lundi 9 novembre 2009

Je me souviens...

Nous avions traversé les rues désertes, noires, sans lampadaire pour les éclairer. Au loin, la mer brassait calmement les galets, le doux ressac rythmait nos pas, excités nous suivions la silhouette de notre père nous conduisant vers le seul café ouvert pour cette nuit magique.
La lune, juste au dessus, découpait les branches dansantes des grands arbres bordant notre chemin.
Tout là haut, des hommes allaient se poser sur la lune, et cela était tout simplement incroyable !

L'un derrière l'autre, nous avions gravit les marches de granit, passé la porte en fil indienne, traversant le rideau de fumé nous étions installés, face à l'unique poste de télévision allumé. Il régnait une ambiance joyeuse, les hommes parlaient fort, le patron derrière son bar riait tout en servant des litres de bières et de soda. Et puis il y avait eu ce silence, ces voix venus de loin, ce premier pas gravé dans la poussière lunaire, le petit pas devenu grand...

Quelle ne fut alors notre stupéfaction de voir un petit être grimaçant, bondissant allègrement, léger comme une plume, venir saluer, tout fiérot, nos héros de la lune. Comment était-ce possible, comment avait-il pu les devancer de la sorte ?
"C'était dit-il, parce qu'il avait ouï dire que ce soir là le monde vivrait un instant historique !
Il se devait d'être là tout simplement"

C'est vrai que déjà, tout petit qu'il était...
... Sarkozy épatait son monde !


Si toi aussi tu as vécu un grand moment Sarkozien, n'hésites pas à le raconter sur ton blougue à toi !

être français...

Française je suis, c'est vrai !

Pour autant, ai-je envie de débattre de cette identité si chère au pet huileux ?

Pas vraiment. Il y a dans ce débat voulu par celui qui représente sans doute le moins bien les valeurs qui font justement l'identité française, un vieux relent qui ne sent pas très bon. Et pourtant, dieu sait combien j'aime cette France.
Je sais aussi le pourquoi de ce débat, qui bien évidemment n'en sera pas un puisqu'il a déjà été décidé en haut lieu ce qui doit en surgir, je sais aussi qu'il sera effacé aussi vite que toutes les bonnes idées du petit agité, par une autre idée de génie toute aussi foireuse.

Malgré tout, je ne peux m'empêcher d'y réfléchir. Qu'est ce pour moi d'être française ? Et j'avoue que je patauge lamentablement.
Une seule image me vient, celle de mon grand père, fou amoureux de cette France dont il avait été éloigné par la guerre, faisant de l'Alsace un petit bout d'Allemagne, et de De Gaulle un Dieu merveilleux qui allait lui rendre son identité un temps souillée. Je suis née douze ans après la libération, dans une région qui avait depuis longtemps effacé les traces de la guerre. Mais il y avait pour mon grand père une telle fierté joyeuse à être à nouveau français, qu'il me semble qu'est ancré à jamais cette identité de la terre.



A lire aussi, Otir, de son lointain exil...
Comme toujours Eolas...

mercredi 4 novembre 2009

mes petits tweets !

Le soir... Beigbeder a le Renaudot ? Chic alors, bientôt une commande sur Amazon !
Le lendemain midi... un mail ! Vous avez une commande.
Et Paf, le Beigbeder !

mardi 3 novembre 2009

Sale moment.

Nous l'avions vu déménager avec soulagement. Non pas qu'il faisait du bruit, et entendre par le biais de la VMC ses gammes au piano ou au violoncelle me plongeait dans des souvenirs plutôt agréables. Mais il était collant, "gluant" disais-je, débarquant le soir, restant des heures malgré mes lourdes allusions à notre fatigue incommensurable. Il fallait ruser pour ne pas le croiser dans les couloirs, guetter en entrouvrant la porte avant de sortir de l'appartement, malheur si l'on tombait sur lui, on ne s'en dépêtrait plus.
Il y a quinze jours, partant guillerette au bureau, je jette un œil sur les boites aux lettres.
Horreur, il est revenu ! Est-ce lui ? Un homonyme ?
Une semaine passe, tranquille... Rien...

Ding-dong, la sonnette de la porte d'entrée retentit dans le silence. Qui peut venir à cette heure tardive ? Je traîne dans ma vieille serpillère chérie, JP plongé dans un projet de carte de voeux se lève au deuxième ding-dong, regarde par le judas. Je l'interroge du regard "Qui ?" Une silhouette campe, statique, massive "aucune idée chuchote t-il." Nouveau ding-dong, il faut ouvrir, je pense dégât des eaux !
Gérard ! Sourire niais accroché sur son visage légèrement penché de côté, tout fier de sa bonne surprise "Coucou ! C'est votre ancien voisin ! Votre ami !" Le Boulet !
Vingt trois heures, on n'est pas sorti de l'auberge !

Il raconte son chômage, l'installation chez un ami qui brutalement un soir le met à la porte, son désir de retrouver le studio qu'il louait ici, sa joie de revenir, nos futures soirées ensemble... petit à petit l'angoisse m'enveloppe, JP adossé au mur s'endort lentement. Debout, content de lui, son regard visqueux me fait horreur, l'heure n'en finit pas de passer et, de l'allusion, je passe petit à petit à une injonction accompagnée d'une poussée franche de la main sur son épaule, vers la porte de sortie que je referme d'un double tour de clef. Minuit passée, nous nous regardons effarés.

Une semaine passe, sans nouvelle "Bonne nouvelle !"
Bien sûr il a tenté à deux reprises de nous contacter par téléphone, mais rien de plus. Alleluiah !

Samedi, dix heures, matin calme, C. se réveille, G. barbote dans le bain, JP et moi surfons avec délice sur nos ordinateurs respectifs, sirotant nos thés et cafés.
Ding-dong !
D'un coup, un vent glacé s'abat sur nous, silence, plus personne ne bouge.
Ding-dong !
Sans bruit je me lève, soulève doucement le cache du judas... il est là, masse sombre immobile.
Juste ciel !
Ding-dong-ding-dong-ding-dong... il carillonne frappe sur la porte, nous sommes statues de sel, Chamade les quatre pattes plantées sur le carrelage ne frémit pas d'un poil.
Un dernier ding-dong, la porte de l'ascenseur qui se referme, soupirs de soulagement, nous reprenons vie.

Vers vingt deux heures la sonnette retenti à nouveau, puis le lendemain matin, le soir jusqu'à près de minuit. Nos téléphones sonnent à intervalles réguliers, nous laissons sonner, attendons ses messages joyeux "c'est votre ancien voisin, huhuhu, qui est de nouveau votre voisin hihihi", un cauchemar.

Alors, hier soir, alors que la sonnerie du téléphone, de d'entrée, de l'immeuble a déjà sonné vingt fois, le sachant l'oreille collée à notre porte guettant le moindre bruit, de guerre lasse je me lève.

J'ouvre la porte, il est là tout content d'avoir réussi.

Calmement, le regardant dans ses petits yeux de fouine...
"Mais Gérard, si l'on ne t'ouvre pas la porte... c'est que l'on a pas envie de te l'ouvrir.."
Il me regarde hébété, sa bouche s'ouvre lentement.
"Tu n'as pas compris ça ?"
Et doucement je referme la porte.

Je vais me rasseoir, abattue.

lundi 2 novembre 2009

Ho ho ! mais qui voilà ?

Ne sont-ce point des Gogo's qui viennent de faire un long voyage ?


Et qui est-ce qui est toute fierotte avec ces Gogo's sur son bureau ?

Des Gogo's de chez Tippie !!!

dimanche 1 novembre 2009

Sou... la... gée !

J'appelle l'école des chats, appréhendant la réponse à la question que je vais poser.

"Oui bonsoir, je suis Madame Valérie de Haute Savoie, nous vous avons déposé un chaton en milieu de semaine, je voulais savoir s'il avait été adopté... s'il allait bien..."

- Comment était-il ?

"Noir, avec une tache blanche sous le cou et une autre entre ses pattes arrières"

- Ah oui ! Il a été adopté par une famille. Dans une maison... mais pour l'instant il reste à l'intérieur. Une très gentille famille...

Oouuuuffffffffff ! D'un coup s'envole cette sourde tristesse qui pesait sur mon dimanche. Je me sens légère, légère... Merci Oh merci, je suis tellement soulagée. Je ne sais comment vous remercier. Vraiment !

- Oh, mais il était tellement affectueux, au milieu des autres chatons ils ont tout de suite eu le coup de foudre.
Il sera très heureux vous savez, nous choisissons toujours avec beaucoup de soin les familles.
Quelques mots encore, et je raccroche tout sourire.

Quel beau dimanche pour la saison !

vendredi 30 octobre 2009

Fini fin !

Je l'ai encore serré dans mes bras, embrassé tendrement, puis après avoir une dernière fois fourré mon nez dans son poil doux, je suis partie au bureau.

L'après midi, JP et C. l'ont accompagné dans son école.
Au bout d'une heure de voyage, arrivés à destination, ils ont délivré le chaton de sa caisse d'où il avait tenté tout au long du trajet de sortir, employant mille ruses et déployant son charme redoutable.
Mais là, à la vue de ce nouvel environnement, il s'est agrippé à C., miaulant de désespoir, ne voulant en aucun cas quitter ses bras pour ceux de la dame de l'école des chats. Cette caisse honnie devenait son seul but, y retourner !
Non non, cette école remplie de chatons faisant la sieste ne lui disait rien de rien. Et C., le coeur fendu, retenait ses larmes.

Et puis ils sont partis, laissant le chaton au milieu de ses nouveaux petits copains, priant le ciel que vienne vite quelqu'un qui aura comme nous le coup de foudre.

Méfiante, Chamade reste aux aguets, le nez fébrile, redoutant l'apparition du monstre poilu. Lentement elle reprend possession de son territoire, me lançant des regards lourds de reproche.

Un petit bout de mon cœur chaviré reste accroché là-bas.