dimanche 22 février 2009

...

C'était jeudi matin, j'étais juste entrain de me mettre du mascara, un dernier coup de brosse, prête à partir au travail. Il devait être huit heures et demi, JP prenait son bain. Je ne sais plus exactement ce qu'il a dit, quelque chose comme "Je ne sais pas quand je rentrerai du boulot" oui cela doit être ça "Je ne sais pas quand je rentrerai du boulot" c'est une phrase qu'il dit souvent, qui dit qu'il risque de rentrer tard, ne pas l'attendre, une façon de se plaindre, il travail, tard...
"Ah tiens, je croyais que tu n'avais plus de travail ?"

"Ben oui ! Ils veulent me mettre en maladie, la boîte va mal, ils me garderaient à 20%"

Juste avant que je ne parte au travail... pourquoi juste là ? Alors qu'il aurait pu le dire hier soir ? Depuis quand le sait-il ? Maîtriser la panique qui s'est instantanément fait mienne, rester debout, surtout ne pas m'effondrer, G. encore au lit s'est réveillé, il ne dit rien mais lui aussi semble secoué. Une fois de plus il a réussi à nous abattre, et je ne sais toujours pas pourquoi il procède de cette façon depuis toujours. Maintenant il va mieux, il a déchargé son angoisse et je la prends à bras le corps.

Je pars la rage au ventre. Les heures passant je vais digérer, reprendre mon souffle, m'interdire de céder. Le plan Orsec déclenché dès l'annonce, je cherche tout ce qui pourra être positif dans ce futur.

Demain est un autre jour !

22 commentaires:

claudie a dit…

C'est tellement masculin comme réaction...............

Dr. CaSo a dit…

:( zut de zut! Courage à toi, à vous... Toi, tu y arriveras, t'es plus forte que ça!

laluciole a dit…

merdouille.

courage Valérie !

pahdoc a dit…

Il y a des hommes (beaucoup) qui ont une très mauvaise résistance au stress. Ils deviennent indélicats. Dans ces cas là... se taire malgré la colère et y revenir plus tard... mais y revenir quand même, en parler et les mettre face à leur fragilité pour qu'il puisse avec le temps la dépasser. C'est très dur d'avoir des soucis au travail. Les hommes n'ont pas la même approche du temps que les femmes, nous savons que demain existe... pas eux!
bon courage!

meerkat a dit…

Plein de pensées. Les problèmes de boulot sont paniquants, on se sent coupable, et il est souvent difficile d'en parler. Du coup la parole ne vient pas forcément au bon moment.
Tiens bon la rampe pour mener la barque.
Je t'embrasse.

jipes a dit…

A lire les commentaires ici les hommes en prennent pour leur grade :o( nous sommes donc si perfectibles hein ? Après tout nous sommes humaisn non ? Bon ceci dit tu déclares qu'il lâche son stress sur toi en qq sorte qu'il se soulage et qu'il va mieux ensuite ? Je en connais pas assez pour emettre un avis mais pour chaque histoire il y a toujours deux facon de les voir.

Je te souhaite néanmoins de bien surmonter cette épreuve et de pardonner à JP même si il est apparemment coutumier. Le dialogue rien ne remplace le dialogue c'est sûr.

Je t'embrasse et t'envoie du courage !

Boutoucoat a dit…

J' en ai deux ( hommes ) à la maison, le père et le fils ...et c' est bien vrai qu' ils sont complètement différents de nous ( les femmes ) ils sont moins dans la parole et pour bien des choses attendent le dernier moment pour dire ...quand ils le disent !!!
Tout passe ....le bon et le moins bon et demain est un autre jour .

Anne a dit…

Sais pas trop quoi dire à part que je pense à toi, courage.

Anthom a dit…

Avec mon mari nous avons toujours été dans le dialogue et dans le partage...sauf quand il s'agissait de ses problèmes de boulot! Dans ce cas là, il lui était impossible de communiquer et il m'a toujours révélé les difficultés lorsqu'il était impossible d'attendre davantage! Je sais combien on se sent frustrée, voire mise à l'écart dans ce cas. Courage!

Fauvette a dit…

Je partage ta rage au ventre Valérie. Tiens bon.

Erin a dit…

J'ai cette chance d'avoir un homme qui me parle dès qu'une "tuile" de boulot lui tombe dessus. Souvent ce n'est d'ailleurs pas grand chose, genre il ne va jamais arriver à boucler tel truc... je le rassure parce que jamais il ne lui est arrivé de ne pas boucler à temps.

J'ai, paraît-il, ce don de confidente, d'oreille attentive, de thérapeute... peut importe le nom qu'on lui donne... en tout cas on me parle facilement de ses problèmes, et spontanément, même les plus rétifs...

Une chose est sur, c'est que tu es forte, que tu vas tenir la voile dans le bon sens... mais qu'en attendant je sais combien cela est difficile.

Bises de soutien

Valérie de Haute Savoie a dit…

Ouh là là j'ai tourné et retourné ma réponse, mais j'ai peur qu'elle soit mal interprétée. Je n'ai pas encore parlé d'une partie de ma vie qui m'a particulièrement broyée, justement parce que comme le dit Jipes il y a non seulement deux façons de voir les choses, mais également que dans un couple l'un et l'autre sont impliqués dans l'histoire, qu'elle dérape ou non.
Si j'ai si mal réagi jeudi, c'est que cela réveille chez moi cette histoire, où le mensonge, le non-dit, ont été particulièrement destructeurs.

Mais j'aime JP et je n'ai en aucune façon envie d'utiliser mon blog pour le dénigrer. Un jour je raconterai ce moment douloureux, mais à la seule condition que je trouve les mots justes.

Et puis aussi, savoir qu'il souffre de cette maladie invalidante et que cela sert de prétexte pour le mettre sur la touche, m'est insupportable. Parfois (sont-ce les hormones) je suis un peu moins solide, mais heureusement cela ne dure pas longtemps !

ENTOUCA merci pour votre soutien ;)

darcy a dit…

J'espère que tout va aller
confiance et courage et un bonjour à JP.

Fauvette a dit…

Oui l'entreprise qui profite de la maladie d'un salarié pour essayer de le mettre sur la touche, c'est odieux, tu as raison.
Et hormones ou pas, tu as raison d'être en colère.

Le mensonge, je comprends aussi que cela ait pu empoisonner votre vie.
Je n'avais pas du tout pensé que tu te défoulais sur JP. Non je te sais suffisamment respectueuse des autres, et surtout de ta famille pour ne pas agir ainsi.
Bises Valérie, et tiens bon. Tenez bon.

Otir a dit…

Bonjour Valérie, normalement je ne mets pas trop de commentaires sur les blogues quand il s'agit d'histoires personnelles, dont on n'a ni les tenants ni les aboutissants.

Je ne fais que commenter ou réagir à ton dernier commentaire ici, à propos de la notion de mettre quelqu'un sur la touche sous prétexte qu'il a une maladie invalidante, il existe des lois qui protègent contre ce genre d'abus et s'il est avéré que c'est le motif qu'un salarié est mis en disponibilité, l'inspection du travail a sûrement son mot à dire.

Souvent plutôt que de se rendre malade de sentiments négatifs face à une mauvaise nouvelle, la solution de se battre contre une injustice permet de mieux surmonter le choc qu'elle représente.

Plus facile pour moi à écrire qu'à vivre, j'espère que ce commentaire n'est pas intrusif, si ça l'était j'en serais désolée et t'en demanderais pardon.

Valérie de Haute Savoie a dit…

En même temps, il semble que pour JP cette solution soit peut être la meilleure. Il est réellement fatigué, est de plus en plus handicapé. Peut être aussi est ce cette réalité qui maintenant ne peut plus se cacher qui m'a sur le moment paniquée.
Mais cela va mieux, nettement mieux, d'une part j'ai un boulot passionnant et apparemment très solide, et d'autre part nous sommes entrain d'envisager l'avenir de façon assez positive.
Je sais Otir que la discrimination est interdite, mais je crois qu'il a meilleur temps de profiter ce ce changement pour peut être enfin se mettre à son compte et choisir un axe plus créatif.

Il faut aussi préciser que JP travaille en Suisse, et les employés sont nettement moins protégés qu'en France.
Otir, un dernier mot, tu n'es absolument pas intrusive et je te remercie, tout comme Fauvette et Darcy de venir me soutenir.

Pablo*NSN a dit…

Je suis content de lire tes derniers commentaires et de sentir que vous avez un peu digéré et que l'humeur est plus positive après ces quelques jours ; je n'avais pas du tout pensé, à la lecture de ton billet, que tu dénigrais JP, j'ai seulement eu l'impression que ton état d'esprit était un peu noir et que tu avais besoin de te défouler un peu... Bon courage en tout cas !

Fay a dit…

La réminiscence de moments douloureux est quelque chose d'assez atroce... à la lecture de ton billet j'ai retrouve les miens, vieux tourments que l'on est arrivé à surmonter et que l'on a pas envie de voir revenir... mais qu'un coup de fil ou une parole sont prompt à faire resurgir.
Moi aussi je pense à en parler un jour.
Toi j'espère que tu vas mieux.

Latil a dit…

Il y a tout juste un an, j ai perdu mon boulot(aussi frontalier en Suisse).La chance m a sourit, et malgés mes 58ans, j ai retrouvé le méme travail, mais a des conditions moins rénumératrices toujours a Bale.C est toujours humiliant de perdre son travail, on se pose beaucoup de questions,"Pourquoi moi"
Amicalement Latil

Valérie de Haute Savoie a dit…

C'est surtout angoissant à l'idée de se retrouver rejeter en raison de son âge. Et très gratifiant je trouve, lorsque l'on en trouve un quand même, surtout s'il est aussi bien ou mieux que celui dont on a été jeté.

Il semble que la situation de JP s'arrange ;)

Sylvie a dit…

Vous êtes une Sainte , Valérie !
J'espère pour vous que votre mari a conscience de la chance qu'il a .
Pardon de vous dire cela . Mais je vous lis maintenant depuis plusieurs jours et vous me faites vraiment penser à l'une de mes soeurs qui est une véritable perle . Je ne me gêne pas pour le rappeler de temps à autre à son mari .
( Attention , pas tous les quatre matins non plus ! )

Valérie de Haute Savoie a dit…

Sylvie, j'ai lu et relu ce billet, je ne me souviens même plus qu'un jour JP a travaillé :D Bon en vrai si, mais cela me semble loin. Je vous remercie de me lire, de remonter ce blog, cela me fait vraiment plaisir, Merci :)