vendredi 19 mars 2010

Et de dix neuf... on avance !

Certains dimanches nous partions à la cueillette aux airelles.
Maman choisissait des petits teupeurouères, un grand saladier où nous viderions notre cueillette régulièrement, vérifiait que nous avions tous un gilet aucas'ou et, en général sous le soleil, nous partions pour la journée, le pique nique bien emballé dans son panier d'osier.
On montait, montait le long des routes bordées d'épicéas, J. faisait des grands ouuhh dans les virages, le nez collé à la fente de la vitre, ça piapiatait fort à l'arrière, on se réjouissait toujours.
Ahhhh l'odeur de la mousse des forêts, de la terre chaude, on sortait comme des bombes de la voiture, et courions en écartant les bras.
Les enfants ! N'oubliez pas vos gilets !
Un a un elle distribuait les gobelets - Alors souvenez-vous, ne prenez que des baies rouges, une à une, sans feuille. Cela simplifiera l'opération du tri !

Il fallait tout d'abord les trouver ces airelles discrètes, habituer nos yeux comme pour les champignons. Elles se cachaient sous leur petites feuilles vertes, mais une fois repérées, l'un après l'autre nous nous accroupissions et grain après grain les déposions dans nos récipients. Ploc ploc, elles étaient fermes, rien à voir avec les myrtilles et leurs collerettes en cuvette, voisines bienveillantes qui coloraient nos langues d'un bleu extra terrestre. Lentement les gobelets se remplissaient et nous allions un à un les vider dans le grand saladier, toujours un peu déçu de ne pas voir la différence entre avant et après notre contribution. De temps en temps maman nous rappelait - Pas de feuilles les enfants, faites attention, juste les baies mûres ! Et nous cueillions, cueillions, le dos courbé. J'imaginais des histoires, regardant courir sur la mousse les fourmis, de tout petits bonshommes qui vivraient là cachés, et je faisais rouler une à une les baies dans le creux de ma paume, humant l'air enchanté.

Lorsque nous avions ratissé l'endroit, que le saladier regorgeait, vers midi, c'était l'heure de manger. Nous aimions constater, en brassant de nos mains, la récolte des baies, et puis nous asseyions sur la couverture dépliée, chacun prenant une assiette, des couverts et son gobelet, nous servions de salade, de jambon, et de pain.

Qu'il était bon de se sustenter après un tel travail !

6 commentaires:

claudie a dit…

Quelle jolie enfance.

Mel a dit…

Et après, vous en faisiez quoi ? Des Tartes, des confitures ?

Madeleine a dit…

J'y crois encore que des petits êtres peuplent les forêts ... :)
Il y a longtemps avec mes enfants j'avais adoré "Le petit monde des Borrowers"
http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=17116.html

Valérie de Haute Savoie a dit…

Des confitures Mel, d'excellentes confitures.

Comme toi Madeleine, il m'arrive d'y croire encore,il suffit que je m'approche des yeux de la mousse des forêts.

Claudie, oui j'ai eu une très belle enfance vraiment.

Lancelot a dit…

J'ai connu aussi, mais un seul été, en 79, passé chez mon oncle, en Alsace (comme par hasard).

Sauf que moi, c'était les myrtilles. Ah, la cueillette des myrtilles sur les flancs de la montagne au grand air ! J'avais adoré. Sans oublier les délicieuses tartes que ma tante faisait ensuite, et qui coulaient partout leur jus bleu dans l'assiette....

Valérie de Haute Savoie a dit…

Ah Lancelot, les tartes à la myrtilles que JP appelle Brimbelles d'ailleurs. Quelle merveille, mais quelle merveille :D