lundi 9 mai 2011

L'envers

Ce n'est que lorsque le parking s'était vidé, que la circulation s'était tarie et que la fatigue ne me laissait plus le choix, que j'avais pris mon courage à deux mains : "Allez, on rentre à la maison !".
JP derrière, C. copilote et moi, accrochée au volant, concentrée à mort !
Ne pas oublier que j'ai derrière moi un coffre à rallonge, que l'on roule à gauche, que le levier de vitesse est à main gauche... les phares, tourner la clef, le moteur démarre, marche arrière len-te-ment, braquer len-te-ment, la route est vide, totalement vide. Hop déboiter, foncer en face et c'est parti.
30 milles à l'heure, ultra concentrées C. et moi ne pipons mot, JP se laisse balloter, à moitié endormi, il savoure, bien trop fatigué pour craindre ma conduite. Les quelques voitures croisées n'imaginent pas le danger potentiel, je roule et premier carrefour, tourne à droite et mets les essuie-glaces, traverse le carrefour et paf illico fonce à droite. A gauche Maman dit C. tendue à l'extrême. Oups oui, vite tourner le volant et reprendre le bon côté.
Le carrefour suivant, je signale à nouveau mon changement de route en mettant consciencieusement les essuie-glaces, zut et zut ! La fois d'après je mettrai le clignotant et les essuie-glaces en même temps, c'est plus sûr.
En feuilletant le routard quelques jours plus tard, je lirai que l'on reconnait les touristes français au carrefour, grâce aux fameux essuie-glaces enclenchés.
C'est un bon gros pick-up, qui grimpe sagement les pentes pentues, freine sans difficulté, mais dont la jauge signale que l'essence viendra bientôt à manquer. Demain première chose à faire, le plein. L'unique station de l'île, à Port Mathurin, est ouverte jusqu'à 15 heures, pour l'instant, épuisée mais heureuse d'avoir ramené à bon port ma fille et mon compagnon, je n'ai qu'une envie m'allonger et dormir.
La nuit, chaude, très chaude, très très chaude et animée par toutes sortes d'oiseaux et margouillats s'interpellant juste au dessus de la fenêtre passe vite, dès six heures (4 heures françaises) je me lève et retrouve sur la terrasse baignée de soleil, C. qui boit un thé.


A défaut de café que nous irons acheter tout à l'heure, je partage son thé. Le programme est simple, découverte de l'île mais avant tout chercher de l'essence, je crains par dessus tout de me retrouver à sec et ne serai tranquille qu'une fois la jauge à son maximum. En même temps je ne suis pas pressée pressée de reprendre le volant alors que l'île est réveillée.
Bon ! Petit déjeuner, douche rapide les pieds dans une bassine pour récupérer l'eau pour la lessive, défilé de mode de C. qui hésite entre toutes les tenues que nous lui avons rapportées de France, courage moussaillon, je reprends le volant sous la haute surveillance de C. qui n'est pas encore tout à fait rassurée.
Ah tiens ? La jauge est moins basse qu'hier, sans doute la chaleur qui dilate l'essence. Concentrée au maximum, les yeux ne cillant sous aucun prétexte, fesses serrées à l'extrême, je ne pipe mot, seul horizon le bitume, droit devant.
A la station je manœuvre lentement et me positionne devant la pompe, il faut annoncer le prix que l'on compte mettre. On se consulte, on évalue, va pour 3000 roupies que C. annonce au pompiste à qui elle tend les clefs. Il enfonce la gâchette, la distribution commence et "chpack" s'arrête. Il retente étonné "chpack" dit la gâchette qui refuse tout net de couler. Le réservoir est plein, archi plein, déborde même. Je regarde le tableau de bord... oups ! à droite la température, à gauche la jauge à essence qui est full-full.
Conduite à l'envers, voiture à l'envers aussi. Qu'on se le dise !

17 commentaires:

Olivier Autissier a dit…

Ah ah ah ! Merci de me faire rire dès le matin.

Anne a dit…

Ah ben tu fais bien de le dire, dis donc ! Des fois que.

Tu as dû rentrer épuisée, toi, après ces séances de conduite à l'envers...

Mel a dit…

Ça me paraissait bizarre aussi qu'on te fournisse une voiture de loc sans le plein. J'applaudis ton courage : la conduite à gauche m'aurait terrifiée et je crois que j'aurais renoncé à ta place.

Erin a dit…

J'adore la chute. Du pur Val ;-)
Ne conduisant pas j'ai lu les fesses serrées, totalement crispée sur mon canapé. Je t'admire !

Dr. CaSo a dit…

Huhuhuhu, eh ben dis donc, chaque instant est une aventure :)

Fay a dit…

des vacances à l'envers bien amusantes !

PascalR a dit…

Trop drôle la chute ! Mais je compatis. La conduite à droite aux états unis dans les échangeurs gigantesques en essayant de suivre les instructions du GPs c'est assez cocasse aussi :o)

Valérie de Haute Savoie a dit…

Olivier, pour moi c'est très gratifiant crois moi.

Anne, on s'y fait vite, surtout sur une toute petite île où pas un feu rouge ne vient perturber la vue.

Mel, cette voiture n'était pas une location officielle, mais des copains de C. pour qui cela met un peu d'huile de palme dans les plats pimentés ;o) il était donc possible qu'ils n'aient pas fait le plein.

Erin, j'adore conduire, c'est donc devenu très vite un vrai plaisir pour moi. Et dis donc je suis contente de te retrouver moi !!

Dr CaSo, une très belle aventure oui !

Fay j'ai a-do-ré ces vacances à l'envers !

PascalR, cela n'a sans doute rien à voir. Sur l'île tout va doucement, les conducteurs sont très civilisés et compréhensifs, le code de la route d'une simplicité enfantine. Pas sûre que j'y serais aussi bien arrivée aux zétazunis !

Floh a dit…

Ah ouais bah, je n'auaris pas fait mieux, voire même pire, je t'admire, vraiment vraiment ;)
Et c'est si bien raconté qu'on en savoure chaque mot :)

Madeleine a dit…

J'attends maintenant les récits des repas. S'ils sont aussi cocasses que la conduite :))

mirza a dit…

Ha ha ha ha ha ha !!!
Ou devrais-je dire :
Ah ah ah ah ah ah !!! (?)

Jipes a dit…

Excellent !!!!!!! Il vaut mieux ca que l'inverse remarque ;o) Moi j'ai roulé avec le capot ouvert car je criyais avoir ouvert la trappe d'essence heureusement on s'est arrêté et on a vérifié comme quoi les bagnoles de location c'est pas évident

Valérie de Haute Savoie a dit…

Madeleine, les repas étaient simplement bons, je raffole du piment j'étais donc à la fête.

Floh, rien d'admirable crois moi :D

Valérie de Haute Savoie a dit…

Mirza le bug de Blogger t'a fait disparaître mais je t'ai encore en mémoire dans gmail ;)

Tu riais franchement et je crois que tu aurais pu facilement le faire adossée à la barrière du parking :D

Valérie de Haute Savoie a dit…

Jipes ah ben ton commentaire aussi a disparu :

Excellent !!!!!!! Il vaut mieux ca que l'inverse remarque ;o) Moi j'ai roulé avec le capot ouvert car je criyais avoir ouvert la trappe d'essence heureusement on s'est arrêté et on a vérifié comme quoi les bagnoles de location c'est pas évident

je le mets puisque tu y racontes aussi une anecdote de ton voyage aux zétazunis que je conseil à mes lecteurs d'aller lire sur ton blog.

Hermione a dit…

J'arrive après la bataille, mais moi aussi j'ai serré les fesses en te lisant. Déjà que je me trompe quand je change de voiture si toutes les commandes ne sont pas exactement au même endroit...

Valérie de Haute Savoie a dit…

Tant mieux Hermione, du coup ton commentaire n'a pas été avalé par le bug Blogger :D