chaud, et par la vitre ouverte de la voiture, viendraient se faufiler les odeurs et les bruits qui accompagneraient cette vie que tu brasserais avec force...

La vie mon dieu... Qui t'a quitté il y a vingt cinq ans... La vie que tu as redonnée à mon enfant qui lentement la quittait alors.

Tu m'accompagnes sans bruit, tu me regardes raccrocher le téléphone, sourire d'avoir entendu G. pester contre ces imbéciles, s'émerveiller de ses découvertes, s'inquiéter d'un avenir parfois incertain... mais s'inquiéter c'est déjà vivre... Et sans toi cela n'existerait pas, n'existerait plus...
Je t'embrasse mon si doux compagnon, je t'embrasse tendrement...

vendredi 20 octobre 2017

On picole

Enfin ! Hier après midi est arrivée l'information tant attendue et libératoire pour G. Toutes les signatures avaient été réunies pour qu'il puisse démarrer sa thèse.
Youhou !
Evidemment, JP et moi qui ne loupons jamais une occasion pour ouvrir une bouteille, avons trinquer avec lui. Et rien de mieux que ce délicieux crémant, un Langlois, brut et vraiment digne d'un très bon champagne.  qu'il avait rapporté de son dernier voyage à Angers, lorsqu'il était allé soutenir son mémoire du Master2.

Parfait pour fêter le démarrage de G. dans une carrière professionnelle qui, je l'espère, lui permettra de voyager, découvrir de nouveaux horizons, et surtout surtout, le passionnera.
Il va maintenant pouvoir décompresser, partir avec C. à Oléron une petite semaine, avant de se plonger dans trois années intenses.

Et pour nous, ce sera un excellent prétexte pour aller nous balader en Bretagne, où il va s'installer dès novembre.

Nos deux enfants autonomes, une page se tourne...

mercredi 18 octobre 2017

murmurer

Hier c'était, je ne l'ai appris qu'en milieu de journée alors que je trainais sur le net, attendant que mon correspondant veuille bien décrocher, que c'était la journée du don d'organe.
Le don d'organe qui sans lui ne me permettrait pas de serrer dans mes bras mon adorable fils d'un mètre quatre vingt cinq si tendre et si bienveillant.
Passant mes mains dans sa chevelure bouclée et drue, je me souviens de lui petit, si fragile, plein de vie alors que nous attendions ce don pour lequel une journée lui est dédiée.
Je pense alors à ces parents qui, leur enfant à peine mort, et malgré leur immense détresse, ont fait ce geste incroyablement bon, donner un avenir à mon fils.
L'ultime geste d'amour.
Et si j'en avais le pouvoir, j'irais dans leurs songes, les embrasserais tendrement, et leur murmurerais combien je les remercie de m'avoir permis de voir mon si doux bébé devenir ce grand et beau jeune homme.
Leur dire encore et encore qu'ils seront à jamais lovés dans mon coeur.