vendredi 25 septembre 2026

Mortel

 


Vivre jusqu'à la dernière minute sans savoir à quelle heure on va mourir est le plus beau cadeau que les dieux nous font, des dieux qui quel que soit leur nom, en qui, rien que pour cette raison, on devrait croire. (Trois jours chez ma mère, F. Weyergans)

Dans mon fauteuil au bord de mon jardin, buvant mon café du matin, lisant cette phrase, je la trouvais juste. Même si l'on sait que l'on est mortel, tant que l'on est là, on reste immortel. 

Et puis j'ai fait mon petit tour des blogs. Pas vraiment intéressée par le jeu des mots égrenés depuis le début de l'année, je survole souvent, passe mon tour. Bleck ! je lis, ne réalise pas - Ah ? il a été hospitalisé, et un de ses enfants nous donne de ses nouvelles... l'opération s'est bien passée, il est parti... Parti de l'hôpital... Il me faut un instant pour comprendre. Stupéfaite. Il est mort ! Bleck ce bonhomme au verbe haut est mort ! Mais comment a t'il pu quitter ce monde, si brusquement, alors qu'il était hier encore aussi présent ?

J'ai trainé toute la journée une tristesse lancinante, j'avais perdu un ami, virtuel certes, mais depuis le temps. Un ami qui parfois me hérissait et souvent m'amusait. Il n'aimait pas les émoticones, alors j'évitais, même sur mon blog, d'en mettre lorsque je lui écrivais. Il avait aussi dit que rencontrer des blogueurs ne lui plaisait pas "dommage m'étais-je dis, je l'aurais bien croisé autour d'un verre...". Il aimait sa femme, beaucoup, il disait aussi tout haut ce que l'on pense parfois, et ne craignait pas qu'un importun vienne brailler sous un billet. 

Dernièrement il avait évoqué cette tumeur récidivante, j'avais compatis, ici la maladie tentaculaire est une part de notre vie, depuis si longtemps. On fait avec, elle est là, mais on est en vie, jusqu'à l'éternité. Et puis brusquement la mort fracasse notre tranquillité, Catherine Ringer, Bleck...

Oui on meurt, sans tambour ni trompette, c'est aussi de cela qu'est ourlée ma tristesse. 



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