mardi 7 septembre 2010

résistance effilochée

Pas un jour sans qu'en arrivant devant la cafetière je n'y trouve des croissants, du chocolat, des bonbons, ou le fameux gâteau de Madame Deschamps si moelleux, aux amandes, avec ce qu'il faut de framboises pour se dire que l'on a déjà un fruit à cocher sur la liste du bien manger. Pas un jour de répit.
Je les regarde, dédaigneuse, aujourd'hui c'est non ! Et je repars muni de mon mug rempli de café, tranquille, sans succomber. 
YES !
Déjà je croise une ou deux collègues, la bouche pleine, tenant d'une main un petit pain, de l'autre un document à faxer. Je m'assied, tape mon code d'accès au logiciel, la journée commence bien, je n'ai pas craquée... pas encore...
Premier coup de fil, première fuite, de l'eau sur le carrelage, arrivée inopinément durant la nuit, de nulle part. Quelques questions, précisions, vérifications, plombier mandaté, hop c'est bon et je continue le nez plongé dans un dossier, les petits pains sont loin, oubliés.
Mug vide, je vais tranquillement le remplir, café léger et paf ! les croissants, affriolants, affolants... je suis forte, mes lascars... je repars, mug plein, bouche vide YES YES YES.
Zen, jusqu'au bout des cheveux j'ignore Samuel, qui croque avec gourmandise son petit pain brillant, ne rien dire, ignorer le démon qui minimise l'exploit que j'accomplis. 
Un petit pain qu'est ce don' ? C'est NON !
Deux heures et deux cafés, la vie est belle, presque belle, belle oui mais... Je raccroche, celui-ci hargneux a bien failli mettre ma zénitude en bouilli, parfois j'aimerais être une boîte vocale - Vous appelez pour un dégât des eaux taper 1, vous appelez pour un voisin pénible taper 2 ... et voilà le petit carré de chocolat qui me titille les papilles RÉSISTE !
C'est bon il est midi, en courant je quitte le bureau, dans la voiture plus de tentation, juste un chewing-gum histoire de patienter jusqu'à la maison. Hop hop hop escaliers montés, ouverture du frigo, vite vite réchauffer mes bons légumes d'hier soir, pocher un peu de cabillaud, un verre d'eau, morceau de pain DÉ-COM-PRE-SSER pour un peu je danserai d'avoir su si bien résister toute la matinée.
Et puis je repars au combat, peut être que depuis tout sera avalé, broyé, digéré ?
Le bureau entre midi et deux, lumière tamisée, sons étouffés... Allez un dernier café.
MAIS QUI A APPORTÉ L'ÉNORME PLAQUE DE CHOCOLAT ? posée là devant la cafetière.
Ludivine rigole. J'étais à Migros, Garance en rêvait.
Tu es pire qu'une anorexique, vilaine tentatrice !
J'abandonne l'odeur suave. - Tu sors de table, tu n'as pas faim, Zermati le dit, tu ne grossis QUE si tu manges sans faim... Certes certes !
14 heures, la journée file, sans temps mort, la pile de dossiers se vide, le tout c'est de rester zen, ne pas se faire bouffer par l'agressivité des locataires, des propriétaires mais surtout ne pas succomber, ne pas succomber, ne pas... allez juste un tout petit carré, juste un, c'est rien un tout petit carré.
Je mollis, je le sens que je mollis, encore deux heures et le besoin d'un thé vert à la menthe me conduit devant la plaque de chocolat où se bat en duel deux carrés échappés au massacre. Juste un Valérie, qui fond dans la bouche, pour te récompenser de n'avoir pas craqué.
Un seul, qui fond doucement sur la langue, alors que je regagne extasiée ma place.
ZUT encore une fois je n'ai pas résisté et lentement je transforme ma silhouette en tonneau qui bientôt roulera au moindre vent léger !

17 commentaires:

La petite poule noire a dit…

Arrête, je te trouve héroïque ! Un seul carré de chocolat dans ce Palais de la Tentation, tu as fait fort. Allez, Valérie, RE-SIS-TE, prouve que tu existes sans ces paradis artificiels ! Bonne journée à toi :)
PS : Viens en Inde avec toute cette "bouffe" épicée, tout le monde maigrit...

Valérie de Haute Savoie a dit…

Héroïque ou pas, le résultat est catastrophique et les hormones n'arrangeant rien je désespère.
En Inde il n'y a sans doute pas cette bouffe à profusion et forcément remplie de gras non ?

Olivier Autissier a dit…

Bah, si c'est pas tous les jours...
Et puis un carré de chocolat, dix c'est autre chose.

Valérie de Haute Savoie a dit…

Olivier C'EST tous les jours et je ne suis pas aussi héroïque tous les jours hélas !

Anne a dit…

Lis Zermati. En principe il fait du bien à la ligne, et il te met aussi en paix avec cette sensation de combat.

Si par exemple tu remplaçais ton déjeuner par quelques unes de ces gourmandises, dégustées pile au moment où tu as faim ?

Valérie de Haute Savoie a dit…

Je suis entrain de le lire Anne, et justement je cherche à retrouver la vraie sensation de faim. Je ne raffole pas de sucrerie, c'est cette abondance et le stress constant qui ont fait que petit à petit je me suis mise à grignoter sans cesse. Je ne suis pas sûre que de prendre une sucrerie contenterait vraiment ma faim. Là, je tente une énième fois de, non pas me restreindre, mais de revenir à une alimentation liée à mes réels besoins. D'où le Zermati et d'où ce billet pour essayer de mettre en mots ce contre quoi je me bats depuis ma naissance.

Anne a dit…

Je comprends. Si ça peut te rassurer, j'étais comme toi. Et le jour où tu retrouves le truc (creux au ventre, boule dans la gorge, gargouillis, quoi qu'il en soit !), tu te dis que c'était tellement simple.

Quant à plus faim, ça a l'air compliqué, mais en fait c'est juste quand les symptômes cités dessus (ou autres selon ton cas)... disparaissent.

Courage courage. 6 kilos perdus ici, et surtout, surtout... je vis en paix avec moi (et je déteste avoir la sensation du bide qui tire quand trop mangé, désormais !)

Jipes a dit…

Bon ne dramatisons pas un carreau de chocolat pour toute une journé y a pire comme craquage et puis ta nouvelle existence t'a sûrement chamboulé un peu faut trouver un nouvel équilibre

Allez courage !

Oxygène a dit…

Très bon le chocolat, contre le stress ! Tu as répondu à un besoin avec un seul carré de chocolat et en faisant preuve d'une grande résistance. Bravo Valérie ! je soutiens ton combat contre la gourmandise et m'en vais lire Zermati que je ne connais pas.

Floh a dit…

Pas facile toutes ces tentations, je comprends. Et on compense tellement vite le stress par le grignotage!
Je ne peux qu'abonder dans le sens de Anne. Et ma fois, déculpabiliser. Si tu craques, ça ne sert à rien de te flageller. Juste te dire que tu es consciente que tu as mangé sans faim, en connaître les raisons, et progressivement réussir à recaler tout ça. En ce qui me concerne, je gère la sensation de faim, mais très difficilement celle de satiété!
Bon courage, tu vas y arriver :)

Fauvette a dit…

En fait, si tu t'autorises tant de chocolat ou de gâteaux par jour et par semaine, cela peut marcher.
Une fois que tu as "avale" ton quota tu peux le gerer sur la semaine !
Mais c'est aussi la convivialité de ton entreprise qui te nuit je trouve !
Bon courage Valerie

Valérie de Haute Savoie a dit…

Anne, j'en ai déjà parlé hélas sur ce blog, je suis au régime depuis mes douze ans... J'ai dû perdre des centaines de kilos en gagner tout autant et même plus et là cela devient simplement dramatique.
Il me faut déjà stopper tout ce que je prends au bureau, cela limitera peut être les dégâts.

Jipes, Floh,Oxygène,je dois avouer que depuis que je suis rentrée dans cette boîte j'ai pris dix kilos et c'est ca tas tro phi que !
il ne s'agit pas juste d'un morceau de chocolat ;)

Dr. CaSo a dit…

Nous, dans mon département, on a des bonbons pour nos clients, et ma secrétaire achète toujours des caramels ou des chocolats exquis... qu'elle met sur sa table... et à chaque fois que je discute avec elle (c'est à dire 10 fois par jour), je ne résiste pas et je bouffe un caramel ou un chocolat... Alors je te comprends et je ne sais pas que te dire, parce que moi non plus je n'arrive pas à résister et ça devient dramatique! Mais au moins, toi, tu le racontes très bien, c'est déjà ça ;)

Valérie de Haute Savoie a dit…

Fauvette, pour l'instant mon quota devrait être à zéro jusqu'à ce que je retrouve forme humaine. Mais en fait c'est une bonne idée et je vais m'en inspirer pour le fromage par exemple. Parce que oui, il n'y a pas que le chocolat et les gâteaux :D

Dr CaSo, donc tu compatis et tu imagines bien mon combat perpétuel :D

mavie a dit…

Les régimes et la vie sociale ne font pas toujours bon ménage! Ton récit de la journée te rend malgré tout héroïque et en plus, tu repères les montées de stress susceptibles de te faire craquer.
Dans les trucs qui ont changé pour moi ces derniers temps, il y a l'idée de manger des céréales, fruits secs bios car il me semble qu'ils "nourrissent" davantage.En tout cas, j'ai une sensation de satiété plus longtemps. Les compléments naturels contre la rétention d'eau aussi...

Mel a dit…

Je compatis. Dans mon boulot précédent, je compensais le stress par la consommation de plus en plus importante de douceurs et j'avais toujours une grosse tablette de chocolat noir noisettes dans mon bureau. Une manière de tenir sans prendre de médicaments, je suppose. J'ai fini par changer de travail... Mais je sais que ce n'est pas ce que tu souhaites. J'ai lu un ouvrage très intéressant sur ce sujet, intitulé je crois "Le poids des mots, les maux du poids", ou l'inverse. A lire en complément de Zermati.

Valérie de Haute Savoie a dit…

En fait mavie, je n'ai pas du tout besoin d'avoir faim pour succomber, c'est cela qu'il me faut apprendre, reconnaître la vraie faim au creux lié au stress ou l'angoisse.

Mel, effectivement, bien qu'il m'arrive de penser que trop c'est trop, j'aime ce boulot. Mais il me semble déjà que le fait de l'avoir raconté me donne plus de force pour résister à la facilité du grignotage calinage.