lundi 14 avril 2008

in-humanité

Nous étions assis là, attendant que cela se fasse. Le foie venait d'Espagne...

"Dieu merci ce foie est Espagnol et non pas Serbe ! " Cette pensée fulgurante au moment où Carla del Ponte informe le monde qu'il y a eu, en 1999, des prélèvements d'organes, parfois multiples, sur des prisonniers "Serbes et autres Slaves" afin de fournir un trafic épouvantable.
Dieu merci oui, parce qu'au moins mes pensées vont vers des parents identifiés par les chirurgiens, des parents qui ont fait don en toute conscience, alors qu'ils venaient de perdre leur enfant.
Par ce don ils ont non seulement donné la vie à mon fils, mais ils nous ont aussi donné la sérénité. Parce qu'il me serait intolérable de douter, d'imaginer le pire.

Je regarde mon fils, si beau, si grand, si drôle et tellement normal...

... Je pense à ces hommes, ces femmes et ces enfants dont on oublie l'humanité et que l'on traite comme de la marchandise.

10 commentaires:

Beo a dit…

Dire que ça se fait encore... et sur des être vivants!!! C'est horrible.

Sauf erreur c'est en Inde? Je suis vannée et j'ai la flemme de vérifier, je sais juste que pour ne pas mourir de faim, ils vendent un de leurs organes... c'est totalement révoltant.

Sinon: tu dois tellement t'émerveiller par moments de regarder ton fils non? C'est beau la vie!

Tili a dit…

Le don d'un organe est un acte d'amour. J'ai depuis longtemps cette feuille dans mon portefeuil qui dit que je suis d'accord au cas où... enfin maintenant que j'ai subit une chimio ils n'en voudront probablement plus. Mais le fond est là, on donne par amour j'en suis convaincue.

samantdi a dit…

Ton post me rappelle une chronique d'Albert Jacquard sur France-Culture (j'adore la voix de cet homme âgé, plein de sagesse) qui expliquait le don d'organes, un don de vie, il parlait aussi de ceux qui acceptent que l'on prélève un organe sur un de leur proche qui vient de mourir... Il disait cela de telle façon que j'en ai pleuré, d'émotion, là, dans ma voiture, tellement il avait su trouver les mots justes.
(alors qu'avant cette chronique, j'avais comme une réticence à l'idée que l'on prélève un organe... aujourd'hui je connais une personne en attente d'un rein et de voir ce qu'elle endure a fini de me convaincre)

Je crois qu'on ne parle pas assez de ce sujet, finalement...

Valérie de Haute Savoie a dit…

Je pense que nous avons de la chance, en France, d'être protégés du trafic d'organe, que nous ne risquons pas d'être complice malgré nous de crimes .
Béo, ils ont été "utilisés", considérés comme des choses puisque prisonniers. Pendant la guerre de Yougoslavie.
Tili, être d'accord fait déjà avancer le monde.
Samantdi, j'aime aussi beaucoup Albert Jacquard. Cet homme est tellement bon.

Moukmouk a dit…

ouf! bien sur ma carte de don d'organe est signée. Ici on se bat pour que le don soit autorisé à moins qu'on ne signe la carte. Tant de gens sont plutôt pour mais n'ont pas signé.

Madeleine a dit…

Je suis pour aussi et n'ai toujours pas rempli la carte qui doit être quelque part ! de la négligeance mal placée. Quand je lis l'histoire de G. cela finit de me convaincre. Je m'en occupe rapidement !
(Commentaire gratuit et sans aucune idée de pub, suite au billet précédent ! d'ailleurs je ne mets de lien vers mon blog :))

Marcus a dit…

Sale affaire. Le revers de la médaille des progrès scientifiques de l'augmentation de la demande et de la pénurie de donneurs.
A noter que des chirurgiens se commettent nécessairement dans ce trafic d'organes.
Je ne sais pas si le droit international reconnait à ces crimes la qualification de crime contre l'humanité ce qui les rendraient imprescriptibles ?

Valérie de Haute Savoie a dit…

Madeleine c'est dommage de ne pas mettre le lien, moi j'aime beaucoup faire un tour sur les blogs de mes visiteurs.

Marcus, j'espère que ce sont des crimes imprescriptibles ! Nous en reparlions à midi avec G., comment peut on vivre avec un organe volé ? Comment peut-on être à ce point là démuni d'humanité ? Et les chirurgiens qui collaborent à ce trafic sont de vraies ordures.

Madeleine a dit…

J'ai déjà commenté ici avec un lien. Tout à l'heure c'était juste pour rebondir sur le billet précédent :)

Jipes a dit…

Abominable sans conteste, quand on pense que certains mutilent leurs enfants pour nourrir la famille ca me fait froid dans le dos