vendredi 25 juin 2010

temps de cochon.

Combien de fois par jour ?
Il faudrait que je coche chaque fois que je me fais agresser verbalement au téléphone ou simplement de vive voix.
Tout au début, il y a deux ans maintenant, je pouvais, à la fin de la semaine, les compter sur les doigts de la main. Depuis quelques mois c'est quotidien, et, depuis la semaine dernière, non seulement les locataires et les propriétaires mais également les artisans et même certains collègues se déchaînent.
Je demande à Samuel - Suis-je suis particulièrement sensible ? - Non, non me dit-il, lui aussi passe chaque matin son armure ainsi que Garance qui n'en peut plus et craque en milieu de journée.

Alors, pour ne pas me faire détruire, j'apprends à me détacher, respirer, respirer le plus lentement possible... laisser lentement filtrer l'air entre mes lèvres, visualiser une plage, blanche où viendrait mourir doucement une vague azur... Ils braillent, vocifèrent, avocats, inadmissible, voleurs... sous l'ombre des palmes, le vent léger emporte les mots, efface par magie ces petits cons qui croient encore qu'ils sont les rois du monde dont je serais le laquais.

11 commentaires:

Olivier Autissier a dit…

Je constate aussi, et pas seulement depuis quelques semaines, que les relations avec le public se dégradent. Mais il y a certainement des explications.

Valérie de Haute Savoie a dit…

Oh oui sans nul doute, la déroute de l'équipe de France y est pour quelque chose, et puis, ce que l'on commence doucement à percevoir ça et là de nos gouvernants n'arrange pas les choses.

Floh a dit…

Pareil ici, ça finit par pourrir l'ambiance au sein de l'équipe. Comme toi, je m'interroge de cette hargne généralisée, de cette sensibilité à fleur de peau, il y a des réponses qui sautent à la figure, d'autres moins, mais c'est dur dur...
Courage, elle est jolie ta visualisation de la plage :)

Valérie de Haute Savoie a dit…

Floh, je discutais ce matin avec une collègue d'une autre agence qui me disait qu'elle subissait exactement la même hargne, et un entrepreneur me disait qu'il avait, justement, hier, parlé avec une personne depuis 23 ans dans l'immobilier, qui lui disait que c'était bien la première fois qu'elle pleurait d'avoir été si maltraitée.

BrB a dit…

Comme disait Audiard "Les cons ça osent tout, c'est même à ça qu'on les reconnait." Ajouté à ça qu'un climat délétère et de multiples exemples les incitent à penser que n'importe qui a le droit de dire n'importe quoi...

Axel a dit…

C'est bien triste de constater partout la banalisation des insultes et de l'agressivité... qui devient quasi la norme chez certains élèves.

C'était justement l'objet de la discussion ce midi, je prétends contre l'avis général qu'il s'agit d'une contamination due aux adultes. Mais malgré tout j'ai plus de mal que la moyenne à prendre du recul quand cela arrive (bien trop souvent) et impossible de faire celle qui n'entend pas lorsque c'est un collègue qui sous prétexte de "dire ce qu'il pense" oublie toute notion de politesse ou de retenue.

Lancelot a dit…

Je me suis toujours dit que j'aurais un mal fou à exercer un métier en contact avec le public, à cause des raisons que tu évoques.

Les élèves, bien sûr, c'est un public permanent. Mais la différence, c'est qu'on apprend à les connaître, à les apprivoiser, à les 'désamorcer', on connaît (en général, sauf imprévu) leurs caractères et leurs réactions à l'avance, alors c'est plus facile (je pense) que de voir défiler des inconnus qui te déversent sans préavis leur baquet de fiel à la figure.

Ca peut être aussi à double tranchant : les emmerdeurs, à un guichet, ou au téléphone, ils passent. Un élève pénible, on doit se le coltiner toute une année scolaire, qu'il nous plaise ou pas !

Enfin rien n'est simple de nos jours, hein, ma pôv'dame !

Valérie de Haute Savoie a dit…

Lancelot, en plus ces petits cons ne réalisent pas que plus on m'insulte et moins je me décarcasse. Par exemple, si je passe une commande à un artisan, en général je téléphone pour appuyer ma demande. S'il s'agit d'un L.U.C., j'envoie la commande par mail ou fax et basta, ils attendront que l'artisan y pense, et je ne relancerai pas. Plus on est sympa et plus je me mets en quatre, quitte d'ailleurs à faire des heures sup juste pour qu'ils soient dépannés.

Axel, pour moi c'est plus lié à ce que renvoie nos gouvernants, aucun respect, une morgue constante, un mépris total des petits qui ont les poches vides. Du coup, ceux qui pensent les avoir pleines, méprisent, pour se sentir puissants, ceux qu'ils supposent les avoir vides (en l'occurence les employés qui seraient bien évidemment de simples laquais sans le sous) et je ne parle plus d'intelligence, puisqu'il est maintenant plus important d'avoir de la notoriété que de l'intelligence (il suffit de voir des "stars de pacotille" nées des téléréalité)

BrB, Si tous les cons avaient un point rouge sur la tête, le monde serait un champs de coquelicot :D

Jipes a dit…

Je compatis ! Ceci dit les agences auquels j'ai eu affaire ne me donnent pas vraiment envie de les défendre, la plupart du temps surtout en temps que locataires on est souvent traité comme quantité négligeable surtout si les propriétaires refusent de faire les moindres travaux ( insectes en pagaille dans ma chambre à coucher, garage qui fuit avec le mur qui tombe en pièces sur ma voiture etc...)

Moukmouk a dit…

Etrange cette montée soudaine de la violence. Faut-il y voir un changement dans la cohésion sociale ou une crise d'urticaire momentanée?

Il faudrait une vraie étude scientifique là-dessus c,est peut-être un indice d'un changement plus profond

Valérie de Haute Savoie a dit…

Jipes, je sais, je suis locataire depuis plus de vingt ans chez F*nci* F*nci* lalalala lalalala, qui ne fait rien, absolument rien. Pour autant, lorsque je les appelle, je ne les injurie pas :) Mais ce ne sont pas que les locataires, il me semble que c'est général, une grossièreté de plus en plus répandue.

Moukmouk, il me semble que les français (je ne peux pas généraliser sur la société entière) sont bien plus agressifs depuis quelques temps. Mais il faut aussi dire que les exemples quotidiens du foutage de gueule de nos gouvernants n'arrange pas les choses.