vendredi 2 octobre 2026

Un polar

Tag sur le site Saint Louis

Cela fait une éternité que je n'ai pas parlé livre sur ce blog et pourtant je lis, je ne fais quasiment que ça depuis le début de l'année.

Mais là, totalement bluffée par un polar que je viens de finir, j'ai envie de partager mon enthousiasme pour une autrice dont je n'avais jamais entendu parler, que sans doute les amateurs  doivent connaître. J'ai tellement, tellement aimé ce livre que je me dis que les rares qui ne l'ont pas encore découvert, devraient le faire sans attendre.

Le livre en question, qui m'a envoyée dans un espace temps duquel il m'a été difficile de sortir, est écrit par Gillian McAllister et s'appelle "Après minuit". Il débute par un meurtre, commis par le fils de la narratrice, meurtre qui semble totalement gratuit, sans explication, et sans que quoique ce soit ait pu le prévoir. Voilà, banal, on connaît. Mais, MAIS, très vite on chute dans une dimension indescriptible.

Je n'en dis pas plus, je vous conjure d'en lire le moins possible avant de commencer cette histoire. 

vendredi 25 septembre 2026

Mortel

 


Vivre jusqu'à la dernière minute sans savoir à quelle heure on va mourir est le plus beau cadeau que les dieux nous font, des dieux qui quel que soit leur nom, en qui, rien que pour cette raison, on devrait croire. (Trois jours chez ma mère, F. Weyergans)

Dans mon fauteuil au bord de mon jardin, buvant mon café du matin, lisant cette phrase, je la trouvais juste. Même si l'on sait que l'on est mortel, tant que l'on est là, on reste immortel. 

Et puis j'ai fait mon petit tour des blogs. Pas vraiment intéressée par le jeu des mots égrenés depuis le début de l'année, je survole souvent, passe mon tour. Bleck ! je lis, ne réalise pas - Ah ? il a été hospitalisé, et un de ses enfants nous donne de ses nouvelles... l'opération s'est bien passée, il est parti... Parti de l'hôpital... Il me faut un instant pour comprendre. Stupéfaite. Il est mort ! Bleck ce bonhomme au verbe haut est mort ! Mais comment a t'il pu quitter ce monde, si brusquement, alors qu'il était hier encore aussi présent ?

J'ai trainé toute la journée une tristesse lancinante, j'avais perdu un ami, virtuel certes, mais depuis le temps. Un ami qui parfois me hérissait et souvent m'amusait. Il n'aimait pas les émoticones, alors j'évitais, même sur mon blog, d'en mettre lorsque je lui écrivais. Il avait aussi dit que rencontrer des blogueurs ne lui plaisait pas "dommage m'étais-je dis, je l'aurais bien croisé autour d'un verre...". Il aimait sa femme, beaucoup, il disait aussi tout haut ce que l'on pense parfois, et ne craignait pas qu'un importun vienne brailler sous un billet. 

Dernièrement il avait évoqué cette tumeur récidivante, j'avais compatis, ici la maladie tentaculaire est une part de notre vie, depuis si longtemps. On fait avec, elle est là, mais on est en vie, jusqu'à l'éternité. Et puis brusquement la mort fracasse notre tranquillité, Catherine Ringer, Bleck...

Oui on meurt, sans tambour ni trompette, c'est aussi de cela qu'est ourlée ma tristesse. 



lundi 21 septembre 2026

Traverser le présent


C'est venu insidieusement, sans doute après ma chute spectaculaire dans les escaliers de l'agence, lorsque j'avais loupé cinq marches et que je m'étais fracassée comme une merde sur le palier en explosant mon nez, et choquant mon cerveau vigoureusement. Je n'avais pas vraiment compris comment cela m'était arrivé, j'avais juste enregistré inconsciemment que cela pouvait m'arriver, et que les marches pouvaient m'envoyer très vite dans l'au-delà. Je prenais ma retraite un mois plus tard, adieu les escaliers à descendre à tout allure pour aller à un rendez-vous. J'avais déjà expérimenté les chutes idiotes, où il y a plus de gêne que de mal, entouré d'un public se retenant de pouffer. Le médecin s'était aussi interrogé, mais mon équilibre semblait bon, il m'avais exhortée à être un peu moins dans la lune.

Alors sans doute avais-je ralenti mon allure, et puis la retraite avait effacé beaucoup de stress, j'avais le temps, le temps d'arriver à l'heure, le temps de prendre mon temps. Je m'étais efforcée de calmer mon énergie, nous avions déménagé, et ici, dans notre nouvelle vie, tout était devenu bien plus reposant. 

Un ou deux kilos fluctuants se sont installés, alors que je n'avais pas changé grand chose à mon alimentation, moins d'alcool, moins de sucre, plus de légumes, mais rien n'y à fait, ils se sont de plus en plus ancrés.

Et puis la semaine dernière, brusquement je me suis sentie me déplacer, sans brusquerie, descendant les escaliers raides menant à la vieille ville, me tenant à la rampe, marche après marche, évaluant la pente, concentrée, laissant passer les sportifs courant pour s'exercer au Trail, et j'ai pris conscience de cette lenteur de vieux qui petit à petit était devenue mon quotidien. Et j'ai réalisé que tout était devenu plus lent, loin de l'énergie qui faisait mon quotidien. 

Alors, depuis, je me force à accélérer, à reprendre mon pas d'avant, à quitter cette espèce de mollesse enveloppante. Pour ne pas devenir tout de suite une vieille qui ne bouge plus, du lit à la fenêtre puis du lit au fauteuil et puis du lit au lit...

mardi 1 septembre 2026

Pif paf pouf

Depuis le 12 décembre je ne suis plus de haute Savoie et de toute façon je suis fondamentalement alsacienne, mais heureuse d'habiter à trente minutes de l'océan. D'où suis-je si ce n'est de Strasbourg, de France, de Charente maritime, un peu stéphanoise aussi. Je suis d'ici et de n'importe où. 

J'ai cherché un nom de pseudo, mais saintaise, Saintonge, synthèse pourquoi pas mais je n'en ai pas l'esprit, ne me tentaient pas et puis, basta, je serai donc de n'importe où, jusqu'à ce que je trouve autre chose.

D'ailleurs ce nom qui m'a définit par erreur, je l'avais choisi vite fait, du temps où j'étais assidue au blog d'Hélène (mon blog de fille) qui à l'époque n'avait rien à voir avec ce qu'il est devenu. Elle était assez drôle, moins que Pensée de ronde qui elle me faisait littéralement pleurer de rire (hélas elle a depuis fermé son blog). Elle (Hélène) était déjà un peu cassante, mais bon, elle m'amusait. Et un jour elle avait râlé parce qu'il y avait un nombre conséquent de Valérie, et elle avait demandé que nous ayons un pseudo qui nous différencierait.  Valérie 57, Valérie de Strasbourg ou Valérie 67 étaient déjà pris, j'ai donc opté pour Valérie de Haute Savoie même si je ne me suis jamais sentie haute savoyarde (il est vrai que j'avais été accueillie de bien mauvaise façon). 

Ces derniers temps, lorsque je dois écrire ce pseudo parce que j'ai apparemment un peu de difficulté à rester enregistrée sur les blogs que je consulte (ce qui explique aussi que je ne laisse que rarement des commentaires, ayant ralebol de toujours ressaisir les infos...) je me sens de plus en plus éloignée de ce "de haute Savoie" alors ce matin j'ai enfin fait le nécessaire.

Je sais que je resterai longtemps encore par endroits d'la Yaute. Après tout, j'y ai passé de très beaux moments et mes enfants chéris y sont nés.

samedi 29 août 2026

La cabane


au fond du jardin...

Et voilà, j'ai mon petit chalet (dit avec l'accent suisse), et je suis vraiment très très contente. Il garde au chaud nos outils, une grande malle que C. avait fait faire aux Comores il me semble, les sacs de terreau (en attendant que notre composte soit utilisable), la tondeuse etc. Evidemment l'idéal aurait été qu'il y ait une petite fenêtre avec un bord pour poser une jardinière de géraniums, mais point trop n'en faut.

Dieu que JP en a chié pour la monter. Il l'avait achetée sur le site du roi merlin, la photo était parfaite. Et puis quelques jours plus tard, la voilà, en pièces détachées (200 morceaux de bois, bruts, à peindre deux couches recto verso) sans aucun repère noté, juste une petite notice. Et se greffe là dessus la canicule du diable. A 43° inutile de s'aventurer à faire ce légo de bois. 

Nous sommes partis en Alsace, au retour il faisait encore chaud, mais petit à petit nous avons pu respirer, et vite vite avant que les éléments mouillés se déchaînent, il a attaqué vaillamment la construction de cette merveille. Le toit goudronné a été posé une demie-heure avant le premier orage. Heureusement que mon grand frère était là venu passer trois jours à Saintes. Depuis, malgré les trombes d'eau qui nous sont tombées dessus, elle reste sèche à l'intérieur.

Elle sent bon le bois frais...


mardi 18 août 2026

conséquence tardive



En novembre, le 24 exactement, alors que j'étais en pleine préparation du déménagement, une des pièces de l'appartement me servait un peu de foutoir, cartons à moitié pleins, rouleaux de plastique bulle, objets attendant de trouver leur cartons et au milieu du fatras, la table à repasser et le fer vapeur incroyablement pointu.

M'emparant du rouleau de plastique bulle situé un peu en hauteur, derrière la table à repasser j'ai malencontreusement fait tomber le fer pointu oh combien ! Pile sur la lunule de mon gros orteil du pied gauche. 

J'AI CRU MOURIR DE DOULEUR

Je ne sais combien de temps je suis restée ahurie de douleur, sans un bruit, seule, n'osant regarder dans quel état était mon orteil.

Au bout d'un certain temps, je suis allée retrouver JP et hagarde je lui ai raconté en lui demandant de regarder mon pied, savoir s'il était entier. C'était moche, mais la douleur s'atténuant, je nettoyais ce qu'il fallait, un pansement et hop je recommençais mon trafic de carton. La suite est classique, mon orteil devint bleu sombre, puis un peu noirâtre mais rien de cassé semblait-il. L'ongle a commencé à sécher, se recroqueviller, et je coupais ce qui pointait attendant qu'il veuille tomber totalement. Le bougre restait accroché sur le côté droit et après des semaines à jongler avec des sparadraps pour qu'il ne s'accroche pas dans mes chaussettes, j'ai pris mon courage à deux mains et j'ai arraché ce qui restait priant que rien ne reste coincé.

Lentement il a commencé à repousser, et j'étais vraiment contente parce que je craignais que la matrice ait été dégradée. Tout allait bien jusqu'à samedi où emportée par mon envie de bouger, après avoir fait mes quatre kilomètres de marche rapide, j'ai décidé de faire du yoga. "Tiens ? me suis-je dit, j'ai mal à l'orteil !".

Le soir j'ai commencé à avoir sacrément mal, de plus en plus. Je me suis fait un bain de pied tiède, j'ai limé un bout de l'ongle qui pouvait éventuellement être responsable, me suis couchée, mais impossible de dormir. Je me suis relevée, j'ai trituré de côté me disant qu'il y avait peut être bien encore un petit bout d'ongle qui gênait la repousse, pris un Doliprane et rebelote le lendemain. Le pouce était de plus en plus dur, rouge, gonflé alors j'ai attaqué à l'aiguille et oui il y avait bien une infection. Je passe les détails, mais je suis allée à la pharmacie montrer le tout à un charmant jeune homme qui m'a conseillé de faire des compresses mouillée à l'eau de Dakin en coinçant un petit rectangle de compresse entre l'ongle et le bord. Bref ça s'améliore.

Allez, dans deux trois jours tout sera rentré dans l'ordre et je pourrai reprendre la marche ! Pour une fois que j'étais vraiment motivée...

samedi 15 août 2026

15 août


Il a fallu plus d'une journée, quasiment deux jours de contractions régulières et assez épuisantes, pour que cette petite fille arrive à naitre. L'attente ne l'avait semble t-il pas épuisée, puisque dès sa naissance, les yeux grands ouverts, très calme, elle avait inspecté l'alentour, se fichant éperdument de sa mère et de son père.

Et moi, mon coeur avait explosé d'amour. Hors du temps, seule comptait cette merveilleuse petite fille.

Aujourd'hui elle fête ses 41 ans, dans les Ecrins, crapahutant sous le soleil, ne sachant pas le soir si elle aura la force et le courage de repartir le lendemain. Mais chaque matin elle repart et je l'admire encore et encore.

Bon anniversaire ma fille si exceptionnelle.

jeudi 13 août 2026

Nous sommes allés à Oléron pour voir l'éclipse, arrivés vers 14 heures dans la maison, nous sommes partis tranquillement vers 17 heures, maillots de bain, foutas et petit siège pour JP, sans rien d'autre. Une place sur le parking de la plage la plus à l'ouest de l'île, hop hop hop on a filé se baigner parmi une quantité relativement importante de vacanciers très bon enfant. Rien de laissait voir que tout ce monde était venu pour la même chose. 

Vers 18 heures, JP s'est inquiété que nous n'ayons rien à boire. Son oeil affuté ayant repéré au loin ce qui semblait être une buvette juste derrière le poste de secours, s'armant de courage, il est parti à l'aventure. Une demie-heure plus tard, il avait non seulement une bouteille de Péchapié, mais deux verres et un paquet de chips. Nous étions fin prêts pour l'éclipse.

La plage a commencé à sérieusement se remplir, un couple avait apporté une table de camping, un plateau d'huitres et de quoi trinquer au rendez-vous céleste. Les gens ont sorti leurs lunettes décorées, leurs saucissons, leurs gâteaux, et on a suivi le parcours lent de la lune couvrant le soleil.


La luminosité a baissé, les ombres se sont allongées, le vent s'est levé, pourtant cela n'avait rien à voir avec celle de 1999 dont je garde un souvenir très émouvant.

l'auréole de soleil derrière l'enfant

Et puis la lune a lentement quitté le soleil, la foule a plié bagage, des files denses remontant les dunes. Au retour il y avait du monde sur la route, mais pas de réel embouteillages.

Nous avions décidé de dormir dans notre petite maison, imaginant que le pont serait embouteillé par ceux venus comme nous seulement voir cet instant fugace.

Août étant particulièrement infernal à Oléron, nous sommes rentrés dans l'après midi, non sans avoir un peu fait de jardinage dans le jardin ravagé par la canicule et le manque d'eau.


 

mercredi 12 août 2026

Huit mois



Assise dans mon siège Lafuma, buvant mon café au lait, pas de bruit, juste quelques oiseaux qui piapiatent, je rêvasse, cela fait huit mois exactement aujourd'hui que nous avons emménagé. Huit mois de bonheur. Pas une seconde j'ai regretté d'avoir quitté la Haute Savoie, les montagnes, l'est de la France. Je savoure chaque jour le bonheur simple d'un jardin, du silence, de la sérénité retrouvée.

Hier, discutant avec une amie de là-bas, elle me demandait si nous avions l'intention de revenir faire un tour à Annemasse. "Ben non... pourquoi ? " C'est déjà si loin, oublié... Je n'ai pas d'attache, la page est tournée, ce livre fermé sans regrets, sans nostalgie. Nous avons été heureux dans cette ancienne vie, mais ici nous sommes arrivés, chez nous.

Il m'a fallu ces huit mois pour me remettre de l'épuisement de l'année 2025, la mort de papa, le Dress syndrome de JP, le mois d'août très compliqué avec maman, la préparation du déménagement quasi seule (merci encore à Matoo pour m'avoir permis de trouver un déménageur compétent), l'installation en plein hiver avec les travaux, et OUF j'ai commencé à souffler. 

Mais c'est vraiment là, au retour de notre mois en Alsace, que je peux dire que "ça y'est, je suis dans la place !

mardi 11 août 2026

If contestable


Notre jardin est encore à l'état de projet. Un palmier que petit à petit j'apprivoise, deux oliviers, un boule de neige et mon potager chéri. JP veut des arbres, plein d'arbres, et entre autre un If. Je ne raffole pas de cet arbre, hormis ceux qui poussent dans le sud, loin de chez moi. 
Notre voisin en a un, que l'on voit de chez nous certes, mais c'est chez lui et il fait bien ce qu'il veut. Il sait mon amour pour cet arbre, il aime me taquiner sous l'oeil amusé de JP, en m'encourageant à en planter non pas un, mais trois au fond du jardin "cela serait absolument parfait vous ne trouvez pas Valérie ?"

Je traverse l'hôpital pour rejoindre mon terrain de marche et là justement il y a un if, magnifique, majestueux dirai-je même.

Alors ce matin, juste après que mon dentiste m'ait refait deux dents, la moitié du visage encore tout endormi, partant faire mes tours à belle allure, je l'ai pris en photo pour preuve qu'un if n'a pas forcément l'allure élancé et glorieux dont rêve JP.

De quoi réfléchir...



lundi 10 août 2026

Marcher

J'essaye différentes chaussures. Aujourd'hui j'ai des baskets avec socquettes, moins de gravillons qui  me font secouer le pied pour déplacer ces petits trucs agaçants. Il y a un mieux, et partir un peu plus tôt me fait rencontrer d'autres retraités et promeneurs de chiens.

Ici les races de chiens sont très diversifiées. A Annemasse l'essentiel était des chiens courts sur pattes, trapus, l'air un peu crétin patibulaire. Il semble en effet que dans mon ancienne ville il n'existe pas d'autre race que ce staff si laid. Au contraire ici, des huskys, des labradors, des bouledogues, des border-collies et toutes sortes d'autres chiens qui jouent, se courent après, se sentent le derrière avec application. Tout cela sous l'oeil bienveillant des propriétaires canins. 


On se salue discrètement, je marche en écoutant l'histoire de Samuel Mandelbaum racontée par Antoine Tricot. Et pour le moment je me cantonne à trois tours d'un pas soutenu. Un peu plus de trois kilomètres et hop je rentre me mettre sous la douche froide.


Demain tôt le matin je serai sous la roulette du dentiste, deuxième carie passée sous les radars à Annemasse. Il fera chaud à mon retour et je ne sais pas si j'aurai le courage de faire mes tours du parc.


dimanche 9 août 2026

reprise en douceur

éventuel mobile en préparation ?

J'ai fêté cette année ma dernière année en soixante, année érotique susurrait Jane Birkin... 

J'aurais plutôt tendance à penser que l'âge aidant, il m'est plus difficile de bouger avec vivacité. Aussi ai-je décidé qu'il était urgent que je fasse un effort. 

Le mois de juin a vu mon fils chéri se marier avec sa belle amoureuse, et puisque ma mère avait fait le voyage jusqu'à Angers pour cela, je lui avais suggéré de venir ensuite voir notre maison que nous aimons tant. Elle y est restée dix jours et mon petit frère en a profité pour l'accompagner une petite semaine. Nous avons visité la région, j'avais pour cela loué un fauteuil roulant qui permettait de se balader sans l'épuiser.

Puis est venu, ce qui semble devenir un petit rituel, le séjour dans notre maison d'Alsace. Mes deux frères sont venus y passer 15 jours et maman elle, est restée les trois semaines prévues. Bien lui en a pris, la canicule ayant à nouveau frappé Paris. Là haut, entre les murs de pierre épais et dehors sous les arbres et la glycine, un petit vent frais presque constant, nous étions vraiment au paradis. Nous avons fêté joyeusement ses 96, le 14 juillet.  Un peu plus tard c'est JP qui a fêté ses 67 ans. Nous revoilà avec deux ans d'écart. Comme à chaque fois que nous nous retrouvons en famille, nous faisons moult apéros et bon repas. Et même si la maison est entourée de verdures luxuriantes, je n'ai pas beaucoup bougé mes fesses.

En rentrant mes enfants sont venus passer quelques jours vraiment très agréables. 

Et puis la vie a repris son cours, mammographie de contrôle (première depuis 25 ans...), dentiste et remise en ordre de mon potager.

Sauf que, ces parenthèses ont laissé deux kilos en plus de ceux déjà amassés depuis notre déménagement et mes articulations crient misère dès que je bouge un peu. Alors, pour alléger leur souffrance, il me faut un peu stopper l'escalade des agapes. Et surtout, il faut que je bouge. Premièrement enclencher la restriction d'accès aux applications bouffeuses de temps et de moral (Instagram et BlueSky), et puis programmer avant que le soleil ne tape trop fort, une marche d'un bon pas, dans le parc à côté de chez moi, un podcast dans les oreilles. Et le plus difficile pour moi qui suis une gourmande invétérée, restreindre les quantités dans mon assiette et dans mon verre (là je ne parle que d'alcool il va sans dire). 

L'écrire fera peut être que je m'y tiendrai plus que deux trois jours. L'avenir me le dira.

dimanche 17 mai 2026

Traces

 


J'aime, lorsque je traverse le site Saint-Louis, m'arrêter devant la chapelle qui surplombe la ville. Il y a sur ses murs, des graffitis gravés dont les noms sont depuis longtemps évaporés des mémoires. Certains très élaborés comme cet Arnaud qui avait des talents de sculpteur, d'autres laissant simplement leur nom avec une date lointaine. Cela me fait naître chaque fois un élan de tendresse pour ces hommes qui ont voulu que reste une trace de leur passage sur terre. 


Le site est en plein travaux, là où s'établissait l'ancien hôpital situé dans le site, des habitations dont un quart de logements sociaux, et autour seront créés des espaces culturels, le grand parc aussi sera réaménagé (potager, vignes etc.)



J'ai cherché sur internet s'il y avait eu un relevé des différents graffitis de la chapelle, mais je n'ai rien trouvé. Il semble que la chapelle sera préservée, et j'espère que resteront ces gravures passage du temps.




mardi 14 avril 2026

Juste avant mon anniversaire...

une mosquée à la Marsa

Pour Noël et mon anniversaire (eh oui je viens d'avoir 69 ans, la fameuse année érotique), C. nous avait offert le voyage en Tunisie. 

Nous sommes partis de Nantes (avec évidemment une pensée toute spéciale pour Matoo et Colin) le 28 mars en fin d'après midi. C. nous attendait à l'aéroport Tunis-Carthage et zou, les vacances démarraient. La dernière fois que nous y étions, nous avions fait un tour dans le sud, et cette fois-ci, C. nous a fait découvrir le nord, verdoyant et lumineux. Nous avons eu un peu de pluie, une température parfois un peu fraiche, mais nous avons eu aussi des journées très ensoleillées.

Grâce à la pluie, nous avons vu les splendides mosaïques de Bulla Regia, lavées et lumineuses, aux couleurs incroyables. Une partie est conservée au musée du Bardo que nous avions visité la dernière fois, mais sur place, entrer dans ces maisons souterraines et voir ces sols encore incroyablement conservés, n'est pas comparable. 

Juste avant, nous avions visité, toujours en compagnie d'une guide, le site de Dougga. Au début il pleuvait encore pas mal, mais très vite le ciel s'est dégagé et nous avons crapahuté tranquillement, admirant l'art de vivre qui régnait alors. Une source d'eau à 20° serpente jusqu'au bassin qui permettait aux artistes de se détendre avant leur spectacle, et franchement, s'il avait fait un peu plus chaud, je m'y serais plongée avec délice. 


Le soir nous avons dormi au Verger des montagnes. Nous y avons surtout diner et petit déjeuner, une merveille de repas nous faisant découvrir des spécialités berbères. 

Le lendemain nous allions durant plus de deux heures, en compagnie, là aussi, d'un guide érudit, découvrir Le Kef, grande ville surmontée de la Casbah qui est une ancienne citadelle militaire surplombant toute la région. Je découvre donc que la mot casbah ne veut pas dire maison. Il y avait dans la Médina un concert de rock ce jour là, et la ville était très animée. Sans guide nous serions passés à côté de cette ville et si je peux vous conseiller une chose, c'est de faire toutes ces visites avec guide.

Le soir nous avons dormi dans une maison d'hôtes vraiment très belle. Nous avons diné devant la cheminée heureusement allumée tant il faisait froid. Et comme à chaque repas en Tunisie, avant le plat principal, nous avons eu une soupe, une salade, du pain délicieux et en dessert une salade fruit frais.

Après un petit déjeuner parfait, nous avons terminé notre périple en grimpant sur la table de Jugurtha, juste à côté de l'Algérie. Surplombant à 1271mètres la plaine, ce plateau gigantesque aurait abrité Jugurtha et ses troupes lorsqu'il avait tenu tête à Rome. Mais il semblerait que la légende soit fausse. Il y a une petite mosquée abandonnée que nous n'avons pas visitée, des ânes qui se baladent tranquillement, et partout des grottes creusées dans lesquelles étaient conservées les céréales. Les soldats avaient creusé des citernes d'eau dans ce plateau de granit, qui maintenant ressemblent à des piscines dans lesquelles nagent des algues vertes ondoyantes. 


Et puis nous avons repris la route. C. au volant, moi à côté et JP derrière, une fois n'est pas coutume... Nous avons croisé beaucoup de moutons, qui tranquillement déambulaient sur les routes et les champs.


De retour à La Marsa chez C., nous avons le lendemain fait un tour à la Médina, dégusté des fricassées (alors ça c'est une vraie tuerie) et profité encore un peu des deux chats ravis de notre retour. Juste avant que nous partions, une petite chatte pleine s'est installée dans le jardin, et le lendemain de notre retour elle avait mis bas juste sous la table de jardin. Voilà pour C. un crève coeur à régler, trouver des adoptants pour que ces petites choses ne soient pas jetées à la rue. A Tunis il y a un nombre de chats, souvent vraiment beaux et maigres, qui arpentent les rues à la recherche d'un repas offert. Les tunisiens laissent souvent des restes ou un carton pour que ces chats ne meurent pas, mais il y en a tellement que c'est impossible à gérer. Rien que chez C., à part ses deux chats rescapés de la rue et confortablement installés dans la maison il y a déjà plusieurs années, trainent dans son jardin en permanence quatre à six chats.


Et voilà, nous sommes repartis tôt le mardi, pile à l'heure et même en arrivant avec 20 minutes d'avance à Nantes.


C'était vraiment un très beau cadeau 💝


lundi 16 mars 2026

là haut

coucher de soleil aux Huttes

En sortant de l'hôpital où il venait de voir le résultat de son PET Scan, il s'était tourné vers ma soeur qui l'accompagnait et lui avait dit "Je pensais que je serai là pour ta mère jusqu'à la fin, que je pourrai m'occuper d'elle..." comme il l'avait toujours fait depuis qu'ils s'étaient rencontrés, toujours...

J'appelle maman deux fois par semaine, elle me raconte sa vie assez tranquille mais toujours intéressante. Elle ne sort pas beaucoup, marchant si difficilement que c'est à chaque fois un petit exploit, mais elle a du courage et ne se laisse pas couler. Elle aime bien aller boire une bière à la Contrescarpe, leur bistrot où ils aimaient s'arrêter et regarder les touristes, la vie de cette petite place. Parfois elle va juste s'asseoir sur un banc place de d'Estrapade, lire et regarder les jeunes japonaises qui déguisées en Emily in Paris, se font photographier devant le n°1. Si elle a beaucoup de courage elle va jusqu'au jardin du Luxembourg ou place du Panthéon. 

Et à chaque fois, absolument à chaque fois, un passant ou une passante s'arrête, lui propose de l'accompagner, lui donne le bras, et lentement marche à côté d'elle en bavardant. Ce sont toujours des personnes charmantes, intéressantes, prévenantes. Souvent de très jeunes qui lui racontent leurs études, ou leurs vies. Un célèbre hautboïste, une avocate du barreaux de Paris, un chercheur en biologie et d'autres vies passionnantes. Ils l'accompagnent jusqu'à sa destination à son rythme et puis lui disent au revoir et s'en vont.

Elle me raconte ses rencontres, à chaque fois reconnaissante d'avoir tant de chance. 

"C'est papa qui de là haut te protège comme il t'a toujours protégée lui dis-je. Il fait ce qu'il avait dit qu'il ferait, s'occuper de toi et te rendre la vie douce."

Et j'en suis persuadée puisque j'ai moi aussi un protecteur qui m'accompagne depuis longtemps, que j'avais senti lors de ma séquestration et qui m'avait entouré de tendresse lorsque la violence devenait effrayante. Je ne crois pas vraiment à un dieu tout puissant délivrant ou non des certificats de bonne conduite, mais j'imagine ceux que l'on a aimés nous accompagner du mieux qu'ils peuvent et nous donner de l'amour à leur façon. 

Et qu'importe si cela est réel ou non, l'essentiel étant ce que l'on vit.

mardi 24 février 2026

Les arènes sous l'eau

Les arènes aussi sont inondées, je ne sais pas si cela a un lien avec la Charente qui déborde, ou si ce sont les paquets d'eau que le ciel nous a déversé un mois durant qui restent stagnants telle une piscine à ciel ouvert.


Autour tranquillement, les moutons broutent, tondeuses naturelles et silencieuses.


Tu vois Calyste, les arènes sont bien inondées.

Chaque fois que je "descends" à la ville, je longe ces arènes qui ont d'ailleurs illustrées nos voeux cette année.



dimanche 22 février 2026

Que d'eau, que d'eau

6,60 mètres à la jauge

Nous sommes arrivés le 12 décembre 2025, et depuis nous avons eu 45 cm de neige dans notre jardin, puis la tempête Goretti, suivie de Nils et enfin Pedro. Seuls nos panneaux du fond du jardin ont eu du mal à supporter le vent déchainé qui a secoué tant et plus nos deux oliviers et notre palmier nain. Et puis la pluie, chaque jour, durant 35 jours, avec de très courtes mais délicieuses trouées ensoleillées. Nous avons même eu un week-end où nous avons pu commencer à nous occuper du jardin. Sans parler d'hier et aujourd'hui où nous avons eu un vrai air de printemps. 

Heureusement nous sommes à 40 mètres d'altitude, sachant que la Charente est à 10 mètres, cela nous laisse de la marge avant d'être les pieds dans l'eau. Pas de cave, un terrain bien drainé, un toit solide et hermétique, bref, chaque jour nous nous félicitons d'avoir choisi cette maison et non une de celles proposées à des prix défiants toutes concurrences et qui baignent maintenant dans cette extension charentaise. 

C'est impressionnant, désolant pour tous ces saintais qui devront remettre en état leurs logements, jusqu'à la prochaine crue. Nous avons bavardé avec plusieurs sinistrés, qui semblaient prendre cela comme une fatalité, sans se plaindre.

Ceux qui sont contents, ce sont les chiens, tout fous, pataugeant fougueusement dans ces rues devenues rivières. 

Nous avons assisté à l'évacuation de la prison, des policiers et des agents pénitentières pleins les rues. Et puis hier, apparemment pour des problèmes de sécurité dans les banques qui n'ont plus d'électricité, la police nationale patrouillait armées jusqu'aux dents. Il y a des pompiers se baladant dans les rues sur des canots rouges et jaunes, pleins d'habitants habillés de cuissardes de pêcheur. Des caves sortent les tuyaux de pompes de relevage crachant des litres d'eau. Une odeur d'essence, mais comme un air de fête. 

Aujourd'hui la Charente avait perdu 5 cm, mais il faudra des semaines pour que tout rentre dans l'ordre, du haut de Saintes, on voit des étendues d'eau à perte de vue.

entre la rangée d'arbre et le mur, une rue qui n'en est plus une


vendredi 13 février 2026

19 ans de blog

La Charente déborde

Le 11 février 2007 j'ouvrais ce blog, en tremblant, mais super contente d'y être arrivée. Et longtemps je l'ai alimenté presque quotidiennement. Je me souviens qu'en vacances à Oléron, j'allais dans un magasin d'informatique qui permettait d'avoir accès à des ordinateurs pour y travailler. 

Un jour j'ai même eu droit à un article dans le Dauphiné libéré. Il est arrivé que des personnes que je connaissais l'aient trouvé par hasard. Mais je suis restée anonyme. Je pensais toutefois que lorsque je serai à la retraite je me dévoilerais totalement. Je crois que je n'y suis pas encore prête.

Dernièrement en faisant des recherches sur le professeur Valayer dont je venais d'apprendre la mort, j'ai découvert qu'un de mes billets avait servi de support pour une polémique le concernant. Ainsi, un jour, une personne était passée par ici, avait fait un copier-coller d'un bout de billet, et l'avait intégré à une conversation dont je suis restée des années, ignorante Ce qui était écrit, puisque tronqué, avait été mal interprété par plusieurs, et d'autres avaient tenté de leur expliquer qu'ils se fourvoyaient. Beaucoup ne le connaissaient pas, le jugeaient pour une affaire dont il était étranger, mais qui l'avait apparemment bouleversé. Puisqu'il vient de mourir, à 92 ans, je veux dire ici que je lui garderai éternellement un amour infini.


Et les arbres se baignent

J'aime mon blog et même s'il semble qu'il y ait de moins en moins de blogueurs, je n'ai aucune envie de l'abandonner.

Doucement je reprends son chemin bien que je n'ai guère de choses à raconter pour l'instant. Nous sommes saintais depuis deux mois maintenant, et à part notre voisin, nous ne connaissons encore personne. Mais tout de même, je commence à reconnaitre des têtes, et j'aime de plus en plus me balader en ville, ou au bord de la Charente. Maintenant, ce qui serait vraiment agréable, c'est qu'il arrête de pleuvoir.

mercredi 4 février 2026

goutte gouttelette de pluie...

La vie c'est jour de pluie aussi

Heureusement, à un moment de la journée, la pluie s'arrête. Parfois même un rayon de soleil agrémenté d'un arc en ciel nous fait oublier l'eau qui quasi sans discontinuer, fait grossir la Charente et la Seudre.

Mais ici la pluie je la regarde tomber sur mon jardin où les oiseaux ont l'air de s'en fiche totalement. Ils continuent à picorer les boules de graisse et de graines accrochées à notre viorne boule de neige. 
Tout à l'heure, le nez plongé dans un livre, il m'a semblé qu'un remue ménage affolait mes mésanges et pinsons des arbres, en jetant un oeil distrait, j'ai découvert que l'écureuil roux qui parfois traverse notre jardin gracieusement, avait décidé de se faire un petit casse-croute, et le nez plongé dans les dites boules, se goinfrait vite vite avant de se faire déloger. 
Je regarde les oiseaux, l'écureuil, et les touffes de vraisemblables jonquilles ou narcisses ou peut être même de muscaris qui doucement s'allongent et promettent des belles surprises. 

Ce n'est pas ce temps assez tristounet qui me fera regretter une seconde notre installation à l'ouest. Ici tout est si tranquille, apaisé. 

mardi 27 janvier 2026

un simple baiser

plage des Huttes à Oléron

Je ne savais pas il y a un an qu'il ne restait à papa que trois jours de vie. Officiellement mort le 30 janvier, il est parti si tôt ce jour là, qu'il n'en a rien entendu. Trois petites heures qui ont fait un jour complet pour l'administration. Le dernier souvenir de lui vivant sera éternellement cette image de lui gisant, entouré de tous ses enfants et de maman. Au moment de partir, j'avais mis ma veste, pris mon sac, entouré mon cou de mon grand châle duveteux, je quittais la chambre avec mon grand frère quand brusquement j'ai réalisé que je n'avais pas embrassé papa. Ce papa qui depuis quelques jours respirait si lentement, avec de longues poses de silence, dont seul parfois un sourcil se levait interrogatif. Alors j'étais revenue vers lui, honteuse intérieurement d'avoir une seconde oublié de lui souhaiter une nuit douce.

Nous sommes partis mon frère et moi, regagner nos pénates après nous être embrassés fraternellement.

Mais ce dernier baiser fait à la va-vite à mon père, restera pour moi une douleur insupportable.