Elle est restée jusqu'au soir, prégnante, accrochée à mes cheveux fraichement lavés, douceâtre, reconnaissable entre toutes, l'odeur perçue dès l'entrée de l'immeuble.
Deux locataires avaient appelé le matin, une rentrait de vacances, l'odeur sur le palier était infecte, une odeur de poubelle, et des cafards qui sortait de l'appartement du voisin. Zut, flûte, encore un syndrome de Diogène ! J'imagine déjà mes autres locataires résidant sur le palier qui me donnent leur préavis, zut et zut !
Et puis, Anaïs me dit qu'elle a déjà prévenu le syndic la semaine dernière, que l'odeur chaque jour est de plus en plus pestilentielle.
Merde...
Je consulte les comptes de mes deux autres locataires qui habitent sur le palier, tout est en ordre, ils payent, régulièrement. Il y en a bien un qui est mutique, refuse d'ouvrir aux entreprises, ne relève jamais son courrier.
Je m'interroge, dans le bureau de Kriss qui s'occupe des contentieux et qui le connait bien. On appelle les pompiers ?
Allez, lorsque tu reviendras de chez l'ophtalmo tout à l'heure, on ira faire un tour, voir si les compteurs tournent me dit-elle. Et puis lui dis-je, l'odeur, je la reconnaitrais entre mille, s'il y a un mort, je le saurai immédiatement.
Nous sortons de la voiture, une fenêtre est grand ouverte au deuxième étage, le vent souffle et fait virevolter les feuilles des arbres en toupie, sur le parking.
J'ai déjà sorti le badge d'entrée, de la fenêtre se penche alors un policier, puis un autre, on se regarde... quelques secondes pour enregistrer, pour imaginer mille scénarios. Je me présente, demande "Vous êtes chez Monsieur le grincheux ?"
Ah non Madame, ce n'est pas ce nom, mais le monsieur qui est dans cet appartement est bien là, mais... silence... ils se retournent, jettent un oeil, me regardent, il est... il est...
Ainsi Monsieur Le Peyruss était parti seul, tout seul. Je l'avais eu il y a à peine un mois au téléphone. Neuf ans qu'il me racontait sa drôle de vie, il était sous tutelle, il n'avait pas vraiment d'âge, il changeait de téléphone tous les mois, les perdants comme on jette un mouchoir, et gentiment je le charriais "Alors Monsieur Peyruss, c'est quel numéro que je dois donner au plombier cette fois-ci ? il riait...
Deux locataires avaient appelé le matin, une rentrait de vacances, l'odeur sur le palier était infecte, une odeur de poubelle, et des cafards qui sortait de l'appartement du voisin. Zut, flûte, encore un syndrome de Diogène ! J'imagine déjà mes autres locataires résidant sur le palier qui me donnent leur préavis, zut et zut !
Et puis, Anaïs me dit qu'elle a déjà prévenu le syndic la semaine dernière, que l'odeur chaque jour est de plus en plus pestilentielle.
Merde...
Je consulte les comptes de mes deux autres locataires qui habitent sur le palier, tout est en ordre, ils payent, régulièrement. Il y en a bien un qui est mutique, refuse d'ouvrir aux entreprises, ne relève jamais son courrier.
Je m'interroge, dans le bureau de Kriss qui s'occupe des contentieux et qui le connait bien. On appelle les pompiers ?
Allez, lorsque tu reviendras de chez l'ophtalmo tout à l'heure, on ira faire un tour, voir si les compteurs tournent me dit-elle. Et puis lui dis-je, l'odeur, je la reconnaitrais entre mille, s'il y a un mort, je le saurai immédiatement.
Nous sortons de la voiture, une fenêtre est grand ouverte au deuxième étage, le vent souffle et fait virevolter les feuilles des arbres en toupie, sur le parking.
J'ai déjà sorti le badge d'entrée, de la fenêtre se penche alors un policier, puis un autre, on se regarde... quelques secondes pour enregistrer, pour imaginer mille scénarios. Je me présente, demande "Vous êtes chez Monsieur le grincheux ?"
Ah non Madame, ce n'est pas ce nom, mais le monsieur qui est dans cet appartement est bien là, mais... silence... ils se retournent, jettent un oeil, me regardent, il est... il est...
Ainsi Monsieur Le Peyruss était parti seul, tout seul. Je l'avais eu il y a à peine un mois au téléphone. Neuf ans qu'il me racontait sa drôle de vie, il était sous tutelle, il n'avait pas vraiment d'âge, il changeait de téléphone tous les mois, les perdants comme on jette un mouchoir, et gentiment je le charriais "Alors Monsieur Peyruss, c'est quel numéro que je dois donner au plombier cette fois-ci ? il riait...
8 commentaires:
Pauvre garçon.
Bleck
:'( Etant donné la situation actuelle de ma mère, cette histoire m'angoisse au plus haut point. La vie est trop cruelle!
Dr CaSo, cet homme vivait seul, n'avait plus aucune famille et apparemment pas d'amis. Cela explique aussi que personne n'ait réalisé qu'il était mort. Mais je te comprends, c'est tellement difficile ce que tu vis en ce moment :(
Bleck oui, c'est triste de terminé si abandonné.
Quelle tristesse.
Anne, oui c'est vrai, c'est triste d'autant plus qu'il n'était pas très vieux.
J'éprouve bien sûr de la tristesse pour ce monsieur qui est parti tout seul .
Mais j'ai également une pensée pour ceux qui sont en première ligne dans ce genre de situations : policiers , médecins , pompiers et j'en oublie . Ils font un sacré travail .
Terrible…
Sylvie, à voir la tête des policiers on comprend que ce n'est pas si facile à vivre.
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