mardi 11 décembre 2007

réapprendre

Les trois semaines ont passé, puis les six... Il vivait cahin-caha, s'accrochait. Un jour il rentra à la maison, la peau sur les os, couché le jour, couché la nuit, abruti de douleur... mais il vivait... pour combien de temps ?

J'étais dans l'au delà, l'au delà de sa vie... il mourrait, c'était dit !

Lentement les forces revinrent, il se leva de temps en temps... rémission disaient-ils.

Puis il retourna au travail... dans ma tête il continuait à mourir, lentement certes mais c'était dit.

Nous vivions côte à côte, nous nous éloignions chaque jour un peu plus.

Maintenant je chantais dans une chorale, doucement j'apprenais à être seule, doucement j'entrais dans le rôle de chef de famille, je repris le travail... nous étions côte à côte... pourtant ils avaient dit...

Je me levais, je vivais dans le jour, juste le jour... dans l'attente...

Un soir, en rendez-vous chez le médecin, celui du téléphone, il me dit "C'est un miracle qu'il vive !"

Qu'il vive ? Il y avait donc un avenir ?

Alors il fallu réapprendre à penser demain... demain avec lui ! Reconstruire le présent un peu plus longtemps, faire des projets ensemble, oublier la sentence couperet.

8 commentaires:

Jipes a dit…

Mon dieu tu es passé par de terribles moments ca doit etre terrible de se forcer a se préparer à un deuil alors que la personne est encore présente, Heureusement il y a un avenir ! Il t'a fallu surement bien de la force popur passer un tel cap

Fauvette a dit…

Je viens de lire tes deux billets. Simples, directs, sobres... Pour dire l'insoutenable, l'insupportable...
Valérie tu me coupes le souffle...

Fay a dit…

c'est toujours aussi bien écrit ! jamais de pathos, toujours cette amour de la vie.
Merci...

Valérie de Haute Savoie a dit…

Jipes, je voulais surtout dire la difficulté de revenir à la vie.Et à ce moment là il faut dire que d'une part JP se mourrait, mais G. n'allait vraiment pas bien et on venait de découvrir chez ma fille un truc pas clair... en gros je me noyais :D

Merci Fauvette et Fay de vos mots

Pablo a dit…

Une question m'intrigue depuis quelques jours : Mais est-ce qu'il savait aussi qu'il n'avait pas, soit-disant, pour longtemps ?

Ton pain a l'air très bon !

Valérie de Haute Savoie a dit…

Oui il savait, et surtout il se sentait mourir.

Anonyme a dit…

des moments très durs à supporter mais nous n'avons pas le choix.
aussi nous devons profiter un maximum des bons moments mais ils sont très rares quand la maladie s'empare d'un membre de la famille : époux ou enfants et quand la médecine n'apporte pas de solutions.nous voyons les jours passés et nous subissons
BON COURAGE A VOUS

antagonisme a dit…

Je t'ai lue, je t'ai lue, je ne sais toujours pas quoi dire, tu es admirable.