samedi 16 juin 2007

Bicètre

Cela fait plus de quinze ans maintenant que Paris n'est plus pour moi autre chose qu'une sourde angoisse. Depuis plusieurs années déjà, nous vivons de nouveau normalement, et même les deux petites gélules prisent toutes les douze heures par G. sont totalement absorbées par la normalité.
Tous les 6 mois il y a bien cette prise de sang faite aux aurores dans un laboratoire sortant tout juste de sa nuit, mais ce ne sont que quelques minutes vite englouties dans le reste de la journée. Et c'est à peine si l'on s'enquiert encore des résultats.
Et puis vient le "Bilan" ! Celui qui nécessite notre voyage à Paris.
A chaque fois, il me faut plusieurs semaines pour me décider à prendre les billets de train, puis il faut que je fasse la demande d'accord à la sécu, qui de toute façon nous le donnera. Avant, bien entendu, j'ai appelé le Kremlin pour prendre le rendez-vous, les rendez-vous : prise de sang, echo-dopler et rencontre avec celle qui nous a révélé notre avenir il y a si longtemps.

Lorsque nous arrivons à Paris, j'ai l'impression de démarrer une course épuisante. Pourtant tout est parfaitement rôdé depuis le temps que nous faisons ces bilans. Il faut que nous soyons à 8 h à l'hôpital de jour pour la prise de sang, nous décalons donc le FK de 2 heures afin de respecter les 12 heures nécessaires pour le dosage. Nous arrivons la veille dans l'après midi pour permettre aux cousins de se retrouver, et profiter de la soirée sans stress. Le jour du rendez-vous, nous débarquons au KB un peu avant 8h, il y a déjà 5 patients avant nous, et cette année nous découvrons les tickets numérotés pour l'ordre de passage. 8h30 c'est à G. et cette fois-ci il ira seul à tous les examens, je reste dehors. Dès qu'il est "piqué", nous descendons prendre le petit déjeuner à la cafèt. On pourrait se diriger les yeux fermés dans les couloirs de ce secteur anciennement Parot et maintenant Alagille , et chaque pas fait écho à un souvenir de ces instants hors du temps emplis de douceur mélancolique. En radiologie, nous attendons 1h30. Il y a là deux tout petits, qui visiblement ont une atrésie des voies biliaires. Voir leurs parents qui sont au début de cette histoire est tellement triste... tellement triste ! Puis c'est le rendez-vous avec le docteur Debray et voilà nous repartons. Je suis soulagée, G. s'en fou !
Ensuite on file récupérer les bagages chez les cousins, retrouver ma fille chérie qui repartira à 15 h avec G pour l'île d'Oléron.
Il me reste quelques heures à traîner avant de prendre mon train vers 18 h. C'est là que j'irais me ruiner chez Lush rue de Buci, et puis me poser à la gare, boire un café et un perrier en attendant mon départ.

Je n'arrive pas à profiter de ces petits séjours, et je rêve de venir à Paris sans passer par la case Kremlin Bicètre. Cette fois-ci pourtant, j'ai presque retrouvé le Paris d'avant, et j'ai même eu une brusque bouffée de plaisir en sentant l'odeur du métro.

6 commentaires:

marc a dit…

Je vous comprends, et j'aime beaucoup votre façon pudique et simple de dire les choses importantes. A bientôt.

Fauvette a dit…

Je comprends moi aussi. Un jour tu viendras nous voir, que pour le plaisir... Je t'embrasse Valérie.

Valérie de Haute Savoie a dit…

Ah oui Fauvette, venir un jour me glisser dans vos pic nic de blogeurs ;)
Marc, merci :)

Catherine a dit…

Un jour , moi aussi j'espère que tu iras à Paris, juste pour le plaisir.
Tu peux aussi venir en Bretagne ...
Si si il y a des trains !

Valérie de Haute Savoie a dit…

Ah la Bretagne, son chouchen, son kouignaman, ses grandes marées.... j'aime la Bretagne et d'ailleurs c'est à Erquy que mon fils a découvert la mer 6 mois après sa transplantation :)

Oxygène a dit…

En te lisant, mon estomac se noue comme à chaque angoisse médicale vécue pour les petites maladies de mes enfants. Pourquoi ne pas aller à un Paris Carnet ?