| plage des Huttes à Oléron |
Je ne savais pas il y a un an qu'il ne restait à papa que trois jours de vie. Officiellement mort le 30 janvier, il est parti si tôt ce jour là, qu'il n'en a rien entendu. Trois petites heures qui ont fait un jour complet pour l'administration. Le dernier souvenir de lui vivant sera éternellement cette image de lui gisant, entouré de tous ses enfants et de maman. Au moment de partir, j'avais mis ma veste, pris mon sac, entouré mon cou de mon grand châle duveteux, je quittais la chambre avec mon grand frère quand brusquement j'ai réalisé que je n'avais pas embrassé papa. Ce papa qui depuis quelques jours respirait si lentement, avec de longues poses de silence, dont seul parfois un sourcil se levait interrogatoire. Alors j'étais revenue vers lui, honteuse intérieurement d'avoir une seconde oublié de lui souhaiter une nuit douce.
Nous sommes partis mon frère et moi, regagner nos pénates après nous être embrassés fraternellement.
Mais ce dernier baiser fait à la va-vite à mon père, restera pour moi une douleur insupportable.
3 commentaires:
Bonjour Valérie, je me permets de donner mon avis sur ce billet: si vous n'aviez pas eu ce regret-là, vous en auriez eu un autre. J'avais effacé le dernier message vocal de mon papa, quelques jours après il décédait, qu'est-ce que j'ai regretté mon geste. J'ai expliqué ça à une amie qui m'a dit ce que je t'ai dit au début de cette réponse. Et après beaucoup de doutes, je me dis qu'elle avait raison. Papa est décédé en 2008, d'un côté ça semble très loin, et d'un autre côté, c'est comme si c'était hier. On n'oublie jamais, mais on apprend à vivre avec, poussés par nos enfants qui en principe vivront un jour la même chose. Bon courage et belle journée à toi, Lulu
Merci infiniment Lulu 🩷
Ton papa été sûrement un peu triste de ne pas avoir eu un baiser avant ton départ. Et puis, il a bien senti que tu étais revenue pour le lui donner. Quelle joie en son cœur ! Alors, il n'a pas du tout eu le sentiment que c'était un baiser à la va-vite. C'était le baiser de sa fille qui était revenue uniquement pour cela.
Je suis tellement ému en écrivant ces mots que j'ose penser que c'est peut-être lui, sa mémoire, qui me les souffle pour toi.
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