lundi 13 septembre 2010

à chaque fois réapprendre...

Le grand sac déborde de pommes, de sachets de pâtes diverses et variées, de boîtes de conserve, pots de gomasio, slips et chaussettes neuves, vitamines, dentifrice, linge propre et repassé par mes blanches mains, il m'embrasse rapidement, son train est certes dans une heure mais il veut vite rejoindre un copain qui partira avec lui.
Nous plaisantons, je joue la mère juive qui essuie furtivement une larme imaginaire, la porte claque et BOUM le grand vide au creux du ventre.

Cette fois-ci les larmes qui fleurent mes cils sont bien réelles.

Et c'est à chaque fois pareil, avec l'une, avec l'autre, une sorte de pré deuil de ce que sera ma vie là haut, sans eux.

Je le sais, je me connais, demain ou après demain, tout ira mieux, la vie aura repris sa course vive, je rirai avec mes collègues, je ferai des projets, mais ce soir, le vide est là, remplissant tout.

14 commentaires:

Lancelot a dit…

UN CALIN !!! Lui faut un câlin ! Avec Chamade ? Avec nous ?

Un grrrros valéricalin, pour toi seule

Anne a dit…

Ce n'est pas une étape que j'ai hâte de connaître. Et en même temps c'est signe de bonne santé, physique, mentale, d'humains, qu'ils ferment la porte et nous échappent, je sais...

Pauvre de nous, qu'avons-nous fait, nous, les mères, hein ??

La petite poule noire a dit…

Sans doute l'as-tu déjà lue ou entendue mais je te redonne ma phrase préférée, celle que je me répète telle un mantra : "Les parents ne peuvent donner que deux choses à leurs enfants, des racines et des ailes" ...

Calyste a dit…

J'ai connu l'autre position, celle de celui qui part. Pour moi, quitter ma famille pour redescendre à Lyon, à l'université, n'était pas toujours facile. Un dimanche soir, je suis même revenu, prétextant que, finalement, je pouvais aussi bien partir le lendemain matin.

Dr. CaSo a dit…

Grosses bises à toi qui es si forte! Le cycle de la vie n'est pas facile tous les jours, c'est vrai, mais s'il y a bien une personne qui sait y faire face avec joie et fierté c'est bien toi :)

Fauvette a dit…

Mais il reviendra ma grande, et cela sera la fête !

Beo a dit…

Comme je te comprends: je suis pareille. Puis c'est tellement bon de les retrouver, la complicité qui joue instantanément et.... les au revoirs qui laissent un grand vide oui!

Valérie de Haute Savoie a dit…

Eh bien non PPN, je ne connaissais pas cette définition du rôle parental et je la fais mienne :o)

Anne, c'est drôle parce que je n'avais jamais eu cette crainte là.Cela me semblait naturel point barre. Mais là, les deux partis, il y a comme un vide à l'instant où la porte se ferme.

Et Calyste, moi aussi justement je connaissais cette position, bien plus que l'autre, et j'avoue que j'ai la même tristesse diffuse qui bien souvent me donnerait envie de rester encore un peu.

Dr CaSo, je suis forte oui et toujours à fleur de peau. En réalité c'est pour combattre mon éternelle dépression que je suis devenue celle que je suis, optimiste à tout crin et préférant rire que pleurer.

Fauvette ils reviendront, ils repartiront... je crois que jusqu'au bout j'aurai ce manque au creux du ventre en les regardant partir. C'est commun aux mères il semblerait, si j'en crois la mienne qui pourtant ne semblait pas si triste de nous voir filer sous d'autres cieux :)

N'est ce pas Béo.

Lancelot merci :o)

FD a dit…

et si tu l'emmenais, le dimanche soir...?

Valérie de Haute Savoie a dit…

FD cela fait tout de même aller retour presque quatre heures, et puis de toute façon cela ne ferait que reculer ce vide. Non, c'est juste qu'à chaque au-revoir c'est un petit pas vers l'absence.

IsabelleDeLyon a dit…

Je crois que comme toi, je serais heureuse de les voir autonomes, mener leur vie mais à chaque fois ça sera un peu de moi qu'on m'arrache.
Ça doit faire bizarre de se retrouver à nouveau à deux, à ne faire les courses que pour deux

Valérie de Haute Savoie a dit…

Ah oui Isabelle, c'est tout un apprentissage, n'acheter qu'une baguette de pain, qu'une salade, quelques tomates sous peine de se retrouver avec des tomates fripées au bout de quinze jours. Mais ce n'est pas désagréable pour autant, surtout si l'on sait ses enfants heureux ailleurs. C'est juste l'instant où je les quitte, une inévitable déchirure.

chrisfons a dit…

J'ai laissé mon fils à Strasbourg le 6 septembre (nous habitons près de Nîmes, soit 750 km plus au Sud...), il redescendra pour les vacances de la Toussaint : j'ai un peu de mal en ce moment même si apparemment il se débrouille comme un chef...

Valérie de Haute Savoie a dit…

Oui Chrisfons ce n'est pas si évident en somme de se retrouver sans nos garçons même s'ils se débrouillent heureusement très bien. Le mien n'est qu'à une heure et demi mais nous n'avons quasiment pas de nouvelles, il est très pris par la fac et a besoin sans aucun doute de liberté.
J'espère que ton fils sera heureux à Strasbourg (très belle ville en toute objectivité :o) parole de strasbourgeoise)